La Breizhou Académie note Rennes-ETG (3-2)

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Roazh Takouer veut bien boire de l’eau, mais alors de vie.

Moins de 10 jours après avoir raté son test d’admission à la course pour le podium (Rennes-Marseille 1-2), et à peine plus de 72h après avoir tenté d’offrir un spectacle stade rennais on ice aux suppôts du chardon qui pique quand on s’y frotte un peu trop, le SRFC Antonetti 3.1 avait devant lui l’occasion tant attendue de confirmer sa progression en atteignant un niveau jamais atteint sous le règne du Corse : les ¼ de finale de Dame Coupe, la seule, l’unique, et pas le laidron à moustaches.

Si les mauvaises langues prenaient malin plaisir à annoncer la fin de saison en roue libre dès le nouvel échec confirmé, Roazh Takouer, druide footballistique, fut au contraire des plus confiants. La menace était pourtant réelle, les Eviano-Thonono-Gaillardais, disons pour faire simple les flottards (on aurait pu dire les Montagnards, mais c’était risqué de les confondre avec l’USM), présentaient un regard revanchard, appuyé sur la blessure de leur Laquais de portier, sur des prétendues erreurs arbitrales, et aussi sur des propos antonettiens mal digérés (« c’est Evian ou Annecy ? Je ne comprends rien à ce club » ; ni l’un ni l’autre mon général).

On avait beau également rappeler à Roro que Correa était invaincu route de Lorient, le barbu n’en démordait pas. « On va quand même pas se faire éliminer par des mecs qui jouent en rose » ajoutait-il avant de finir le calva.

 

Konpozision

Mevlut (avec un u, comme dans du) occupe pour la deuxième fois consécutive la pointe de l’attaque. On lui souhaite de se sentir moins seul qu’à Marcel Picon-bière.
Pitroipa et Féret confirment leur statut de titulaires indiscutables, Kembo complète logiquement au détriment de Brahimi, relégué au rang de joker comme Totorugo Montano.
Tongo Doumbia remporte le challenge « ki ki joue à côté de Yannou », Vincent Pajot doit se contenter de relever le challege « ki ki va s’assoir avec Tettey ». Stéphane Dalmat reste au chaud dans le placard, sans doute pas loin du comptoir.
En défense, surprise, Danzé est mis sur le banc, KTC passe à droite et Mavinga est aligné couloir gauche. Dans l’axe, retour de Kader Mangane, en lieu et place d’Apam, Jean-Mamelle conserve l’axe gauche en patron.

En face, Sorlin et Barbosa sont inévitablement titulaires. Jéjé Leroy est laissé à la maison, mais c’est effectivement le moment de sa traditionnelle hibernation.
Whisky-coca Govou et Kahlenberg sont également alignés. Poulsen derrière va pouvoir cartonner, mais au sens pas très propre du terme.
Les autres, on s’en fout, ça reste des mecs qui, de toute façon, jouent en rose.

 

Ar match’

Premier quart d’heure de niveau assez moyen. Les Rennais commettent quelques maladresses techniques alors que les Flottards semblent avoir parfaitement compris les consignes de Correa : « surtout, on ne garde pas le ballon. C’est le meilleur moyen de le perdre ! ». Du coup, et comme souvent, les Rennais s’en remettent aux exploits de Pitroipa, le joueur capable de dribbler les 10 joueurs de champ adverses avant de faire une passe à leur gardien.

C’est d’ailleurs Pitroipa qui obtient un coup-franc intéressant pour les Rennais côté gauche. Les passes en retrait étant à priori bouchées, tout le monde s’attend à un mini-corner, mais Jires Kembo préfère l’expédier dans la lucarne opposée d’Andersen avec l’aide de Govou. Rennes gagne dès lors en confiance. Féret tente tout le temps un truc dès qu’on lui passe le ballon, et quand ça passe, c’est encore plus joli. Côté adverse, on a toutes les peines du monde à trouver le trio offensif et on s’en remet davantage aux soutiens des arrières latéraux pour commencer à explorer l’autre moité de terrain sans paniquer, ni céder.

Le scénario redouté est donc connu et visible. Tant que le nombre de buts des locaux n’aura pas été doublé, on reste exposé à un but de merde (Apam csc contre Marseille), à un pénalty de merde (Nancy, match aller), à un coup de pied arrêté de merde (Valenciennes) ou même au plus beau but jamais marqué par un ancien de la maison (evian à l’aller, mais faut dire que le joueur en question n’en a pas marqué beaucoup).

La menace qui pèse sur les cages de Billy reste encore suffisamment légère pour garder le slip propre, au point que même lorsque les Rennais peinent à se dégager, cela aboutit tout de même à un contre dangereux à l’autre bout du terrain qui finit en corner grâce à un bon retour de Sorlin.

 

La deuxième mi-temps commence, et on va avoir un vrai long moment de coupe, voire franchement de n’importe quoi. Un bon bordel en même temps, ça se refuse pas tous les jours.

Dès les premières minutes, Erding perd un premier duel face à Andersen. Dans la minute suivante, le tir croisé de Govou, oublié côté droit flottard, effleure le poteau droit de Billy. La tendance se confirme, plus vite on marquera, plus on se sentira tranquille.

Julien Féret exauce nos vœux d’un subtil enroulé à 25 m du but qu’il place hors de portée d’Andersen. Le maestro se laisse dignement féliciter par ses coéquipiers sur fond de just can’t get enough, pendant que les supporters venus au stade se les gèlent et donc dansent pour n pas finir frigorifié. Ça va pour la Breizhou qui est au chaud au bar, l’endroit qui vous donne deux moyens de se réchauffer en ces temps de froid polaire. La victoire semble se pointer, mais la prudence demeure, ne serait-ce qu’en souvenir de notre dernier 1/8e de finale de coupe de France, qui était bien parti, et qui aurait dû bien finir. Cédric Barbosa nous rassure en gâchant une occasion de réduire la marque et en expédiant la balle largement à côté alors qu’il était totalement seul côté gauche.

Alors lorsque Yacine Brahimi retrouve ses jambes, ses sensations, sa frappe de balle, et le brin de chatte qui accompagne les gagnants, on se dit que ça y est, c’est bon, on est en ¼ et pour l’instant on y reste, comme un symbole de l’équipe de France à Knysna. Nous sommes alors à la 68e minute. Mais la minute suivante précipite le retournement de situation.

Passons en effet à la 73e minute, les regards sont perplexes, les ongles commencent à être rongés, les slips salis, et les bières vides. Les flottards ont marqué deux buts aux Rennais en 5 minutes. Il en reste 20 minutes, arrêts de jeu compris, 25 avec la douche, pour parvenir à un petit orgasme du vite fait, mal fait, mais j’ai bien cru que j’allais pas viendre. Encore faut-il reprendre la partie en main.

 

C’est bien là où le SRFC décide d’être rouge et noir jusqu’au bout des seins, ce qui signifie plus clairement « tendre le bâton pour se faire battre, mais n’empêche que si ça passait c’était beau ». Dans ce cas précis, cela s’est traduit par une volonté d’aller chercher la victoire en marquant un 4e but. Compte-tenu des difficultés de l’équipe à défendre ce soir, cela pouvait encore se comprendre si on ne passait pas en conséquence par des phases où le collectif breton se trouve totalement coupé en deux et donc à la merci d’un contre de mecs qui jouent en rose.

Après une première mi-temps un peu terne, on passe donc à une fin de partie totalement folle, aussi ouverte et débridée qu’une soirée à Bangkok avec des Allemands. Par trois fois, Mevlut, avec un u comme dans but, manque de redonner un avantage plus conséquent aux Rennais. Mais même quand il s’y prend en deux temps, frappe sur le gardien, frappe vers le but vide, ça ne rentre pas.

On frôle la catastrophe à deux minutes de la fin du temps réglementaire quand Barbosa, encore seul côté gauche, ouvre bien son pied, cherchant la lucarne opposée, mais ne trouvant que la barre. On entend cette dernière résonner jusqu’au bar.

Se prendre deux buts en moins de 6 mois par Cédric Barbosa étant quelque chose donc d’irréalisable, les Flottards laissent ainsi passer leur dernière chance de retour dans la partie. Pourtant, sympathiquement, les Rennais leur ont laissé un dernier brin d’espoir en ne marquant pas non plus sur les trois occasions suivantes qui concluent cette rencontre particulière, et, admettons-le, enthousiasmante. Non pas que la manière fut réellement au rendez-vous, ni même que les progrès attendus furent réellement visibles. Le Stade s’est sacrément compliqué la vie, mais est parvenu à l’essentiel. Et le supporter sera passé par à peu près toutes les émotions en 45 minutes. Au final, c’est passé, et c’est bien là le plus beau.

 

Les gars du stade

La performance ne peut-être rangée du côté des hauts faits d’armes, mais la manière s’inscrit parfaitement dans la légende rennaise.

Costil 4/5 : Il peut faire des mille et des cents, mais faut peut-être pas lui demander des millions non plus. Au moins, il n’a pas dû avoir trop froid en deuxième mi-temps. La solidarité entre coéquipiers sans doute, même si au final, c’est surtout sa barre qui l’a sauvé. Mais n’est-ce pas Rousseau qui dit un jour que « la chance accompagne les grands gardiens » ? D’ailleurs fut-ce Jean-Jacques ou Pascal ? La Breizhou ne sait plus.

KTC 2/5 : Passé côté droit, le petit Kévin semble confirmer qu’à force d’y jouer, il se sent bien mieux sur le côté gauche. L’apport offensif n’était pas totalement inintéressant, bien qu’il n’était pas non plus indispensable vu la configuration du match, mais il a souvent été pris de vitesse derrière, notamment par Barbosa, ce qui n’a rien de très rassurant.

Mangane 2/5 : Le bon Captain Kader inquiète de plus en plus tant il enchaîne les prestations insipides voire mauvaises. Pour être positif, on retiendra en première mi-temps son jeu long et ses dégagements ; et dans le dernier quart d’heure, son calme au moment où on en avait le plus besoin. Bon, il s’est quand même mangé un jaune, mais c’était essentiellement pour se chauffer. Sinon, il a une bonne occasion en fin de match, mais il assure finalement le coup en la mettant tranquillement en 6m. Peut-être la preuve que ses réflexes défensifs reviennent.

Kana-Biyik 2/5 : Le pire match de Jean-Mamelle depuis Lorient l’an dernier. En fait, il semblait à peu près fidèle à lui-même avant de concéder un pénalty aussi idiot qu’une déclaration d’El Hadji Diouf, ce qui l’a fait complètement sortir du match. Il aurait même pu en offrir un deuxième, mais il a eu la bonne idée de la faire sur Govou. Vu qu’un alcoolique peut très bien se péter la gueule tout seul, l’arbitre lui a accordé le bénéfice du doute.

Mavinga 3/5 : Plus que de réels progrès, il affiche davantage de confiance en lui qui le rend très sûr dans les duels, surtout face à une équipe comme evian-thonon-moltonel-danette. On le ressent également dans son soutien offensif, qui n’a pas été directement décisif, mais qui le voit tout de même participer aux deux derniers buts rennais. Match donc très encourageant pour la suite de son séjour à Rennes.

Doumbia 3/5 : Continue sur sa lancée. Bon déjà, il semble qu’il n’y ait pas grand chose qui puisse l’impressionner. Ce qui le rend du coup encore plus impressionnant, surtout aux yeux de l’adversaire, qui doit faire un peu dans son froc quand il le voit foncer sur lui. Ne serait-ce que pour les contres qu’il a lancés en fin de chaque période, il montre qu’il ait un excellent complément à M’Vila.

M’Vila 2/5 : Joue trop tranquille. Ça doit être parce qu’il porte le numéro 10 en coupe qu’il se sent encore moins obligé de défendre que lors des autres matches de cette saison. On l’a vu en plus rater quelques passes courtes, réalisant donc des pertes de balle dangereuses qui ne lui ressemblent pas. Puis malheureusement, quand il montre du caractère, c’est surtout pour faire une grosse faute et se prendre un petit jaune lui aussi.

Kembo 3/5 : Il s’agit bien de l’autre soliste de l’attaque rennaise, entre son coup-franc magnifiquement dévié en lulu et ses centres pour personne. En fait, on pourrait presque supprimer le « re sol ». Quoi qu’il en soit, son détonateur a encore fait parler la poudre, et on espère que la douleur qui a précipité sa sortie n’a rien de grave car il est évident qu’on a besoin de lui pour réussir nos opérations fin de saison.

Féret 4/5 : Il n’a pas réussi un match si merveilleux, mais son sens du jeu et son audace font plaisir aux yeux, chaud au cœur et même ailleurs. Bon, il en fait quand même un peu trop, par exemple une talonnade dans les arrêts de jeu, alors qu’il valait mieux conserver la balle le plus longtemps possible. Mais bon, on sent qu’il prend du plaisir dans ce genre de matches, et en homme de cœur, il tient à en faire profiter tous les spectateurs.

Pitroipa 3/5 : Les Dieux nous l’ont renvoyé rapidement comme pour mieux nous dire qu’il n’a rien à faire en Afrique et que sa mission en terres bretonnes est loin d’être finie. Mais sa mission, en quoi consiste-t-elle réellement ? Si elle est d’obtenir des coups-francs pour que Kembo marque, elle est une nouvelle fois accomplie. Et un jour, il sera de nouveau directement décisif. Oh, oui.

Erding 3/5 : Bilan contrasté pour cette deuxième titularisation de Mevlut. Beaucoup d’occasions, mais pas de but. Flûte. Dans le jeu, en revanche, il a confirmé les premières impressions de la Breizhou : il va apporter beaucoup, tant dans son sens de la remise, que dans sa qualité d’appel en profondeur. Bref, le genre de trucs bien trop subtil pour les rédacteurs du 10sport .com qui ont titré « le calvaire d’Erding ». Restez-en aux wags et aux potins les gars, c’est plus dans vos compétences.

 

Les entrées en jeu

Brahimi – 52e pour Kembo – 4/5 : Une entrée décisive, où il a pu aussi rappeler son aisance technique et son sens du dribble. Son entente avec Féret se met tranquillement et sûrement en place, celle avec Erding commence tout juste à naître mais s’annonce déjà prometteuse.

Montano – 78e pour Pitroipa – 3/5 : A réussi à se procurer une énorme occasion, qu’Andersen sauve de justesse. Pour une fois que Totorugo avait essayé de jouer finement le coup, c’est dommage. La prochaine fois, il va falloir s’attendre à un missile. Ou à un contrôle raté.

 

Les autres apparitions

Barbosa 3/5 : On l’aime pas beaucoup, et on était assez content de le voir rater toutes ses occasions alors qu’il posait de réels soucis à la défense rennaise. Il n’était tout de même pas loin de rejoindre Fauvergue au panthéon des joueurs qu’on vomit et hait tout bonnement mais il n’a heureusement pu trouver que la barre.

Sorlin 3/5 : Ses transversales en touche nous ont fait plaisir ce coup-ci. Il est resté assez actif pendant le reste du match, sans concéder de pénalties. En progrès donc. N’empêche que lui, finalement, on l’aime plutôt bien. Encore plus depuis qu’il est parti.

Le quart de finale, enfin/5 : Bingo, nous y voilà enfin. Jamais deux sans trois aiment dire les queutards. Le SRFC antonnetien n’en est pas. En attendant, tous les gros y sont attendus aussi, mais vu notre tendance à perdre contre des Quevilly ou des Romorantins, on ne va peut-être pas s’en plaindre.

 

La non apparition

Pépé Jéjé 1/5 : Si l’hibernation de Pépé est probable, on suspecte tout de même Pablo Correa d’être un cochon à qui l’on donne de la confiture. Pour se rassurer, on veut bien se souvenir qu’il faisait jouer Julien Féret encore l’an dernier et que Jéjé pourra donc remontrer une dernière fois son talent aux yeux de la France. N’empêche que nourri à la confiture ou pas, la saucisse Pablo Correa s’est mariée à merveille avec la galette coupe de France.

 

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4 thoughts on “La Breizhou Académie note Rennes-ETG (3-2)

  1. Feret est vraiment un très bon joueur pour moii !! grosse technique balle au pied et ensuite on voit toute sa  » vista  » sur son but !!! ( comme dirait ELie Baup ) mdr

  2. Bien d’accord avec Roazh sur la note de Mevlut.
    Par contre, je m’interroge sur Mangane et M’Vila… Ils ont déjà la tête ailleurs ou bien ?

  3. C’est Ekoko moi qui m’a déçu. Il était un peu mou non?
    M’Vila il était dans son rythme actuel: enchainement de superbes passes de loin et de passes courtes ultra simples mais ratées. Mais c’est parce que c’est l’hiver et qu’il porte un slip en laine.

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