Salut les moches,

Dans l’histoire d’un derby, y’a toujours un pouilleux et un glorieux, celui qui sent la camomille et celui qui sent le purin, celui qui a 2 coupes de France et celui qui a 8 championnats et 3 coupes. Le derby de la ville de La Plata, ce complexe balnéaire de la plus géométrique des laideurs, opposant les Estudiantes et le Gimnasia y Esgrima ne déroge aucunement à la règle. Le Gimnasia, à l’écusson pimpant représentant un casque de chevalier à fière allure coiffé de sublimes plumes beiges striées de violet, est, contrairement à ce que cette imagerie le laisse penser, le gueux de ce triste conte. Un seul titre de champion qui date d’il y a 86 ans et une histoire remplie de « presque », de désillusions et de « putain, si Eduardo était pas un enculé, on aurait battu ces pécores, bordel de foutre ». Et à côté de ces perdants magnifiques, il y a les Estudiantes, ces pendards. Je les dénommerai ci-après uniquement par leur sobriquet ô combien flatteur de Disséqueurs de Rats, que l’on abrégera en Rats, par mauvaise foi pure et simple. Ceux-là, ils ont tout. L’argent, les titres, la gloire, les femmes, un aspirateur Dyson, tout. 5 championnats d’Argentine. 4 Copa Libertadores. Quelle joyeuse troupe d’enfoirés.

Nous, français, on a aussi nos derbies. Nos matches à tension. Les ASSE-OL, Marseille-Toulon, Nice-Tout le monde, Lille-Lens, Metz-Nancy, et bien sûr, le meilleur de tous, le Rennes-Nantes. On a tous été un jour ou l’autre du mauvais côté d’un clasico. Une mauvaise performance, un triste jour où il fait moche et où on a la crève, où notre équipe prend 3-0 à domicile contre l’ennemi juré. Ca pique. Un jour, deux jours, une semaine, parfois une saison. Mais la douleur passe, le temps et les victoires servent de pommade à ces blessures qui font mal au bide. On se trouve des consolations dans des joies autres que le football, si tant est que cela puisse exister. Mais imaginez, mes trésors, qu’on soit TOUJOURS du mauvais côté de la frontière. Moi j’ai connu ça. Je connais ça. Pas de public, pas de palmarès, on connaît les vieilles rengaines nantaises, et au fond on sait qu’ils ont pas complètement tort. Avec Gimnasia, et bah c’est pareil. Idem.  On relate les histoires de la France 98, de Marseille 93, et de leurs supporters en liesse. On est nostalgique devant Bastia 1978, Monaco 2004 ou encore Saint Etienne 1976, et de leurs épopées formidables dont la vague d’espoir suscitée aura fait chavirer les foules. D’autres pendant ce temps là, sont moqués pour leurs défaites, obligés de subir les pires brimades pour leur supposée nullité alors qu’ils foutent pourtant leurs tripes sur le gazon comme les onze connards d’en face, tout du moins la plupart du temps. Ah bah, oui, c’est sûr que c’est marrant de se foutre de la pomme du pauvre idiot qui termine deuxième du championnat en 1995, 1996, 1998, 2002, et 2005. Surtout quand c’est les rats d’en face qui leur privent du titre, comme en 96. Always a bridesmaid, never a bride. Mais putain, ça fait mal à la gueule comme un but de Fauvergue à la 91ème minute.

Là où la comparaison entre le Gimnasia et le Stade Rennais s’arrête, c’est que la passion populaire autour de ce club a toujours existé et surtout qu’elle n’est jamais morte. Car elle vient des entrailles, littéralement. Issu de l’abattoir de la ville, ils sont d’ailleurs surnommés les Tripiers, ça a autrement plus de gueule qu’un club d’étudiants en médecine. Et elle est là, cette passion, personnifiée par Alberto Raimundi, grisonnant mais grisant, insultant, jubilant et hurlant sur sa station de radio adéquatement dénommée Radio Revolucion. Et quand on est supporter bleu et blanc, c’est peu de dire qu’on a les portugaises tendues sur le transistor quand le Gymnase joue pour écouter le délicieux capharnaüm de ce bel homme, dont je vous invite vivement à taper le nom sur Youtube. Malgré les vents et les marées, les défaites et les humiliations, les gueules de bois comme les coups de gueule, le Gimnasia y Esgrima de La Plata est le club le plus populaire de la ville, dernier rempart contre la pandémie mondiale de footixme. ET C’EST POUR CA QUE JE, SOUSSIGNE LAEZH DOUR, REPRESENTANT DE LA PAMPA ACADEMIE, DECLARE AUJOURD’HUI : NOUS SOMMES TOUS POUR LE GIMNASIA ! Enfin pas trop quand même. C’est pas vraiment concevable pour moi d’aimer une équipe argentine autre que San Lorenzo. Toutefois, c’est tout à fait imaginable d’en détester une plus qu’une autre. Mort aux Rats, sus aux Etudiants, ce soir, nous sommes tous des perdants. Présentation.

 

LE MOMENT PANINI

Il y a de ces hommes qui sont beaux, qui n’ont pas un cheveu qui dépasse, qui ont le sourire rare mais précieux, l’allure gracieuse et le ton avenant. Il y a de ces footballeurs dont la chevelure vole au vent, qui ambulent sur le gazon silhouette déliée et chaussettes baissées, qui percent une défense rien qu’avec un regard et dont les exploits font chanter les ménestrels. Et il y a ceux qui sont opportunistes, qui trainent leurs pattes dans la boue, qui vendraient un rein rien que pour marquer un but et dont le pragmatisme désabuse leurs adversaires. Heureusement pour nous, il y a de ceux qui sont un peu tout ça à la fois. Heureusement pour nous, il y a Delio Onnis. 95 matches et 53 buts entre 1968 et 1971 avec le Gimnasia, le bel homme ne jouera plus que dans des clubs à la con, mais il marquera le foot français, et c’est déjà bien.

 

L’HEURE DU DUDUDUDUDUDUDUEL

Forcément, il aura fallu que la sauterie tourne court. Dans le football vrai, le sous-chien (anglicisme assumé) se fait toujours marcher sur la gueule. Là où le bât blesse, par contre, c’est que nos amis tripiers, en plus de ne jamais exister, ont joué comme des couards, des pleutres de la pire espèce. Moi qui disais qu’ils foutaient toujours leurs abats sur le carré vert un peu plus haut, il m’auront bien pris pour un con. Ca n’a fait que me rappeler que supporter une seule équipe de merde, ça me suffisait largement. Bande de malpropres.

Ah, ça, dès le début du match, ça a pas été les derniers à foutre des coups de tatane dans les ganaches des types d’en face, qui leur auront bien rendu. D’ailleurs, ça a bien gâché la première demi-heure ces conneries. Non parce que soyons sérieux 5 minutes, vraiment. On aime beaucoup dire qu’une valse de crampons dans le faciès, ça fait partie d’un derby. Une fois n’est pas coutume, je ne réfute pas ce postulat. Mais il faut aussi dire ce qui est, et croyez moi, ça me turlupine bien la race d’être aussi péremptoire, mais c’est bien souvent que de la gueule. Si tu te décides à foutre des coups, tu fous des coups pendant tout le match, sinon c’est comme dire « c’est bon, je leur ai tout mis pendant 30 minutes, ça suffira à dire que j’ai fait un match de bonhomme ». Non. Non ! Je suis désolé ! Si t’as envie de jouer comme Van Bommel, faut assumer derrière, jeune homme. Faut faire ça à la hondurienne.

Bon, alors oui, môssieur Vegetti claquera un joli ciseau retourné qui aura plu aux esthètes, moins à ceux qui voulaient voir un but, vu qu’il l’a mise sur le poteau ce con. Si encore ça avait servi de rampe de lancement à nos amis du Gimnasia, pourquoi pas. Mais quand tu prends un but sur corner juste derrière avec un marquage de poussin district, valait mieux que tu fermes ta gueule. 1-0 pour les Rats à la 39ème minute, but de Schunke.

Et puis, juste après la mi-temps, comme pour démontrer que le coach du Gimnasia était pas un génie en termes de causeries, les rongeurs enchaînent et marque sur leur deuxième occasion, sur un beau mouvement collectif conclu par Guido Carillo, l’homme fort du bon début de saison de l’autre club de La Plata. Il crucifiera le portier du Gimnasia sur un belle frappe premier poteau, après s’être faufilé dans une défense centrale quelque peu apathique. Mais bon, même si les adages, c’est de la merde, « dans un derby, il peut tout arriver »

Et c’est globalement un Gimnasia avec la tête bien profond dans un endroit que vous connaissez si bien qui va réduire le score 3 minutes plus tard. Après avoir concédé un corner sur une sortie un peu hasardeuse du portier des Rats, Hilario Navarro, les Tripiers vont revenir sur le devant de la scène sur un coup de tronc imparable de Pablo Vegetti. S’en suivit un moment d’euphorie en tribunes mais pas vraiment sur le terrain. Même quand Leonardo Jara rendra hommage à John Boye en exécutant un tacle aussi incontrôlé qu’il fut mu par la seule passion, rendant les Rats à 10, les joueurs du Gimnasia traîneront les pieds, préférant jouer à la baballe plutôt que d’essayer d’égaliser.

Résultat, quand on joue au con, ça finit souvent par vous péter à la tronche. Du coup, penalty pour Estudiantes. Oui, je finis par dire leur nom. Déjà, parce que j’aime pas vraiment me répéter, mais aussi parce qu’ils ont été la seule équipe sur le terrain à vraiment jouer au football. Cerutti transformera. Comme pour bien montrer qu’en plus d’être bien mauvais, ils avaient pas vraiment envie de gagner, Maximiliano Coronel se fera exclure dans les arrêts de jeu. Pignouf.

El resumen

 

LES MECS QUI ONT PAS ETE TROP NULS

Guido Carillo (Estudiantes) : Il porte son équipe en ce début de saison, et il n’a pas flanché pour le premier derby de l’année. Un joli but, et une activité incessante qui aura bien montré à quel point les défenseurs du Gimnasia étaient nuls.

Hilario Navarro (Estudiantes) : Une sortie un peu dégueu dans le match, mais c’est le seul moment de la rencontre où il n’aura pas été un patron. Grosse performance du portier des rouge et blanc.

Pablo Vegetti (Gimnasia y Esgrima) : Seul joueur du Gimnasia à surnager, tant sur le plan technique que sur le plan de l’engagement.

 

LES MECS QUI AURONT PAS ETE TERRIBLES TERRIBLES QUAND MÊME

Maximiliano Coronel (Gimnasia y Esgrima) : Non parce qu’en plus de perdre tous ses duels et d’avoir un marquage de merde, le mec trouve le moyen de prendre deux cartons jaunes en 7 minutes. Abruti.

Yair Ivan Bonin (Gimnasia y Esgrima) : Ne sort pas sur le premier but, un peu mou sur le deuxième, et trouve un moyen de prendre un jaune pour contestation sur le penalty. Abruti.

Lucas Licht (Gimnasia y Esgrima) : Son attentat provoquant le penalty fut d’une débilité sans nom. Même si il a pris moins cher que son comparse du couloir droit, il aura au moins été plus con que lui.

 

LE MERCI POUR CE MOMENT

Via Lucarne Opposée

 

LE POINT SAN LORENZO

Tu sais, quand tu es en soirée, que rencontres une fille aux cheveux d’ébène et dont le doux parfum encense tes narines comme ton esprit, que la conversation ne va qu’en s’améliorant, qu’elle rit à tes galéjades les plus stupides, que vos corps en fusion se touchent langoureusement sur « Gravé dans la Roche » de Sniper, et que vous étiez prêt à rester des heures dans un fumoir aussi minuscule que nauséabond juste pour pouvoir parler un peu plus avec elle, et qu’au moment fatidique, elle vous révèle son engagement antérieur avec un autre gentilhomme ? Pareil. San Lorenzo 1-2 San Martin de San Juan. Chienne de vie. Boca, Estudiantes, Rosario Central et Velez sont toujours devant, River Plate se relance et le Racing en chie toujours autant. Le Gimnasia lui se rapproche dangereusement des tréfonds du classement.

Je suis très tenté de vous académiser le San Lorenzo-Estudiantes d’hier  pour la prochaine journée, mais sachant que la semaine prochaine (la veille de mes partiels, comme un symbole), San Lorenzo joue son rival mortel, Huracan, ce qui engendrera très certainement une académie emplie de quolibets insultants, la prochaine sera River Plate-Union Santa Fe, où, à la différence d’aujourd’hui, on se fera un malin plaisir à rire du malheur des autres.

A bientôt les moches,

 

Votre Laezh Dour qui vous aime (SUIVEZ MOI SUR TWITTER LOL)

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