Liverpool-Lyon, le Blitzkrieg

Blitzkrieg sur Liverpool

L’OL se rendait en « Liverpoolie », place forte du football néo-libéralisé, avec son temple d’Anfield, son La Persona Especial,  son « hymne international » dont Christophe Josse patriotise « qu’il n’est jamais sifflé, TOUJOURS respecté », et son propriétaire américain. Du reste, c’est peut-être pour ne pas dépayser ce dernier que les deux équipes ont tenu à diviser le match en quart temps.

1er quart temps : 0 à 27ème minute.

Liverpool se présente en 433, milieu en pointe « offensive » avec Gerrard soutenu par Lucas et Mascherano, une attaque composée de N’Gog aidé par Benayoun à gauche et Kuyt à droite. Ces derniers ne sont pas des ailiers et les couloirs doivent être occupés par les latéraux (Insua et Kelly.) En face, Puel oppose son « blitz » mancunien, Lisandro en avant-centre remiseur pour un chapelet de milieux de terrain. Makoun joue en retrait d’une ligne de 4 composée de gauche à droite par Ederson, Källström (prononcer Chelstreum), Pjanic et Govou. Pjanic se place en soutien de Lisandro sur les phases offensives et descend au niveau du suédois en phase de récupération. Ainsi, le milieu à trois des Anglais se heurte à un bloc de 3 milieux tandis que les latéraux sont pris par Ederson et Govou. De plus, la petite taille de Makoun est compensée sur le jeu long par les « saillies » de Toulalan..

La célèbre « bataille du milieu » tourne à l’avantage des Lyonnais dont le positionnement déstabilise la stratégie de Benitez. En effet, Govou et le couple Ederson-Cissokho mettent à mal le placement de Benayoun et Kuyt, tandis qu’Insua à gauche et Kelly à droite n’apportent rien dans leur couloir, quant ils ne sont pas dépassés par les percées lyonnaises. Pjanic s’intercale plus ou moins bien entre les lignes, combinant le plus souvent avec Govou, tandis que Chelstreum est partout. Kuyt et Benayoun descendent à la ligne médiane pour offrir des solutions, Gerrard n’est que Gérard, Insua est à la rue face à Govou et Kelly apprend son métier. Lucas et Mascherano ne sont pas Xabi Alonso, « Beckham du milieu de terrain » capable de zébrer le jeu d’éclairs de 40 mètres, là où la paire sud américaine condamne Liverpool au jeu court. Lyon intercepte ce « toqué de l’impuissance » et gicle sur les côtés. Anfield raisonne de « Sydney Govou » lyonnais et, à la 20ème minute, l’«  analyse du pauvre » indique 50-50 en possession de balle et 0-1 au tir, Lisandro ayant placé une tête sur Reina à la suite d’une combinaison Cissokho-Ederson (9’).

Benitez, à l’écoute de son stade, décide d’agir et remplace Gérard par Fabio Aurélio…homme de couloir gauche. Et si Cris décide de rendre hommage au Lensois Demont en « taclant de la tête », abîmant de suite son orbito-frontal droit (actif dans l’anticipation nécessaire à la prise de décision), il semble inévitable que le match ne « bascule. »

2ème quart temps : 27 à 45ème minute.

Un Gerrard vaut deux joueurs, Kuyt et Benayoun feront l’affaire. Le jeu de l’OL penche à droite et l’entrée d’Aurélio vient régler le « problème. » Dès lors, Makoun, jusqu’alors confronté au seul Gérard, se débat au milieu de Kuyt, Benayoun voire N’Gog, les milieux lyonnais tardent à s’adapter, et la sortie de Cris permet à Lloris d’éviter le pire. L’axe devient le gros problème d’un Lyon bâti pour bloquer et contre-attaquer par les côtés. A Liverpool l’axe, à Lyon les couloirs…simple comme la combinaison couloir gauche conclue par un centre sur Govou (35’)…simple comme des milieux lyonnais resserrant dans l’axe en phase défensive…et simple comme un Lisandro couloir gauche oubliant Cissokho pour jouer…dans l’axe avec Makoun, pris donc par Kuyt. Récupération et contre-attaque dans le couloir gauche de l’entrant Fabio Aurelio, centre au travers de l’orbito-migraineux Cris avant de trouver Benayoun pour l’ouverture du score. « Dans la tête de Cris, ya des soucis », et dans celle de Lisandro, il a manqué de « qualité », comprenez « capacité à effectuer le bon choix dans la passe », dixit Benitez. Du reste, le vertige gagne toutes les têtes lyonnaises à l’exception de Lloris sauvant les siens sur une tête de…Fabio Aurélio. Solutionner un problème tout en en posant un à l’adversaire, La Persona Especial évolue, pour l’instant, dans une autre catégorie.

3ème quart temps : 45 à 70ème minute.

Le « blitz », tactique composée d’une multitude de milieux de terrain offensifs capables d’apporter le danger « de partout », ne fonctionne qu’à condition d’un replacement tactique parfait. Hier encore, Jean Sarkozy m’expliquait que « la liberté sans l’ordre, c’est l’anarchie », et j’avais beau arguer qu’en bon néo-libéral, il confondait anarchie et barbarie, liberté et licence, force est de constater qu’un Lyon sans policier est de suite beaucoup moins discipliné. Résultats, 11 en histoire des idées politiques pour l’élu du peuple, et un troisième quart temps lamentable pour les lyonnais. Certes, la charnière Gonalons-Toulalan devait prendre ses marques mais la succession d’erreurs techniques et d’errances tactiques entre la reprise et l’heure de jeu (abus de frappes lointaines, relances en touche, touche rendue à l’adversaire, …) soulignent les carences lyonnaises à ce niveau. Torres n’aurait pas loupé le face à face de N’Gog sur un centre venu de la droite de…Fabio Aurélio. Supposé bloquer le couloir gauche, le brésilien se ballade désormais de droite à gauche, tant Lyon n’y est plus, face à une équipe de Liverpool pourtant mal en point, comme l’indique la ribambelle de corners concédés trop facilement. A la peine en championnat, les hommes de Benitez doutent et il faut un Lyon faiblard pour ne pas y croire. Denoueix évoque déjà la fatigue pour justifier le manque de lucidité et les erreurs techniques, et Puel tente de réveiller son monde en remplaçant Ederson, potentiellement pas ailier, par Gomis, tandis que Lisandro, plus argentin qu’ailier, passe côté gauche.

4ème quart temps : 70 à 90ème minute.

Ne rien lâcher face à un Liverpool peu en verve, tel fut le grand mérite des Lyonnais récompensés sur à un énième corner offert par l’adversaire (71’). Les joueurs de La Persona Especial regardent leurs pompes tandis que La Marseillaise retentit à Anfield. Toujours à l’écoute, Benitez remplace le jeune Kelly par Skrtel, qui manque sa volée face au but. Tant qu’à jouer dans la cour des grands, autant se mettre au niveau et Puel sort Lisandro pour Delgado, aussi argentin qu’ailier, rappelant ainsi à ses joueurs que la consigne initiale était de passer par les côtés. Il faut parfois rappeler aux joueurs les fondamentaux, et c’est ce même côté droit, premier champ d’expression tactique pour Puel et Benitez, qui départage les deux techniciens. Fabio Aurelio ne solutionne plus le « problème Govou » lorsque ce dernier et Pjanic déboulent dans le couloir jusqu’à centrer pour Delgado venu de la gauche. Les couloirs ont cédé, le plan de Puel, servi par desLyonnais disciplinés et décidés, a vaincu des joueurs de Liverpool au-dessous des consignes de leur entraîneur.

L'ancien

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