Brighton – Leeds (1-0) : La Hipster Académie procède au tacle-référé.

Et a repris une nième leçon de football par Brighton.

Le football et l’adversité 1

Le meilleur endroit sur terre pour être arbitre est Bergomi. Un arbitre là-bas est plus adulé que les manieurs de ballons les plus habiles, ou les défenseurs les plus imperméables. Une maman d’un arbitre est une petite vieille choyée que chacun vient voir avec une bouteille de grand cru en lui demandant si elle ne voudrait pas faire une promenade au bord de la mer, si elle ne souhaiterait pas qu’on lui dépoussière les bibelots ou que l’on s’occupe de son potager. Qu’un arbitre sorte dans la rue et il reçoit sur sa personne une pluie de caleçons humides et de petites culottes tièdes. Mais quand un arbitre arrive sur terrain, il devient un être de sérieux.

L’engagement sifflé, rien ne semble se passer différemment de ce qui se pratique chez nous : l’arbitre court et suit la balle de loin, la balle sort des limites du terrain, et l’équipe fait la touche. Et si l’on était dans le stade, le spectateur non-habitué verrait son attention portée à l’homme à la chasuble noire décroître, pour se laisser happer par la partie de football. Jusqu’à ce que la première faute soit sifflée, et que le stade retienne son souffle et fasse silence.

L’éclairage du terrain cède la place à quelques spots de poursuite qui éclairent l’arbitre et les deux (ou plus) protagonistes de l’action jugée litigieuse. Joueurs et arbitres allument les micros intégrés à leurs maillots et commencent à débattre.

« M. le n° 10 a cherché à protéger son ballon, et vous l’avez déséquilibré en tapant son mollet avec votre protège-tibia. Qu’avez-vous à dire pour votre défense, M. le n° 6 ?

– Oh monsieur l’arbitre, permettez moi tout d’abord de m’étonner. Vous qui êtes si clairvoyant d’habitude, vous n’avez pas vu que M. n° 10 s’est volontairement redressé sur ses appuis afin d’amplifier le contact et de tomber plus théâtralement ?

– M. le n° 6, franchement, s’il m’arrive de me méprendre, je ne suis quand même plus un perdreau de l’année. Je sais pertinemment qu’un attaquant, c’est un anti-judoka. Cela cherche chaque prétexte pour se rouler par terre. Mais je sais au moins autant que les n° 6 comme vous M. Garfildo sont grands maîtres de karaté, et que vous avez déjà cassé des jambes en mettant moins d’impact que ce que vous avez envoyé ici. Et je vous mets un carton jaune pour procédés rhétoriques hasardeux, pour faire bonne mesure. »

Évidemment, le petit dialogue ci-dessus prend du temps et vient hacher le jeu. Il faut que tout le monde reprenne son souffle, faire fonctionner les micro des joueurs impliqués, que les cameras accourent afin que l’on distingue sur les écrans géants du stade chaque mouvement subtil du visage des protagonistes, dans des séquences de champs-contrechamps, hommages transparents du film Le bon, la brute et le truand. Mais on se surprend à attendre le prochain accrochage, comme si la partie sportive se dissolvait dans un spectacle de prétoire. L’arbitre est un genre de Clémenceau des rectangles verts, et au delà de ses répliques comme autant de petites phrases bien troussées, cette forme que l’on pourrait considérer comme bouffonne de l’extérieur est très pédagogique.

Enfin, le spectacle proposé est démultiplié au moment d’accorder ou non un pénalty ou d’infliger un carton rouge. Les gens installent alors trois estrades : la plus haute avec trois chaises pour M. l’arbitre et ses assesseurs, l’équipe ayant commis la faute présumée et l’équipe l’ayant subie se retrouvant sur des estrades munies de banc. Les éclairages du stades s’éteignent, d’autres rampes et des poursuites de préparent, afin de donner à ce théâtre l’atmosphère de solennité qui sied à cet événement. Joueurs et arbitres se rhabillent, ceux cités à comparaître prennent un soin particulier à agencer leur tenues.

On installe aussi un écran géant sur un côté : c’est là que seront re-diffusées et analysées les images par les arbitres lors de l’analyse des faits, où chacun des trois arbitres va venir expliquer ce qu’il considère illicite dans l’action. Pour chacun des arbitres, un temps à la fin de son intervention est réservé aux questions des deux parties : c’est en partie de ces questions que découleront les stratégies de réquisitoires et de plaidoiries qui suivront. Et l’on s’étonne ici de l’éloquence des joueurs : certains que l’on trouvait plus faibles sur le terrain se révèlent de redoutables bretteurs, qui arrivent presque à mettre en difficulté les arbitres en soulevant des interprétations des règles du jeu qui sont loin d’être idiotes mais qui se révèlent en contradiction avec l’application des règles admises jusqu’à ce point du match.

Devrait-on sanctionner d’un carton jaune un joueur en retard sur le ballon mais qui reçoit un coup involontaire de son adversaire ? N’y aurait-il pas un excès d’engagement chez un défenseur qui va mettre la tête alors que l’attaquant avait pu exécuter son retourné acrobatique ? Hurler « ça sort » en position de hors-jeu doit-il être considéré comme une interférence avec l’action défensive susceptible de la perturber ? Coincer le ballon entre son ventre et sa bite devrait-il être interdit, puisque chaque tentative de déloger le ballon met en danger l’intégrité couillesque du joueur ?

Et au final, chacune de ses situations fait évoluer les règles. Comme partout mais comme nulle part, on reparle des jugements de penalty à la sortie du match, sur les plateaux de télévisions. Sans toujours très bien maîtriser les lois du jeu et les jurisprudences invoquées dans la décision. Et dans les bars de Bergomi ! A l’intérieur se trouvent de véritables bibliothèques de ces décisions, qui en échange d’un verre vous reparlerons sans peine des grands épisodes du passé. Un pénalty sur un certain Nilmar est particulièrement entré dans la légende. Il avait entraîné un arrêt de jeu qui avait duré des jours entiers.

>>>>>##### Les Notes #####<<<<<

On est méchantes avec Kristensen, mais il n’est pas si nul que ça quand il n’a pas d’adversaire direct.
Sandy, 40e

Meslier (critère de non-surévaluation/5) Le premier Leedisien venu vous dirait qu’Ilan doit être retenu dans le groupe France d’ici peu (Aréola, franchement). Et un autre, pris à chaud à la 60e minute de ce match, vous dirait qu’il doit être devant Lloris. Si on est dans le match encore à la 60e, c’est grâce à Ilan. (et aux attaquants de Brighton). Nous n’irons pas aussi loin que ce Leedisien lambda, mais ne pouvons nier une certaine clairvoyance dans ces propos.

Kristensen (vote unique non transférable et proportionnel plurinominal/5) Si quelqu’un a compris ce que Rasmus faisait aujourd’hui en défense, c’est qu’on lui a mal expliqué. Ça avait l’air tellement compliqué qu’on aurait dit une loi électorale italienne. Ou alors, c’est qu’il existe une théorie alternative : il se cachait jusqu’à ce que Dan James redescende défendre.

Koch (Scrutin uninominal majoritaire à deux tour/5) Afin d’éviter les triangles électoraux, le plus simple reste de se faire élire au premier tour, sur un programme sérieux, des relances pertinentes, et une cote de sympathie personnelle élevée.

Llorente (critère des clones/5) Pareil que Koch, mais en tout un peu moins bien, le clone n’atteignant pas la qualité de l’original.

Struijk (système de vote de Condorcet /5) Système de défense absolument parfait quand un des concurrents remporte tous ses duels. Il devient moins efficace quand il prend un carton jaune au bout de 4 minutes pour une faute où il se sacrifie pour couper un contre.

Rocca (système du vizir de Samarcande/5) On sent bien que les mouettes se sont dépensées sans compter pour priver Marc du ballon, et se dépensaient beaucoup moins (à la limite ils marchaient) quand Tyler avait la balle.

Adams (vote obligatoire /5) Kouhoku doit recevoir la visite énervée d’Erzulie s’il sort Adams du terrain. Mais en même temps, dans ce système, la participation de Tyler est haute, et il faut bien s’en réjouir pour l’équilibre de notre milieu de terrain.

James (Scrutin à vote unique transférable /5) en l’occurrence à Fulham pour quelques gros miyons. Tchao Daniel, on aurait aimé que tu fasses parler ta vitesse aussi avec le ballon, et tu avais l’air d’un bon gars.

Aaronson (Scrutin plurinominal majoritaire à deux tours/5) Si Brenden doit jouer dans l’axe, nous le mettrions en ballotage avec Matteusz.

Harrisson (Scrutin proportionnel avec bonus à la liste en tête /5) Aussi responsable que les autres quand Brighton nous emmerdait pour sortir, mais en bonus quelques pertes de balles assez regrettables. S’est repris en seconde mi-temps.

Rodrigo (scrutin à liste bloqué/5) Comme bien des tirs qu’il a tentés ce jour.

Klich (théorème d’impossibilité d’Arrow /5) Dans une équipe de foot parfaite ; si l’on doit énoncer son degré d’amour pour les déviations et le jeu sans ballon, il est impossible de ne pas voir Matteusz sur le terrain.

Sinisterra (vote blanc /5) N’a pas pesé sur le résultat.

Forshaw (vote à bulletin secret /5) Nous ne dirons pas ce que nous avons pensé de l’entrée d’Adam.

Gelhardt (tyrannie de la majorité /5) Quand Leeds est mené au score, la majorité des supporters Leedisien réclame l’entrée de Joffy sur le terrain.

>>>>>>##### Les joueurs d’en face qui nous ont bien fait chier #####<<<<<

Trossard (système Hagenbach-Bischoff /5) C’est la même chose que la méthode de Niel Maupay : excellent dans tous les compartiments sauf quand il s’agit de mettre un ballon dans les filets.

Mac Allister (vote à préférences multiples ordonnées /5) Ce petit Alexis est tout à fait au cœur du jeu de Brighton, et distribue les ballons comme ce système de vote distribue les sièges : une fois à droite, une fois à gauche et une fois au centre.

Gross (système de la boule noire /5) Ç’aurait été juste nous, on n’aurait autorisé Gross à jouer qu’à condition qu’il ne s’attache une caravane aux chevilles.

Veltman (vote par assentiment /5) Oui (il a bien défendu et bien relancé.)

Potter (critère de souveraineté /5) Ce bon Graham s’est fait brexiter pour retrouver des marges de progression en entraînant Chelsea. La Hipster académie ne peut que comprendre mais regretter cette allégeance aux puissances démoniaques (Chelsea, putain…), et aurait aimé continuer à prendre des fessées tactiques à bon compte puisque une attaque Trossard Maupay fait les rêves humides des gardiens de buts.

>>>>>##### Les Notes auxquelles vous avez échappées #####<<<<<

– Vote alternatif
– Scrutin majoritaire plurinominal
– mixte majoritaire uninominal
– mixte majoritaire plurinominal
– Scrutin de liste majoritaire
– mixte majoritaire uninominal de liste
– mixte majoritaire de liste
– Système semi-proportionnel
– Vote cumulatif modifié
– Scrutin binominal
– Système proportionnel
– Scrutin proportionnel plurinominal
– Système mixte
– Méthode Borda modifiée
– tirage au sort
– vote censitaire
– choix discrétionnaire du chef
– découpage électoral
– vote capacitaire
– vote utile
– vote nul
– vote à second tour instantané
– vote par approbation
– système de vote par valeur
– système de vote par pondération
– théorème d’impossibilité d’Arrow
– critère de monotonie
– critère de participation
– critère de cohérence
– critère de symétrie par inversion
– critère Pareto
– critère de majorité
– vote cumulatif
– scrutin de concordet randomisé
– méthode de Copeland
– méthode Schulze
– Rangement des paires par ordre décroissant
– théorème de l’électeur médian
– l’ensemble de Smith
– vote limité
– le sondage
– méthode de Jefferson de la plus forte moyenne
– Méthode d’Hondt de la plus forte moyenne
– méthode de Sainte Laguë
– les proportionnelles fonctionnelles
– méthode de Webster
– jugement usuel
– jugement majoritaire

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