France – Colombie (2-3) : L’Académie Française mange la poudre(use)

Ils avaient le choix entre sniffer les vendeurs de poudre ou se faire carrer le sachet dans le tunnel. La fin va vous surprendre.

Ce match devait venir conclure une magnifique journée de ski parsemée de flocons d’espoir pour la rencontre de nos Bleus (oui je suis poète). Las, aussi énervants que ceux qui se vautrent trois fois au départ du téléski, aussi frustrants qu’une neige fraîche salopée par deux connards ne sachant pas faire du snowboard, les Bleus ont raté l’occasion de me convertir à l’optimisme concernant leur parcours à la CDM.

En face, c’était la Colombie.  Ah, la Colombie ! Comment ne pas succomber à cette magnifique république constitutionnelle unitaire bordée d’étendues aquatiques paradisiaques, à ses émeraudes fièrement serties aux cous des plus grandes WAGs, à son patrimoine architectural quimbaya unique ? Waka waka, hé-hé.

Trève de clichés tous plus iniques les uns que les autres sur ce beau pays, parlons sérieusement : premier match d’une série de 4 avant le début de la CDM en Russie. Didier a innové en invitant Wissam Ben putain de Yedder à Clairefontaine, ainsi que le frère de sang de Nicolas Douchez, dans sa dernière liste des 23. Je ne parlerai pas des blessés, on le fera au moment de la liste définitive s’il y en a.

La compo :

On nous vend un 4-4-2 à plat en défense qui se transforme dans un classique 4-2-3-1 en phase offensive. La présence du duo Matuidi-Kanté m’inquiète. Celle de Digne ne me procure aucun sentiment. Celle de Lemar me convertit immédiatement au monothéisme.

Le derrière :

La charnière Umtatane est de retour. Les deux sont titulaires au Barça et au Real, y’a pas de raison que ça tourne mal. Sidibé à droite, Digne à gauche faute de mieux (Kurza-qui ? Mercéééé).

Le milieu :

Pourquoi Matuidi ET Kanté ? Pourquoi l’un ET l’autre ? Pourquoi le pantin désarticulé ET le Bouff’Tout londonien ? Ça va être pratique de créer du jeu et de gérer les transitions défense-attaque dis donc.

Le devant :

Contre toute attente (non), Giroud est en fixation, Griezmann derrière lui, et Mbappé/Lemar sur les côtés. Mbappé n’est donc pas testé en pointe, et on retrouve Dieu Lemar qui va devoir s’occuper de son couloir ET de l’animation.

Le match :

Sidibé rate son contrôle sur son premier ballon à la première minute. Lui, latéral pourtant à droite, serait-il oiseau de mauvais augure ? Apparemment pas, puisque Grizou décroche, combine avec Mbappé pour Giroud qui accroche sa charrette, vérifie qu’elle est bien attachée à son cul, puis démarre enfin le moteur. Et cale. Le match est pour l’instant plaisant, une belle intensité a embrassé ces 10 premières minutes. A peine ai-je évoqué un baiser sur les lèvres que l’Amour s’empare de Lemar qui lance superbement Digne dans la profondeur, lequel centre vers Giroud qui marque après une petite cagade d’Ospina (1-0, 11e).

Sidibé rate un deuxième contrôle. Ca fait un toutes les 13 minutes, bonne moyenne. On sait qu’il n’y a aucune concurrence à ton poste mais faudrait pas pousser Bridjil. Nos Bleus lancent ensuite une superbe action via Mbappé qui accélère et centre au deuxième poteau pour Lemar, qui ne veut pas frapper au but et donne à Grizou, qui ne veut pas frapper non plus. C’est pas à Kingsley Coman que ça arriverait.

Le jeu se calme un peu. Lemar décroche très régulièrement, se retrouve souvent au cœur du jeu pour animer. Pourquoi Mbappé porte le 10 d’ailleurs ? #NotInMyName. Quand la Colombie défend dans sa moitié, difficile de créer avec Matuidi et Kanté, mais ça c’est pas une surprise, c’est même l’élixir de jouissance de base de DD. Avec un peu de chance, ça peut passer.

Quand on parle de chance à La Dèche, BIM ! Une action classe des Bleus, presque trop collective. J’avais envie de les frapper ces cons-là, à trifouiller, à tricoter, à se renifler les fesses, à se dire « non merci, après toi ». VOUS ALLEZ TIRER BORDEL ? Dans un beau mouvement initié par Sidibé à droite, donc, Grizou talonne dans l’axe pour Mbappé qui arrive lancé aux 20 mètres et… décale Dieu Lemar à gauche, dont la frappe croisée du gauche ne laisse aucune chance à OspinArsenul (2-0, 26e).

 

Whenever, wherever, we’re meant to be together.

Etttt la réduction du score immédiate. Centre moisi venu de la gauche, Varane ne suit pas l’attaquant, personne ne bouge. But de merde de Muriel (2-1, 28e). Si Lloris n’est pas impérial, c’est surtout les guguss’ en défense centrale qu’il faut pourrir. Comme si ça ne suffisait pas, Mbappé salope un ballon de contre. Lui qui court plus vite qu’un rouquin poursuivi par Jean-Marie Le Pen juge bon de ne pas dévorer l’espace devant lui en contre et d’attendre qu’un narco-trafiquant vienne lui chiper dans les pieds. Schopenhauer a perdu la Raison.

Si cette académie n’est pas très claire, blâmez mes collègues de ski qui, outre le fait d’avoir enquillé plusieurs bières, de ne rien y connaître au foot, et de m’interrompre sans cesse, me demandent pourquoi le PSG n’y arrive pas en Ligue des Champions. Admettez que c’est compliqué à expliquer sauf à dire que le PSG est un club de jean-foutres. Mbappé se rattrape en brisant successivement les reins des n°23 et 18 colombiens. La première de ces fractures conduit à un duel de Grizou face au gardien. Perdu. Le match baisse en rythme, il ne se passe plus grand-chose. Mi-temps. C’est pas flamboyant (on le savait), c’est pas 100% rassurant, mais pour le moment ça marche.

Au sortir des vestiaires, la Colombie s’est transformée en Gérard Colombie, premier flic de France et fesseur de culs Bleus à ses heures perdues. Bien loin d’Hippolyte et Aricie, les Bleus font de ce deuxième acte une déclaration de haine (du football). L’équipe ne fait que défendre, ne met aucune intensité, n’arrive pas à enchaîner trois passes. On dirait qu’ils ne sont même plus là, comme sur cette reprise de volée de Muriel, complètement seul au second poteau (49e). On se fait clairement chier, et la prestation des Bleus a un goût de merde. Je voulais dire que leur prestation était insipide, mais la merde a quand même un goût notable. Comme si ça ne suffisait pas, le n°6 colombien se la joue physique sur Mbappé, encore plus que Neymar sur sa sœur. Et nos malheurs ne font que commencer : Muriel presse Varane à la relance, le Kleenex de Fred Hermel se fait choper le ballon, Muriel frappe et Lloris repousse (56e). C’est pathétique.

Kanté gratte toujours des ballons, mais ne peut pas tout faire. D’ailleurs, l’égalisation colombienne, bien qu’en partie imputable à Bouf’tout, est davantage une honte collective. Ngolo-dans-la-case perd le ballon vers nos 40m, ça arrive. Mais après, l’attentisme, la passivité de notre défense et des milieux qui ne sont pas redescendus… En deux secondes, James Rodriguez arrive à centrer pour Falcao. El Tigre n’en demandait pas tant. (2-2, 61e). Ils étaient 4 contre 3 dans NOTRE surface. « Mangez vos morts » comme on dit.

Cette égalisation a le mérite de nous réveiller un peu. Pogba entre à la place de Matuidi, Dembélé à la place de Mbappé. J’ai bon espoir que La Pioche parvienne à reprendre le contrôle au milieu. Il en impose physiquement et sait techniquement sortir de la pression adverse. En théorie. On verra, mais je fais partie de ceux qui estiment qu’on en a absolument besoin. Matuidi-Kanté au milieu, c’pas possible. Surtout Matuidi en fait. Sur son 1er ballon, Dembélé court le 100m long de ligne en moins de 7 secondes. Nouveau record du monde, mais ça ne sert à rien. Dans le jeu, ça ne va pas mieux. Mis à part le tir vicieux de Pogbailalabamba (71e), rien à se mettre sous la dent côté bleu. L’entrée de Ben Yedder à la place de Giroud n’y change rien, pas plus que celle d’Hernandez à la place de Digne ou de Flotov’ à la place de Griezmann.

Cela fait maintenant 30 minutes de sieste et de honte. Heureusement, HOUM-titi est passé par là. Subissant depuis deux ans les moqueries, les railleries, les critiques quant à sa non-sortie sur Eder en finale de l’Euro, le fameux « roc-qui-est-le-vrai-patron-de-la-défense-du-Barça-et-Piqué-est-nul » s’est dit que plus jamais il ne reproduirait la même erreur. Aussi, à peine identifié un attaquant noir – et colombien, du coup – que Samuel le découpe et nous gratifie d’un hippopotacle ©Blaah. Pénalty, défaite (2-3, 85e). Plus rien ne se passe si ce n’est une dernière frappe colombienne dans le petit filet.

 Serait-ce la tramontane qui a fait chuter Umtiti dans les pieds de l’attaquant colombien ? Qu’est-ce que c’est que cette éphéméride ?

Le débrief :

Gérard Colombie est donc venu rappeler à l’ordre nos Bleus, à coups d’impacts physiques, d’intimidations, et de techniques de réification bien répétées. La routine pour le premier flic de France. Mais bien pire que la défaite, et même pire que le manque de jeu et de créativité (qui est récurrent et qui m’inquiète tout autant après une victoire), c’est l’impression que les Bleus nous ont affiché une banderole « Le spectacle est fini, cassez-vous bande de petzouilles » devant la gueule dès qu’ils ont mené 2-0. OK, c’est un amical les mecs, mais dans deux mois c’est la Coupe du Monde, pas la Coupe à Cabana. Il y aura eu 30 minutes de bonnes, 60 minutes de néant. Les Colombiens sont pas supers forts, mais ils ont marché sur vos couilles en deuxième période et ont montré ce que toutes les équipes que vous allez affronter dans deux mois allaient vous faire si vous vous sortez pas les doigts. Finissons par Margotton : « il y aura un très mauvais goût ce soir dans la bouche de DD ». Je vous laisse décider lequel.

Les notes :

Lloris (3/5) :
Ni responsable, ni coupable sur le premier but colombien. Il aurait pu mieux faire, oui, mais ça ne mérite pas une intifada. Et pour le péno, rien à faire.

Digne (2/5) :
Lucas gagne un point car il ne s’appelle pas Layvin, ou même Patrice, et un second pour sa passe dé. Pour le reste, très déçu. Manque de rythme au Barça, mais là c’était globalement très moyen devant et derrière. Remplacé par Mike Tyson (non noté).

Umtatane (1/5) :
Vends charnière centrale, origine France. Look superbe, produits marketings affûtés, parfait état de marche lorsqu’elle évolue en Espagne, quelques toussotements de moteur lorsqu’elle porte du bleu. A retaper à coups de tartes dans la tronche.

Sidibé (2/5) :
Après une entame de match compliquée, Bridjil a bien occupé son couloir, bien qu’à la rue sur l’action du pénalty. Il s’est permis de gueuler ouvertement sur Digne pour lui rappeler la règle du hors-jeu. C’est bieng.

Matuidi (2/5) :
L’homme aux 22 poumons n’avait visiblement plus d’air dans son cerveau et n’alimentait plus ses pieds en oxygène. Neutre et moyen à défaut d’être mauvais. Moins bon Bouf’tout que Bouf’tout lui-même, sa capacité à percuter n’a pas pu être observée avec ce système. Remplacé par Pogba (non noté), qui n’a pas vu Neymar et donc n’a pas vraiment joué.

Kanté (3/5) :
A force d’aspirer tout ce qui traîne, Bouf’tout va faire une indigestion. Il a p’tet pas 22 poumons, mais il se sert mieux de ce qu’il a en sa possession. Pas de meilleure note car il baisse de régime comme ses coéquipiers en seconde MT.

Mbappé (3/5) :
A part son contre salopé, Kylian a offert une passé dé, brisé des reins et des carrières pendant toute la première période, et brisé les noix de tout le monde en seconde. Remplacé par Dembélé (non noté), qui fera quoiqu’il arrive toujours mieux que Coman.

Dieu Lemar (4/5) :
Mon Amour m’aveugle ? Non, Dieu est Amour, et Amour est Lemar. Une sublime ouverture vers Digne, un but, et une omniprésence en 1re période où il a organisé le jeu des Bleus, décalé, ouvert, recentré. J’ôte un point car il ne porte toujours pas le maillot du plus grand club anglais.

Griezmann (3/5) :
Une fois la phase offensive enclenchée par Lemar, c’est Grizou qui charbonne pour créer le danger, autour de Giroud, en remisant vers Mbappé comme avec sa superbe talonnade. Pas encore le Grizou de gala, mais ça sera pour la CDM. Remplacé par Thauvin (non noté, 82e), qui, à défaut de recevoir des ballons, a reçu les sifflets du public.

Giroud (3/5) :
Il a marqué, c’est presque tout ce qu’on lui demande. J’aurais été plus généreux s’il avait décroché sa Mercedes Benz(ema) de son cul d’ancien tourangeau sur l’action de début de match. Remplacé par Ben Yedder (non noté), qui… euh ? Voilà.

 

Vous pouvez me retrouver sur Twitter où, sous couvert de causticité, je me livre à des analyses d’une profondeur inégalée.

Didier Décampe

Didier Décampe

5 commentaires

  1. La dernière scapulaie acad l’a bien montrée, Eder est le Dugarry portugais. Dugarry avait mis les deux buts classe de sa vie contre le Milan, Eder l’a fait en finale de l’Euro. Moi je n’en veux que modérement a Lloris (même si Auréola l’aurait sortie, main opposée …), ni a Umtiti (quel defenseur sort sur un attaquant du niveau de Eder sérieusement), mais plutôt a l’arbitre qui met un jaune imaginaire a Kosc’ 2 minutes plus tôt. Sans le jaune, le mec n’aurait pas éliminé Kosc comme il l’a fait.

    Sinon, je serais plutôt du genre à esperer de voir evoluer dans la même équipe deux passeurs et organisateurs comme Lemar et de Bruyne, et entrainés par un vrai coach, qui ne se ferait pas sortir par deux buts de Wissam putain de Ben Yedder… :)

  2. Lloris : largement largué

    Varane : va volontiers vers vos vestiges victorieux

    Umtiti : uniquement utile ultérieurement

    Digne : « des doutes dissipés !», déclame Deschamps déterminé.

    Sidibé : souple sarahoui sans sable

    Matuidi : mollement malhabile mais massivement motorisé

    Kanté : karatéka kafkaïen

    Lemar : létal, lève les louanges libératrices

    M’Bappé : mérite mieux malgré mou

    Giroud : gênant généralement, guerrier gagnant glorieux

    Griezman : guêpe géniale, genou gracile

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