PORTUGAL-FRANCE (0-1) : L’ACADEMIE FRANCAISE MANGE SON CHAPEAU

Un titre à lire avé l’accent de Roland Tournevis, évidemment. Non mais franchement, ça rime à quoi de m’obliger à dire du bien de vous, les Bleus ? Ca vous amuse de me forcer à écrire plus sérieusement que quand vous vous faites piner par des blondinets de Turku ?

Après le drôlissime quoique piteux match face à la Finlande il y a quelques jours, la France se déplaçait au pays de Diogo Jota (il n’est pas Brésilien ??? ndsr), plus grand joueur portugais de la décennie. Le but : conquérir la première place du groupe 3 de la Ligue A (!) pour gagner le droit d’aller disputer, en octobre 2021 (!!), un Final Four (!!!) regroupant les quatre vainqueurs des quatre groupes de la Ligue A, ceci permettant, en cas de succès, de décrocher une timbale dont tout le monde se fout – sauf les pays pour lesquels le trophée de la Ligue des Nations 2019 représente 50% des trophées internationaux de l’histoire de la sélection, bien entendu.

La compo :

4-4-2 losange sur le papier, plutôt 4-2-3-1 dans les faits avec Toto en 9,  mais surtout retour de presque tous les titulaires habituels.

Le derrière :  Loué soit le Malin car jamais je n’aurais pensé être si heureux en revoyant ce bon vieux Benji côté droit. Espérons que Lu(ke)cifer garde Dubois bien au chaud pendant 70 ans.

Le milieu : Retour de Kanté-Pogba et titularisation de Rabiot. Adrien avait gagné des points face à la Croatie et était déjà titulaire au match aller, mais restait selon moi trop neutre. La confiance de DD doit lui permettre de se lâcher maintenant.

Le devant : Le petit Grizou est demandé à l’accueil, celui qui était incroyablement fort avant, merci. Le petit Coman peut, lui, être abandonné à la caisse. Giroud sur le banc, Toto Martial préféré. Kyky est blessé.

Le match :

Oula oula ! Attendez messieurs ! Oh ! Mais ! ARRETEZ DE JOUER AU FOOTBALL ! Ou bien prévenez au moins. Les débats commencent par une frappe lointaine de CR7 repoussée par Hugo. Déçu, Cristiano se fend d’une magnifique simulation digne des plus belles formations dispensées conjointement par le Real Madrid, la Juventus, Manchester et la sélection portugaise.

Engagé et plaisant, le match monte en intensité au fil des minutes. Martial bute sur Rui Patricio, tout comme Coman. La tête de Rabiot sur corner passe de peu au-dessus de la barre avant que Martial ne trouve le petit filet extérieur. Les Bleus répondent présents et sont cohérents face à une grosse équipe : ça fait plaisir.

A la demi-heure de jeu, le combat équilibré manque de basculer : Grizou trouve Varane au second poteau, Raphaël remet intelligemment de la tête en retrait pour Rabiot, esseulé, dont le ciseau acrobatique atterrit sur la tête de Martial, lequel trouve la barre. On voit moins le Portugal qui se montre toutefois très dangereux sur tous les coups de pieds arrêtés (sauf les coups-francs directs, évidemment) par l’intermédiaire des crânes de Danilo ou CR7. Rui Patricio sauve encore la maison rouge et verte avant la pause en détournant une reprise bout du pied de Martial.

Au retour des vestiaires, la Seleção est d’emblée plus agressive et met la pression. Pourtant, c’est elle qui se fait cueillir à froid. Côté gauche, Grizou combine avec Rabiot. Le Duc frappe très fort sur Rui Patricio qui, soit surpris de la puissance, soit mauvais, soit les deux, remet le ballon dans les pieds de Kanté qui pousse le cuir au fond (1-0, 53e). Quel instinct de buteur, un vrai numéro 9 qui suit une frappe ! Dommage que la France n’ait pas dans son équipe des attaquants de formation payés pour faire ça.

Pogba manque de faire le break sur un bon centre de Rabiot mais Paulo n’a pas bien ajusté sa tête, surpris par la petite taille de Bruno Fernandes. Juste après, c’est Fonte, chef du LOSC, qui est à deux doigts d’égaliser en reprenant des cheveux une frappe de Guerreiro repoussée par Lloris, mais le poteau droit sauve les Bleus.

Pour calmer le jeu, Lloris prend une minute afin de jouer son six mètres et récolte un carton jaune. Ça marche : quinze minutes se passent sans trop de danger. Toutefois, les velléités portugaises reprennent à un quart d’heure du terme : la très belle frappe de loin de Joao Moutinho est écartée main opposée par Lloris qui nous gratifie de l’arrêt du match. Les Portugais poussent mais ne parviennent pas à égaliser.

Au coup de sifflet final, ouverture de quatre bouteilles de champagne : la France bat le Portugal, la France a joué au football, la France se qualifie pour le Final Four, la France n’a pas blessé Diogo Jota.

Le débrief :

Une fois n’est pas coutume, on peut tirer des enseignements d’un match des Bleus au mois de novembre. La succession des rencontres depuis septembre n’avait en effet jusqu’ici pas permis de déduire grand-chose. Ce match face au Portugal était d’importance : relever la tête après la Finlande, certes, mais surtout aligner les forces en présence face à une grosse équipe dans un match à enjeu.

Porte ouverte numéro 1 : c’est bête de le souligner mais aligner ce soir 7 mecs qui étaient titulaires lors de la finale de la Coupe du Monde en 2018, ça joue sur le rendu. Pavard n’est pas le meilleur latéral droit, Hernandez pas le meilleur latéral gauche et Pogba pas le meilleur milieu du monde en ce moment. Mais la force collective et la solidarité effacent certaines insuffisances (pas toutes, c’est pour ça qu’il faut dire au revoir à Sissoko et Nzonzi).

Enseignement numéro 2 : sans trop de surprise, Lenglet devrait être le troisième central, derrière Kimpembe. Choisi ce soir par DD, le Parisien a davantage de vécu (CDM 2018) et passe rarement au travers. Et pendant sa période de moins bien, son remplaçant Lenglet n’a jamais été impérial (pas toujours aidé, certes). Varane-Kimpembe, c’est signé.

Enseignement numéro 3 : découlant du n°1, Hernandez et Pavard devraient sans souci rester nos titulaires à l’Euro. Dubois est insignifiant à droite ; Digne pas mal à gauche, mais pas mieux qu’Hernandez. Reste l’inconnue Ferland Mendy, qu’on reverra sans doute bientôt, mais il part de trop loin pour l’Euro. Hernandez-Pavard, c’est signé.

Enseignement numéro 4 : ça pue pour Giroud. Toujours en manque de temps de jeu chez les Blues, Olivier perd aussi peu à peu sa place chez les Bleus. Ca a démarré doucement, en le sortant dans des matchs en bois ou en le reposant un peu plus. Maintenant, la rotation est régulière et assumée. Titulaire au match aller face au Portugal, Oliv’ a démarré sur le banc. Ils sont rares les matchs à enjeu sans Giroud sous l’ère DD, très rare. Ce n’est pas bon signe, d’autant plus quand DD évoque de lui-même son cas après le match ce qui, on le sait, n’est jamais anodin dans la gestion de groupe de Deschamps.

Enseignement numéro 5 : ça sent bon pour Rabiot. La première étape était de revenir en Bleu. La deuxième de jouer un peu. La troisième de jouer dans des matchs qui comptent. La quatrième d’être bon dans ces matchs. Ce fut le cas ce soir. Adrien en milieu gauche titulaire à l’Euro, ça s’approche à toute vitesse. Quant à Adrien dans le groupe, c’est comme si c’était fait.

Enseignement numéro 6 : le prochain rassemblement est en mars (enfin de l’air, respirez !). Certaines têtes tomberont certainement pour ne plus jamais revenir (Sissoko, Nzonzi, Ben Yedder, Dubois… SVP).

Enseignement numéro 7 : pour un avis contradictoire et aussi subjectif mais dans l’autre sens, allez lire la Roselyne Bacalhau Académie.

Les notes :

Lloris (4/5) :

L’envolée du match pour Hugo et des interventions solides pour le reste. A l’inverse de Mandanda qui se fait humilier en toutes circonstances, Lloris aime parader dans un match qu’il gagne 1-0 en club comme en sélection.

Hernandez (3/5) :

C’est toujours pas le plus intelligent mais ‘tain qu’est-ce qu’il me fait plaisir quand je le vois courir comme un dératé. Quelques bons centres et Bernardo Silva dans la poche.

Kimpembe (4/5) :

La menace d’un blaugrana n’est plus qu’un lointain souvenir. Interventions précieuses et la jambe toujours là où il faut, Presnel a joué une jolie partition. Comme quoi jouer à côté d’un autre défenseur central de métier, ça peut aider.

Varane (-Zouma/5) :

Donc une bonne note.

Pavard (2/5) :

A défaut d’être le meilleur latéral droit du monde (poste vacant à ce jour puisque Trent Alexander-Arnold est blessé), Benjamin se contente des basiques : ne pas se faire manger 24/24 par l’ailier (12/24 ce soir) et apporter du soutien devant quand c’est faisable (bof bof ce soir). Insuffisamment honnête.

Kanté (4/5)

Notre Bouffe-Tout préféré est de retour avec moults ballons récupérés et moults ballons de transitions offensives adverses subtilisés. Partout au milieu, il a même été devant et marqué le but de la victoire.

Pogba (3/5) :

Dans son duel à distance avec son compère de Manchester, Paulo a sorti une prestation satisfaisante, ni plus, ni moins. Bon élève sans folie.

Rabiot (4/5) :

Son meilleur match en Bleu ? Très actif côté gauche, on l’a senti impliqué. Vous vous rendez compte ? Voir la nonchalance et l’aisance se transformer en engagement et en intensité, c’est rare et grisant. A l’origine de nombreuses situations dangereuses des Bleus, Adrien a sans aucun doute gagné sa place pour l’Euro.

Griezmann (3/5) :

Oh qu’il fait bon de vivre quand Grizou redevient un bon chef d’orchestre ! Jeu court, jeu long, remises en une touche, vision… C’était bien mieux que précédemment. Bien meilleur que CR7, Gilles Favard a raison :

Coman (1/5) :

Kingsley n’a pas eu beaucoup d’influence sur ce match, pas aidé par la relative timidité de Pavard sur son côté. Du quelconque sanctionné et remplacé par Marcus Thuram (59e, non noté).

Martial (3/5) :

Toto manque d’efficacité, c’est certain. De grosses occasions mais pas de but, la faute aussi au gardien lusitanien. Mais il propose beaucoup et offre autant de solutions, que ce soit en profondeur ou dans le jeu court. Remplacé par Olivier Giroud (78e, non noté), qui devrait sortir un peu plus sa Bible en ce moment.

Suivez Horsjeu, suivez-moi, abonnez-vous, faites des dons.

Didier Décampe

5 commentaires

  1. Comment ça pu le seum et le soulagement. Qu’est ce que ça flippait de ne pas gagner contre le Portugal.
    Heureusement que Santos a eu tout faux dans son approche du match ou vous seriez encore en PLS…

    • J’ai pas cette impression de seum, que ça flippait de perdre et d’être soulagé.

      Les deux équipes sont d’un niveau équivalent et rivales depuis 20 ans, c’est normal d’être content de remporter ce genre de match.

      • C’est un petit peu normal d’être content de vous battre Homerc, sinon la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. On se fait régulièrement chier donc on boude pas notre plaisir de vous battre de manière logique, appliquée et cohérente. BA

  2. C’est bien d’avoir mis un peu de vin dans votre vin concernant Digne. Meilleur match de Rabiot en bleu : évidemment. Lenglet ? Une mauvaise blague que kimpembe aura eu le mérite le mérite de bonifier en la raccourcissant au plus vite.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.