Par Porthos Molise, en direct de l’Olympic,

Académie sur le tard, académie en retard… Mais comme on est parti pour trois semaines de vacances avec deux déplacements et un week-end pignolage, j’avais envie de prendre mon temps, oh oui. Les académies, c’est comme les pâtes au thon et les femmes, je les préfère tièdes.

Une semaine plus tôt, c’était le retour à la vraie vie pour le Red après le cirque médiatique de la Coupe de France. Toujours relégable à l’orée de championnat retour, nous nous préparions mentalement à une fin de partie bien tendue avec ce qu’il faut de match-couperet et rencontres à six boules.

La veille du match, je m’étais cassé les rotules dans une banlieue de droite (sur l’île de Pute, dans la ville du même nom) pour un match de foot à sept bien pourave. Je m’en suis pris neuf dans le coin de la gueule et des putains de courbatures de froid (on va dire ça) par -15°. Et ouais, les jeunes, votre Porthos est gardien de but, tendance Chilavert saison 2001-2002 avec les mains d’Apoula Edel… Tremblez filets !

Bon, pourquoi que j’vous cause de ça ? Cette petite excursion impromptue dans ma vraie vie me permet d’enchaîner direct sur un sujet brûlant d’actualité du côté de la rue Bauer, à savoir la dure condition de gardien de but. Pas facile de rester chaud (et au chaud) dans des conditions sibériennes, je peux en témoigner, et lorsque vient le moment d’agir et de stopper le ballon ou de casser une jambe adverse, c’est comme si dix mille petits démons s’amusaient à craquer des allumettes dans vos articulations roides…

Bon, c’est vrai, y a des sports où je me débrouille mieux. Le lever de coude par exemple. Mais si je vous cause de ça, c’est que c’était la première du petit Bobby, dix-neuf ans tout mouillé, et qui remplaçait Gorgelin (notre gardien, pour ceux qui suivent pas) blessé. Un bon petit, ce Bobby, et de bonne ascendance (si ça veut dire quelque chose). Pensez, il est le neveu de Xavier Perez qui fut lui-même gardien du Red pendant une bonne dizaine d’année (dont quelques saisons en D2) ET gendre de Georges Marchais. Il n’y a qu’à Bauer qu’on peux voir ça.

Et le petit Bobby, pour commencer, voilà que l’adversaire lui offre un joli cadeau : après trente seconde de débat, faute à vingt-cinq mètres, coup franc, lucarne, but. Les Rouennais (ouais, encore des Normands), ces fieffés fafs, menaient déjà que je n’avais pas encore atteint les tribunes.

Ouais, ça c’est un autre sujet… Voilà maintenant qu’il y a de la sécurité dans les stades et qu’on doit palper ? Pardon, se faire palper ? Le temps de boire ma dernière bière de pré-match, je mets habituellement une minute un quart à entrer dans le stade et à me positionner comme il se doit en tête de peloton. Et là, bam, les palpeurs de l’entrée ont fait baisser ma moyenne sévère. Et du coup j’ai « entendu » le but alors qu’un grand black me trifouillait l’intérieur (pas désagréable ceci dit, et poli avec ça). Je pénétrais l’enceinte avec un train de retard et un but à rattraper.

Ah pardon de ne pas prévenir mais le Résumé du match a déjà commencé.

Donc bon, je vous la refais pas à l’envers, on s’est tous dit que c’était foutu, que le Red repartait dans ses travers et qu’il allait se reprendre une branlée maison, etc… Mais… Le comportement de l’équipe nous fait très vite dire que oui non, en fait, pourquoi pas.

La première mi-temps est équilibrée, nonobstant le score. Les mecs ne se démontent pas et ça claque de part et d’autres. Bobby tiens le choc et prend de l’assurance au fil du temps. Même Abadie s’en sort, ah bah dit.

A la mi-temps, on n’sait plus trop. Des matches où le Red Star a eu quinze mille occazes on en a déjà vu. Et qui s’étaient soldés par des défaites cuisantes. On ressort pour boire la bière de la mi-temps, re-embrouille avec les mecs de la sécu. Ça ne dure pas longtemps, ils sont vite débordés par les assoiffés. Au retour, ils ont désertés la place.

Et ça repart sur les chapeaux de roue à bosse. Cette fois, je me permet de l’avouer : Rouen n’a quasiment pas vu le jour pendant toute la deuxième mi-temps. A part peut-être deux trois contre, mais cela n’aura permis que de faire briller notre Bobby, annonciateur de lendemains qui chantent.

Franchement, si on m’apprenait que Rouen était 2ème de National, je serais tombé sur le cul. Parce que la partie qu’ils nous ont livré valait à peine les pires heures de l’Étoile Rouge. Et c’est pas joli-joli à voir. Bon, ok, c’était le feu dans leur défense, et les gars ne se sont pris la première pilule qu’à la 80ème, mais ce n’est que parce que Steve était cuit de chez cuit, et Malfleury maladroit de chez maladroit. N’importe quel attaque normale en aurait déjà claqué quatre ou cinq avant le dernier quart d’heure.

Mais ce n’était pas n’importe quelle attaque, celle du Red Star, et il aura fallu les arrêts de jeu pour que Gagnier donne enfin l’avantage aux siens, dans une joie qu’il m’est difficile de retranscrire.

Au vu du match et de son déroulement, ce n’est que logique. Et d’un point de vue de supporter, ce match est le plus grand kiff que cette saison de National ait pu nous donner.
On attend la suite avec impatience.

 

Le Top-info naze :

  • Le Red Star n’aime pas les matches nuls, mais alors vraiment pas.
  • Doumbia sur le banc, et tout est repeuplé.
  • Les ultras de Rouen sont des fachos, tiens tiens… Mais ici c’est la banlieue rouge, mec, enfin ce qu’il en reste.
  • Marlet devrait passer au foot à sept… Justement, on cherche un attaquant.
  • Défense à trois pour changer, Doukantié aime le triolisme.
  • Avec trois buts pour deux entrées en cours de match à la 80ème, Gagnier doit avoir le meilleur ratio de tout le National, limite du Monde Connu…

 

Les Red Banlieusards :

Allain (4/5) :  Aucune chance sur le 1er tir et but. S’est amélioré en cours de match. Des relances moyennes, mais il tient sa ligne comme un pro.

Kébé (3/5) : Habituellement le maillon faible, s’est plutôt pas mal démerdé dans cette nouvelle disposition.

Allegro, (5/5) : Impeccable, imparable, de moins en moins chauve, de plus en plus divin.

Dembele (4/5) : Costaud, il s’adapte très vite à son nouvel environnement. Bonne tête avec ça.

Abadie (3/5) : En progrès, mais reste limité dès que la pression monte (relance foutraque et balles perdues n’importe comment).

Dieye (3/5) : Fait la faute qui entraîne le coup-franc qui entraîne le but. Oui, bon… Sinon, bof. Remplacé par Fardin à la 80ème (juste après le but).

Lopez Peralta (2/5) : C’est pas encore ça. A sa décharge, il a touché un gros nombre de ballon et redistribue pas mal. Il y a donc pas mal de déchet. A suivre… Remplacé par Ribadeira à la 55ème.

Bezouien (4/5) : Ce joueur est un schizophrène. Il ralentit le jeu par ses va-et-viens constants, ses petits tours sur lui même qui n’épatent personne et surtout pas la galerie, et puis… Il nous claque ce but à la 80ème. Une petite bombe.

Touatinho (6/5) : Son numéro, c’est juste improbable. Increvable, il a passé son temps à récupérer, remonter, passer… Pendant 90 minutes non-stop. Deux passes décisives et un énorme travail à faire vomir les Rouennais. D’ailleurs, ils ont vomi.

Marlet (2/5) : 80 minutes, c’est trop pour lui… A fortiori même 45. A raté l’immanquable trois ou quatre fois. Nous a gratifié d’un joli ciseau dans sa période fraîche (les dix premières minutes), a suffoqué le reste du temps. Remplacé par Gagnier à la 80ème (tout s’est passé à la 80ème).

Malfleury (3/5) : Un peu en retrait derrière Marlet. Le respecte trop pour lui passer dessus. Touati et Bezouien font moins de manières.

 

Les Red substitutes :

Fardin (NN) : Remplaçant poste pour poste, oui, pourquoi pas.

Ribadeira (NN) : Son entrée coïncide avec le début de domination sans partage du Red. Pas vraiment un hasard.

Gagnier (NN) : Un ballon, un but. On appelle ça de l’efficacité.

 

L’adversaire :

Pour une fois, il y avait de l’opposition. Sur le terrain ? Non. En tribune. A peu près cent mecs avaient fait le déplacement, et forcément ça motive. Si en plus ils brandissent des drapeaux français et normands, ça motive encore plus.
Les mille supp’ présents n’ont plus de corde vocale à l’heure qu’il est.

 

Et la suite ?

‘Tendez, z’avez pas eu les images du match… A écouter avec la bande-son adéquate.

Porthos vous invite toujours à consulter les sites ci-dessous :

Site de sauvegarde de Bauer.

Le collectif des amis du Red Star.

Le Forum des supporters.

 

Petit complément histoire et football : Rino Della Negra.

Cordianalement,

Porthos Molise

1 thought on “La Jules Rimet Académie note Red Star-Rouen (2-1)

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