Aioli les sapiens,

Ca fait longtemps que je ne t’ai pas parlé de la vie du zoo. C’est que j’ai enfin eu ma mutation : je quitte le Jardin des Plantes pour devenir dromadaire-principal de cinquième échelon au Zoo de la Barben. C’est couillon, j’aurais voulu faire mon pot de départ en tapant une ou deux bêtes à fourrure à l’occasion de la journée internationale du panda roux mais bref, l’important est que je revienne dans les parages avec sans doute l’occasion de se voir un peu plus au stade. On en reparlera.

 

Locoscopie

Pour occuper l’espace médiatique de la trêve internationale et donner à La Provence l’occasion de chier un peu plus sur le club, Bielsa nous a gratifiés d’une petite séance de règlements de compte avec la direction. Et puisque la gestion de l’OM c’est comme Valérie Triermonvier, les Femen ou le coca dans le whisky, faut forcément avoir un avis dessus, voici donc celui de la Canebière académie :

– En effet, un employé normal d’une entreprise normale devrait se faire lourder pour ça. Mais il serait temps de se rendre compte que si l’on appelle Bielsa « El Loco », c’est justement parce qu’il est cinglé, au sens médical du terme. Et cela, la direction le savait en le recrutant ;

– Donc on imagine mal « l’Orléanais de naissance et Parisien d’adoption » (© notre quotidien régional préféré) se déjuger, d’autant qu’après la fin de l’épisode Anigo le président travaille désormais sans fusible : à la prochaine crise sérieuse, qui d’autre peut sauter à part lui ?

– D’ailleurs, Labrune a réagi plutôt correctement, une fois acquis qu’il aurait plus de mal à la faire à l’envers avec cet énergumène de Bielsa qu’avec les autres personnes qu’il a pu manipuler par le passé. Pendant que les autres présidents ou ex-présidents hurlaient au loup, effrayés à l’idée qu’un étranger contribue à enfin leur mettre le nez dans leur propre incompétence, « le nordiste qui a un appartement à Paris au lieu de posséder un cabanon sans permis à Sormiou comme tout le monde » s’est contenté de partir en vacances avant de régler la chose en interne.

– Bref, de toute façon, la seule chose qui est demandée au club, ce sont des résultats : que ceux-ci s’enchaînent et Bielsa pourra travailler comme il l’entend jusqu’à décider en fin de saison s’il demeure ou pas. Pour le reste, « celui que la rumeur a aperçu dans une partie fine se faire introduire une tour Eiffel dans le fondement par Anne Hidalgo » a suffisamment compris à la fois Marseille et l’entraîneur pour faire son deuil d’une ambiance de travail sereine : s’il prend les critiques dans la gueule pour permettre au secteur sportif de bosser, ça me convient.

 

L’équipe

Mendy forfait, Doria pas encore prêt, il est temps de ressortir Rod du placard. Une ligne défensive Dja Djédjé-Fanni-Nkoulou-Morel d’un côté, les sémillants Kassim Abdallah et Gaël Givet de l’autre… On dira ce qu’on voudra des matches du dimanche soir, mais en tout cas les entraîneurs ont tout fait pour produire du spectacle offensif.

Le match (1ere – 63e)

Givet était tellement bien à Arlavignon qu’il témoigne immédiatement de son envie de rejoindre la Ligue 2 le plus vite possible. Mal aligné, léthargique, le Bigfoot néo-savoyard laisse Gignac recevoir une longue passe de Fanni et défoncer les filets du jeune Leroy. 20 secondes en ligue 1 et déjà la rondelle en fusion, les Évianais savent intégrer leurs gardiens comme horsjeu.net accueille ses stagiaires (0-1, 1re).

Gaël Givet, source de trouble pour les avants-centres depuis 2001.

L’indécence quasi-pornographique de la défense adverse perturbe quelque peu nos joueurs offensifs, qui en oublient de presser au milieu de terrain. Les 10 premières minutes voient les roses menacer notre surface, sans trop nous inquiéter faute d’adresse. Par la suite, nous parvenons à récupérer les ballons beaucoup plus haut, sans les bonifier autrement que par des combinaisons trop épisodiques.

La première période se déroule sans coup d’éclat ni grosse inquiétude. Malgré l’impuissance adverse, notre jeu assez pauvre et quelques erreurs défensives nous empêchent d’être totalement sereins. Cependant, après un centre de Morel difficilement renvoyé par la défense, Imbula est présent à la récupération et, après s’être débarrassé de deux joueurs, envoie une lourde que Mensah a la bonne idée de dévier de la tête pour prendre son gardien à contre-pied (0-2, 44e).

Très bien payé au vu de notre domination toute relative, cet avantage est tout près de s’accroître au retour des vestiaires. Ayew bute sur le gardien et l’OM développe davantage ses actions. Nous souffrons cependant de quelques petites erreurs défensives, sans conséquence.

 

Le match (61e-90e)

 

Dupraz reconfigure son équipe en passant à deux attaquants (dont certes un ersatz danois assez mal défini dans ses contours et son patronyme, Niqué Billy Nelson ou un truc dans le genre). Automatiquement, Romao descend pour constituer une défense centrale à trois. Pas le temps de s’interroger sur cette recomposition : Payet se défait de trois joueurs au milieu de terrain et accélère pour fixer la défense. Mal placé, Kassim (pas si mauvais que ça par ailleurs) laisse un boulevard pour Thauvin (si mauvais que ça par ailleurs), qui conclut facilement (0-3, 63e).

Marseille appuie ensuite pour pousser son avantage en se faisant plaisir, mais le nouvel entrant Alessandrini se voit refuser un but pour hors-jeu. Les dix dernières minutes se passent en mode « rien à branler » : qu’ils soient préoccupés de se repaître du cadavre savoyard ou bien juste trop fatigués pour presser, les attaquants et milieux laissent des espaces énormes que le seul Imbula est bien en peine de combler. Évian en profite pour tenter de sauver l’honneur, mais Nsikulu rate le cadre seul face à Mandanda. Lemina remplace Payet pour densifier le milieu et Sparagna entre en défense. C’était sans compter sur :

LE KASSIM TIME

Deux dribbles et une passe décisive : en 30 secondes, Abdallah double les statistiques de l’ensemble de sa carrière (1-3, 91e).

 

Les joueurs

S. Mandanda (1/5) : Puisque tout se passe bien, on ne va pas déranger les joueurs, n’est-ce pas, et surtout pas en s’imposant dans sa surface.

N. Nkoulou (3-/5) : Une ou deux pertes de balle slipométriques, mais ce devait être seulement pour éviter de s’ennuyer.

R. Fanni (3/5) : Une passe décisive, c’est bien. Envoyer systématiquement des parpaings devant en espérant que ça passera à chaque fois, ça l’est moins. Sorti de ça, une performance défensive solide ponctuée d’une ou deux fantaisies dispensables.

J. Morel (3+/5) : Excellent, mais il finit plus vidé qu’une couille de scout aux journées mondiales de la jeunesse.

A. Romao (4/5) : La sûreté. Comme souvent, mais avec la version Premium (celle sans faute à 30 mètres et avec des passes réussies.)

Sparagna (84e) : Dommage que son entrée n’ait pas pu contribuer à une clineshiteu, même s’il n’est pas responsable du but.

B. Dja Djédjé (2+/5) : Brice, mon petit Brice, tu les vois ces mecs en maillots rose qui jouent par moins quinze devant les 300 spectateurs du parc municipal des sports d’Annecy ? Eh bien dis-toi que si tu ne te concentres pas un peu plus, tu vas rapidement finir comme ça. C’EST CA QUE TU VEUX, BORDEL ?

On a retiré le numéro de Souley, on n’a pas retiré ses tacles.

G. Imbula (4/5) : Loin d’être parfait, mais sa présence à la récupération et son impact habituel pour perforer les lignes ont largement suffi à écarter une menace savoyarde aussi tranchante que la fondue du même nom.

F. Thauvin (2/5) : Le but de Thauvin ? C’est le gosse qui revient de l’école en disant : « Aujourd’hui, j’ai vomi sur la maîtresse, j’ai fait caca dans ma culotte, et à la cantine je me suis fait un shampooing à la purée de carottes. Mais tiens Maman, regarde, je t’ai fait un beau dessin. »

R. Alessandrini (76e) : A part un bel appel interrompu pour cause de hors-jeu, pas grand-chose à signaler sur un côté droit où, comme Thauvin, il s’est souvent isolé sans trop se connecter au jeu de l’équipe.

A. Ayew (3-/5) : L’un des olympiens les plus constants dans l’effort, à défaut de produire quelque chose de séduisant.

D. Payet(3-/5) : Il a posé un jour de récup’ après son gros travail contre Nice. Mais à la différence des territoriaux, ça n’a pas empêché la continuité du service.

Lemina (84e) : Entré pour stabiliser une équipe en danger après le passage à trois défenseurs, il a semblé avoir un peu de mal à se placer.

AP Gignac (4/5) : Une mine dès la 1re minute, un travail de sape incessant, du pressing… Quand André-Pierre pilonne, les défenseurs doivent se sentir comme des feuilles de basilic dans un mortier.

 

L’invité zoologique : Fabien Camusaraigne

C’est petit, ça a une drôle de tronche, c’est voué à se faire bouffer encore que l’on ne sache pas trop si ce n’est pas toxique. La musaraigne est au règne animal ce qu’Évian Thonon Gaillard est au football : une curiosité dispensable. Voici ses observations :

Les autres : Malgré une bonne volonté certaine (Abdallah et Nsikulu entre autres), ça ne ressemble quand même pas à grand-chose. La colonie danoise a davantage l’air de sortir d’un institut de réadaptation des handicapés psychomoteurs que d’un centre de formation au métier de footballeur. Reste Yeltsin Tejeda dont l’entrée aura permis de remonter un peu, outre le degré hygrométrique de ma camarade Kimberly, le niveau footballistique ambiant dans cette équipe.

Vu d’en face : Espérons que pour supporter la situation nos académiciens savoyards auront pris des amphétamines. Ou au moins un bon taz’.

Le classement : l’anomalie bordelaise fait place aux mal-aimés lillois, tandis que nous nous installons à la deuxième place. En attendant mieux.

La source : l’illustration est tirée de Whiteman meets Bigfoot, de Robert Crumb.

La page abonnement : à visiter, pour que vive l’alterfoot cananal historique.

Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Bravo à Just Wide qui remporte le concours zoologique.

 

om-devant-psg_a_GIFSoup.com

Savoir qu’un plaisir est éphémère n’empêche pas de le savourer. Ou alors, on n’a qu’à interdire la branlette matinale. Bref, toutes nos salutations au Paris-Saint-Germain.

 

Bises massilianales,

Blaah

9 thoughts on “Evian-OM (1-3), La Canebière Académie empoche

  1. C’est bon, c’est beau c’est frais…Niquer Paris et Bordeaux sur une journée….C’est fou quoi! (On dit Loco en espagnol non?)

    Kassim est une légende, une putain de légende!

    Sinon même en faisant la pire prestation depuis le début de la saison on en plante 3 et ça c’est une bonne nouvelle.

  2. bien d’accord avec toi sur Thauvin et Mandanda, j’aurai donné un peu moins à Ayew qui ne passe jamais sur son côté…

    sinon, 3 points de pris c’est bien là l’essentiel

  3. Ah putain si on m’avait dit que je verrais un jour du Robert Crumb dans un résumé de l’OM, je me serais bien fendu la gueule. Comme d’hab, bon article, un brin moins lumineux que les précédents mais toujours très savoureux.

    Sinon merci Givet le Taliban/Viking discount, c’est au choix, parce qu’on fait un match bien moyen quand même…

  4. El mas importante son los tres puntos…
    Bienvenue chez toi Blaah, ouvre tes cartons et ressors tes meilleures vannes, aujourd’hui c’est un peu light. Mais c’est plus facile de tailler lorsque l’on perd, bien que l’on ait toujours un peu de matière sur le plan extra-sportif.

  5. Salutations sportives.Restez devant ces enculés de Parisiens à la 38ème journée et on sera quitte. Nos danois sont en phase d’adaptation : le climat, la croziflette toussa quoi…

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