La Bacci A Tutti Accademia échappe de peu à l’infarctus et note Angleterre-Italie (0-0)

Il y a des jours comme ça où il fait bien bon d’être un dirigeant politique. Ce matin, ma côte de popularité a dépassé celle de Silvio dans ses plus vertes années, malgré le fait que je sois autrement moins jouasse de faciès que la cavalière de pucelles. 82 % d’opinions favorables, si ça c’est pas un exploit, alors ma tante s’appelle Alfred.

Ce matin c’est toi, mon Italie sublime, qui te lèves avec la gole d’un taureau de foire et la pêche d’un étalon de Campoformio, c’est toi qui bombes le torse en allant chercher ton pain. Et dieu que tu en as le droit. Ce matin, j’ai fait l’amour à ma femme comme jamais, et puis aussi à ma secrétaire comme toutes les semaines, et puis à ma standardiste comme tous les lundis, et puis à la soubrette comme toutes les heures. J’étais heureux quoi, le bonheur à l’état pur dans une bulle d’azote. Je buvais mon café ristretto en chantant Toto Cutugno et je lisais seulement la Gazzetta, aux chiottes le Times.

Parce que franchement aujourd’hui, la crise on l’a laissée un peu derrière nous, on a juste rouvert les yeux après une petite nuit et on s’est dit : « Mamma cazzo ! C’est donc bien vrai ! ». Pendant encore quelques temps, nous, Italiens d’Italie et d’Ailleurs, allons oublier que ce monde est sérieux et qu’il commence à virer à la déglingue générale.

On dirait pas que je suis un poète maudit comme ça, mais j’aime le bon mot dans la bonne hyperbole qui permet de signifier le signifiant. J’aime aussi appeler Paris et chambrer Monsieur Gouda sur les performances amères et sans chaleur du onze du coq. J’aime envoyer des mails railleurs à Madame Droopy pour la chauffer avant jeudi prochain.

Il ne sera jamais dit que nous sommes des péteux, que nous ne faisons jamais face. Malgré la difficulté d’un contexte assez pesant, malgré tous les pronostics défavorables, la Squadra est là. C’est, comment dire, devenu une habitude. On nous enterre toujours, mais il faut sans cesse rappeler le fossoyeur parce que nous ressortons toujours de terre. Notre mort ne sera jamais programmée par quiconque. Nous décidons de tout. Et c’est Pirlo qui mène l’office, et Gigi porte l’encens.

Hier soir, mes chers compatriotes ont délivré au monde du football une leçon de volonté inexpugnable et de courage dévastateur. Personne ne pouvait les arrêter. Pas même Balotelli.

Dès les premiers instants, les Anglais comprirent combien ils allaient passer une soirée pénible, en témoigne cette frappe atomique de DDR tout en extérieur, échouant malheureusement sur le poteau de Joe Haaaart. En même temps, chacun sa crise. A nous celle des banques et du système économique, à eux celle du football (ça commence à faire loin, 66). Hier soir, tout s’est déroulé comme si la Mamma mia elle-même avait écrit le synopsis d’un match où il ne faisait pas bon être cardiaque, hein Fantantonio ? Même si notre attaque restait muette devant le mur d’Hadrien, onze bonhommes dans leur moitié de terrain c’est pas facile tous les jours, même si Mario entamait son génocide de pigeons ukrainiens, même si les tirs au but sont une loterie aussi fantasque que le plus fantasque des Cassano, la victoire est venue. Parce que cette équipe a su attendre son heure.

Alors voilà, moi, Double M, sain de corps et de cazzo, je suis l’homme le plus heureux du monde, parce que je dirige le plus beau pays du monde, celui où le scandale est le terreau de la victoire, celui où la complainte « mais mouille le maillot putain ! » n’a pas lieu d’être chez les supporters, celui où vit Andrea Pirlo le génie (et dire qu’il n’a jamais eu le ballon d’or ma che cazzo!), celui où la classe vient se ressourcer en allant chez son maître Gigi l’Amoroso, celui où le patriotisme est encore un moteur pour la sélection nationale, celui où vivent les futurs champions d’Europe. Traitez moi de fou, traitez moi de rigolo, vous ne ferez que renforcer nos chances de gagner. Continuez à parler du Calcioscommesse, et on plantera 6 pions en finale contre l’Espagne.

Ici Mario Monti, le plus bel homme d’Italie après Massimo Gargia et Orlando, président du conseil de je ne sais plus trop quoi, placé là pour je ne sais plus quelle raison, je vous reçois cinq sur cinq.

 

Titolari :

Buffon, 5/5, n’a pas eu grand chose à faire, les Italiens ont dominé la partie et les Anglais se sont créés relativement peu d’occasions – relativement, parce qu’ils ont certainement explosé le record de France-Espagne. Mais quand même. Il fallait sortir cet arrêt, main ferme, bien sur les appuis. Et ce penalty après la pause pipi. Du travail d’artiste.

Balzaretti, 3/5, a parfois eu quelques difficultés à défendre sur les ailiers anglais. S’est signalé par quelques montées intéressantes en première période. En deuxième (et au delà), le jeu penchait davantage à droite.

Bonucci, 4/5, a fait un match remarquable pour son niveau ! C’est vrai, tout n’était pas parfait, je pense en particulier aux duels aériens, mais avec des clients comme Carroll…

Barzagli, 4/5, a mené la défense d’une main de maître, comme la patte à Bibi dans la culotte à Merkel. De bonnes interventions, et beaucoup de prudence face à Rooney.

Abate, 4/5, a bien défendu et a proposé des solutions dans le camp adverse. On peut dire qu’il est monté en intensité par rapport au match précédent. Maggio, suspendu, ne devrait pas manquer (remplacé par Maggio).

Pirlo, 5/5, a été élu homme du match, et le mérite amplement. C’est un génie. De l’intelligence de jeu à revendre, des qualité techniques hors du commun, des efforts appréciables dans la récupération -il est même parvenu à dominer Carroll de la tête, une fois!- et un penalty plein de classe, que ni Landreau, ni Coupet n’auraient transformé. Dommage qu’il ait reçu, en fait de trophée, le godemichet d’Angela.

De Rossi, 4/5, a fait un match monstrueux d’intensité. Quel travail dans la récupération comme dans la relance ! Dommage que la réussite n’était pas au rendez-vous pour DDR, autrement il aurait marqué deux fois (remplacé par Nocerino).

Marchisio, 3.5, n’a pas crevé l’écran, et pourtant. C’était en quelque sorte, comme dirait Norbert, la farine pour lier la sauce.

Montolivo, 3/5, ressemble toujours à Gad Elmaleh. Et manque parfois d’automatismes avec les attaquants dans les combinaisons. De bonnes passes pour Mario, quand même, et des efforts pour défendre.

Cassano, 3/5, a emmerdé les attaquants adverses. Le cœur y était ! Jusqu’au dernier quart d’heure (remplacé par Diamanti).

Balotelli, 2/5, n’a pas raté son penalty, et c’est déjà pas mal. J’allais faire pression pour faire fermer l’espace Schengen ! De bons appels, toujours, mais tant d’occasions manquées et de mauvais choix. Pourquoi toujours vouloir y aller seul ? Parce que Mario.

 

Sostituzioni :

Diamanti : crédible comme joker, jusque dans la coiffure. Inscrit, de sang froid, le penalty de la victoire.

Nocerino : le clonage à pleins tubes.

Maggio : suspendu au prochain match. Pauvre Christian.

 

Bonus Mariano Rajoy :

Ssé sssouper ! Ssi ssa ssé trouve, on va ssé zoué pour lé titré !

 

Impossibile non sarà mai italiano,

Double M.

academicien

Le plus grand auteur Anal de football

3 commentaires

  1. Gigi, Gigi, par son Buffon l’infâme,
    Gigi, Gigi, de l’homme trouble l’âme,
    Gigi, Gigi, par son gant et son calme,
    Séduit, surtout, même sans Balotelli au bout.

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