La conscience de Zeman
Un long moment avec l’homme à la cigarette
Guerin Sportivo, n°9 – septembre 2014 (p.16 à 21)
Interview par Matteo Marani
Traduction par Paolo Bartolucci
La conscience de Zeman
Zdenek Zeman est de retour, cette fois-ci sur le banc de Cagliari. Et avec une pensée amicale pour tout le monde : « Autrefois les joueurs sacrifiaient tout pour le foot, maintenant ils font la fermeture des discothèques ». Sa croisade en défense du ballon rond n’est pas terminée. Pour le Guérin Sportivo, il évoque Prandelli, Conte, Tavecchio, la Juve, Balotelli et les agents : « Je suis un type à l’ancienne ».
Depuis peu, Zdenek Zeman s’est adouci. Il parle et sourit plus, comme si l’âge avait assoupli son légendaire jusqu’au-boutisme. Le rôle d’éducateur, pour lequel il semble être né, c’est aujourd’hui qu’il l’interprète le mieux. Il suffit de le voir à l’entraînement au milieu des Capello, Crisetig et tous ces jeunes destinés à devenir – dans les rêves des Cagliaritani – les nouveaux Verratti, Insigne et Immobile.
Le « boemo » accorde peu d’interviews. Depuis l’Italie ou l’étranger, il n’en est pas moins continuellement sollicité, ses déclarations ayant marqué l’histoire. Plus que le marquage individuel, il déteste les lieux communs et les phrases toutes faites. Les conséquences sont bien connues. Il y a quinze ans, il évoqua le football des pharmacies et le cloaque de l’Acqua Acetosa (1) fut mis à jour. Ensuite, il s’en prit aux gros bonnets du foot et Calciopoli se répandit. Quand Zeman accepte de s’exprimer, cela signifie deux choses : qu’il a confiance en son interlocuteur (après l’avoir longuement évalué et observé, bien sûr) et qu’il a des choses à dire. En une heure de conversation, il en dira beaucoup : sur Cagliari, Prandelli, le foot italien, Balotelli, Conte et, surtout, sur les agents.
Zdenek Zeman vient de boucler la première partie du stage à Sappada, dans les Dolomites, puis est rentré à Cagliari où l’on respire comme une odeur de neuf ; le président et l’entraîneur ont changé, tandis que l’équipe a été rajeunie selon la volonté du technicien. Lorsque Zeman arrive dans le hall de l’hôtel en survêt’ rossoblu, deux éléments nous marquent : le puissant charisme qui émane du personnage – on aime ou déteste mais on n’est jamais indifférent – et le briquet qu’il se glisse nerveusement entre les doigts : « J’ai commencé à fumer avec mon oncle Vycpalek. Je faisais de l’athlétisme, mais j’ai fini par céder. Je ne dirai pas combien je fume, ce ne serait pas très éducatif. Deux paquets ? Plus. Je me disais : maintenant que tu es quatre heures par jour sur le terrain tu fumeras moins. Tu parles : ma consommation a doublé en dehors de ces quatre heures ». Et puis il y a ses silences proverbiaux, qui mériteraient une deuxième interview. Tactiques, infinis, presque métaphysiques, employés pour renforcer ou alléger le poids des mots.
Pourquoi Zeman a-t-il choisi Cagliari ?
[pause] Parce qu’ils ont beaucoup insisté pour venir me chercher. D’autres m’avaient appelé (Bologne, ndr), mais j’ai perçu de la détermination et de la confiance chez le président Giulini. Cagliari est un club avec une grande histoire, même si refaire le coup du scudetto de 1970 est aujourd’hui mission impossible.
Sur quels critères Zeman choisit-il son club ?
J’opte pour la liberté dans le travail, l’autonomie décisionnelle. Je donne des indications sur les joueurs et j’aime travailler à ma façon. Ces dernières années, beaucoup de clubs se sont manifestés pour m’avoir, mais le moment venu va savoir pourquoi rien ne s’est produit. Je suis quelqu’un d’encombrant, un type qui prend de l’espace. Avec Giulini, par contre, on s’est bien entendus.
Peut-être parce que lui a été footballeur…
[il sourit] Il prétend avoir été gardien du Milan.
Cragno, Longo, Capello : vous avez déjà démonté notre première théorie selon laquelle en Italie c’est bouché pour les jeunes…
[pause] Je suis convaincu qu’il y a en Italie des jeunes talentueux, même beaucoup, mais il faut leur donner la possibilité de s’exprimer.
Qui est plus aveugle ? Les clubs ou les entraîneurs ?
Selon moi, tout dépend surtout de l’entraîneur. Personnellement, j’aime bâtir les joueurs, pas être bâti par les joueurs. Vous comprenez ?
Très bien…
C’est d’autant plus beau si on forme des champions en assumant aussi le rôle d’éducateur, mission qui nous incombe mais qui me semble oubliée.
De Baiano-Rambaudi-Signori à Verratti-Insigne-Immobile, vous avez lancé plus de joueurs que n’importe quel autre technicien. De qui êtes-vous le plus fier ?
De tous ceux avec qui j’ai travaillé. [pause] Bon, on en revient toujours au même : je vais dire Tommasi, comme toujours. Il était sous-estimé, trop sous-estimé…
Il vous plaît en tant que président du syndicat national des joueurs ?
Il me plaît, bien sûr qu’il me plaît, même si son rôle est très limité. On ne lui permet pas de réaliser ce qu’il voudrait faire.
Votre connaissance des joueurs nous étonne. Vous êtes souvent allé les chercher en Lega Pro (2). Beaucoup de vos collègues ne savent même pas qui évolue dans les divisions inférieures…
En Serie C, je me rappelle avoir repéré Beppe Signori, puis je l’ai fait transférer quand j’ai rejoint Foggia. Je ne connais pas tous les joueurs, mais si j’en vois des bons je fais en sorte de m’en souvenir et de les emmener avec moi dès que je signe un contrat quelque part. Je comprends bien qu’il est difficile pour un entraîneur en poste de trouver le temps pour suivre et aller voir les joueurs. Et puis les clubs s’en remettent beaucoup aux agents.
Que pensez-vous des agents ?
[pause] Je suis un type à l’ancienne.
C’est-à-dire ?
Les agents sont nés pour gérer l’après-football, mais aujourd’hui ils occupent une autre fonction. J’ai pu lire que des agents sont carrément propriétaires de certains joueurs brésiliens ou argentins, qu’ils achètent et revendent eux-mêmes.
Pour qui doit guider un collectif ce n’est pas un cadeau…
Pour les présidents, c’est un problème plus important encore. Il fut un temps où, pour signer un contrat, il y avait deux personnes dans la pièce : le président et l’athlète. Aujourd’hui, il y a quatre ou cinq personnes. Les commissions payées aux agents représentent l’argent qui manque aux centres de formation ou à la construction de terrains supplémentaires.
Supposons que Zeman devienne président de la Fédération. Quelles seraient vos priorités ?
J’instaurerais immédiatement les équipes B. Il est important de donner une chance aux jeunes qui sortent de la Primavera (3). Actuellement, l’étape suivante est destructrice. Les jeunes partent en prêt, personne ne les observe et ne les suit, et souvent ils s’égarent.
On parle aussi beaucoup de fixer un seuil minimal d’Italiens dans les effectifs…
Concernant la Nazionale, ce serait très certainement profitable. Quand l’Inter aligne onze étrangers, comment faire après pour convoquer quelqu’un en sélection ? Je suis favorable à un nombre minimal, mais apparemment la loi l’interdit. Cependant, tout dépend des présidents : ils pourraient de manière autonome décider de limiter le nombre de joueurs étrangers.
On sait bien que certains transferts ne se justifient pas seulement d’un point de vue sportif. Selon vous, sur cent joueurs étrangers qui arrivent pendant l’été, combien sont intéressants techniquement parlant ?
[pause] Je ne sais pas, ce n’est pas à moi d’en juger. Statistiquement, j’observe que beaucoup de ces étrangers ne font même pas une apparition en Serie A. Il n’y a donc pas de motif technique. Certaines personnes ont des intérêts autres que le sportif.
Vous pensez à des paiements étranger sur étranger ?
[longue pause] Aujourd’hui le football est un business. L’argent attire beaucoup de monde. Il y a beaucoup de profiteurs.
Y a-t-il encore quelqu’un qui regarde le foot avec passion ?
Chez les supporters je vois de la passion. Ils tiennent bon, même si on tente par tous les moyens de les éloigner du stade. Chez eux, je perçois encore des regards remplis d’honnêteté.
Un de vos collègues, Fabio Capello, a déclaré il y a quelques années que les franges extrêmes de supporters ont en main le football italien…
Untel a du pouvoir si untel le lui donne. Cela ne dépend pas des supporters. Certains profitent de l’espace que d’autres consentent à leur laisser. Vous comprenez ?
Parfaitement. Le 11 août dernier, qui auriez-vous élu président de la Federcalcio ? Tavecchio (4) ou Albertini ?
J’ai d’autres noms en tête.
Par exemple ?
[pause] Abodi (5) était la personne juste. Il a les idées, la détermination et il a envie d’améliorer les choses.
Et entre Tavecchio et Albertini ?
Albertini car il est jeune, a une vision de l’avenir et surtout il est dans le système depuis moins longtemps.
Vous n’aimez pas Tavecchio ?
[longue pause] Je n’ai jamais été en rapport avec Tavecchio.
C’est tout ?
Le secteur Amateur se limite uniquement à revendiquer son total de licenciés. Mais ça ne suffit pas. Chez les Amateurs, la nécessité de se structurer et de faire jouer les jeunes comptent également. Il n’est pas normal de voir d’ex professionnels venir là juste pour occuper le terrain. Là n’est pas le but du secteur Amateur. Par contre, l’objectif doit être de mieux travailler au niveau des jeunes, en lien avec la formation scolaire.
Qu’a pensé Zeman de la débâcle italienne en Coupe du monde ?
Avant la compétition, il y avait déjà des signaux d’alerte, en particulier le match amical contre le Luxembourg (6). Mais on a mis la tête sous le sable. Personnellement, je ne veux pas entrer dans les choix de Prandelli.
Pour vous, Balotelli est-il un champion ?
Quand il marque, c’est le meilleur attaquant du monde, quand il ne marque pas il devient le pire de tous. Ce n’est pas correct. Il était encensé après le premier match, puis d’un coup il est devenu l’habituel individualiste.
Vous n’avez pas répondu. Est-ce un champion ?
[pause] Techniquement c’en est un, mais la technique ne suffit pas pour être un champion. Selon moi, Totti est un champion : pour la technique et l’attitude. Voilà.
Vous insistez beaucoup sur l’attitude, mais avec les jeunes d’aujourd’hui cela semble plus difficile. Tout dépend peut-être plus des familles que du football…
Autrefois, les joueurs disaient qu’ils s’étaient sacrifiés pour arriver tout en haut, qu’ils avaient fait une croix sur leur jeunesse. Aujourd’hui, ils font la fermeture des discothèques.
Et boum. Vous savez ce qui nous frappe, Zeman ? La facilité avec laquelle des individus louches, parfois même des criminels, entrent en contact avec les footballeurs. Cela ne vous interpelle pas ?
On peut reprendre le discours sur les agents. Quand il y a de l’argent, il y a toujours des gens pas nets qui entrent en scène. Ils flattent l’orgueil des jeunes et les font se sentir plus beaux qu’ils ne le sont. Ensuite, c’est à l’entraîneur de les faire redescendre. Nous, on est fixé sur les 90 minutes du dimanche, le reste c’est du bavardage.
Arrêtons-nous un instant sur la Nazionale. Dans le Corriere della Sera, Aldo Grasso écrit que Prandelli a quitté le navire à la Schettino (7)…
[pauuuuseeee] Personne ne s’y attendait car il avait renouvelé son contrat. On se disait qu’il resterait indépendamment des performances au Mondial. Prandelli a manqué de cohérence. Je ne veux pas me mêler de ses affaires, mais vu de l’extérieur ça ne donne pas une bonne image.
Et re-boum. Actuellement, les entraîneurs pensent-ils plus à leur carrière qu’à l’environnement dans lequel ils travaillent ?
Le monde a évolué, il faut bien l’accepter. Il se murmure que moi-même j’ai un agent, qu’il s’appelle Pierre ou Paul. Cependant, avec Giulini, je suis venu m’asseoir seul à la table.
Conte également a quitté prématurément son poste à la Juventus. Même discours que pour Prandelli ?
Je ne sais pas comment cela s’est passé. Je ne sais pas s’il expliquera tout ou s’il a déjà tout expliqué. Son départ était déjà dans l’air à la fin du dernier championnat. Il y a eu seulement deux ou trois mois de rabe.
Et vous, êtes-vous déjà parti alors que la saison était entamée ?
La saison n’était même pas commencée. Une demi-journée. Pour moi, les responsabilités se partagent toujours entre l’entraîneur et le club.
Vous avez arrêté d’en vouloir à la Juventus ?
Je n’en ai jamais voulu à la Juventus. Je suis né supporter de la Juventus et je dormais avec le maillot de la Juventus, ayant grandi à Turin auprès de mon oncle Vycpalek, qui en était l’entraîneur. J’en ai voulu à des personnes qui travaillaient à la Juventus. Si ces gens avaient été ailleurs, j’aurais eu le même discours.
Certains soutiennent que Calciopoli a porté le coup de grâce à la compétitivité du foot italien…
Je ne crois pas. On pouvait repartir et chercher à améliorer les choses. Mais on a repris les mêmes personnes.
Pardonnez-moi Zeman, mais Moggi, Giraudo et Mazzini ne sont plus dans le système…
[pause] Si c’était un système, alors il y avait forcément plus que trois personnes.
Vous auriez aimé entraîner la Juve ?
Bien sûr que j’aurais aimé.
Vos déclarations vous ont coûté cher ?
Evidemment, elles m’ont coûté cher. Mais je ne regrette rien. J’ai parlé pour aider le football, qui est ma vie. Quand j’ai dit ces choses-là, j’en comprenais les répercussions. Je voulais qu’on y porte attention. Malheureusement, j’ai aussi eu des problèmes dans la sphère privée.
Votre carrière aurait-elle pu être différente ?
Cette année-là, je sais juste qu’il manquait vingt points à la Roma. Ce n’était pas facile et cela n’a pas été facile. Mais je suis encore là, ce qui signifie que des gens y croient.
Qu’attendez-vous de votre expérience à Cagliari ?
Je veux faire du mieux possible. On peut bien terminer derniers, mais avec la certitude d’avoir tout donné. J’ai mon mot d’ordre : je ne veux pas participer, je veux lutter.
Signer à Cagliari ça sonne comme une revanche pour vous ?
Pourquoi une revanche ?
Après votre dernière expérience compliquée à la Roma…
[pause] Je n’ai pas de revanche à prendre. Certains disent que j’ai échoué à la Roma, mais je suis convaincu d’avoir très bien travaillé et je suis très satisfait de la tâche entreprise. Marquinhos, Lamela : si la Roma a encaissé 90 millions au mercato c’est aussi grâce à moi. Il y a Florenzi également. J’ai laissé l’équipe en finale de Coppa Italia et avec moi – puis-je le dire ? – on la gagnait. Par conséquent, je ne suis pas revanchard.
« Votre » Roma est-elle favorite pour le scudetto ?
Tout le monde part à zéro point. Je ne vois pas de favoris. D’après moi, elle a fait un bon mercato, mais je trouve qu’elle n’a pas beaucoup misé sur les jeunes.
Excusez-moi mais elle a dépensé 28 millions pour Iturbe, 21 ans…
[pause ironique] Justement, le coût est exagéré.
A propos de jeunes, le foot italien se raccroche à Insigne, Verratti et Immobile. Toujours Zeman…
Ils représentent une autre satisfaction personnelle. J’espère qu’ils seront cadres au Mondial 2018. On me demande souvent quelle trace je laisserai dans l’histoire du football. Personnellement, je pense avoir été un bâtisseur. Je ne suis pas un gagnant, beaucoup ont gagné plus que moi, mais je pense avoir été un bâtisseur.
Deux de ces trois jeunes, issus de votre merveilleux Pescara, sont aujourd’hui à l’étranger…
Les jeunes, ça leur fait du bien de partir, ça leur permet de s’aguerrir humainement. D’autre part, évidemment, c’est dommage. Il y a tellement d’étrangers dans nos équipes que les jeunes italiens doivent s’expatrier.
Par exemple : la Juve avait Immobile et l’a vendu pour prendre Morata…
[pause] …
Ok. Vous ne répondez pas, autrement à Turin vous allez subir d’autant plus d’insultes…
Difficile de faire plus. A chaque fois que j’y vais, c’est le chaos. Ils se déchaînent toujours sur ma mère. Je le signale pourtant au délégué de la Ligue : « Tu entends ? Tu écris ? ». Mais ils n’écrivent jamais rien. On suspend des tribunes pour des chants contre les noirs, mais pas contre les blancs.
Ce sera la première saison depuis la mort de Ciro Esposito (8). A quoi vous attendez-vous ?
J’espère que cette histoire ne connaîtra pas de suite, mais je ne suis pas convaincu. La situation me préoccupe beaucoup. Il existe la DIGOS (9) et il y a des personnes compétentes, donc comment se fait-il qu’on ne réussisse pas à résoudre le problème comme en Angleterre ?
Zeman, une curiosité : est-ce vrai que vous avez emprunté votre système de jeu au hockey sur glace ?
Je me suis inspiré du hockey, sport national dans mon pays, pour le jeu en profondeur qui doit être exécuté à vitesse maximale, et également par rapport aux ailiers qui tournent et effectuent un mouvement programmé. Globalement, j’ai cherché à associer l’école danubienne, dans laquelle je suis né, qui se caractérise par une grande qualité technique et un rythme lent, avec le mouvement et la rapidité du foot hollandais. Par la suite, Sacchi est arrivé, puis les autres. Comme je disais avant, je suis content de ce que j’ai réalisé dans ma carrière.
Notes du traducteur :
(1) Laboratoire anti-dopage dépendant du Comité National Olympique Italien, ayant attiré l’attention en 1998 pour des irrégularités commises au cours des contrôles
(2) Troisième division
(3) Moins de 21 ans
(4) Nouveau président de la Federcalcio
(5) Président de la Lega Serie B
(6) 1-1
(7) Capitaine du Costa Concordia
(8) Supporter napolitain décédé, suite à des affrontements en marge la finale de Coppa Italia 2014
(9) Divisione Investigazioni Generali e Operazioni Speciali, équivalent italien des RG
Ze Man is in the place ! Toujours un régal d’entendre ce genre de Grand Monsieur
Bravo et merci
L’élégance bienvenue.
J’étais passé à côté…
Belle intervention encore.
la sauce
C’est pas pour me vanter mais j’ai rien compris