Arsenal – Liverpool (1-1) : La Gunners Academy respire

Un nul contre le vice-champion d’Europe, ça compte double, non ?

Salut vous tous,

Me revoilà enfin pour vous parler d’une rencontre de Premier League. Il faut dire que l’inspection du travail n’avait pas laissé le choix à mes collègues car j’ai réussi à leur prouver, certificat médical à l’appui, que me contenter de résumer des matches contre des fermiers azéris ou des cordonniers bulgares mettait en danger ma santé mentale.


ZE GAME : 


Pour une première en championnat cette saison, j’ai été servi. De manière générale, avec quatre buts par match de moyenne, les oppositions entre Arsenal et Liverpool ne sont un cauchemar que pour deux types de personnes : l’intendant en charge du tableau de marque et les supporters de Chelsea, peu accoutumés à ce genre de spectacle.

Notre infirmerie étant particulièrement fournie en défenseurs, Emery est contraint d’aligner Mustafi au côté de Holding au sein de la charnière centrale, le tout encadré par Kolasinac et Bellerin, à peine remis de blessures. Par conséquent, devant l’impossibilité programmée de maintenir notre cage inviolée face aux trois bombardiers scousers, Unai décide de la jouer orgie offensive en alignant à la fois Özil, Mkhitaryan, Aubameyang et Lacazette devant.

Si depuis le début de la saison, nous sommes habitués à produire des premières mi-temps d’une qualité digne d’une analyse de l’oeuvre de Marcel Proust par un chroniqueur de TPMP, force est de constater que cette fois nos joueurs ont dû s’injecter une bonne dose de testostérone en intraveineuse avant le début du match (ou boire une tournée de bière offerte par Floyd Landis). Arsenal prend le contrôle du milieu de terrain, bien aidé par un Torreira qui a encore élevé son niveau de deux crans, se projette vite et met par moments au supplice l’arrière-garde des Reds.

Ainsi, au bout de deux minutes, un premier dédoublement permet à Kolasinac de centrer pour Lacazette, dont la talonnade ne surprend pas Alisson. Dix minutes plus tard, une passe téléguidée de Xhaka transperce deux lignes de défense adverses pour lancer Aubameyang, contré in extremis par un excellent van Dijk. Sur l’action suivante, Aubam centre au point de pénalty et permet à Allison de nous faire admirer sa classe toute szczesnyenne dans ses sorties aériennes. Coup de bol pour les Reds, ce n’est que Mkhitaryan à la retombée du ballon, donc sa tête passe à côté.

Comme souvent, c’est au cœur de notre domination que nous sommes les plus disposés à prendre le cher BUTALAKON que le monde entier nous envie. Celui-ci agite d’ailleurs Internet depuis samedi. Alexander-Arnold adresse un ballon en profondeur dans la surface, à destination de Mané, hors-jeu(.net) au départ, et de Firmino. Le Brésilien est le plus prompt et tire sur le poteau de Leno. Le ballon est alors repris par le Sénégalais, qui ouvre le score. Du moins, le croit-il jusqu’à ce que le juge de touche lève son drapeau. Alors certes, si l’on applique strictement les lois du jeu, le but est valable car Mané se situe légèrement derrière Firmino au moment de la frappe. Toutefois, il était hors-jeu(.net) tout au long de l’action et n’est remis en jeu que lorsque le Brésilien heurte le cuir (ce n’est pas sale), ce qui est très difficile à voir à vitesse réelle. Le juge de touche n’a donc pas pris de risque en invalidant le but, mais il n’y aurait pas eu de scandale s’il l’avait fait.

Genre là comme ça, tu penses vraiment qu’à vitesse réelle le juge de touche (tout en haut à DROITE) peut voir que Mané est remis en jeu ?

Le match continue, alternant les phases de poussée d’Arsenal et les contres tranchants de Liverpool. Qui va l’emporter ? La logique du terrain ou le BUTALAKON ? Pas de faux suspense, nous sommes Arsenal, évidemment que le sort a choisi le BUTALAKON. Taquin, notre karma a attendu l’heure de jeu pour nous déflorer à coups de burin. Tout part d’un excellent appel de Sadio Mané, dont le centre est envoyé par Leno et le talon de Holding plein axe à l’entrée de la surface. Vous croyez qu’il en faut plus à James Milner pour planter ? Moi non plus (0-1).

Signe du changement qui s’est opéré depuis le début de la saison, nos Gunners ne paniquent pas malgré tout et continuent à réciter leur partition. Non je déconne, heureusement que Mané chausse du 35, sinon il aurait pu doubler la mise dans la foulée sur un centre de Salah. Peu après, c’est au tour de van Dijk de faire briller Leno. Une fois l’orage passé, Arsenal repart dans une phase de construction, qui permet à Iwobi, rentré peu de temps auparavant, de lancer Lacazette dans la surface. Alisson parti à la pêche (ou en tractage pour Bolsonaro), l’attaquant français, bien qu’excentré, a le temps de se retourner pour égaliser, d’une jolie frappe enroulée (1-1, score final).

Une certaine frustration m’a envahi au coup de sifflet final. Si avant le match, j’aurais signé sans sourciller pour ce scénario, j’y ai tellement cru tout du long que je ne peux pas m’en satisfaire. Mais ne soyons pas de mauvaise foi, Liverpool aurait tout à fait pu prendre les trois points, vu la physionomie du match et voir mon Arsenal à ce niveau face à un cador du championnat me fait tout chaud dans le bas-ventre. Enfin, j’envie les spectateurs neutres, qui ont dû passer un foutu bon moment.


ZE BÂCHES :


Leno (2+/5) : Que tu veuilles t’inspirer de tes prédécesseurs à ce poste, je veux bien, mais entre tous les modèles potentiels, fallait-il vraiment que tu choisisses Szczesny ?

Kolasinac (2+/5) : Son physique de livreur de pianos lui a été plutôt utile pour se projeter vers l’avant, notamment en première mi-temps. Le problème est que sur les contre-attaques adverses, il avait tendance à tracter ledit piano. Remplacé par Danny Michel (non noté), qui n’a malheureusement pas pu parachever ce match dingue en nous offrant la victoire.

Holding (3+/5) : C’était vraiment bien, jusqu’à cette talonnade stupide qui amène le but de Liverpool. Mais vu ton niveau actuel et comparé à ton colocataire de la charnière, le jury a décidé de se montrer indulgent.

Mustafi (non noté) : Il y a peut-être une petite mesquinerie à ne pas le noter pile le seul jour où il nous sort un match potable, contre un gros qui plus est. Allez savoir.

Bellerin (2/5) : Je te l’accorde, Sadio Mané court vite. Beaucoup trop vite pour le commun des mortels. Mais peut-être que si tu ne lui laissais pas à chaque fois une deux fois quatre voies dans ton dos, ce serait plus facile de l’attraper. Une suggestion, comme ça.

Torreira (4+/5) : Quelle foutue pépite, celui-là. Il a simplement mis à l’amende le milieu de terrain de Liverpool pendant quatre-vingt-dix minutes, ce qui lui a valu le titre d’homme du match. Tout ce qu’il fait est propre, pue la classe et fluidifie le jeu de l’équipe. Si sa frappe de la soixante-deuxième minute avait fini au fond, c’était le 5/5 direct.

Xhaka (4/5) : Son meilleur match sous le maillot d’Arsenal. Quand le lutin uruguayen le soulage d’une (grosse) partie des tâches défensives, Granit peut dicter le tempo, casser des lignes, orienter le jeu, BREF CE QU’ON ATTEND DE LUI DEPUIS SON ARRIVÉE. Pardon.

Aubameyang (3/5) : Du mouvement, des appels incessants, une grosse participation au pressing et une finition compliquée. Du Aubam 100% pur jus donc. Remplacé par Ramsey (non noté), qui a grandement contribué à faire craquer la défense des Reds.

Özil (3+/5) : Je ne me suis toujours pas remis de sa remise en aile de pigeon pour Lacazette. Que c’est bon de le voir prendre le jeu offensif à son compte dans un gros match.

Mkhitaryan (3/5) : La volonté est là, le talent également, mais au niveau du physique, ça paraît toujours aussi léger. Remplacé par Iwobi (4/5), qui confirme encore un peu plus tout le bien qu’on pense de lui, cette fois par une passe délicieuse qui amène l’égalisation.

Lacazette (4/5) : Encore une fois, il a été sevré de ballons. Encore une fois, il a rongé son frein (ce n’est pas sale), a participé au jeu et a mis au fond sa seule véritable occasion. 


IF NOTE :


  • L’avis d’en face vous sera prochainement proposé par la Reds Academy. Et mon petit doigt me dit que les collègues n’ont pas le même avis sur le but refusé à Mané…
  • L’information est tombée cette semaine (des gens du club s’en sont même vantés) : Tottenham est la meilleure équipe du championnat face aux promus. Vivement le DVD retraçant cet exploit.
  • Sinon (point publicité non sponsorisée) : l’ami Romain Molina sort un nouveau livre. Le précommander permettra à Gibraltar de remporter la prochaine Coupe du Monde de basket (moi non plus, je n’en ai rien à carrer de ce sport, mais ça lui ferait plaisir).
  • Enfin, un petit point Football Leaks : ça me fait mal, mais Arsenal est dedans. Alors certes, on n’est pas accusés de s’être torchés avec le fair-play financier grâce à un contrat de sponsoring bidon, mais voir que ton club fait partie des promoteurs de cette mort du football qu’est la Super Ligue, ça fait mal au fondement.

Sur ce je vous bise, et à bientôt pour de nouvelles aventures.

Johny Kreuz

Johny Kreuz

J'ai autant de clubs de cœur qu'Alex Oxlade-Chamberlain a de neurones. Seul supporter non-basque de Bilbao et Cazorliste convaincu.

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