Bonus Barnabé la Plume parle aussi tennis

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Barnabé manie la plume d’un beau jeu de paume.

Barnabelaplume

Suite à la libre retranscription des propos de Gilles Simon (édition du lundi 28 février d’un célèbre organe de presse) par incertain Frédéric Bernès, l’intéressé s’est senti berné et l’a exprimé sur la radio « Info Talk Sport » sur un Rocher.

« J’ai simplement l’impression d’avoir été piégé (…) C’est ce que je reproche à la presse écrite. Il n’y a rien qui ne les empêche d’écrire ce dont ils ont envie. Je prends bien le temps d’expliquer les choses. Quand j’amène un point de vue, je l’amène dans un contexte donné. Là, on a pris toutes les petites phrases, on en a fait une énumération. On a l’impression que je deviens psychopathe parce que mon pote arrive cinq minutes en retard à l’entraînement ! (…) Je ne peux pas laisser passer un travail aussi mal fait. Quand j’estime qu’une poubelle a été écrite, j’ai le droit de le dire. » (rmc.fr)

A la lecture de ces lignes, perplexe Barnabé il est. Gilles, mon garçon, voyons…vous ne pouvez tout de même pas vous attaquer à la liberté de presse, comme ça, de front, sans prévenir et alors qu’il vous suffisait de traiter Guy Forget de « sale fils de p… » en lui intimant l’ordre d’aller « se faire enc… » avec son système de Cambronne, pour être sûr d’être retranscrit correctement et en intégralité par le journal qui légende le sport avec honnêteté, intégrité et un bon apéro.

Ce même journal légendant avec honnêteté etc., sait aussi se défendre avec élégance et en prenant de la hauteur face aux multiples comploteurs contre la démocratie. En effet, pas plus tard que ce matin, dans les pages tennis de la Pravda sportive, un certain Romain Lefebvre, défenseur de la liberté de presse contre vents et pour nous faire marrer, a déféqué une chronique « opinion » hautement diarrhéique. Dans un style à peu près aussi drôle qu’un abricot dans un taxi à Cherbourg, l’incontinent s’envole au-dessus de « tout ça » pour nous livrer une exceptionnelle maîtrise de l’ironie fine et forte comme la Moutarde de Dijon. Tutoyant des sommets où seuls les maîtres cheminent sans être décoiffés, comme par exemple Christine Boutin ou Jean-Pierre Coffe, il assène:

« Gilles Simon a raison. Bien évidemment, le journaliste n’est qu’un odieux truqueur. Bien évidemment, pendant ces cent vingt minutes de tête-à-tête, où il a pesé chaque mot, Gilles Simon n’a dit que du bien de son capitaine et de ses petits camarades. (…) Et c’est bien évidemment l’Equipe qui tente de déstabiliser un groupe si harmonieux, parfaitement en phase avec Vienne et Sisi l’impératrice. Dommage que la cérémonie des Césars ait déjà livré son verdict. On aurait pu attribuer d’autres statuettes. »

Grâce à Romain Lefebvre, tout s’éclaire. On comprend maintenant pourquoi le Brésil a perdu en finale en 1998 : bien évidemment, ils n’étaient pas en phase avec Paris et Marie-Antoinette.

Pour paraphraser notre maître à tous, au lieu de s’emmerder à lire tout Sartre, il suffit d’acheter l’Equipe et pour moins d’un euro, on a et la nausée et les mains sales.

10 réflexions sur “Bonus Barnabé la Plume parle aussi tennis

  1. Excellent papier. Il est à noter que le drame ne s’arrête pas là, le tennis sur l’épique.fr étant traité par Sophie Dorgan, qui clone à l’infini ses articles écrits au marteau. Ça fait saigner des yeux dès les 3 premières phrases, soit la première ligne.

  2. Tu devrais écrire plus régulièrement des tribunes sur le tennis Barnabé… tu y es aussi bon qu’en foot… j’espère malgré tout que nos petits français arriveront à passer l’obstacle autrichien, lors d’un 5ème match gagné à l’arrache dimanche soir à 20h contre un illustre inconnu ?

  3. Ce genre d’article laissera des traces dans les relations entre la presse et le team France, probablement le même genre de trace que je laisse sur ce journal lorsque je m’en sers.

  4. Dorgan est infiniment plus douée que quasiment tous les mecs de l’épique.fr (hormis VPL du rugby je dirais), seulement elle se mate écrire et c’est insoutenable. Ca pue la branlette intellectuelle à chaque ligne, mais ça me déplaît pas forcément de lire ses articles.

  5. @Radek: d’accord sur VPL. Dorgan, c’est toujours exactement les mêmes ficelles (questions rhétoriques, phrases nominales, dramatisation) et cela donne une lourdeur inutile à des analyses pourtant correctes. Mais putain que c’est indigeste.

  6. Qui lit encore l’Equipe aujourd’hui?!!
    Moi, ça fait bien 10 ans que je n’ai pas acheté ce torchon.
    De toute façon, dès que cette pseudo-rédaction touche un sujet, elle le salit.
    Le tennis n’avait pas encore son petit scandale merdeux, L’Equipe nous l’offre.

  7. @Gaha:
    en 2010 environ 300 000 exemplaires vendus par numéro. Dans un contexte de monopole.

  8. Je vais encore jouer le contre courant, mais j’aime beaucoup l’équipe :
    – jouer les petites phrases n’est pas spécifique à l’équipe mais à l’ensemble du milieu journalistique, voire même du genre humain (quand vous vous engeulez avec quelqu’un, essayez-vous de faire une antithèse par rapport à la totalité des propos de votre interlocuteur ?)
    – la polémique n’est pas le moteur éditorial de l’équipe. Il faut pour cela le comparer aux essais de journaux sportifs quotidiens en France qui, pour le coup, étaient de vrais torchons, ou bien aussi à son homologue italien qui s’oocupe vraiment à 50% de scandales et de cul.
    – l’équipe couvre tous les sports et est pour mon équilibre qotidien une source d’information sportive essentielle (non là j’en fait peut-être un peu trop…).

    Voilà, je ne dis pas que c’est un journal parfait mais que nous sommes bien lotis en France de ce côté là.

    Enfin, évidemment, afin de ne pas m’attirer la vindicte populaire, je tiens à affirmer que je n’ai rien contre Barnabé même s’il est nul à chier au tennis et que je ne pense pas qu’il me contredira sur ce point.

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