Espanyol Barcelone – Bilbao (0-2) et Bilbao – Real Madrid (1-0) : La San Mames Académie est en apesanteur

Oui enfin, c’est pas le bon Barcelone.

Egun on à tous !

Après une semaine où on est passés par tous les états, poser un regard sur le calendrier de ce début du mois de mars m’a valu un sacré frisson. On jouait notre fin de saison sur cette foutue semaine : il fallait gagner à Barcelone pour espérer rejoindre… Barcelone en finale de Copa Del Rey (parce que la 24e, on la veut, coucou Porthos Molise) et enchaîner avec la réception du Réal. Oui, les Meringues, les Galactiques, tout ce que vous voulez. Curieusement, j’appréhendais autant que je salivais à l’idée de voir ces deux chocs. Surtout que la défaite contre le Torino, pour cruelle qu’elle fût (oui ça y est, la San Mames Académie est passée à trois lecteurs, je me prends pour un auteur), laissait quand même entrevoir de très belles choses, notamment sur le plan offensif (Muniain en feu, Williams qui s’installe en tant que titulaire), et ce d’autant plus qu’Aritz Aduriz laissait entendre en conférence de presse qu’il avait à cœur de se racheter.

A semaine exceptionnelle, dispositif exceptionnel. Afin de lui trouver une utilité et de justifier les subventions perçues pour son recrutement, englouties sous formes de pintes par les Gros Membres, je laisse la place pour la demi-finale de Copa à mon stagiaire anal, Pitxitxi. Retrouvez-moi plus bas pour le match contre le Réal.

 

ESPANYOL – BILBAO

Pour le résumé, c’est ici.

Coucou, JE-SUIS-DE-RE-TOUR !

Mais si, souviens-toi de moi, le stagiaire maltraité basque de la San Mamés Académie. Vu que le titulaire habituel du poste, en bon poivrot, a préféré descendre des litres de kalimotxo plutôt que d’assister au match retour de demi-finale de Copa Del Rey, c’est donc moi qui m’y colle. C’est pas une vie, je vous jure… (Mon stagiaire qui imagine que le Côte-d’Orien que je suis accepte qu’on mette quoi que ce soit dans du vin rouge. Il me connaît mal. JK)

Pour entrer dans le vif du sujet, on peut qualifier cette rencontre entre l’Espanyol Barcelone et l’Athletic Club de rencontre la plus importante de la saison des basques à ce jour. Carrément ? Bah oui ! Plus de coupe d’Europe, un parcours en championnat chaotique, il ne reste que la coupe nationale pour sauver une saison plutôt difficile. Autant dire qu’une qualification pour une finale de prestige face au Barça serait vécue comme une bouffée d’air frais pour Bilbao.

La 24e, on la veut !

Mais avant de se voir en finale, il faut déjà passer l’obstacle des Pericos, ce qui ne sera pas partie aisée vu que les catalans ont eu la bonne idée d’accrocher le match nul 1-1 à la cathédrale (de San Mamés, rien avoir avec la Sagrada Familia qui est, elle, une basilique et qu’ils n’ont, rappelons-le, toujours pas fini de la construire). Un score de parité et un but à l’extérieur qui sont censés leur procurer un avantage avant le retour dans leur antre ultra-moderne de Cornellà-El Prat, où l’on joue de petites ritournelles lors des corners pour inciter le public à encourager son équipe, comme on peut le voir dans les patinoires de la NHL (#PasVraimentLeFootballVrai).

Commençons tout d’abord par la compo bilbotarra : Herrerin (Iraizoz 64’) – Iraola, Gurpegui, Etxeita, Balenziaga – San José, Rico, De Marcos – Aduriz, Muniain (Beñat 84’), Williams (Laporte 90’)

Coupe oblige, c’est la doublure Iago herrerin qui gardera les cages basques. Notons par ailleurs la présence de #Laporte2016 sur le banc de touche et la nouvelle titularisation d’Iñaki Williams, qui fait petit à petit son trou au détriment de Susaeta ou d’Ibai.

Le coup d’envoi à peine donné, on sent que nos amis blanc et rouge ont la rage : pressing, agressivité, transmission rapide étouffent progressivement des locaux qui ont du mal à rentrer dans leur match. Et, dès la 13ème minute de jeu, Aritz Aduriz ne se fait pas prier pour ouvrir le score sur un très mauvais renvoi d’un défenseur perico. Ouverture du score on ne peut plus logique tant l’Athletic est entré de plain-pied dans cette partie (0-1).

SPOILER : Il va falloir s’habituer à cette image cette semaine

Après le pion mis par l’amateur de zouk (dans le milieu, on le surnomme « Aduriz créole »), Bilbao va quelque peu relâcher son étreinte, laissant les barcelonais construire davantage leurs actions. Les bleus et blancs s’enhardissent, à l’image de leur vaillant capitaine Sergio Garcia, mais peinent malgré tout à se procurer de réelles occasions. Pas de quoi fouetter un pottok donc. Et, à la 42ème minute, le discret Xabier Etxeita profite de l’inefficacité des locaux pour placer le ballon au fond de leurs filets d’une superbe tête croisée sur corner. Cela nous fait dès lors 2-0, avec ce but intervenant juste avant la pause, « au meilleur des moments » comme l’énonce un lieu commun plus ou moins vérifié/vérifiable.

Etxeita après son but, allégorie

Au retour des vestiaires, on repart sur un scénario assez similaire. Les deux équipes s’escarmouchent et il faudra attendre la 57ème minute pour voir la première énorme occasion catalane : le nouvel entrant Felipe Caicedo trouve une ouverture et décoche une frappe vicieuse à ras-de-terre, qu’un réflexe fantastique de Herrerin dévie sur le poteau avant que la balle ne lui revienne quasi-miraculeusement dans les bras. Le talent s’associe à la chance.

La chance finit quand même par abandonner ce pauvre Iago qui, à la 64ème, s’écroule dans sa propre zone alors que le jeu a lieu dans la surface adverse. Sur un simple contrôle suivi d’une passe anodine intervenue précédemment, le portier réclame directement le changement et s’effondre, une blessure musculaire à la cuisse ayant raison de lui. L’occasion pour nous de revoir Gorka Iraizoz, héros bien connu du côté du « deuxième club » barcelonais.

A la 77ème, le virevoltant Iñaki Williams se procure une énorme occasion mais son ballon ne fait que longer les buts et passer à quelques centimètres du poteau de Pau Lopez. Plus rien de passionnant ne se passe jusqu’à la 86ème et une double-occasion basque sur corner. Les minutes se sont égrainées et les joueurs de l’Espanyol n’ont pu que constater le départ inexorable de leurs supporters à mesure que la fin de la rencontre approchait. Dépités et constatant que leur équipe jouait sans idée, seuls les plus fidèles sont restés jusqu’au coup de sifflet final et ont chanté une dernière fois à la gloire de leur club de toujours.

Charléty résonnait plus que le stade des Péricos cette semaine.

94ème et dernière minute, l’arbitre siffle la fin du match et les basques laissent éclater leur joie. Ernesto Valverde peut être fier, lui qui a joué un bien vilain tour à son ancien club. Les joueurs, de leur côté, ont tous été à la hauteur de l’événement, même la défense et l’inénarrable Carlos Gurpegui qui ont su tenir le choc face il est vrai à des catalans bien palots. Score final : 0-2

Athletic Club Bilbao-FC Barcelone : nous aurons donc pour cette finale de Coupe du Roi un grand classique, puisqu’il s’agit des deux équipes les plus titrées dans la compétition, avec respectivement 26 titres pour les catalans et 23 pour les basques. Une affiche à laquelle on a d’ailleurs pu assister en 2009 et en 2012, ce qui nous donne actuellement un face-à-face se répétant tous les trois ans (#Précision #Mathématiques #InfoInutile). Un duel fratricide entre basques et catalans qui, aux dernières nouvelles, devrait avoir lieu au stade Santiago Bernabeu, symbole de la capitale madrilène et du centralisme espagnol. Cela nous promet une magnifique Marcha Real, l’hymne espagnole, recouverte par les sifflets des supporters des deux équipes. Et ce sera également l’occasion pour l’Athletic d’accrocher un trophée, qui serait le premier titre depuis l’historique doublé coupe-championnat de 1984. Le stagiaire suivra évidemment cela avec attention.

(Visiblement, le stagiaire a oublié de mettre ses notes, je risque d’oublier de signer son évaluation de stage, tiens).

 

BILBAO – REAL

 

Les images sont fraîches (comme Loulou), les images sont belles, allez donc y faire un tour. .

Après ce match parfaitement maîtrisé, on se dit qu’on tient le bon bout avant d’affronter le Réal. Attention, on ne prétend pas qu’on va les dézinguer, mais on se dit qu’à San Mames, un miracle est toujours possible. Je vois bien le match nul arraché avec les dents. Et puis, pour le symbole, ce serait parfait : faire chier les Madrilènes avant de jouer une finale de Copa del Rey contre nos concurrents indépendantistes catalans serait ô combien savoureux. Point positif : les Meringues jouent sans leur maître à jouer croate et ancien (traître) pensionnaire de Tottenham, Luka Modric. Point plutôt négatif : #Laporte2016, Mikel San José et Iturraspe manquent à l’appel chez nous. Du coup, Txingurri a dû opérer avec les moyens du bord.

 

Euskompo :

Une fois de plus, on change complètement de système de jeu par rapport à la semaine dernière. Ah vous pouvez parler, les Raides et Viles, avec votre mangeur de Gouda rougeaud, mais nous aussi on change de tactique comme notre entraîneur de caleçon. L’avantage peut-être, c’est qu’un De Marcos a la polyvalence qu’un Antonio Valencia n’aura sans doute jamais. Bref. Toujours est-il que le patron nous sort ceci :

Admirez ce 4-3-3 en « logo Citroën inversé ».

J’avoue qu’il y a de quoi s’y perdre. Iraola en relayeur droit, cela me laisse sceptique parce que De Marcos a plus un profil de milieu de terrain qu’Andoni (pur latéral, croyais-je naïvement). Ensuite, en général, quand on associe Etxeita et Gurpegui en charnière centrale, le plus souvent on obtient quelque chose de cet acabit :

La sérénité affiché par la paire Gurpegui-Etxeita, allégorie

Si on remonte un peu les lignes, on voit que Beñat est positionné devant la défense en false-trequartista renversé. Pourquoi pas, encore faudrait-il qu’il ne se crame pas dans ses tâches défensives, parce qu’en face, ce ne sont pas vraiment des peintres devant. « Même que dans FIFA, ils ont 90 en attaque, t’as vu ? » me susurre Jean-Kévin, jeune frère de mon colocataire. (J’ai quand même parfois l’impression que Valverde choisit son XI titulaire ainsi :)

Enfin, je suis un petit peu déçu de ce que je vois devant. Muniain commence à tout fracasser en numéro 10, alors le voir reprendre un couloir me dérange quelque peu. Quant à Iñaki, il semble définitivement « parti pour rester » (moment FootMercato) dans le XI de départ.

 

Le Matx :

Comme prévu, face au terrible pouvoir central madrilène, nos héros, transcendés par la clameur qui monte des travées de San Mames, prennent les Madridistas à la gorge. A tel point qu’Illaramendi s’éteint, que Kroos semble se demander ce qu’il fout là et que la BBC ne capte plus. Au milieu, le trio Rico, Beñat et Iraola, aussi solidaire que complémentaire, captent tous les ballons. Devant, le jeu en pivot d’Aduriz, la technique de Muniain ou la vitesse folle d’Iñaki font régner la terreur dans la défense de la capitale. Vient alors la 26e minute. Servi en retrait par De Marcos, Mikel Rico a à peu près une demi-heure pour ajuster un centre, les défenseurs madrilènes étant partis profiter des vacances de février. Notre Divin Chauve en profite pour adresser un ballon parfait à Aduriz. Pepe est tellement en retard qu’il n’a toujours pas pris son envol à l’heure où ces lignes sont écrites. Le Bel Homme Basque place un coup de tête magistral, qui vient lustrer la lucarne d’Iker Casillas.

Un petit dessin vaut mieux qu’un long discours. Pauvre Iker…

Que ce soit à San Mames ou dans mon caleçon, c’est l’explosion de joie. Joie visiblement partagée du côté de Beinsports, parce qu’on perd Omar Da Fonseca, qui invente le concepte de « TESTARAS » pour qualifier ce coup de casque. Une TESTARAS qui donne l’avantage aux Bilbotarras, qu’espérer de mieux ? (1-0)

 

Complètement absents, les Madrilènes ne parviennent pas à remettre la marche avant. Le seul qui semble se sentir concerner, c’est Toni Kroos, qui découpe Iraola en morceaux. Aduriz vient de suite lui parler du pays et les deux joueurs sont avertis. Puis vient la mi-temps. Tous les espoirs sont permis, mais le second acte pue l’attaque-défense à plein nez…

Finalement, les Meringues ne marqueront pas en deuxième mi-temps. Notre milieu ne lâchera jamais son étreinte, nos défenseurs pallieront leurs lacunes par un engagement de tous les instants et pour une fois, Iraizoz se prendra pour Neuer à bon escient, avec entre autres une sortie parfaite dans les pieds de Cristiano Ronaldo à la 72e. Cet absence de relâchement est même tout proche de payer, lorsqu’Aduriz, encore lui, est à un poteau près de doubler la mise trois minutes plus tard, après centre de De Marcos relayé de la tête par Susaeta (oui, tout est donc possible).

La plus grosse frayeur connue par nos Leones en deuxième mi-temps a bien failli tourner en boucle dans tous les zappings. Je m’explique. Bale hérite d’un ballon à environ 45m des buts de Gorka. Voyant notre portier aussi avancé qu’un Mickaël Landreau des grands soirs, le Gallois tente sa chance. Le ballon flotte longtemps mais s’écrase sur le poteau. A la retombée, Balenziaga a un réflexe incroyable pour enlever le ballon à Chicharito, qui s’était caché derrière un brin d’herbe et Etxeita s’arrache pour contrer in extremis la reprise de Kroos. Alertés par les cris, les messieurs en blanc viennent changer ma perfusion pour les dernières minutes.

Coup de sifflet final. Bordel. On l’a fait. On a battu le Réal de la Decima (certes privé de Modric et Ramos, mais nos absences paraissaient bien plus handicapantes). On a surtout tenu en se battant comme des Leones pendant 70 minutes après l’ouverture du score. Bravo les gars. Quelle que soit la manière dont vous finirez la saison, on se souviendra très longtemps de ce match. Bon, ne faites pas n’importe quoi non plus, on a une Copa à gagner (évidemment qu’on y croit plus que jamais).

 

Les Notx :

 

Iraizoz (5/5) : Aucun but encaissé, des sorties propres, une intervention parfaite sur un centre extrêmement dangereux de Bale… Rien à redire, c’est parfait. De quoi fêter dignement son 34e anniversaire.

Gurpegui et Etxeita (5/5) : On n’a pas pris de but contre le Réal. Que demander de plus ? Certes, leurs interventions peu orthodoxes me font toujours frissonner, mais on va dire que c’était pour ménager le suspense.

La BBC embourbée dans la défense Basque

Balenziaga (5/5) : Excellent match de sa part, illustré par son sauvetage aussi décisif que miraculeux à la 49e minute.

De Marcos (4+/5) : Le mec monte deux fois dans le match et on n’est pas loin de marquer deux fois. Le couteau suisse basque a encore fait des ravages. Un peu timide, mais il avait du monde dans son couloir, il faut dire…

Beñat (3+/5) : Très discret offensivement, mais un match plein d’abnégation pour l’esthète.

Rico (4+/5) : Match quasiment parfait, ponctué d’une passe décisive. Continue comme ça.

Iraola (3+/5) : Dans un rôle inhabituel pour lui, il a bien fait le travail. Je ne vois pas quoi dire de plus, à part « ravi de te revoir ».

Williams (4/5) : A-t-on déjà vu un Basque plus rapide ? Et je ne dis pas ça parce qu’il est Noir, attention ! Le gamin apprend à vitesse grand V et risque de nous quitter très rapidement à ce rythme…

Muniain (5/5) : Mais combien étaient-ils sur le terrain ? A la construction, au relais, à tenter la dernière passe… Même quand il ne joue pas 10, il se comporte comme tel et ne perd plus un ballon. Remplacé par Susaeta, passé à un poteau d’une remise de la tête décisive.

Aduriz (42/5) : Une performance de classe mondiale, tout simplement. Il pèse pour deux sur la défense, son jeu de tête est le meilleur d’Espagne et ses qualités de pivot font des ravages. Même les Cahiers du foot ont salué sa performance, c’est pour dire. On le retrouve même dans l’équipe-type de la semaine en Liga. Et si les Barcelonais n’avaient pas un bonus de +3 points chaque fois qu’ils en mettent quatre à une équipe en bois, il aurait la meilleure note. La vie est injuste.

En plutôt bonne compagnie.

Bon c’est pas tout, mais il va falloir que je me remette de toutes ces émotions. Garçon, un kalimotxo ! Non je déconne, fais péter le Bourgogne !

Pour l’avis d’en face, je crains qu’il ne faille patienter un peu, mais je les attends en gare de Reims, au cas où.

A bientôt !

 

Johny Kreuz  et Pitxitxi

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