Reprise de service : La Fuorigrotta académie était trop bourrée pour écrire

On a gagné la coucoupe ! Après des années de disette et de collage-au-cul de l’élite turinoise on gagne enfin de la ferraille pour les étagères vides. Pas seulement ça, on la gagne contre la Juve, une touche de gloire dans un match joué comme ça dans un contexte pas cool, sans supporters, sans possibilité de souiller de jouissance les sièges en plastoc du stade. Pendant que j’écris ce billet deux ouvriers roumains sont en train de péter de la grosse techno polonaise à ma fenêtre tout en élargissant un trou gros comme mon poing et de là me viennent moult blagues salaces et inappropriées sur la troulogie et les anus élargis. Aucune corrélation avec la Juventus, évidemment.

Bref on gagné, pouet pouet dans le cul à Sarri (je paraphrase Aurelio De Laurentiis). Maintenant reste la Champions League en mode difficile ++ les rounds de la mort à élimination plus que directe en un seul match. Délirante de cette victoire en Coppa Italia, je me prends d’espoir, oui l’espoir fou qu’on aille au bout de la compétition. Après une saison digne de la passion du Christ : pénible, improbable et sale. Parce que je ne vous avais pas parlé de la grève de novembre, bon en même temps je ne vous ai pas parlé de grand-chose depuis des mois. J’étais occupée à méditer sur l’état du monde et quand j’ai réalisé que c’était la merde j’ai cherché à me faire des sous en flirtant avec le capitalisme, idylle de courte durée. Retour aux racines, à Bakounine, à mon amour pour la salacité et la prose incohérente avec 3g dans le sang. Cela dit, pas une cuite au limoncello depuis que Mertens a marqué contre Barcelone. Je ne vous avais pas raconté ça non plus. Alors que j’étais dans le stade à ce moment-là, après avoir squatté l’hôtel des barcelonais pendant tout un après midi en m’envoyant des assiettes de tripes en attendant de choper le scoop.

Passion tripes

Bon la vérité c’est que tous mes séjours à Naples se résument en ceci : j’ai bouffé. Quand Mertens a fusillé Ter Stegen j’étais pleine aux deux tiers de sandwichs à la saucisse et aux brocolis raves. Sauter sur mon siège aurait eu des conséquences terribles sur mon appareil digestif et les personnes assises devant moi. J’ai jubilé du plexus solaire. En novembre, quand c’était la grève – au passage : Vive la grève – je suis allée interviewer des supporters dans la quartier du stade et le lendemain je ne m’en souvenais plus. La faute aux tournées de spritz et de mini pizze offertes à chaque bar de supporters ce qui pour Naples revient à dire Tous les putains de bars.

J’ai émergé quelques fois des vapeurs pour sortir un reportage sur le football à Naples et ça c’était très cool. Dès lors j’ai réalisé que je devais me casser de cette ville sinon j’allais finir obèse, alcoolique et communiste. Bref, à l’image de mon équipe, je me suis laissée aller. J’ai découvert cependant des choses incroyables sur les Napolitains : les mecs sont complètement tarés. Bukowski aurait aimé.

Venons-en aux actualités, donc Ciro alias Mertens a prolongé et mon cœur n’en finit plus de se gonfler d’allégresse. Il faut comprendre, Mertens est devenu un Napolitain vrai de vrai, le type s’est incrusté partout, pas une cantine où je me suis empiffrée où on ne voit pas sa photo en compagnie du patron de l’établissement. Tellement de vidéos de lui sur un fond vésuvien qu’il est devenu plus napoliste que le Napolitain. Lorenzo a beau être le fils de la ville, Mertens l’a dépassé en popularité.

Pour vous la faire courte et après tout on est sur Horsjeu, là où ça gicle vite et fort (barampa-pssst), je suis heureuse de la saison de mon Napoli. On a fait grève comme des bons gauchistes, on a foutu le zbeul, on a picolé et on a gagné une coupe. On peut conclure cette saison -attention cliché journalistique- dantesque les pieds en éventail en se disant qu’on a pas fait grand-chose mais que c’était bieng quand même.

En conclusion :

Aurelia De Laurhindiis

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