COLOMBIE-FRANCE (1-3) : L’Académie Française ne boit pas de jus de chaussettes

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LE CONTEXTE

On enchaîne ! Après la victoire probante face à un Brésil à deux vitesses, nos poulets bleus de retour en bleu (marketing oblige lors de la première journée de barrages et matchs amicaux, ou absolument toutes les équipes sauf l’Uruguay ont joué avec leur maillot extérieur, ce que je trouve débile, mais bon !) vont affronter les Cafeteros de la Colombie. Cafeteros étant toujours beaucoup plus politiquement correct et respectable que Cocaïnos, nous les appellerons ainsi.

La Colombie, ce n’est pas que les cartels, la coco, et Pablo Escobar, c’est avant tout une équipe qui a fini troisième de la zone ConMeBol devant le Brésil. En même temps, tous les qualifiés de la zone ont été devant le Brésil, y compris l’Equateur, c’est pour vous dire le chantier de Don Carlo.

La Colombie, c’est Carlos Valderrama et René Higuita, coupes de tifs improbables des années 90 et coup du scorpion. Sans dec, Montpellier, en 1990, entre ce bon Carlos Valderrama et Jacek Ziober, il y avait deux des plus belles coupes de douilles du championnat. Je pose ça là.

Les 2 Be Frisés.
Pour la déconne.

Sur ces considérations capillaires d’excellente facture, on va souhaiter un joyeux anniversaire à N’Golo Kanté, 35 ans ce soir et une coupe de cheveux que nous qualifierons d’inexistante.
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Grosse revue d’effectif. DD a décidé de faire beaucoup tourner pour affronter la Colombie. En même temps, à trois mois d’une Coupe du Monde, c’est toujours des matchs à la con, en plus, face à une équipe sud-américaine, dont c’est le fond de commerce de taper les tibias, vérifier avec minutie et sens du devoir la solidité des maillots et intimider par des paroles toujours un peu déplacées. Va quand même falloir être costaud.

Parlons du Stade, le mythique stade des Redskins de Washington, Redskins dont tout le monde au collège avait le bombers ou la casquette, alors que tout le monde sait que Wahington, c’est comme New York, ça gagne rien depuis 50 ans, et dans tous les sports.
Les puristes diront “ oui mais les Yankees, ils gagnent !” Faites pas chier, c’est l’arbre qui cache la forêt.

Avant que j’oublie : On ne peut pas évoquer la Colombie dans une Coupe du Monde aux Etats-Unis sans parler d’Andrés Escobar, lâchement assassiné à la sortie d’une boîte de nuit de Medellin, et dont le seul tort (outre le nom de famille) aura été d’avoir marqué contre son camp face aux Etats-Unis, précipitant l’élimination des Cafeteros de la World Cup. Ca avait fait perdre beaucoup d’argent à des narcotrafiquants. 32 ans après, on n’oublie rien. Jamais.

Dernier point : être obligé de se taper 6 minutes de pub sur TF1+ pour le replay, Cetelem, Airbag TAKATA, Electrodépôt, Quézac et les mycoses vaginales, c’est relou.

LA COMPO

Dayot est rentré chez lui après son carton rouge contre le Brésil, et en attaque, la gueule de l’équipe B n’a rien à envier à la A : Doué, Thuram, Cherki, Akliouche, la relève est sexy. Et encore, Barcola est resté à Paris.

LE RESUME

LE RESUME PAR L’ACADEMIE FRANCAISE

LE MATCH EN PLAY-BY-PLAY (parce qu’on a tout disséqué, TOUT !)

On va débunker de suite la réalisation américaine : on est de retour dans les années 90 et moi, ça me fait beaucoup du plaisir. La World Cup de 1994, ça me rappelle toujours de bons souvenirs. Bebeto, Romario, Bergkamp, la minasse de Maradona contre la Grèce et le contrôle positif à la Nandrolone qui s’en est suivi, Yekini qui mange le filet, les deux équipes de notre poule de qualifs qui finissent 3 et 4, la calvasse de Yordan Lechkov, les maillots de Jorge Campos, les arbitres qui officient en fuchsia, Brolin et Dahlin, Roberto Baggio, n’en jetez plus !

Je parle, je m’égare, mais le match a commencé, bon sang de bonsoir !

3. Akliouche à gauche donne à Cherki qui passe laser à Zaîre Emery. WZE à l’extérieur de la surface oblige Montero à se coucher à ras de son poteau gauche. Heureusement que ces mecs-là ne jouent pas souvent ensemble parce que lorsqu’ils seront huilés, ça va faire du sale !

5. Luis Diaz envoie la minasse à 25m mais Brice Samba glisse sur le côté pour vendre la frappe du Colombien largement à côté.. 

8. Premier taquet des Colombiens sur Doué. Ce sera pas le seul. 

10. Doué dribble. On a un nom à assumer.


12. Et si qu’on sifflait un petit penalty sur Akliouche ? La passe de Cherki dans le trafic a impliqué un léger croc en jambe. Heureusement qu’on aura la VAR en Coupe du monde. NON, JE DECONNE ! Ca changera rien. On va se faire enfler pareil.

13. Cherki a vu Thuram dans la profondeur, mais le fils de l’Elu de France-Croatie était hors-jeu. Dommage parce que la passe, c’était du velours. Cherki, quoi. 

16. Taquet sur Thuram par derrière, ça joue. 
18. Coup franc pour Cherki à l’entrée de la surface. Ca va être bien. Thuram fout la merde dans le mur. Ah ben non, c’est Digne et c’est dans le mur. C’était pas bien.

Ca joue, c’est intense et la Colombie nous regarde dans les yeux. Ca fait plaisir. Match agréable.

Tom Cruise, de jour

22. Débordement de Luis Diaz sur la gauche, je sais déja plus qui est l’arrière droit, mais il a pris tarif. Le centre est dégagé dans les pieds de James Rodriguez qui tatane et oblige Samba à se coucher.
Putain, James Rodriguez, 92 ans, élu plus beau but du mondial 2014. C’est vous dire l’âge canonique du garçon.

Ah, on me dit dans l’oreillette que c’est Kalulu le latéral droit.

23. Ca se frictionne entre Thuram et Sanchez. C’est ça que c’est bon !

Point maillot pendant la pause fraîcheur : l’écusson de la Colombie est d’une pauvreté graphique, certaines choses ne changent pas.

27. Akliouche frappe à côté en première intention. Pas mal, mais pas transcendant.

30. Les Colombiens ne touchent pas la gonfle. Akliouche à droite, Cherki, pour Thuram en pivot qui qui remet à Cherki, ça laisse passer pour Douéééééééééé qui frappe depuis l’extérieur de la surface. C’est dévié, c’est ficelle et on n’en parle plus. 1-0.
Que c’est chouette, cette attaque de jeunes loups.

33. Taquet sur Samba à retardement. Gratos. Arrêt buffet et coup franc pour les Bleus. Ça aurait peut-être mérité le premier cartoncito. 

39. Cartoncito pour Thuram, qui a pris Luis Diaz pour cible. Pas immérité non plus.

41. Le centre d’Akliouche aux petits oignons trouve la tête de Thuram qui bulldoze son défenseur et dépasse son père au classement des buteurs bleus, 3 à 2. Problème : Marcus est avant-centre et Lilian était latéral droit. 2-0

43. La contre attaque de Thuram qui oublie tout le monde et frappe à côté.

45. Doué fait mumuse avec la balle et les défenseurs. La frappe qui s’ensuit est touchée par Montero. Le corner est renvoyé sur WZE qui la tente aux 18. Pourquoi pas ? Parce que pas. 

45+2. Uppercut d’Arias sur la tronche de Cherki. On siffle faute quand même. 

Allez, mi-temps !

49. Luis Diaz se présente seul devant Samba. Seul ? Non. Un irréductible Girondin du nom de Maxence Lacroix vient faire le ménage, sans fleurs ni couronnes. Ça dégage !

50. Puerta plus vite que Doué, lui fauche la balle mais c’est sans compter sur la hargne de Désiré pour récupérer le ballon. Cartoncito.

Intense mais sans grand génie, ce match ronronne. On assiste même à une frappe en tribune, mais la défense française tient bon la rampe.

56. La sanction immédiate de la France. Le contre de sauvage, tout à une touche de balle, enfonce le clou déjà bien rouillé dans l’oesophage de la Colombie. Akliouche, Cherki, Thuram sur l’aile droite pour Doué, seul au second poteau comme un geek dans une partouze, qui vient aligner Montero du plat du pied (sécurité), 3-0 (air connu là aussi ! )

57. Un taquet de Jefferson Lerma sur Thuram. Viril mais pas correct. D’ailleurs, c’est Jefferson Lerma ou Jefferson Poirot ?

61. Puerta vient de gentiment mettre un coup d’épaule et limite un coup de boule à Cherki, right in ze face. Droit dans la face si vous voulez une traduction impeccable. Et cartoncito, bien évidemment !

64. Changements devant : Ekitiké, Kolo Muani et Camavinga remplacent Akliouche, WZE et Désiré Doué. Remplacer WZE par Camavinga, c’est pas un cadeau fait aux Colombiens. J’attends le changement de Cherki par Olise et Thuram par Mbappé. Ca va tabasser.

66. Nouvelle faute par derrière sur Cherki. C’est pas gentil, ça.

67. Brice Samba a touché son premier ballon de la deuxième période. Ça fait 20 mn qu’il parle sur Whatsapp avec sa meuf pour dire qu’il s’emmerde. 

69. Cordoba en pivot écrase sa frappe et Brice Samba se couche. Sans forcer, du tout. Et pause fraîcheur. Grégoire Margotton nous rappelle qu’on ne gagnera pas 75000€, dont on aurait bien eu besoin cependant. Mais encore une fois, ce sera pour M. Michel Trubèche qui habite dans l’Eure et Loir.

74. Cartoncito pour Camavinga. J’étais en train de taper ma derrière vanne sur l’ordi, je sais pas pourquoi il a été châtié et j’ai une flemme abyssale d’appuyer sur les deux triangles qui vont vers la gauche. 

75. Cherki a encore pris un taquet de Jefferson Airplane Lerma. Un ami qui vous veut du bien, probablement. En tout cas, Lerma n’a pas été embauché pour son sens de l’humour, parce que Cherki, il est pas obligé de rigoler.

77. Bing ! Et Bong ! Campaz se fait oublier par Kalulu, décalé sur la gauche, et servi, envoie la patata frita du gauche qui fait poteau rentrant. Samba raccroche trop tard avec sa meuf et se rend compte que ça fait 3-1.

78. Ah ben c’est pour maintenant. Le Kyks et le Mike remplacent Marcus et Ryan. Le génie français a 12 minutes pour égaler le record de buts de Giroud et la série de Just Fontaine : au moins un but par match sur 8 matchs consécutifs. Go Kykinou !

83. Ah ouais. Quintero envoie un corner direct qui ne surprend pas Samba. Mais il a des couilles de le tenter. Sur un malentendu, enfin, vous connaissez la suite.

85. Ekitiké lancé en profondeur par qui ? Par Picard ! (Faut que j’arrête de regarder TF1, ça me rend con.) Non, par Olise, bien sûr ! tente une Ronaldo 98 contre la Lazio. Montero est plus grand que Marchegiani et Hugo moins technique que O Fenômeno. Le gardien colombien ne tombe pas dans le piège et se couche. Il dévie le ballon qui finit amendonné dans les pieds de Mbappé et le centre-tir en angle impossible passe devant le but et sauvé sur sa ligne par un défenseur, sans qu’un bleu n’y puisse mettre un tibia, comme Inzaghi face à Lyon en 2006. Un de mes buts préférés, d’ailleurs. Pour Pippo et contre Lyon. Mais je vous en reparlerai une autre fois.

88. Olise puis Kalulu prennent des taquets gratos. On vous l’a dit, les Sud Américains, c’est pas Gibraltar. Jusqu’à la dernière seconde, s’ils peuvent arracher un mollet d’un coup de maxillaire, il ne se priveront pas. 

90+1. 27 minutes de temps additionnel. Pas du tout, seulement 4. Et c’est le moment que choisit Michael Olise pour envoyer une transversale des familles de 40 mètres à Mbappé de l’autre côté. Une-deux avec Lucas Digne plus tard, Kikinou à la limite du hors-jeu échoue dans le petit filet. Vous allez voir qu’il va le mettre son but égalisateur de Giroud et de Justo. Ce que ne manque pas de nous rappeler M. Ton. Prénom : Grégoire-Margot. 

90+3. Shaolin soccer dans la défense française, les Colombiens tapent trois fois, c’est repoussé finalement par les poings de Samba (l’important, c’est les deux poings !), et le contre mené avec le cul par Ekitike. Tout seul, pas attaqué, à 3 contre 3, Kikinou est tout seul à gauche, prêt à armer le bazooka, et Hugo la joue tout seul et frappe à côté. Il aurait fallu que Mbappé se mette un gyrophare pour que le 22 lui donne la balle ? Hugo est critiqué. 
90+4. Devant les yeux de DD, Michael Olise manque de se faire découper par un défenseur, saute à temps, et tel un funambule sur la corde raide de la fracture tibia-péroné, lance Mbappé en profondeur, qui couche Montero avant de marquer dans le but vide.
Mouais. Sauf qu’il était hors-jeu. Olivier Giroud transpire de la raie depuis son salon.

Les Colombiens, à la 95è, ne lâchent toujours pas le bistec, c’en est fascinant. Ils méritent un bon 16è de finale ou un 8è.

Et FIN DU MATCH !

L’HOMME DU MATCH

Désiré Doué. Les deux. Deux buts dans cette équipe remaniée, c’est à souligner.
Un but et une passe pour Marcus Thuram, c’est solide aussi. 
Cherki et Olise, les artistes associés. Je suis en surkiff de ces deux bonhommes.

Cherki et Olise, version 1.0


La sérénité de Maxence Lacroix sur ses deux premières apparitions va bien faire chier la Dèche quand il faudra faire la liste.

LA CONCLUSION

Ce match contre la Colombie, plus que contre le Brésil, avait un vrai parfum de Coupe du Monde. Un adversaire qu’on rencontre pas souvent, agressif au possible, un stade à l’origine pas fait pour du football, et une addition à trois buts. C’est tarif. Et Cherki en après-match qui dit “je veux donner du plaisir aux gens”, c’est la cerise sur le gâteau. Un type capable de faire jouir 70 millions de personnes, ça fait longtemps qu’on avait pas vu ça.

Donnez-nous du plaisir, Messieurs. Du plaisir malgré tout.

Prochain rendez-vous : la liste le 14 mai et la Côte d’Ivoire à Nantes le 4 juin prochain. En attendant, soyez pas trop sages, gagnez des trophées, engrangez un max de confiance et revenez nous gonflés à bloc comme les meules de Pamela. C’est pas Adil Rami qui dira le contraire !

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