Monaco-OM (2-1) : La Canebière Académie chante la vie
Il fait un temps à ne plus traîner devant Ligue1 Plus.
Aïoli les sapiens,

Vendredi soir c’était la nuit de la chouette. J’ai vu mon premier couple de Chevêches d’Athéna. Même sur la terrasse les oiseaux se livrent à un concours de gazouillis. Bien sûr, nous humains, nous ne pouvons pas décrypter leur langage mélodieux (NdA : en fait si, on peut ; en vrai ça se limite à « T’es chez moi, casse-toi » et « J’ai envie de baiser »), mais nous savons discerner de ces trilles et pépiements le message essentiel : le printemps est ici. Les côtelettes sur la braise exhalent le parfum de l’amitié, et à des centaines de milliers de kilomètres les envoyés de l’humanité nous livrent de magnifiques photos de la Lune. Ce mois d’avril n’est que douceur et beauté, et tout incite à traiter les petites contrariétés olympiennes comme elles le méritent : en s’en battant les couilles.
Sortez donc écouter la nature et ne vous prenez pas la tête avec ces mastres : la Canebière Académie est là pour cela.
Les B-Beye Boys
Rulli
Pavard – Egan-Riley (Balerdi, 77e) – Medina
Weah (Emerson, 89e) – Højbjerg (Abdelli, 89e) – Traoré (Nwaneri, 73e) –Timber – Paixão
Gouiri – Aubameyang
Aguerd est toujours blessé, de même que Kondigbia. Greenwood (honte à nous) est quant à lui toujours en train de savourer le combiné « blessure + suspension » offert par les Lillois il y a deux semaines. Balerdi est ménagé au profit d’Egan-Riley, tandis que l’attaque voit Gouiri et Aubameyang associés.
Le match
Cette première mi-temps s’avère ma foi tout à fait plaisante, d’autant plus plaisante que nos Olympiens ont l’air réellement décidés à ne pas faire de la merde, cette fois-ci. Les duels sont appliqués, les quelques erreurs de relance sont bien couvertes par les coéquipiers. Si, sur le plan du jeu, on est loin de l’extase, au moins l’OM rend une copie propre. Le début de match voit les Olympiens menaçants surtout sur les pertes de balle adverses, quand Monaco essaie de temps à autre de nous surprendre par quelques combinaisons un peu plus travaillées.
Peu à peu, on pourrait même en venir à considérer que ce sont les Marseillais qui dominent les débats. Hradecky doit notamment mettre en échec Traoré, bien servi par Weah, puis Paixão, à la réception d’un long coup-franc vite joué d’Højbjerg. Un gros bémol réside cependant dans notre manque d’application dans le dernier tir, la dernière passe, voire simplement sur de bêtes coups-francs et corners tirés à la zob.
À la pause, ce match s’inscrit dans le registre : « affrontement équilibré qui se jouera sur le premier attaquant qui réussit une passe décisive / le premier défenseur qui fera une connerie que ses équipiers ne pourront pas rattraper ».
L’autre enjeu réside dans le fait de découvrir quelle équipe prendra la première conscience du fait que, au-delà de cette aimable joute printanière entre adversaires de niveau égal, c’est une qualification en Ligue des Champions qui est en jeu ; et que, par conséquent, qui dit « niveau Ligue des Champions » dit « exigence de sortir un peu plus les doigts ». De fait, alors que l’OM attaque la seconde période sur le même rythme, Monaco passe clairement la vitesse. Impacts plus marqués, agressivité sur les seconds ballons, remontée collective sur le terrain : l’ASM nous fait du « taper, taper, taper », occupe notre camp, confisque la balle.
Si notre équipe pouvait faire illusion en première période, la hausse de niveau est à notre défense ce que le gonflement d’argile est à la maison Phénix : il ne faut pas longtemps pour que ça se fissure. Pendant qu’Akliouche, attire tout le monde sur notre droite, Medina y compris, dégun ne prend la peine de rétablir l’équilibre côté opposé. Tézé s’y trouve donc absolument seul pour réceptionner la balle et adresser un centre une main dans le slip. Golovine surgit dans le dos d’Egan-Riley pour battre Rulli de près (1-0, 59e).
Faute de certitudes dans le jeu, l’OM attaque dans le désordre le plus total, usant d’expédients (touches vite jouées, tentatives individuelles…) pour approcher la surface adverse. Malgré un certain sentiment d’impuissance, nous profitons cependant d’un certain manque de sérénité chez les Monégasques pour produire des attaques un peu plus propres. Centres et frappes de loin se succèdent, mais le gardien adverse reste encore et toujours impeccable, aussi bien dans ses sorties aériennes que pour parer les tentatives de Timber ou Højbjerg. Lorsque le gardien est battu, c’est la précision qui n’est pas au rendez-vous, à l’image de cette tête hors-cadre de Traoré sur un centre de Paixão.
Écartant du poing un centre menaçant, Hradecky voit son dégagement prolongé à la gacha empega par un coéquipier. Sur la ligne médiane, Pavard tente de remettre la balle dans le paquet, mais ne parvient qu’à queuter son dégagement, qui part en arrière : voici donc un duel de vitesse qui se joue entre Egan-Riley et Balogun, hommage au coup d’envoi fictif donné ce soir par Usain Bolt. Le problème est que face à Egan-Riley, même le Prince Albert pourrait passer pour Usain Bolt, alors s’agissant d’un attaquant international, le suspense est limité : Balogun fume ainsi notre défenseur puis, excentré dans notre surface, s’occupe de Rulli d’un petit bijou de lob (2-0, 74e).
Une défense sûre, des attaquants efficaces : voici ce qui caractérise une équipe visant le podium du championnat, et dont nous ne disposons assurément pas. L’OM ne démérite pourtant pas et finit par s’offrir un petit espoir, quand Medina combine au milieu de terrain avant de lancer Gouiri dans la surface. Notre attaquant se faufile entre les deux golgoths de la défense centrale puis vient glisser la balle entre les jambes du gardien (2-1, 85e).
À l’entrée du temps additionnel, Amine passe près de rendre la politesse à Facundo, d’un coup-franc enfin bien dosé au cœur de la surface. Notre défenseur ne parvient hélas qu’à reprendre la balle de l’épaule, offrant au gardien l’occasion d’une nouvelle parade. Sur le corner qui s’ensuit, comme un symbole, Aubameyang tente une piteuse reprise du zgueg, aisément contrée par un défenseur devant sa ligne.
Si l’on était l’En-Avant Guingamp, nous aurions pu saluer cette performance valeureuse de nos joueurs, qu’un destin un peu plus favorable aurait pu convertir au moins en match nul. Seulement voilà : d’une, pour ce qui est des coups de chance, on avait déjà été abondamment servis au match aller ; de deux, jusqu’à preuve du contraire nous sommes un prétendant au podium, et dans cette perspective, la défaite de ce soir nous a surtout rappelé tout ce qu’il nous manquait pour réellement mériter le haut du classement.
Les joueurs
Rulli (2/5) : Pas forcément honteux, mais impuissant sur l’ouverture du score, et tout juste bon à voir Balogun se la secouer sur lui après avoir pissé sur la défense. C’est un tout petit peu regrettable, a fortiori quand son homologue monégasque, lui, multipliait les parades.
Pavard (1/5) : Pour ses erreurs défensives,Balerdin a tellement le sens de la mise en scène qu’il pourrait faire des concours de drag-queen. Il y a des défenseurs, quand ils se caguent, c’est discrètement, en toute humilité, mais Swing Frisotti lui non, il attend que tous les projecteurs soient sur lui, il s’assure d’avoir capté, captivé tous les regards, et là il descend les escaliers en majesté, prend une voix de velours et dit « alors les beautés, vous aimez les erreurs défensives ? Vous n’avez encore rien vu ». Et c’est ici, Mesdames et Messieurs, que vous révisez votre notion de « SHOW ».
Egan-Riley (1/5) : Sur le deuxième but, je suis certain d’avoir vu un couple de touristes néerlandais sortir de son fion en s’engueulant (« Godverdomme Wilhelmus, mais pourquoi tu as voulu faire la course avec cette voiture américaine, tu as fait serrer le moteur de la Passat ? – Mais c’est toi Annieke qui as pris trop de bagages dans la caravane, je t’avais prévenu qu’on dépassait le poids autorisé, zakkenwasseruilskuikenklotenklapper ! »
Balerdi (77e) : Plus sobre que les titulaires, il s’est contenté d’un simple hippopotacle à retardement pour paraître ridicule.
Medina (3/5) : Pour une fois, sa partie ne s’est pas résumée à foutre la merde : il a aussi joué correctement. Bonus pour sa passe décisive de fin de match, même si elle n’a finalement pas servi à grand-chose.
Weah (2/5) : Ça fait plusieurs matchs que son appréciation pourrait se résumer à « Non mais on voit bien qu’il essaie, hein. »
Emerson (89e) : On a bien vu qu’il a essayé aussi.
Højbjerg (3/5) : Bon, déjà, il n’y a pas eu de moment où il s’est planqué comme un gros lâche, c’est déjà un progrès. Reste maintenant à faire des trucs efficaces.
Abdelli (89e) : Histoire que Beye puisse dire « j’ai tenté un truc ».
Timber (3+/5) : Une grosse pompe à remonter les ballons, pas toujours dans la finesse mais au moins avec un débit constant.
Traoré (2+/5) : Tout à fait honnête, le problème étant que le niveau « tout à fait honnête » ne suffit pas pour prétendre conserver la troisième place.
Nwaneri (73e) : J’espère que tu as commencé ton rapport de stage hein, il ne reste déjà plus qu’un gros mois.
Paixão (2+/5) : Sion s’attache à l’attitude et aux efforts produits, Igor s’est montré tout à fait appréciable. Évidemment, si on commence à parler de trivialités du genre « buts » ou « passes décisives », là, forcément…
Gouiri (3+/5) : On salue sa volonté de prendre du recul pour orienter le jeu : sans ça, notre production se serait limitée à « on court vite, on passe la balle à quelqu’un qui sait dribbler et on voit ce que ça donne ». Cela étant, notre but a été marqué quand Medina s’est mis à courir vite et à passer la balle à Amine pour voir ce que cela donnait. Avec un peu plus d’application sur les coups de pieds arrêtés ou quelques dernières passes, tout ceci aurait même était parfait.
Aubameyang (1/5) : Encore un match où Jean-Bite était fâché avec le ballon. Faudrait envisager une thérapie de couple tous les deux, là, ça devient lassant vos disputes.
L’invité zoologique : Ptitloup Kehrer
Le loup n’est pas foncièrement méchant en soi, mais évidemment, si les moutons sont suffisamment cons pour se balader devant lui l’aire de dire « bouffe-nous donc le cul », faut pas lui demander de préférer les brocolis.
- Les autres : Pas super sereins, mais quand même plus que nous. Pas hyper créatifs, mais quand même plus que nous. Ne ferait pas un très beau qualifié en Ligue des Champions, mais quand même plus que nous.
- Le classement : Lille, Rennes et donc Monaco victorieux, il n’y a guère que Lyon pour se caguer. Du troisième au septième, tout le monde se tient en trois points.
- Coming next : Metz, Lorient, Nice, Le Havre : si tout se passe comme il devrait, nous devrions aborder la finale contre Rennes en position favorable. Et si cela se passe mal contre tout ou partie de ces équipes de viers… eh bien c’est qu’un n’aura définitivement rien mérité, de toute façon.
- Les nasales et les fricatives : Le week-end prochain, c’est le Festival des Accents à Aix et Marseille, avec un final le samedi 11 à la Criée. Entre autres, on y jouera à Motchus et à d’autres nouveautés un peu sympathiques, donc #Viengs. Programme complet sur https://www.festivaldesaccents.org/
- Les réseaux : ton dromadaire blatère sur Facebook et BlueSky. Didier A. remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah
La situation pourrait être catastrophique si nous n’avions pas une lueur d’espoir en la personne d’Habib Beye
Habib Beye est la voie et le chemin. Sa Parole nous conduira en C1