La Bohême Académie note République Tchèque – Pologne (1-0).

A peu près tout le monde en République Tchèque aurait sans doute signé pour un match nul, sachant que la Russie était censée démonter la Grèce avec style. L’ami Karagounis n’étant pas exactement de cet avis, il a totalement changé la donne. Au lieu de pouvoir tranquillement parquer le bus et attendre que les précoces polonais aient tout lâché, il a fallu aller de l’avant et marquer un but. Pas évident quand on évolue en 4-2-3-1 avec des joueurs offensifs globalement bancals. Hormis Pilar, qui est explosif mais s’épuise à revenir, les autres noms ne font pas rêver : Milan Baros et sa caravane au cul, Jiracek qui est un milieu récupérateur-relayeur et le mythique Kolar, vedette de l’Apollon Limassol.

Autant dire qu’on ne partait pas gagnant avec une telle équipe aux manettes. Heureusement les Polonais ont l’endurance de Théo Bos sur route (achetez-vous une culture cycliste bordel), et ils n’ont été chiants qu’une vingtaine de minutes. Assez pour se procurer des occasions, mais insuffisant quand on est incapable de marquer pendant son temps fort, ce qu’avait fait la République Tchèque contre la Grèce. Une fois l’orage passé il a suffi de mettre le pied sur le ballon et de tenter quelques attaques. Rien de fabuleux en dehors des débordements des latéraux… et de l’exploitation des pertes de balle polonaises. Merci les gars, sans vous je crois pas qu’on y serait arrivé.

Les mecs qui sont premiers de leur groupe :

Cech (3/5) : Difficile de s’enflammer sur la notation puisque finalement il n’a pas eu grand chose à foutre. A la différence des autres matches il ne s’est pas foiré, un progrès qu’il faut relever. Le grand Cech de retour ? Pas sûr, il a toujours été rassurant. C’est surtout sa capacité à ne pas partir en vrille sur une action qui inquiète. Putain, j’ai l’impression de parler de Vladimir Stojkovic.

Gebre Selassie (4/5) : Il aurait mieux fait de s’appeler Bekele, ça aurait été plus raccord avec son style de jeu. Toujours capable de galoper dans son couloir toute la journée, il a cette capacité d’accélération qui lui permet de déposer tout le monde et faire des centres pas dégueulasses. Il a un peu pris l’eau en défense comme tout le monde au début mais il s’est bien repris. Sans un morse tétraplégique en attaque je suis persuadé qu’il provoquerait encore bien plus d’occasions de but.

Kadlec (4/5) : Si tu es un lecteur régulier, tu sais probablement que sa présence fout Hubnik sur le banc, et qu’il obtient donc un bonus moral. Si l’on rajoute un sauvetage sur la ligne à la 94e (me demandez pas si elle rentrait j’ai tourné la tête en hurlant des insultes en araméen en croyant que ça ferait but) ça fait de facto une bonne note. Ton père a fait une finale, essaye de faire pareil.

Sivok (3/5) : Deuxième larron d’une charnière comprenant un latéral gauche et un milieu récupérateur, il a fait le métier. Il aurait pu faire la cuisine, ou passer l’aspirateur. Mais non, il a fait le métier. Le sien étant footballeur, c’était plutôt adapté au contexte.

Limbersky (4/5) : La qualité technique d’Alex Di Rocco, la volonté d’Olivier Quint et des montées à la Jankulovski. Au-delà de ce magnifique combo, dont je n’ai aucune idée de s’il est positif ou non – même si Jankulovski était quand même pas dégueu – il a bien aidé l’ami Pilar offensivement. On verra sa tête d’aryen un match de plus minimum.

Hubschman (2/5) : Il n’y est pas pour rien si les Tchèques ont eu le ballon la majorité du match, mais il n’a pas franchement fait rêver les foules. Inefficace en début de partie quand il a fallu arrêter les vagues polonaises, et pas super utile pour apporter offensivement le reste de la partie. Pas grave, tu ne t’ennuieras pas en quarts.

Plasil (2/5) : Si t’étais aussi fort que t’es classe tu aurais déjà gagné un Ballon d’Or.

Jiracek (3/5) : Jiramouillé hier, ou alors Jirasèche très vite. Forcément c’est pas son poste donc ça galère un peu, même si ça change un peu du profil tout en explosivité de Pilar, ou de Rezek qui avait joué contre la Russie. Une bonne idée de merde quand j’y repense. Bref, tout ça pour dire qu’il est plus au milieu que sur le côté droit, mais quand il prend la profondeur c’est tout droit. Le but de la qualif pour l’Euro, le but de l’espoir contre les Grecs, le but de la qualif pour les quarts. Tu as une drôle de tronche mais t’es quand même bien utile.

Kolar (1/5) : Jamais vu un meneur de jeu le mener aussi mal. C’est plus le jeu qui le mène que l’inverse. Le jeu mène d’ailleurs 7-0 face à Kolar, et pourtant l’IA est niveau débutant. Le petit Tomas Rosicky est demandé à l’accueil.

Pilar (3/5) : Is there someone to cater Pilar ? Très bon, vraiment. Même quand il rate c’est utile puisqu’il occupe son défenseur. Trop occupé à défendre la menace potentielle, Piszczek n’est pas allé faire le mariole devant. Même si elle n’a pas été dégoupillée, c’est toujours utile d’avoir une grenade sur soi.

Baros (2/5) : Faux numéro 9. Dans le vrai sens du terme. Cet homme n’est pas un attaquant, c’est une personne qui occupe plus ou moins le terrain près du but adverse. Le rhino Baros est aussi rapide en voiture qu’il est lent sur un terrain. Au-delà des aptitudes physiques, c’est le cerveau qui pose souci : il a la vivacité de Paul de Poulpe sans les dons de voyance, pour le résultat des matches comme pour anticiper ce qui va se passer. Le plot à moteur sauve tout de même sa rencontre en faisant la passe décisive. Enfin la passe, c’est surtout le boulot de Jiracek qui la rend décisive. J’aurais quand même bien aimé voir Necid.

Rendez-vous donc en quarts de finale puisque cette magnifique équipe tchèque termine première de sa poule, un bel exploit quand on a une différence de but négative. Au prochain tour ce sera a priori le Portugal ou le Danemark, ce qui devrait être jouable dans les deux cas. Si Ronaldo n’a jamais réussi à passer Grygera il devrait pas mal galérer face à Gebre Selassie. En plus une équipe qui a pris deux buts de Bendtner n’est pas crédible. Quant au Danemark ça passe comme la République Tchèque par les côtés avec de bons ailiers et latéraux, mais rien d’insurmontable. En revanche si on se chope les Pays-Bas je pense qu’on prendra très cher. Ou alors on passera aux penalties sur une dernière panenka de Rajtoral, comme un symbole d’équipe sans queue ni tête. La suite au prochain épisode…

Antonin Panenka

academicien

Le plus grand auteur Anal de football

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