La Bacalhau Académie note Bosnie-Portugal (0-0)

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Luis Frigo et le Choa sont fin prêts pour le retour qui a lieu aujourd’hui.

La Bosnie a réussi son coup. Sur le champ de patates de Zenica, choisi tout spécialement pour empêcher les Portugais de produire du jeu, les Bosniens ont tenu le match nul et vierge face à la bande à Cristiano. Sans prendre de risques, en restant bien sagement derrière et agissant par contres en fin de partie, les hommes de Safet Susic ont obtenu ce qu’ils voulaient en gardant leur cage inviolée lors de ce premier round. Pourtant, les Quinas ont tenté. Nani et Cricri ont ambiancé les ailes et Pepe a été littéralement monstrueux en défense aux côtés de Bruno Alves, démontrant qu’il était autre chose qu’un simple bourrin sécateur.

Seulement, et c’est le problème majeur de la Selecçao depuis de trop nombreuses années, la différence est bien plus difficile à réaliser sans buteur. Dans le rôle du n°9 incapable de planter, Hélder Postiga a été parfait. Trop court, imprécis, râleur, l’ancien Stéphanois a fait étalage de tout son savoir-faire pour ne pas être décisif dans un grand rendez-vous. A la réflexion, cela fait combien de temps que le Portugal n’a pas eu un attaquant de pointe performant? Petit-Louis Fernandel nous rappellerait certainement que Pauleta, ce bel homme, est toujours le meilleur buteur de la Selecçao avec 47 pions. Cependant, dans les chocs, il était où le Pedro Miguel? Les habitués de la Bacalhau Académie savent bien que cette absence de buteur de bon niveau est largement due aux politiques choisies par les clubs du haut du classement de Liga. Benfica, Porto, Sporting, Braga: aucune de ces équipes évolue avec un avançado de la maison. Il existe bien une exception mais elle est édifiante: Nuno Gomes, 35 piges au compteur, intermittent du spectacle à Braga et éternel recours désespéré.

Le casse-tête de Paulo Bento ne s’arrête pas à cela. De l’autre côté du terrain, le poste de gardien pose également problème. Rui Patricio est au quignon au Sporting sous les ordres de Domingos mais ce n’est pas top moumoute non plus. Son remplaçant est Quim, 36 barreaux depuis la semaine dernière, titulaire à Braga et qui a fait le chemin inverse du Brésilien Artur parti à Benfica à l’inter-saison. Arrivé chez les Aigles pour le concurrencer, Eduardo n’a pas fait le poids.
Néanmoins, et c’est le paradoxe, les U20 se sont hissés en finale de la Coupe du Monde avec Mika dans les bois et Nelson Oliveira en pointe, tous deux joueurs de Benfica. Mais à force de privilégier les pistes exotiques concernant ces deux postes cruciaux -avec réussite pour la plupart- la Liga ne peut plus pourvoir la Selecçao en joueurs de qualité. Par conséquent, quand Postiga cède sa place, c’est Hugo Almeida qui entre. Tu parles d’un coaching.

Avec une identité de jeu réduite à sa plus simple expression, la Bosnie a résisté aux assauts lusitaniens et aurait bien pu l’emporter. Cela dit, il existe une justice. En effet, c’est la pelouse cradingue qui a empêché Ibisevic d’exécuter Paulo Bento à bout portant. La même déconvenue était arrivée à Cristiano en première période, ce qui avait passablement énervé la Meringue, sous le feu des invectives des supporters bosniens qui prirent un malin plaisir à le provoquer dès son arrivée à l’aéroport au son de « Messi Messi ». Lors du dernier entraînement avant le match, il avait été harcelé par les lasers venus des tribunes, ce à quoi le Ballon d’Or 2008 avait répondu par un doigt d’honneur qui fit immédiatement le tour du Monde. Pour le match retour, Cricri se vengera, c’est écrit.

Le match

Pour ce match aller, le fil du match est assuré par le Choa tandis que le Luis s’est occupé des notes.

1′: première accélération de Nani qui centre fort pour…personne.

2′: Hélder Postiga pose délicatement ses crampons dans la tronche de Jahic.

6′: le Portugal obtient le premier bon coup franc de la partie. Meireles s’y colle. Il n’aurait pas dû: le ballon ne décolle pas.

7′: Dzeko fait faute sur Pepe. Une grande histoire d’amour commence toujours par un premier regard.

9′: Pepe ouvre sur Postiga qui remet instantanément sur Coentrão. Le Madrilène frappe sans contrôle; il trouve le cadre. Et les gants de Begovic.

14′: premier corner du match en faveur du Portugal. Apparemment, les coups de pied arrêtés étaient en option aux entraînements. On se croirait en Equipe de France.

15′: Postiga hors-jeu épisode 1.

15′: frappe de Cristiano aussi écrasée qu’une banane au fond d’un sac à dos.

18′: énorme faute de Salihovic sur Cristiano. Le Bosnien écope de la première tartine beurrée distribué par Howard Webb. Nouveau coup franc. Nouvelle cagade de Meireles.

19′: centre de Nani, remise de Moutinho, frappe de Postiga qui ne trouve pas le cadre.

19′: débordement et centre de Nani en direction de Postiga qui tente un ciseau. La prochaine fois, il essaiera de toucher le ballon, promis.

25′: ouverture longue distance de Pepe pour Cristiano. Le gominé rentre sur son pied droit, élimine le premier défenseur, frappe comme un bossu mais, dans un geste désespéré, Zahirovic se jette dans ses pieds et repousse la tentative.

27′: on prend les mêmes mais on inverse les rôles. Cristiano trouve Nani mais Salihovic réalise une intervention décisive devant le Mancunien.

29′: Pepe est excellemment placé en couverture. Un exemple parmi d’autres pour souligner sa prestation modèle géant.

29′: les Bosniens obtiennent leur premier corner. Tout droit dans les moufles de Rui Patricio.

29′: une nouvelle fois, Nani déborde, centre mais Postiga est, évidemment, too short.

32′: premier tir bosnien. Il était temps. Arrêt de Rui Patricio.

33′: Pepe est encore à la récup’. Meilleur qu’un militant d’Europe Ecologie.

35′: Rui Patricio dégueulasse sa relance. Sueurs froides.

36′: Pjanic commet une faute sur Cristiano. Cricri prend le leadership à la place de Meireles. Est plus proche de Dan Carter que de Juninho.

41′: carton jaune pour contestation adressé à Hélder Postiga qui continue son festival. Jahic en prend un aussi pour avoir demandé une sanction pour le Portugais.

43′: Cristiano devance la défense bosnienne mais Begovic sort suffisamment vite pour sauver la baraque.

44′: Postiga obtient un coup franc. Veloso s’en charge avec le même succès que les autres.

45′: première faute de Pepe. Il était en manque.

Mi-temps

49′: Pjanic et Cristiano convoitent le ballon dans la surface bosnienne. Involontairement, Cricri coupe Pjanic.

51′: d’une talonnade, Nani décale parfaitement Cristiano. Alors qu’il s’apprête à punir la Bosnie, le ballon saute sur une motte. Le tir est loupé. Saleté de pelouse.

58′: Moutinho est au coup franc. Cafouillage, la gonfle finit dans les parpaings de Postiga qui tire à côté.

64′: Cristiano se promène au milieu de la défense bosnienne, frappe mais trouve Begovic.

65′: Almeida remplace Postiga comme un symbole des Maçons du coeur.

72′: premier tir de Dzeko. Au-dessus.

73′: Pjanic centre, Coentrão se troue lamentablement. Seul, Ibisevic prend tout son temps pour déglinguer les bois de Rui Patricio mais manque son contrôle et donc sa frappe.

76′: Pepe frôle le penalty après un contact avec Ibisevic.

80′: Ibisevic refait son retard au challenge Hélder Postiga. Coentrão est aux fraises.

81′: Jeu en triangle des Bosniens, Bruno Alves laisse filer Ibisevic. Seul face à Rui Patricio, l’ancien Parigot prend son temps pour le fusiller mais, cette fois-ci, c’est au tour des Bosniens de pâtir de la pelouse pourrie de Zenica. Juste retour des choses.

90′: Almeida glisse le cuir à Cristiano mais Spahic tacle in extremis en corner.

90+3′: Dzeko hérite d’un ballon au deuxième poteau, tire mais Rui Patricio a bondi pour repousser cette balle de match. Certes, l’attaquant de City est hors-jeu mais la parade du guarda redes du Sporting Portugal prouve qu’il est présent.

Conclusion: service minimum pour la Bosnie face à des Quinas qui ont vraiment essayé de jouer au ballon sur une pelouse déplorable. Une bien belle leçon de foot.
Mardi, sur la pelouse de Benfica, ce sera la Luz ou la lose.

 

Notes

Rui Patricio (3/5) : pas inquiété en première période et pas trop de boulot en seconde. Il a quand même eu les fesses qui ont fait bravo en fin de match. Surtout lorsque Ibisevic se retrouve seul face aux cages à la 80ème et trouve le moyen de la mettre au-dessus.

João Pereira (3/5) : sur le match, le latéral du Sporting a fait le string minimum. Il offre tout de même une balle de but aux Bosniens en fin de match quand il décide ne pas s’aligner en défense et de couvrir Ibisevic.

Pepe (4/5) : le Boss, le Patron, la Poutre… Il rassure ses potes et inquiète ses adversaires. Dans un match au couteau, c’est toujours bien d’avoir un Pepe dans la popoche.

Bruno Alves (3/5) : on aurait pu le perdre à la 58ème quand il a joué à saute-mouton avec Misimovic et manqué de se péter les cervicales. Pas très rassurant, sa plus grande qualité est de jouer aux côtés de Pepe le Destructor.

Fabio Coentrao (1/5) : il était là sans y être. Il court beaucoup mais souvent dans le vide. Il faut noter que Ronaldo ne l’aide jamais dans sa tâche défensive, ce qui le met automatiquement dans des situations délicates.

Miguel Veloso (3/5) : très bien dans le rôle du combattant invisible. Posté en 6 devant la défense, il a gratté des ballons et est allé au contact.

João Moutinho (2/5) : sa vision du jeu et son sens de l’organisation peuvent faire du bien. Mais dans des rencontres aussi physiques, le chétif meneur de Porto s’éteint assez vite. Tellement que l’on en oublie qu’il est sur la pelouse.

Raul Meireles (2/5) : a réussi à être encore plus effacé que Moutinho. Il n’a eu aucun apport sur le jeu. Boulet de la Selecçao.

Nani (3/5) : match en demi-teinte. Super Nani est resté sobre, s’appliquant surtout à bloquer son couloir. Il a tenté de planter quelques banderilles lorsqu’il avait la place mais ses efforts sont restés vains.

Cristiano (3/5) : plus il fait des gris-gris, moins il est chanceux dans ses tentatives. On l’a senti frustré et énervé par le match et ses à-côtés (insultes, pelouse, lasers verts dans les yeux…). La preuve de son agacement avec ce doigt d’honneur adressé à des supporters bosniens très taquins.

Hélder Postiga (1/5) : à bien y regarder, il a un faux air de Leo Messi. C’est peut-être la raison expliquant que Ronaldo ne lui file que très rarement la balle. Ou alors c’est parce qu’il sait qu’il fera de la merde avec. C’est selon…

Entrés en jeu:

Hugo Almeida : il a fait aussi « bien » que Postiga qu’il a remplacé. Inquiétant…

Ruben Micael : rentré à la 80ème à la place de Meireles, il a eu le même impact que ce dernier. C’est à dire aucun.

Le live du match retour est à suivre ce soir sur le profil Facebook du Choa à partir de 21h.

Luis Frigo et Choa d’Arelate vous offrent en attendant les images de la performance aller.

Pour rappel, vous pouvez également voir les images des autres barrages ici.

2 thoughts on “La Bacalhau Académie note Bosnie-Portugal (0-0)

  1. « avançado », purée ils utilisent de ces mots les portos, il y a pas à dire. Comme un symbole de récupération de l’anglais. Tiens, j’ai une blague super pourrie que seul les portugais pourront essayer de comprendre.

    Pourquoi est-ce que les routes au Portugal sont toutes sinueuses? Parce que le chef de chantier était un anglais non lusophone, et quand les ouvriers lui demandaient dans quelle direction allait la route, il leur répondait « yes ».

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