Bon appétit Pelé : Chivito, el matador des artères

(Episode 23/32) Après avoir excité nos papilles tout au long de la Coupe du Monde 2014, Parie-Maule revient munie d’un défi de taille : vous proposer une recette par jour, une pour chaque pays qualifié. Aujourd’hui, Parie-Maule prévoit une défaite uruguayenne et quelques accidents cardiaques.

Hébonjour à tous,

Aujourd’hui c’est France-Uruguay, alors à la demande générale, je vais faire Parie-Maule la poulpe et passer la recette de l’Uruguay, hé, puisqu’en général, quand je publie une recette hébé l’équipe concernée, elle perd. Enfin, quand je dis « à la demande générale », rassurez-vous, c’est pas la demande des lecteurs, hé, ça n’irait pas bien loin. Non, c’est la demande générale des copains du comité des fêtes. La Martine, là, elle est excitée comme une puce. D’habitude elle me gonfle un peu, mais là elle tombe bien, elle a fourni assez de drapeaux bleu-blanc-rouge pour pavoiser tout Lalbenque, même la mairie elle en avait pas autant pour les cérémonie des anciens combattants.

Bouducon, je sais pas avec quels sous ils ont pu s’acheter autant de drapeaux, au FN46 ils ont encore moins d’adhérents que nous on a de lecteurs. J’ai demandé à Martine, elle m’a dit que ça venait de l’activité broderie de l’EHPAD de Lentillac-du-Causse : elle fournit les tissus gratuitement à l’hospice et avec, les vieilles elles cousent des drapeaux bleu-blanc-rouge que la directrice lui refile après. Ouineouinedile, comme elle dit, Martine. Elle a beau être casse-pieds, on ne peut pas lui enlever que c’est une femme d’affaires, hé.

Alors j’ai donc cherché une recette uruguayenne pour bien les faire perdre tout à l’heure, hé, boudu, c’est pas une recette que j’ai trouvé, c’est une mine anti-personnel. C’est bien simple, si je la montre à mon cardiologue, il me traduit en justice pour crime contre l’humanité, bouducon.

 

Par contre, à lire la recette, je me suis dit que depuis le début de la rubrique, j’avaois encore rien revisité. Et le rédac’chef il m’a dit que dans toute rubrique cunilaire qui se respecte, il fallait revisiter un truc, pour que ça fasse starteupe nation et que ça attire plein de lecteurs.
Et là, bouducon, c’est le moment ou jamais de revisiter, hé. Déjàà, j’ai lu plein de trucs depuis deux jours que l’Uruguay et la France ils étaient super proches, hé, ya même Alexandre Dumas qui leur a écrit des trucs et tout. Et puis au niveau cunilaire, hé le chivito, c’est tellement une ode au gras qu’il y a mille fois moyen de faire un jumelage avec nos canards. J’en salive d’avance. Et mon cardiologue aussi.

 

Le chivito urugaulois cross-over de la fraternité

Pour les puristes, je vous ai mis en italique les trucs que j’ai rajoutés pour revisiter. Vous pouvez les enlever si vous voulez faire de l’Uruguayen authentique, mais à mon avis ce serait dommage, un truc comme ça vous n’en mangerez qu’une fois dans votre vie ; et pour cause.

Un pain à sandwich, type hamburger ou ciabatta
2 tranches de longe de porc, boeuf ou veau
1 magret de canard, avec son gras
2 tranches de bacon
Un oeuf sur le plat
Une sanguette de canard (vous savez pas ce que c’est la sanguette ? Je vous ai mis la recette plus bas)
2 tranches de fromage (type emmental, cheddar, etc.)
1 tranche de fritons de canard
2 feuilles de laitue
1 tranche de foie gras de canard (hé, on se refuse rien)
Tranches de tomate
1 cuisse de canard confite
Mayonnaise
Huile d’olive, sel, poivre

Comme j’ai pas la science infuse, hé, j’ai envoyé il y a quelques jours ma recette au chef du restaurant, à Saint-Médard-Catus. Avec son étoile au Michelin, il peut bien me dire si j’ai bien tout revisité dans l’esprit du terroir quercynois,hé. Hébé c’est pas de bol, j’ai pas eu de nouvelles, c’est le lendemain en ouvrant la Dépêche que j’ai appris qu’il était mort. Ils l’ont trouvé comme ça devant son ordinateur, apparemment. C’est vraiment pas de bol.

 

Vous commencez par couper le pain en deux, et vous badigeonnez légèrement de mayonnaise la partie inférieure. Par légèrement, j’entends que vous videz le bol que vous avez préparé, hein, vous aurez bien compris qu’on n’est pas à ça près. Vous ôtez le blanc des feuilles de salades, parce que sinon ça fait trop de légumes. Vous posez les poser les feuilles sur le pain.

A ce moment (je passe en italique parce que je revisite, là, vous suivez toujours, hein), vous préparez la sanguette : placez de l’ail écrasé, du persil et quelques gros morceaux de lard rissolés dans une terrine . Vous y ajoutez le sang d’un canard, que vous laissez coaguler. Il est alors cuit dans de la graisse d’oie dans une poêle en le retournant afin qu’il cuise des deux côtés .Vous l’arrosez alors d’un filet de vinaigre, et vous réservez.

Vous faites cuire les tranches de viande et le magret à la poêle, dans l’huile d’olive (moi, quand j’ai revisité, j’ai pas fait à l’huile d’olive : j’ai mis le magret côté gras à sec dans la poêle, pour qu’il rende bien le gras et que je puisse y cuire la viande dedans). Peu avant la fin la cuisson de la viande, vous ajoutez le bacon dans la poêle pour le saisir brièvement. Toujours dans la poêle, vous ajoutez le fromage sur les tranches de viande (bien sûr, ne retournez plus la viande à partir de ce moment). Salez. Quand le fromage a fondu sur les tranches de viande, ôtez-les de la poêle et mettez dans le sandwich, sur la salade. Placer dessus le bacon cuit, et par-dessus encore le magret que vous aurez découpé en tranches.

Dans la deuxième poêle, faites cuire l’œuf au plat. Vous le sortez délicatement et vous le placez dans le sandwich. A ce moment seulement, cassez doucement le jaune étalez-le avant de refermer le sandwich (cela évitera de faire couler le jaune en mordant dans le sandwich). Dans ma revisite, hé, l’astuce elle est très pratique : vous placez aussitôt les tranches de fritons de canard sur l’oeuf, les micro-espaces dans le friton vont faire remonter le jaune par capillarité et ça ne coulera pas. Et par-dessus les fritons vous mettez le foie gras ; ça n’absorbe rien, c’est juste pour le goût.

Vous finissez par mettre dans le sandwich la cuisse de canard confite, que vous aurez désossée auparavant pour ne pas que ce soit trop compliqué à manger sur le pouce;, et vous refermez le tout.

Et voilà, c’est prêt ! J’ai fait court, aujourd’hui, mais quand on a devant soi un tel chef d’œuvre, les mots sont superflus je crois. Alors, mes amitiés à votre cardiologue, et bon appétit bien dur !

Parie-Maule.

 

Té, je vous ai mis une petite photo de la fin du banquet au comité des fêtes, pour rendre hommage à notre maire. Le maire, c’est un homme d’honneur, le premier magistrat, comme on dit, alors il a tenu à bien finir tout son chivito, même si on a dû un peu l’aider. Je crois qu’il est mort heureux.

Parie-Maule Pelé

Experte cunilaire à tendance footballistique, secrétaire perpétuelle de la confrérie de la truffe et du canard gras de Lalbenque (Lot).

4 Comments

    • Complètement d’accord avec ce grand homme. Restons cohérents si nous voulons mourir avant 40 ans… 45 ans disons.

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