Tours – AC Ajaccio (0-2) : L’Aiacciu Académie livre ses notes et I Sanguinari se réjouit de son déplacement

I Sanguinari a vu une victoire à l’extérieur. Et ça, ça vaut tout l’or du monde. Retour sur un déplacement une nouvelle fois historique entre brocciu, Pedretti et pieds gelés.

Non, vous ne rêvez pas !

 

A chaque déplacement organisé par I Sanguinari, c’est le festival des excuses pourries. Surtout quand Météo France annonce du vent et -15°. Et surtout quand l’ACA reste sur des résultats peu encourageants. Des exemples ? « Je suis d’astreinte », « je peux pas j’ai un entraînement de bike polo », « certainement pas, je suis devenu supporteur du Gazelec ». Du coup, il ne restait que les plus fidèles : Manufrankin et Perfettu. Et celle qui était là sans avoir rien demandé mais qui n’avait pas le choix : Mme Perfettu. Avec Dalida et Michel Sardou en fond musical. Heureusement, l’arrivée à Tours se fait avant un suicide collectif dans la voiture.

Le temps de passer à l’hôtel des joueurs, voici I Sanguinari en route pour le stade. Avec, encore et toujours la même crainte : que les stadiers soient incompétents. Mais cette fois-ci, le premier stadier croisé indiquera le bon chemin, et non pas l’inverse. Une première depuis le début de la saison. Celui que l’on renommera Aziz tentera même un trait d’humour. « Hey, vous avez pas ramené du brocciu ? C’est délicieux ! Vous voyez, je connais, je suis un méditerranéen moi ! »

Dans le parcage visiteurs, I Sanguinari retrouve Kallisté et ses ballons de baudruche accompagné de toute son équipe de la Sezzione Cuntinente Punente. Neuf supporteurs de l’AC Ajaccio sont donc présents. De l’autre côté du stade, les ultras du TFC sont bien plus nombreux et bien plus organisés avec une banderole spéciale Pantaloni. Et dire qu’I Sanguinari avait prévu une banderole « Vous n’avez plus de couilles, on a plus de voix » suite aux mauvais résultats mais qu’ils ont dû abandonner cette brillante idée parce que les draps Eco + ne convenaient pas ….

Notre amour pour Ettori, notre mépris pour Pantaloni

 

I Sanguinari avait également prévu une grève des encouragements en première période. Mais le début de match exceptionnellement bon de l’ACA mettra vite un terme à cette deuxième brillante idée. Mais avant d’en venir au match, un petit point sur la tactique et la composition d’équipe s’impose.

Car il y a du changement. Exit le 4-2-3-1, faites place au 4-3-3 avec trois milieux défensifs, deux ailiers et un attaquant de pointe. Le poste de meneur de jeu de Johan Cavalli disparaît, mais le capitaine se retrouve sur le côté droit. Son pendant gauche n’est autre que Dennis Oliech alors que Fauvergue est seul devant. Le changement, c’est donc le milieu défensif. Un trident dont la pointe la plus basse n’est autre que Benoît Pedretti entouré de deux joueurs placés un peu plus haut : Gonçalves à gauche et Lesoimier à droite. Derrière, la charnière Kanté/Coulibaly est de retour. Begeorgi et Marester s’occupent des côtés et Anthony Scribe est dans les cages, en attendant le retour de blessure de Sissoko.

1ère minute : Johan Cavalli s’accroche avec son ancien coéquipier Bouhours, l’Ajaccien se fait siffler. C’est un nouveau record du monde pour lui.

2ème minute : Sur le côté gauche, Dennis Oliech déborde Bergougnoux. Un poids lourd en dépasse un autre.

3ème minute : Des « allez les Bleus, allez les Bleus » descendent des tribunes tourangelles. I Sanguinari serait en fait atterri dans un match de l’équipe de France ?

4ème minute : Oliech obtient un corner (on se demande encore s’il y avait vraiment corner). Cavalli le tire et Fauvergue marque de la tête.

4ème minute : « OH ARBITRE OH PD SIFFLE C’EST FINI !!!!! »

4ème minute : Premières interrogations en parcage, l’ACA n’aurait-il pas marqué trop tôt ?

Un peu plus tard : Rancuniers, les ultras du TFC entonnent des « Pantaloni est un lâcheur » puis des « Ettori, Ettori, Ettori ! ». Pendant ce temps-là, le survolté Kallisté multiplie les encouragements fanatico-Bourvilo-dynamique : « Allez Dennis, bouffe-les ! », « Allez Benoît ! », « Allez Cavalli, u capitanu ! »

25ème minute : Coup-franc aux 20 mètres excentré à gauche. Pedretti et Cavalli convoitent le ballon. Si Pedretti tire, ce sera du droit et direct. Si c’est Cavalli, ce sera du gauche et pour la tête d’un partenaire. C’est le premier qui s’en charge et trompe la vigilance du mur et du gardien en frappant fort dans l’angle fermé. Explosion de joie. Pour les joueurs et pour les supporteurs. 0-2.

28ème minute : Un « on croirait le Barça » s’échappe du parcage après que les Acéistes se soient échangés au moins 4 passes d’affilée.

C’est malheureusement à partir de ce moment-là que la rencontre sombra dans l’ennui. Pendant que ses supporteurs faisaient les 100 pas ou sautillaient pour éviter que la congélation des membres inférieurs, les joueurs de l’ACA reculaient et refusaient le jeu. Peu importe, le trou au score était fait et la défense tenait le coup. Les vertus de solidarité et d’envie étaient revenues. Et ça, c’est une victoire dans une victoire. Si l’on ajoute une bonne organisation défensive et un placement des joueurs optimum, on obtient alors un Ajaccio convaincant, même si les relances auraient pu être plus propres. Ce constat est bon pour les 75 dernières minutes du match. L’ACA défendait, récupérait, balançait sur Fauvergue. En attendant un contre ou un coup de pied arrêté. C’est de cette dernière phase de jeu que les deux buts viendront. Une bouffée d’oxygène. Pour I Sanguinari, la bouffée d’oxygène fut le sandwich de la mi-temps : 2 étoiles au guide Michelin des buvettes de Ligue 2. La mayonnaise est onctueuse, la salade croquante, le pain tout droit sorti de la boulangerie mais on n’aurait pas été contre un ou deux bouts de poulet en plus. Que dire des toilettes du stade de la Vallée du Cher ? Dans son ouvrage intitulé « Les plus beaux WC des stades de Ligue 2 », qui sortira aux éditions Villeroy & Boch en mai prochain, I Sanguinari placera les toilettes de Tours à la première place. Tout y est : chauffage, propreté, joli parfum.

La deuxième mi-temps fut donc bien moins emballante. Mais est-on en droit de se plaindre ? Certes, I Sanguinari aura eu des sueurs froides jusqu’à la dernière seconde, mais connaître les joies d’une victoire à l’extérieur en L2 sans prendre de buts est plus fort que tout. Symbole d’une rencontre riche en émotions, tous les joueurs viendront faire un coucou amical au parcage visiteurs. Ca faisait longtemps que cela n’était pas arrivé. Les supporteurs de Tours pourront refaire le match autant de fois qu’ils voudront, pourront critiquer « les petites salopes corses », pourront critiquer l’arbitrage, personne ne nous enlèvera cette magnifique victoire qui fait du bien au cœur et au classement. Mais qui ne réchauffe ni les pieds, ni les mains. Juste la voix.

Comme le veut la coutume, après avoir débâché, direction le bus des joueurs. Petit (ou plutôt) gros obstacle, la fille de la sécurité – qui devait être la fille et la femme de son père – qui ne voulait pas nous laisser entrer. Vu qu’I Sanguinari est devenu spécialiste en embobinage de stadiers, la demoiselle nous laissera entrer. L’occasion de voir tous les Acéistes avec le sourire aux lèvres. I Sanguinari pouvait prendre la route du retour. Avec, cette fois-ci, RMC dans les oreilles. Comme pour bien se rappeler que l’ACA l’a emporté 2 à 0…

                                                                                                            LA FOULE EST EN DELIRE

ANNUTAZIONI

Anthony Scribe 4/5 : Antho Scribe, c’est Thierry Omeyer. Il n’aurait pas dépareillé dans les cages de l’équipe de France de handball avec un arrêt réflexe du pied sur une frappe contrée à la 18ème minute. Presque son seul arrêt du match, mais déterminant tant encaisser un but à ce moment-là aurait changé la physionomie du match. Des sorties aériennes bien sereines et plus solides auraient été les bienvenues.

Eric Marester 3,5/5 : Les longs dégagements de Marester contre Tours, c’est la même sensation que pisser après trois heures à se retenir, ça soulage. Comme Begeorgi, ils n’auront pas eu de un contre un à remporter, les ailiers tourangeaux repiquant systématiquement dans l’axe.

Cédric Kanté et Gary Coulibaly 4/5 : Quand c’est pas l’un, c’est l’autre. Les deux frères jumeaux n’ont laissé aucune chance aux attaquants tourangeaux. De bonnes interventions de la tête surtout mais aussi de précieux dégagements du pied.

Fabrice Begeorgi 3/5 : Heureusement que Gonçalves et Cavalli l’ont aidé à défendre et que ses relances plus ou moins foireuses n’ont pas eu d’incidents sur le score final. Et heureusement que notre Begeo est là pour nous faire ses feintes de passe/crochets dont il a le secret et pour s’arracher pendant 93 minutes.

Benoît Pedretti 3,5/5 : Pedretti aime Tours. Et les tours de magie. Invisible contre le Gaz’, Pedretti est réapparu comme par enchantement au stade de la Vallée du Cher. La simplicité dans son jeu couplée à l’audace de tirer le coup-franc directement, ça donne une bonne première mi-temps de sa part. Son poing rageur et sa joie non-retenue après son but feront même oublier sa deuxième mi-temps plus anonyme.

Claude Gonçalves 3,5/5 : J’ai l’impression de me répéter tous les week-end mais Gonçalves court partout, tacle et défend. Il a même ajouté une corde à son arc avec une belle entente avec Dennis Oliech, qui n’a malheureusement pas conclu toutes les offrandes de son partenaire.

Benoît Lesoimier 3/5 : Il ne gagne toujours pas ses un contre un en phase offensive mais on s’en fout, Lesoimier s’est battu. Ca tombe bien, de l’envie, c’est ce dont l’ACA avait besoin. Si c’est lui qui obtient la faute amenant le but de Pedretti, c’est plutôt lui qui qui a découpé ses adversaires le reste du temps.

Johan Cavalli 3/5 : Exilé sur le côté droit, Cavalli n’a pas eu l’influence sur le jeu qu’il a en position de meneur de jeu. Mais peu importe, le capitaine revient quand même dans l’axe dès qu’il le peut et tire les coups de pied arrêtés de nouveau correctement. Ca donne une passe décisive pour Fauvergue, la 8ème de la saison. Et quand la liaison Cavalli/Fauvergue est rétablie, c’est toute l’équipe qui se porte mieux. D’ailier, il a dû se muer en latéral pour aider Begeorgi et tous les autres à défendre. Mission réussie.

Cavalli a fait l’unanimité chez les supporteurs tourangeaux

 

Dennis Oliech la moyenne/5 : Comme contre le Gazelec, « la panthère de Nairobi » fait un bon début de match avant de s’effondrer. Il provoque le corner amenant le but de Fauvergue, multiplie les centres et les courses/appels sur son côtés mais finit par tout faire de travers. Dennis Oliech, c’est quand même le seul footballeur à ne pas savoir quoi faire avec un ballon dans les pieds. (à part partir droit devant, tête baissée et perdre le ballon) Mais on s’en fout, on l’aime Dennis.

Nicolas Fauvergue 4/5 : Il a plus gagné de ballons de la tête que Dennis Oliech n’en a perdu, c’est dire. Impressionnant dans les airs aux 4 coins du terrain, il ne se relâche jamais, allant plus au charbon qu’un mineur polonais. Petit problème : étant trop esseulé devant, c’est lui qui doit être à la réception des longs ballons et à la conclusion des actions.

I RIMPIAZZANTI :

Marvin Diop, 72ème minute, NN : Il a aidé à défendre mais a également voulu porter le ballon vers l’avant. Pas facile avec une équipe concentrée sur la défense.

Mickaël Leca, 85ème minute, NN : Rentré au poste de milieu défensif, il a apporté son jus pour tenir la baraque. Et a même eu le temps de faire une faute et de gueuler.

Mouaad Madri, 93ème minute, NN : Un changement pour gagner du temps à la dernière minute. Pas de transpiration ni de ballons touchés pour lui.

Perfettu Erignacci

1 thought on “Tours – AC Ajaccio (0-2) : L’Aiacciu Académie livre ses notes et I Sanguinari se réjouit de son déplacement

  1. Excellente Acad’ ! Il en faut du courage pour se frapper un déplacement en indep’ à Tours !

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