La Lens académie note (un peu quand même) Nancy-Lens (4-0)

Les exams de fin d’année à Lens, c’est pas mal du tout.

Pendant que la plupart des étudiants attendent la fin d’année devant Roland-Garros, les meilleurs élèves préparent leurs exams avec un mélange de fébrilité « j’y arriverai jamais, y’a trop de trucs à savoir, je vais devoir faire des impasses », de sérieux « je fais 1h de bibliothèque le matin, 2h d’études l’AM, et je révise au parc le reste de la journée avec mes compagnons de classe » (comprendre, j’en branle pas une et je squatte en fumant des pétards avec des hippies all day long) et de philosophie « bah, au pire, je repasse des trucs en septembre », ou de débilité « j’ai recopié tous mes cours en écrivant en petit sur des fiches bristol de plein de couleurs pour pouvoir les relire partout », d’autres jouent à une toute autre échelle, quelque chose qui ressemble à leur avenir.

Dans un lieu tenu secret, se tient en effet tous les ans, le grand oral des professionnels du football, qui permet aux meilleurs d’entre les meilleurs, d’épouser des carrières à la Wenger et Mourinho et de se voir remettre les clés des effectifs les plus alléchants.

Enquête exclusive, 50 minutes inside et autres Capital se sont tous cassés les dents devant le secret absolu de cette réunion. Votre serviteur, pour vous, a réussi à se faire passer pour un candidat et vous raconte, en exclusivité totale, ce qui se passe « De l’autre côté du miroir (du bar) ».

Le Rendez-vous est donné à la dernière minute par texto à tous les candidats (enfin, je suppose, j’ai reçu mon SMS, mais n’étais pas en copie des autres), et commence par une énigme. Celle-ci concerne le lieu de tenue de la réunion et permet de faire un premier écrémage parmi les candidats. Les 50 premiers arrivés ont le droit de passer à l’étape suivante. Pour les autres, c’est déjà fini.
Votre serviteur ayant visionné étant enfant l’intégrale des Mystérieuses Cités d’Or, il partait avec un avantage certain. Le fait que l’examen ait lieu au sous-sol du bar préféré de votre serviteur, que celui-ci ait pris une race comme jamais la veille et qu’il se soit endormi dans les chiottes n’a rien à voir avec la chance. Se réveiller In da Place, c’était calculé.

A 8h00 GMT, les SMS sont envoyés, à 8h28, les portes étaient closes. Les 49 autres candidats étaient donc là. On y voit tout un tas de mecs qui laissent l’étrange sentiment de « Lui là, je le connais, je l’ai déjà vu quelque part, mais je me souviens plus où ». Mais, ce genre de sauteries laissant peu de temps pour vérifier nos talents de physionomistes, la suite arrive très vite.

Le principe est le suivant :

Tout le monde est regroupé dans une salle, organisée autour d’une immense table où trônent 3 urnes. Un mec ressemblant vaguement à Jean Djorkaeff explique le déroulement.

Chaque apprenti pioche dans une urne en forme de ballon l’intitulé de son épreuve.

La seconde urne, en forme de moule, représente le facteur chance du candidat.

Enfin, dans la dernière urne appelée « Panini », le nom des jurys qui vont vous examiner.

A l’issue d’une journée de préparation, 5 des 50 candidats se verront remettre les clés d’un effectif pro.

Ca a l’air un peu compliqué comme ça, mais dès le premier mec à passer, on comprend tout. Le premier à s’y coller déclenche les murmures de l’assemblée. Il faut dire que c’est un sérieux client : Francis Gillot.

Il tire, dans l’ordre :

– Viré du Racing comme une merde, vous signez à Sochaux, dans le Doubs.

– Vous disposez d’une enveloppe de 50€ pour finaliser votre recrutement.

– Sacchi – Hiddink – Bianchi : jury 2.

Il part, tête haute, barbe naissante dans sa salle de préparation.

Suivent une trentaine d’autres candidats, d’origine diverses. Eric Di Méco est là avec un tablier de boucher, Tony Vairelles en perfecto, et Robert Nouzaret se tient prêt, tout en révisant la carte des clubs de L2 hongroise.

C’est ensuite que se présente Lazlo Boloni.

Il tire :

– Vous êtes nommé coach du RCL en cours de saison, avec pour mission de le sauver.

– Vous bénéficiez du soutien sans faille de votre président, qui conçoit pour vous un plan en 8 matches, vous permettant de réussir votre mission.

– Zagallo – Capello – Trapatoni : jury 6.

Les derniers candidats passent devant l’urne et je finis dans les deux derniers à passer. Je tente de sympathiser avec la dernière personne à passer, notre vieille amie Nénesse (Cf. ici), mais bon, je ne déclenche chez elle qu’indifférence et mépris.

Je tire à mon tour mes sujets :

– Gagnant à l’Euromillions, vous rachetez le Racing et y réalisez le rêve de la plupart des piliers de bar devenant le patron de club de foot préféré (Rêve que votre serviteur a déjà fait).

– Vous avez à disposition le meilleur cru de jeunes de l’histoire du club, mais l’ennemi honni est le club en vogue du moment et vous êtes obligé de supporter les quolibets de vos voisins (Cauchemar que notre serviteur fait chaque nuit).

– Suaudeau – Metsu – Lobanovski. (A priori, Metsu semble avoir lui aussi quelques pistons dans le métier pour être parmi le jury, passons)

Les candidats ayant le lieu à leur disposition pour préparer leur oral, je décide de squatter près du bar, histoire de rentabiliser la journée. N’ayant d’ailleurs aucune intention de passer les épreuves, je me contente de picoler, en attendant le passage un à un des candidats. De toute façon, avec Lobanovski dans mon jury, autant picoler.

Vers 17h, les membres du jury se présentent, les oraux commencent.

D’emblée, certains se démarquent. Gillot fait forte impression avec son exposé. Son plan de jeu basé sur le mouvement fait son petit effet. Au bout d’une heure et une conclusion plutôt bien ficelée, le jury tire le bilan. Hiddink, taquin se laisse aller à :

« Donc si je vous suis bien, Marvin Martin devrait devenir international et votre duo d’attaquants Ideye-Maiga claquer 20 buts par saison », déclenchant un sourire carnassier chez Sacchi. Francis encaisse, mais ne cille pas.

Suivent Vairelles, et son jeu basé sur les « copains gitans qui coûtent pas un rond et peuvent en plus tenir la buvette », Di Méco, qui joue tout sur la réintégration au milieu de terrain de psychopathes ayant été jugés pour crimes de guerre avec barbarie ou Philippe Troussier et son staff de marabouts laissent par contre les jurys un peu plus perplexes.

Arrive le moment tant attendu, le passage de l’ami Lazlo. Je vous retranscris ici le compte-rendu de l’exposé, dans ses plus grandes lignes.

« Messieurs, J’ai préparé un plan de bataille en 3 parties qui mettront en avant la gestion psychologique de mon effectif, la mise en place tactique et l’intégration progressive des jeunes pousses du centre de formation. Dans un 1e temps, j’essaie d’imposer mes méthodes de travail avec les cadres du vestiaire. Vous savez, quand on a gagné la C1 en tant que joueur, tout le monde est près à voir suivre.

Un ange passe.

Trapatoni informe Zagallo que Boloni jouait au Steaua et a gagné la C1 dans les années 80. Capello enchaîne en expliquant que le Steaua est un club roumain. Il précisera ensuite, devant la perplexité de son interlocuteur que la Roumanie n’a rien à voir avec Jules César et est un pays de l’Est de l’Europe qui joue en jaune.

Un autre ange passe.

Lazlo reprend la main en montrant sur rétro projecteur tout un tas de schémas tactiques compliqués, de combinaisons sur CPA, et de plans de jeu. Grosso merdo, tout part d’une base défensive solide et s’arcboute autour d’un milieu de terrain qui cherche très vite la profondeur et les côtés, histoire d’étirer les blocs. Ca se gausse pas mal dans le public, étant donné que ce schéma est le corrigé de l’Annabac 2010, que tout le monde a lu. Mais bon, Lazlo ne se démonte pas et arrive à mener son raisonnement jusqu’à l’intégration de quelques U19 dans l’effectif pro à des postes clés.

Arrive le moment des questions réponses.

Zagallo :

« Donc là, vous venez de nous expliquer que vous réussirez à intégrer 3 jeunes pro, concrètement, vous les placez où sur le terrain ?

– Facile, Aurier est latéral droit, Bergdych latéral gauche et Touré jouera en charnière centrale.

– Donc, votre ligne défensive s’organise autour de 3 mecs qui ont moins de 17 ans.

– C’est tout à fait ça.

– Et qui fait le 4e ?

– Ca dépend, soit Varane, un jeune joueur expérimenté de 9 matches pro ou Yahia, un vieux boucher qui a connu ses heures de gloire à Nice. »

Un convoi d’anges passe, suivi de peu par quelques archanges.

« D’ailleurs, je ne titularise pas 3, mais 7 joueurs sans expérience sur mon dernier match. Sorte d’apothéose de notre centre de formation. 3 connaîtront leur 1e expérience en L1 et seront encadrés par les formateurs-nés que sont Démont ou Yahia,

Capello :

« Expliquez-moi comment vous comptez alimenter votre attaque en ballons, parce que, de là où je suis, vous jouez sans 8, sans 10 et sans 9. Où est l’astuce ?
– Ah ben c’est simple, je mets 2 mecs physiques au milieu, Hermach et Sow, et un jeune un peu technique, Varane. Sur les côtés 2 non – ailiers de métier, Démont et Kondogbia, et en pointe, Joseph-Monrose, un mec qui a déjà claqué 6 buts en CFA avec la réserve »

Trapatoni informe Zagallo que la CFA n’a rien à voir avec la monnaie africaine. Capello précise que c’est l’équivalent de la 4e division. Française.

Le Métatrone, un bus de Séraphins et l’ange Gabriel passent, suivis par une procession d’enfants de chœur.

Boloni enchaîne :

« Le milieu de terrain, organisé en une sorte de WM, peut ainsi évoluer rapidement vers l’attaque via un repositionnement rapide des latéraux.

– Mais, vos latéraux, ce sont le 2 bleus sans expérience là ?

– Oui, mais il y a Démont pour animer le tout…

– Qui ? lance Zagallo

Enervé par les questions débiles du Brésilien et les raisonnements foireux du Roumain, le Trap’ se lève et éclate la table de jury d’un coup de poing en hurlant :

« Jamais dans ma vie je n’ai entendu pareille connerie, vous nous dites que vous jouez l’attaque avec une équipe de bras cassés, sans vos joueurs les plus expérimentés, avec une bande de jeune organisés dans un schéma tactique des années 40, le tout sans attaquants, dans un 5-5-0 !!! Ma ché, c’est quoi ce type ??? »

Las, Capello arrête l’épreuve et lance d’un ton lapidaire : « on va arrêter là, monsieur. »

Boloni part s’installer dans les gradins réservés au public. Les résultats, tombés dans la soirée, sont sans appel. Si Francis Gillot hérite de l’Olympique Lyonnais, Lazlo gagne le droit d’être l’adjoint du beau-frère de Joël Müller, coach des -12 de Sedan B.

Votre serviteur n’a pas tout perdu, repartant avec l’adresse d’un grossiste ukrainien en vodka, pote de Lobanovski, celui-ci s’étant finalement révélé être un gars marrant (et qui tient rudement bien l’alcool). Lazlo repart broucouillescu, comme on dit en Transylvanie, mais les valises bien pleines.

L’analyse, via l’exposé fait par le Roumain, des prestations des joueurs est donc sans surprises :

Les joueurs virtuels, qui joueront au foot en L2 l’an prochain :

Kasraoui : 2. Il en prend 4, sa moyenne habituelle.

Aurier : 3. Sans lui on en prend 8. Sale dernier match pour Serge qu’on risque de perdre à l’intersaison. Personne pour suivre ses débordements, ou s’aligner correctement. Allez, bon vent, j’t’aimais bien, mais on ne te mérite pas.

Yahia : 0. Proverbe arabe : Le chien aboie, la caravane passe. La caravane, mais aussi, les dromadaires, les buggies du Dakar, la moitié des marchands du souk et l’intégralité des attaquants adverses. Il a en outre eu le mauvais goût de ne pas utiliser le seul droit qu’il reste à un joueur réalisant un match aussi laid : celui de fermer sa gueule.

Touré : 1. Pas transcendant, pas transcendé, il prend 4 buts, donc 1.

Bergdich : 1. Triste première participation pour le jeune latéral. Sa titularisation aura au moins le mérite de clarifier une chose : Bédimo ne sera pas lensois l’an prochain.

Varane : 2. Positionné en 6 devant la défense, il plutôt pas mal défendu mais n’a jamais su quoi faire du ballon une fois celui-ci récupéré, les appels inexistants de ses partenaires n’aidant pas.

Sow : 1. Samba est sympa, il peut prendre une dégelée tous les WE, ça n’effacera pas son sourire. 1 point donc pour la blancheur de ce sourire.

Hermach (cap.) : 0. Remplacé à la 60e après une performance insignifiante faite de passe pour personne, d’ouvertures en touches ou de fautes inutiles. Il sort tout sourire, après avoir remis le brassard à Yoyo, le sentiment du devoir accompli. Encore un qu’on ne regrettera pas.

Démont : 3. Positionné à un poste d’ailier, il a été le seul à tenter d’aller de l’avant, bousculant même parfois une arrière-garde nancéenne qui s’emmerdait grave. On a touché le fond du gouffre quand Yoyo, après des tentatives de débordements, a du revenir à plusieurs reprises en arrière, se rendant compte que ça ne servait à rien de centrer, n’ayant pas un seul coéquipier dans les 30 m adverses.

Kondogbia : 1. Pas vu, pas pris.

Joseph-Monrose : 0. A inventé un nouveau sport, le Air Football. Ca se pratique sur un terrain, mais sans ballon. Il suffit juste de faire semblant de faire des frappes, des têtes, ou de courir dans le vide. Divertissant.

Les remplaçants de joueurs tout pourris qui étaient titulaires :

Coeff : NN. Rentré à 3-0, il peut remercier Lazlo pour ce merveilleux baptême.

Situ : NN. La même qu’au dessus. Coeff 2 en fait.

Pollet : NN. La Belgique sera sympa de le rapatrier.

Je ne reviens pas sur le coaching, mais putain, je vous assure que c’est désespérant de supporter une équipe pareille drivée par un mec comme ça…

Pis l’air de rien, en prendre 4 à Nancy, pas grand monde n’a du réussir cette perf depuis longtemps.

 

16 thoughts on “La Lens académie note (un peu quand même) Nancy-Lens (4-0)

  1. Bravo pour cette superbe académie.

    J’espère que tu auras la force de la continuer en L2.

    La bise anale

  2. Une fin en fanfare !
    Si l’équipe avait été à la hauteur de son Académie, on aurait le Racing en Ligue des Champions l’année prochaine.

  3. Putain mais celle là c’était vraiment l’apotheose. Continue pour la RCL academie en L2, comme ça si on continue de prendre des roustes on pourra toujours se consoler en te lisant.

  4. Tu as une sacrée imagination mon gars!! Tu devrais être scénariste, ou un truc dans le genre.. Bah, c’est dur dur de suivre lens cette année, et je suis hyper péssimiste pour la saison prochaine, mais nous attendons avec impatience ton académie qui nous redonnes un peu le moral, autrement on se serait déja tiré une balle avec l’équipe all star de cette année! Allez lens! Pour l’environement , pour ce qu’il représente pour les supporters, et pas pour ces pitoyabes joueurs!!

  5. ça va être mieux en L2. Regarde mes canaris : on a réussi à se sauver cette année, c’eut été impossible en L1. Et le frisson du national, ça c’est du bouillant, du mobilisant.
    Bon courage, luisette must go on

  6. Sans déconner tu nous fais une fin de saison mythique. Mais le résumé du match fait mal aux yeux. Un grand coup de balai dans tout ça, qu’on reparte de zéro avec des joueurs qui en valent la peine. J’aimerais bien qu’on conserve au moins Aurier, même si Varane et lui méritent largement mieux que la L2. Il va falloir repartir sur un socle sûr, j’espère que les dirigeants vont faire en sorte, et qu’ils vont cesser de s’appuyer sur la renommée du RCL pour recruter à tour de bras des joueurs qui en valent pas une, mais qui engrangent un max niveau salaire. La politique du club est à revoir, j’espère vraiment que la direction va en tirer les leçons.

  7. Salut la Luisette !
    Et bienvenue chez nous surtout ! Tu vas voir la L2 c’est top ! Et puis avec la Feria Académie et Ricardo Guidolini en sus, horsjeu.net premier sur la Ligue 2 l’année prochaine !

  8. En même temps, on prend deux buts de malade, le coup franc pleine lucarne, et la reprise de volée de hadji.. l’envie était présente chez nos adversaires, et pas chez nous. On mérite complétement la ligue 2

  9. Jespere vraiment que Lens va continuer a se prendre des raclees, non pas que je naime pas cette equipe, mais tout simplement pour pouvoir me marrer un bon coup en lisant cette academie. Rien que pour ca, jespere que Lens va continuer de couler! ^^

  10. Je suis pas sûr que je tienne longtemps si on prend branlée sur branlée en L2 contre des Boulogne, Amiens et compagnie.
    D’ailleurs, plus les défaites s’accumulent, moins l’académie parle de foot.

    Néanmoins, je suis content de pouvoir recroiser l’an prochain des mecs comme Tixier, Laurenti et autres gros bourrins…

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