« C’est bien plus qu’un jeu », publi-communiqué de l’OM sur la sortie du livre de Pape Diouf

En bonus pré-comité

 

Pape Diouf exerce son droit de réponse par la voix de The Spooner

« Je est un autre », Arthur Rimbaud.

Grande fut ma surprise lorsqu’en faisant mes courses comme tous les dimanches matin chez mon vendeur de caviar immigré, on m’apprit par l’intermédiaire d’une phrase assez courte, aux limites d’une vulgarité si commune chez les artisans des commerces de bouche, que je suis dans le journal de ce matin avec en outre, une photo bien avantageuse si j’en crois l’avis certes primaire mais ô combien gratifiant d’un homme de la plèbe.

Mon Narcisse en fut comblé et je décida de poursuivre d’un pas léger mais responsable eu égard à une actualité qui me plaçait aux côtés de Hugo Chavez et des grands de ce monde, et à n’en point douter le fait que je me prénomme Pape a été depuis toujours une bénédiction, même si, il faut savoir faire fructifier le capital initial que le sort a bien voulu me confier le jour saint de ma naissance.

La lecture de ce torchon m’a quelque peu désappointé, les communiquants devraient être interdits d’écrire, ils ne comprennent rien. Les communiquants aux cheveux longs devraient être pendus, ils n servent à rien.

Passons. Le « nous » utilisé par exemple sur le verbe « passons » est purement une figure de style littéraire si tant est qu’il puisse être possible que plusieurs personnes préoccupées au même titre qui est le mien de passer sur cette affaire comme je le fais, le « nous » ici ne s’adresse qu’à mon propre égard, à la limite, en extrapolant, et afin de ne pas vous perdre avec l’usage d’un pluriel, j’admets que « nous » pourrait s’adresser à moi, mon corps, mon esprit et mon compte en banque qui enculent à sec, au verre pilé et au fer à souder, le sombre butor qui a osé écrire cette page et choisir cette photo où je tiens un micro qui n’est à la mode que chez Canal + Roumanie.

Je vais bien malgré moi m’abaisser et répondre à quelques farfelitudes énoncées.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je tiens à souligner l’ineptie particulièrement prononcée lorsqu’un homme de premier plan comme devrait l’être à toutes les époques le président de l’OM, doit acheter une page d’un journal sportif pour dire quelque chose… Alors oui c’est une blague, j’en ris à gober un suricate au déjeuner. Lorsqu’on veut passer pour un bon gestionnaire, on appelle ces chiens errants de journalistes pour faire un entretien téléguidé en venant avec les questions qu’il devra lire et recopier et surtout avec les réponses. On gagne en économisant 80 000 euros, on gagne parce qu’on renforce les liens avec la presse, support médiatique indispensable pour mener un club de cette taille. Ca, c’est l’argument des petits gens.

Je sais qu’en opérant de la sorte je devrais moi-même me payer ma page. Je suis bien heureux de pouvoir illustrer ma paranoïa de cette manière en pensant au petit Vincent qui se frotte les mains croyant que je ne pourrai pas me payer une page de n’importe quel torchon étant donné la manière dont je me suis gavé en tant que président de l’OM. Sur ce point nous sommes bien d’accord et je me félicite que son équipe doive combler les trous que j’ai faits de mon poignet viril.

Parlons maintenant de ma passion pour la psychanalyse.

Chère Olympique de Marseille,

J’ai l’honneur de m’adresser à l’institution immortelle, Moi, Pape Diouf, en mon propre nom, que pourtant tu essaies de salir. C’est donc d’égal à égal puisqu’aucun mortel n’a souhaité signer ce que vous écrivez. Je laisse le soin à vos médecins traitants l’analyse de cette fuite, non, de ce refus de présence, de cette négation de la responsabilité qui incombe à vos représentants et donc, de cette absence de personnalité.

Je me gausse de votre pensée sur les fameux préjugés qui accompagnent mon parcours… Comment pourrais-je sérieusement prendre ombrage de cette critique lorsque vos illustres dirigeants en souffrent plus que moi car eux sont encore en poste. Une veuve suisse blonde mandatée par des financiers qui n’ont pas le cœur dans ce club et les pieds dans l’eau si bleue qui bordent la ville ; un Rastignac de président qui, pour ne pas faire défaut à l’histoire de ce personnage, habite encore Paris alors que les affaires si pressantes doivent se régler physiquement au Vélodrome et non par des réunions skype ; un directeur sportif qui est soupçonné depuis sa communion de liens avec des personnes peu recommandables. Mes préjugés m’appartiennent et je suis libre de les rappeler quand bon me semble, en particulier en évoquant mon parcours. Il serait opportun de soigner les leurs tant votre image en pâtit chère Olympique.

Je m’étonne donc que vous puissiez dénoncer ma paranoïa tant cette lettre illustre la vôtre d’une manière bien plus important. Comment en est-il du côté de vos dirigeants ? Les tentatives de destabilisation ad nominem qu’ils subissent plusieurs fois par semaine ne sont-elles pas le fruit des mêmes peurs, de la même paranoïa ? Le fait même de réaliser un tel communiqué ne présage pas de leur peur que mes mots soient pris au sérieux ? Ne présage-t-il pas de votre crainte de mon action, de mon livre que j’ai écrit dans votre dos. Vous dénoncez ici ce que vous connaissez, ce que vous subissez, ce que vous criez lorsqu’une faille ébranle leur tour d’ivoire. Ils connaissent ces luttes intestines à tel point que la nauséeuse bile que vous crachez n’est que la plus belle illustration de mon témoignage, et je vous en suis gré.

Je comprends que vous fassiez parler quelques chiffres financiers qui, présentés de cette manière, accusent mon action, mais réduisent tellement un sport, une équipe à un bilan comptable. Pour reprendre un adage populaire et ainsi me mettre à un niveau compréhensible par tout le monde, « on fait dire ce qu’on veut aux chiffres ». Je vais avancer ma défense sur ce thème. Il est rare de voir des clubs ambitieux ne pas dépenser d’argent. Si l’ambition doit rester de l’ambition et ne jamais se concrétiser, autant aller diriger Lorient, sans offense pour ce brave peuple de pêcheurs. Très chère Olympique, rappelez-moi avec quelle équipe vos derniers titres ont-ils été conquis ? Rappelez-moi les joueurs ? Ce qui me fait le plus mal dans cette tentative putassière de prendre à témoin les pauvres en annonçant des chiffres de cette grandeur, c’est que vous devriez reconnaître que les titres dont nous sommes tous si fiers ont été gagnés grâce à la présence, je ne peux décemment dire « travail » ou « action », de Jean-Claude Dassier. Vous comprenez mon raisonnement et vous savez très bien que j’ai raison aujourd’hui comme j’ai eu raison à l’époque.

Concernant Gerets, je n’ai rien à ajouter. Peut-être ai-je eu tort ? Peut-être ai-je eu raison néanmoins. Rappelez-moi quel est l’entraineur qui a gagné ? Comme si moi, Pape Diouf, ne devais-je avoir à répondre que devant les actionnaires ? Comme vous, chère Olympique, ne pourriez souffrir d’être dirigée de Suisse alors que loin de la Méditerranée et du Mistral, vous êtes condamnée à errer comme un club des terres intérieures. Dans l’anonymat, le froid et avec Jean-Michel Aulas comme concurrent.

Comme si les actionnaires qui sont là aujourd’hui et ne seront plus là demain, devraient avoir raison face à votre folie que le monde nous envie.

Votre ordre de route, belle OM, c’est de gagner. Une fois ce principe de base énoncé, tout le reste n’est que comptabilité.

 

@TheSpoonerWay

12 thoughts on “« C’est bien plus qu’un jeu », publi-communiqué de l’OM sur la sortie du livre de Pape Diouf

  1. Pape Diouf ne met pas de « rait » après les « si » (avant dernier paragraphe). Sinon c’est plutôt réussi

  2. @françois Pinaut, il est possible d’utiliser le conditionnel après le « si » et c’est très rare je te le concède, mais lorsque le « si » indique une concession. Sinon, belle plume de Pape. Mais devrait-il confondre (même s’il s’en explique) l’institution et ses dirigeants?

  3. Oui oui je vous prie Ô grand tribunal de la grammaire française de bien vouloir excuser ces deux fautes de mauvaise relecture et de corrections à moitié faites… J’espère que cela ne vous a pas trop importuner et ferai en sorte que cela ne se reproduise plus.

    Je vais me coucher dans des orties pour expier.

  4. le « je décida », je l’ai trouvé plutôt futé dans un article sur la psychanalyse, surtout après la citation de Rimbaud.

    par contre on dit « je vous en sais gré ».

    Mais sinon très bien très bien. Dommage de ne pas l’avoir en audio, ça rendrait encore mieux avec sa voix rocailleuse et ses « r » roulés.

  5. C’est sympa cette nouvelle mode. Continuons comme ça, publicommu-niquons-nous les uns les autres par toutes les voies (de presse) possibles !

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