La Merlus académie: bilan

Bien décontracté le père Bourrepif.

C’est le mois de juin. Mes partiels sont passés, le cinéma coûte cher (c’est que j’ai pas la carte UGC moi), il fait chaud mais la piscine municipale c’est pas cool et mes amis sont des galères (malgré le fait que l’un d’eux ait des chaussures en daim bleu). Logiquement, le mois de juin est donc celui où l’on a le temps de faire un bilan, surtout les jours du pont où la consultation d’Horsjeu.net et ses photos bizarres peut se faire tranquillement étant donné la folle activité du cabinet où je fais le standardiste (pour être standardiste on m’a dit qu’il fallait être un peu bel homme, ce qui me permet de croire que je suis proche par ce travail de l’éditeur, niant ainsi l’impossible).

Le bilan, c’est celui de la cinquième saison consécutive du FC Lorient en Ligue 1. Cinq saisons, on peut dire que les merlus font désormais partis du paysage de la ligue 1. Mieux, la tendance serait de leur attribuer un statut d’outsider pour les places européennes. C’était en tout cas ce que l’on pouvait penser à la fin de la saison dernière avec la septième place historique, devant Rennes. Cette saison 2010-2011 était donc celle au mieux de la progression, au pire de la régression, mais c’est finalement la logique qui l’a emporté avec ce que l’on peut considérer comme un mélange de confirmation, pour les enthousiastes, et stagnation pour les déçus. La confirmation, c’est celle que Lorient n’a jamais eu à craindre une relégation et qu’ils ont donc regardé la lutte pour le maintien avec une certaine distance, tout en continuant à développer régulièrement un jeu agréable. La stagnation, c’est de ne pas avoir su franchir un cap, surtout dans le dernier quart de saison où une place européenne était à portée de pieds, avec finalement une onzième place en deuxième partie de tableau, alors que le club était installé dans la première partie depuis la 24eme journée et qu’il a longtemps occupé la septième place. Mais aussi par rapport à la saison 2009-2010, il y a 9 points en moins au classement final. Avec 49 points c’est le même total que la saison de la remontée en 2006-2007, avec d’ailleurs un scénario de fin de saison assez similaire.

Cet écart de 9 points peut notamment s’expliquer par l’incapacité à gagner l’un des sept derniers matches de la saison à domicile, alors que Lorient y faisait jusque là un superbe parcours entachée de seulement deux défaites en début de saison face à Nice et Caen. Une série de six nuls n’est pas anodine et force est de constater que Christian Gourcuff n’a pas trouvé le moyen d’y mettre un terme. L’autre raison est le parcours à l’extérieur lors de la première partie de saison, où Lorient a pris quelques valises (Lille, Toulouse, Lyon…). Paradoxalement, c’est bien à l’extérieur que les Lorientais ont obtenus lors deux dernières victoires de la saison. Quelque part c’est bien l’irrégularité des bonnes performances, puis la régularité des matchs nuls qui coûtent à Lorient cette place en première partie de classement. Il faut désormais espérer qu’avec la coupure de l’été, les merlus repartiront du bon pied à domicile car le doute pourrait vite s’instaurer dans les têtes avec un début de parcours similaire à cette fin de saison.

Malgré tout, cette saison restera dans l’histoire du club à plusieurs points de vue. Déjà pour avoir été celle de l’apparition du terrain synthétique, sur lequel les merlus ont réussi à développer leur jeu de manière parfois redoutable, leur permettant d’établir une série d’invincibilité de 13 matchs au Moustoir. Mais aussi une invincibilité de 11 matches, extérieur et domicile compris, du 19 février au 7 mai, record du club en première division. Evidemment ces deux séries sont trompeuses car gonflées par les matchs nuls (la série d’invincibilité inclue la plus longue série de matches sans victoire de la saison) mais quoique l’on en dise, elles restent historiques. Historique aussi est le nombre de buts inscrits par Gameiro, 22, qui bat ainsi les 19 buts de Darcheville en 2001-2002. Ce record lui a permis de devenir le premier lorientais à être sélectionné en équipe de France, et à être nominé dans la catégorie « meilleur joueur de Ligue 1 ». Mais contrairement à  « Gronaldo », il n’aura pas su mener Lorient jusqu’à un titre, les merlus s’arrêtant en quart de finale aux tirs aux buts après un match bien terne face au futur vainqueur lillois. Elimination aux tirs aux buts également en huitième de finale de coupe de la ligue face à Monaco (après avoir égalisé à la 118e minute).

On en arrive logiquement aux joueurs dont je parlerais de manière synthétique (pelouse style), me basant plus sur mes impressions que sur le jeu produit (entre parenthèses le nombre d’apparitions en ligue 1).
La défense a montré un beau potentiel, mais les trous d’airs connus à l’extérieur restent assez incompréhensibles. Audard (29) a fait une très bonne saison encore une fois, il a évité plusieurs fois la défaite grâce à de belles parades. On se souviendra tout de même de sa grosse bourde à Monaco qui a éclipsé le superbe but de Gameiro. Cappone (11) a joué quelques matchs sans jamais convaincre suffisamment, sauf peut-être dans le mauvais sens. Lecomte (2) a fait des premières apparitions intéressantes et sera le numéro 2 l’année prochaine. Ecuele-Manga (31) a été impressionnant la grande majorité du temps, il est le deuxième pari réussi en défense centrale en deux ans après Koscielny. On lui pardonnera ses matchs moins bons étant donné que c’était sa première saison en ligue 1. C’est encore plus frappant lorsqu’on la compare à celle de Bourillon (33), réduit au simple rôle d’accompagnateur en défense centrale (10 cartons contre 5 à BEM ce qui illustre la différence de difficultés) quand il n’a pas occupé celui de bouc-émissaire. Bon, pour lui aussi c’est sa première saison complète au plus haut niveau, mais cela prouve qu’il n’a définitivement pas l’âme d’un patron. On voudrait surtout voir sa qualité de relance plus souvent. Koné (7) a montré certaines aptitudes défensives, alors qu’il a dû jouer latéral droit pour la plupart de ses matchs joués. Cela a été dû au fait des blessures simultanées de Baca (29) et Sosa (13). Le premier a pris la place de titulaire au second en début de saison pour ne plus la lâcher, grâce à une bonne régularité de ses performances, celles que l’on attend au minimum d’un joueur pro de ligue 1, celles que n’a pas réussi le pourtant talentueux argentin (à noter aujourd’hui le recrutement de Pedrinho à ce poste, un Portugais). A gauche, Le Lan (16) a parfaitement joué son rôle de doublure, alors que l’on a retrouvé un Morel (29) en pleine forme pour le plus grand plaisir des amateurs de débordements et dédoublements. Un peu de moins bien de temps en temps mais toujours de la volonté.

Au milieu, Romao (33) était arrivé pour mettre de la présence physique et faire la plupart du sale boulot défensif (12 cartons jaunes, 1 rouge). Il s’en est correctement tiré on va dire, bien qu’il ne m’aie pas tout le temps convaincu, et en sachant aussi qu’il a aussi dû plusieurs fois descendre en défense centrale où il a réussi à démontrer que Bourillon c’était quand même mieux. M’vuemba (34) devait lui devenir le patron de ce milieu, rôle qu’il n’a pas su suffisamment endosser à mon goût. Sa qualité de passe est précieuse mais on lui demandera d’être plus décisif. Le joueur prêté par Arsenal, Coquelin (24), a su montrer qu’il avait des qualités, mais qu’il faudra mieux exploiter à l’avenir. Il a aussi été utilisé sur le côté sans que l’expérience soit réellement concluante, malgré un but de renard à Rennes.

Les ailiers que l’on a vu le plus régulièrement ont été Monnet-Paquet (34) et Diarra (34). Le premier, prêté par Lens et dont l’option d’achat devrait être automatiquement levée, a été la plupart du temps décevant. S’il a montré une réelle capacité à combiner et à déborder, on lui reprochera son manque d’adresse dans la finition. Aucun but et deux passes décisives pour lui, alors que son compère en a inscrit trois auquel on ajoute une passe. Une saison dans la lignée de la précédente va-t-on dire pour l’ancien tourangeau dont l’apport peut être évident comme il peut être nul. A noter qu’il n’était plus titulaire en fin de saison, notamment avec le retour de Jouffre (13), blessé une grande partie de la saison, mais qui a su faire de bons matches. Autre joueur souvent blessé, Autret (7) a montré que l’on pourrait sûrement être content dans le futur de l’avoir piqué à Brest. On dira au revoir également à Monterrubio (1) que l’on aurait aimé voir avec sa patte gauche plus souvent sous le maillot lorientais, mais Christian Gourcuff en a décidé autrement. On a aussi découvert les têtes de Doukouré (4) et Mulumba (1).

En attaque, le départ (est-il vraiment arrivé ?) de Vahirua pour la Lorraine n’a pas été préjudiciable comme certains le craignaient. Kitambala (27) puis Amalfitano (38) ont chacun su épauler, à leur manière et à différents moments, Gameiro (36). Le premier en prenant la profondeur ou en décrochant quand Gameiro faisait le contraire (dans un sens positif), ne laissant ainsi que peu de répit aux défenseurs adverses. Cela lui a permis de marquer six buts en première partie de saison, avant que son efficacité se perde dans les méandres de différentes raisons. Trois passes décisives aussi, ce n’est évidemment pas grand-chose comparé aux treize (ce qui est je crois un autre record pour le club) d’Amalfitano qui, lorsqu’il ne s’entêtait pas dans ses dribles, a été extraordinairement précieux, que ce soit au milieu ou dans une position plus avancée. En plus il continue de ne marquer que des beaux buts. Son entente sur le terrain avec Gameiro a été assez mise en avant ses derniers temps, et le jeune attaquant en a profité pour gonfler ses statistiques. Un début de saison compliqué pourtant, car blessé pendant la préparation, il avait notamment la charge des penalties pour se lancer. Il l’a fait avec brio, restant dans les temps de son score de l’an passé avec 9 buts à la trêve, avant d’exploser ses compteurs en deuxième partie de saison, avec en point d’orgue son triplé face à Bordeaux. Hélas la série de 0-0 lui coûte le titre de meilleur buteur, et démontre aussi qu’il n’a pas encore atteint son meilleur niveau, d’efficacité particulièrement. Ne te perds pas en route et merci (et n’oublie pas ce que tu dois au FC Lorient). Sunu (9) n’a pas réussi à se montrer sous son meilleur jour, mais on a pu voir que son statut d’espoir n’était pas usurpé. Fanchone (11) et Robert (4) ont complété l’effectif.

Christian Gourcuff continue de diffuser son discours au FC Lorient, et son travail est reconnu. Nominé dans la catégorie des meilleurs entraîneurs pour la seconde fois, la récompense a logiquement été donnée au « rival » Rudi Garcia. Si certains choix peuvent paraître étranges, ils sont souvent judicieux. On lui reprochera des sorties évitables, mais il n’empêche que l’on ne peut nier son intelligence quant à la science du jeu. Le club continue de progresser avec lui, et c’est bien.

Points positifs de la saison :
Recrutement globalement satisfaisant
Synthétique assimilé
Pas de lutte pour le maintien
Records
Des beaux buts
Le FC Lorient peut désormais être considéré comme un club structuré de la Ligue 1, ce qui est déjà une énorme satisfaction.

Points négatifs de la saison :
Jeu trop stérile
Quasi-néant sur cpa offensif
Parcours à l’extérieur
Différence de buts négative
Régression par rapport à l’année précédente, une première depuis la montée.
Voilà les points qu’il faudra améliorer pour dépasser le cap, et devenir une équipe qui pourra jouer l’europe.

Les grands matchs de la saison lorientaise :

La première victoire face à Lyon, découverte du duo Gameiro-Kitambala :

La victoire arrachée face à Monaco après une énorme domination (attention, contient Ze but de M’Bokani en L1) :

La première victoire à l’extérieur contre Saint-Etienne.

La victoire face à Rennes.

La défaite face à Lille 6-3.

La défaite à Monaco avec la bourde d’Audard et la réponse de Gameiro.

La victoire face à Bordeaux 5-1, qui fait rêver à une fin de saison de feu.

Mais il n’y aura plus que deux victoires dont celle prestigieuse face à Rennes.

Et en plus, les deux matchs nuls contre Lille et Marseille en prime time.

D’ailleurs le site de Lorient offre des bons résumés de tous les matchs du club gratuitement, mais je m’en suis souvenu trop tard. Un acte manqué, marquant mon académie C.U.S de la saison lorientaise.

Voilà également les statistiques officielles concernant Lorient.

Amalfitano est le joueur qui a le plus joué de ballon du championnat, M’vuemba est deuxième au classement des passes réussies. Gameiro est celui qui a le plus tiré et cadré. Bref le jeu de Lorient n’est pas qu’un mythe, vu que c’est l’équipe qui touche le plus de ballons en moyenne par match. Je note aussi le bon taux de remplissage, illustrant la fidélisation du public autour des merlus.

Sinon je serais absent au mois d’août, si un amateur de Lorient veut s’occuper de l’académie, pas de problèmes, cela rapportera quelques clics à l’éditeur. Votre académicien Tristan Bourrepif sera en tout cas de retour en septembre. Si l’orage au dessus de ma tête ce soir n’est pas annonciateur de l’apocalypse prochaine, évidemment…

6 thoughts on “La Merlus académie: bilan

  1. Club structuré Tristan?
    Le soucis c’est qu’il n’y a pas vraiment de continuité d’une année sur l’autre.
    Il y a 2 ans perte d’Abriel, Jallet et Le Pen.
    L’an dernier perte de Kocielny et Vahirua.
    Et cette année Amalfitano, Gameiro voire Ecuele et Morel.

  2. Oui, les résumés du FCLWeb sont bons, excellents même avec « Le beau geste »…
    Merci pour ce bilan ^^

  3. @ Hristo: Il y a quand même des cycles de « colonne vertébrale » qui permettent à l’équipe de tenir la route. Avant c’était Marchal-Abriel-Saïfi, là ça a été M’vuemba-Amalfitano-Gameiro pendant deux ans.Tu rajoutes le socle Audard et Morel (Plus Vahirua avant cette année) comme tauliers, et des départs comblés autant en nombres qu’en qualité, j’estime que cela montre un club qui se structure, surtout quand les résultats suivent.
    Certes Lorient n’a pas encore les moyens de stabiliser son effectif et il faut constamment renouveler les meilleurs joueurs, mais d’une part les ventes permettent d’équilibrer les comptes (et Lorient est l’un des seuls à avoir été en bénéfices (ça se dit comme ça?) la saison dernière), et d’autre part les cycles donnent chaque fois de nouveaux souffles positifs à Lorient. Au moins les joueurs n’y font pas la « saison de trop ». On verra ce qu’il en sera l’année prochaine, mais il n’y pas de raisons d’être pessimiste outre-mesure.
    Tant que ça marche, ça permet à Lorient de rester en Ligue 1, d’avoir un budget correct, d’avoir un stade qui commence à ressembler à quelque chose, et de construire un nouveau complexe ultra-moderne qui regroupera centres d’entraînement et de formation.

    @ Franki et l’eau riant: mais de rien chers amis.

  4. >Tristan
    Oui c’est sûr que Lorient ne se trompe que très rarement sur son recrutement et fait souvent des plus-values d’envergure mais la fuite des cadres est un réel problème à mon avis. Ca se construit petit à petit.
    Je voulais juste savoir ce que tu entendais par « structuré ». Ca me convient merci bien.

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