Clermont – Dijon (2-5) : la Consanguine Académie vit la Bérézina

19h10. Bien décidé à arriver en avance au Montpied, je claque la porte de mon appartement, dévale les marches quatre par quatre, démarre le contact, zigzag entre les voitures au volant de mon carrosse et arrive au stade 15 minutes plus tard. Clermont reçoit Dijon, le quatrième de Ligue 2. Les vannes sur la moutarde sont proscrites.

La compo : Jeannin – Lippini, Martin, Ekobo, Konongo – Hunou, Diogo, Moulin, Capelle, Goncalves- Diedhiou Toujours le 4-2-3-1, sauf que Corinne Diacre fait évoluer Hunou en milieu défensif et Moulin en dix. On verra que c’est un échec d’intervertir les deux. Goncalves enchaîne sa deuxième titularisation.

Ce soir est un soir particulier : l’ASM reçoit l’Union Bordeaux-Bègles en même temps que la partie entre le Clermont-Foot et Dijon. On craindrait encore moins de supporteurs au stade. Pourtant non. Je n’ai pas eu cette impression. Ou alors je m’habitue au vide intersidérale. Comme d’habitude, on fait appel aux enfants pour remplir la tribune Limagne, celle qu’on voit à la télévision et qui fait passer le Montpied pour un stade de paysans. Mais moi je l’aime bien mon stade de paysan. D’ailleurs quand on parle de ruraux, une trentaine d’ultras dijonnais se déploient en tribune visiteurs. Bravo à eux ! Juste à côté de moi, un adjoint de Dall’oglio, l’entraîneur du DFCO, manie des pions magnétiques sur une tablette tactique tout en étant relié par talkie-walkie avec le banc de touche. Purée, nous, nous n’en sommes qu’au boulier.

Schéma tactique d'avant-match des Consanguins. Trou béant en défense. Ceci explique l'anal.

Schéma tactique d’avant-match des Consanguins. Trou béant en défense. Ceci explique l’anal.

 

Le match débute sur un rythme amical, on se fait la bise, on s’enlace et on se caresse. Boum. Frappe enroulée de Lippini sans danger à la 6′. Le Corse se rue en défense pour empêcher un déboulé plein axe d’Amalfitano, Romain pas Morgan. Il annihile une belle occasion de but. Touche adverse dans notre camp, passe à leur défenseur puis à leur gardien. Les Dijonnais ont donc perdu 60 mètres au lieu de jouer chez nous. A la 10′, première faute sifflée. Rare en Ligue 2 que le délai soit si long ! Jeannin en profite pour s’échauffer en dégageant des deux poings un centre fuyant. Plus ça va, plus on se soumet à l’emprise adverse ! Bela gratifie le stade d’un numéro : double contact, petit-pont, à surveiller comme le lait sur le feu. Dans l’animation offensive, on est équilibré : que ce soit dans l’axe ou sur les côtés, les ballons sont distribués et arrivent plutôt proprement. En revanche, Ekobo fait le boulot tout seul en défense. Inquiétant. But ! A la 21′ Capelle, du pied droit, son mauvais pied, marque à l’entrée de la surface. On ouvre le score  mais nous voilà pas sortis d’affaire pour autant : on cafouille lors d’un corner adverse, Martin et Jeannin sont au sol. Heureusement Tavares se manque. Il était à un mètre du but ! Il aurait peut-être dû caresser de la main gauche la chouette porte-bonheur de la ville.

Quitte à prendre un oiseau en emblème, autant choisir l'aigle non ?

Quitte à prendre un oiseau en emblème, autant choisir l’aigle non ?

A la 24′, premier changement pour les visiteurs : Amalfitano laisse sa place à Diony. Le frère-de-Morgan s’était blessé à l’échauffement. Dans la foulée, Tavares récupère un ballon sur une touche consanguine sur le couloir gauche et égalise (1-1). Jeannin et toute la défense dormaient. Folie pure face un attaquant de cette classe. Du coup, on perd les pédales, nos passes sont approximatives, notre milieu de terrain est un no man’s land. Personne ne prend ses responsabilités. Les Dijonnais si : à la 40′ Diony, rentré il y a 16 minutes, coupe un centre victorieusement (1-2). Les visiteurs ne se sont pas affolés, ont laissé passer l’orage et morde maintenant, tel le cobra. A nous d’être la mangouste.

Voici ce qui se passait dans mes rêves les plus fous.

Voici ce qui se passait dans mes rêves les plus fous.

Le réel.

Le réel.

Juste avant la pause, à la 45′, Cissé triple la mise (1-3). Le stade gronde, Patrick le speaker ne sait pas quoi dire et je reste sans voix. Espérons que la causerie de Corinne Diacre à la mi-temps va remobiliser les troupes. Moulin en dix, Hunou en six ? Une bêtise, une erreur. On voulait certainement empêcher Cissé, le récupérateur adverse, de prendre le contrôle du milieu de terrain. Son troisième but juste avant la mi-temps est un symbole fort de notre échec cuisant. Martin joue mal le hors-jeu en défense, Jeannin n’y est plus mentalement après le premier but encaissé. Soirée cauchemardesque en perspective ?

Et bien oui. 46′ (4-1) ! Presque mathématique. En tout cas, d’une logique imparable vu comment notre entame de seconde période est soporifique. Raspentino frappe à l’entrée de la surface, notre gardien se troue. Voilà. Les Bad Wizards, nos ultras, réclament « le cinquième » ! Patience, il devrait arriver sous peu. En parlant de soupe, j’ai faim et Bela est affamé de ballon aussi : nouveau festival, quatre de nos joueurs passés en revue mais, pêché de gourmandise, sa frappe s’heurte à Ekobo. Ou plutôt non. Eugène s’interpose et reprend les rênes. CAPITAINE EKOBO. Le seul, avec Capelle, à s’être sorti les doigts du cul ce soir ! Premier changement pour les Consanguins à la 60′ : Diedhiou qui n’a pas pu faire grand chose ce soir, est remplacé par Rivas. Là encore, incompréhension. Menés (1-4) à la maison, nous pourrions tenter de jouer à deux attaquants même si ces derniers ont le même profil : deux grands athlétiques qui aiment jouer en pivot dos au but. Ce match est une sorte de châtiment pour les nombreuses occasions manquées lors des rencontres précédentes. Attention à ce qu’il n’y ait pas de plus graves sanctions.

Philippulus le prophète l'avait déjà dit dans L'Etoile mystérieuse. Il avait oublié la défaite des Consanguins face à Dijon. Preuve est faite : quel charlatan !

Philippulus le prophète l’avait déjà dit dans L’Etoile mystérieuse. Il avait oublié la défaite des Consanguins face à Dijon. Preuve est faite : quel charlatan !

 

Et voici le cinquième ! Tavares dévie pour Bela qui inscrit son cinquième but de la saison et le cinquième but de la partie. A la 67′ Lippini laisse sa place à Agounon, les enfants de la tribune Limagne jouent sur la colline à côté de cette dernière. Ils me rappellent l’époque des barbecues de club où je pouvais m’enfiler trois sandwiches et deux paquets de chips avant de partir cavaler dans la brousse auvergnate. Maintenant si je fais cela, je vomis. Ah une frappe consanguine ! Diogo tente sa chance mais Reynet s’interpose. Dans la foulée à la 72′ pénalty provoqué par Rivas suite à une faute de Paulle. Le capitaine adverse est expulsé, Hunou le transforme (2-5) ! Deuxième changement dijonnais : Marie laisse sa place à Rémy, puis quatre minutes plus tard, Bela sort pour Gastien. Honnêtement à ce moment du match, on y croit. On regrette d’autant plus d’évoluer qu’avec une seule pointe. Capelle tente une belle frappe en feuille morte à la 80′ qui échoue juste au-dessus de l’équerre. Les Consanguins n’y croient plus. Recevoir une bonne branlée ? Une réalité. Bravo aux Dijonnais, elle nous pendait au nez depuis plusieurs matches. Comme lors de la retraite de Russie en 1812-1813, on laisse de côté des blessés et des points. Oui bon, pas encore de morts mais à voir le regard de Lippini à la fin du match cela ne saurait tarder. Ce soir c’était la Bérézina, rien n’a fonctionné. Un match à oublier. On joue à Ajaccio qui n’est pas mieux vendredi prochain.

 

Eugène Ekobo au-milieu du onze consanguin. Oui Napoléon était noir en fait. Empereur Ekobo.

Eugène Ekobo au-milieu du onze consanguin. Oui Napoléon était noir en fait. Empereur Ekobo.

 

 

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2 commentaires

  1. A priori, elle aurait mis dans le vestiaire avant le match d’Ajaccio « Attention ça va saigner ».

    Bises anales,

    Valéry Tocard de la Catin

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