La Metz Que un club Académie note F.C. Metz-Evian Thonon Dragibus : (2-2, 3-5 T.A.B.)

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Vous êtes recruteur ? Ne lisez surtout pas cela.

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Ah la coupe de France et son inénarrable charme, son éternelle jeunesse et sa plongée dans la France profonde ! Passés les quelques dizaines de tours qui leurs permettent d’accéder à ceux des pros, les équipes amateurs rêvent du grand frisson : entrer dans la légende en détrônant de leur piédestal médiatique les clubs professionnels ; se mesurer au gratin ; s’imaginer un instant à leur place… Voilà ce qui attendait les gaillards amateurs d’Evian-Thonon face à l’ogre de Ligue d’eux : le FC Metz.

Et le décalage se voit dès l’avant match : alors que le speaker prononce sans une seule fausse note les noms ronflants des ogres grenats, il butte face à l’inhabituelle gutturalitée de ceux des petits poucets savoyards (l’un d’eux a un prénom de ville australienne, tandis qu’un autre a manifestement échappé à la civilisation et n’a d’autre patronyme qu’une vulgaire onomatopée barbare). Le constat se confirme lorsque face au maillot classique grenat, l’adversaire arbore une espèce de tenue traditionnelle blanche et rosâtre sur laquelle dégoulinent quelques esquisses bleutées de montagnes : dépaysant.

Et le charme de la coupe de France, c’est aussi la découverte. Ainsi, une petite tripotée de montagnards culottés ont osé faire le déplacement jusqu’à la ville. Les joueurs quant à eux se lancent benoitement à l’assaut des buts messins, mais avec maladresse. L’amateurisme a du bon, mais aussi du mauvais : notamment Guillaume Rippert. Quant aux Messins, ils entament tranquillement une première mi-temps plutôt rythmée, voire même plaisante, et inquiètent par quelques frappes semi-lointaines le portier éviano-thonono-gaillardin.

La deuxième repart sur les mêmes bases avec de vraies occasions en plus : M’Fa, le gardien lorrain, s’emploie parfaitement par deux fois à repousser les tentatives de Govou, joueur avorté, et de Wass, un danois sympathique. Andersen lui rend la pareille sur la tentative de N’Gbakoto, entré en attaque, comme un symbole de la crise sportive que se prépare à affronter le FC Metz en ce pénible mois de CAN et de convalescence pour Mathieu Duhamel.

Coup de sifflet final, prolongations. La nuit tombe, quand Mahamane Traoré prend le destin de son club en mains et décide d’aller marquer tout seul. Il était temps. Coup sur la tête des vaillants montagnards qui n’avaient pourtant pas démérité. Puis, coup de massue, lorsque quelques minutes plus tard, le Malien étale sa technique sur la défense savoyarde, en fout partout, et trompe Andersen, qui fait le compte : 2 à 0. Mi temps.

Cependant, cela dit, et pourtant, malgré tout, Evian-Thonon, ragaillardi par le charme de la coupe de France, encore lui, tente le tout pour le tout et réussit à marquer un but bien dégueulasse. Mais les Messins, en bons professionnels ne s’affolent pas et ont par plusieurs fois l’occasion de mettre fin aux espoirs naïfs des petits poucets roses. Mais la maladresse sort vainqueur à chaque fois de toutes ces situations. Et quand Monsieur Varela siffle, le stade explose, avant de se rendre compte qu’il ne s’agissait là que d’un coup franc. C’est à ce moment qu’intervient la magie de la coupe de France…

Le quatrième arbitre prolonge l’aventure de deux minutes. La première voit Bouna Sarr, tout juste entré en jeu du côté de Metz rater l’immanquable alors que le but était vide (en dehors du gardien évianais ce qui équivaut de manière proportionnelle ou égale à la même chose). La seconde minute en dure quatre, pendant lesquelles Kalidou Koulibaly joue au ping-pong avec les petits poucets roses en renvoyant une par une chacune de leur tentative à grands coups de pompe, de tête et de classe. Sauf une : un inconnu centre, M’Fa se fait caca dessus, et Yannick marque avec son grand Sagbo. Tirs au but.

Amateurs, à vous l’honneur : successivement, Poulsen, joueur émérite au look estampillé années quatre-vingt dix et qu’on pourrait presque imaginer porter le maillot de la Juve ou de Liverpool, Barbosa, un plombier-maçon plein de talent, Dja Djédjé, Sorlin, et de nouveau Sagbo se lancent, pour un sans faute. De leurs côtés, les Messins ne tremblent pas non plus, même Tamboura, sauf Oumar Pouye (ancien Evianais, donc louche). Rigobert est donc un peu content-fâché, ce qui donne une sensation bizarre.

 

Les professionnels :

Anthony M’Fa, 4/5 : Si le jeunot a fait 90 minutes exemplaires, une prolongation très rassurante, il n’a en revanche pas fait son boulot sur l’ultime ballon qu’il avait à négocier. En relâchant ce centre, il a offert l’inespéré aux méchants. Et n’a pas su arrêter un tir au but ensuite.

Romain Métanire, 2/5 : Moins en jambes qu’à l’accoutumée, on sent que les fêtes se fêtent comme il faut chez les Métanire. Entre pugnacité et maladresse, Métanire a parfois réussi à esquisser quelques belles passes, deux-trois débordements et beaucoup de couilles de loup.

Adama Tamboura, 3/5 : Adama n’a bien entendu pas flambé offensivement, mais a rempli sa tâche avec sérieux défensivement. Enfin, Rigobert ne sait plus trop. Tout ce qu’il sait, c’est que Tamboura aurait pu marquer en fin de match sur un déboulé rigolo, et a vraiment un physique hors du commun.

Ludovic Guerriero, 3/5 : Peu rassurant dans ses interventions, Guerriero n’a pourtant pas fait de grosses bêtises et même quelques belles chandelles. Il n’a cependant, pas eu les roubignoles pour aller tirer son péno quand l’heure avait sonné. Capitaine lâche.

Kalidou Koulibaly, 4/5 : Match titanesque pour le monstre messin. Ultime rempart défensif puisque son collègue et comparse Fallou a été honteusement vendu à Fribourg (qui doit nous prendre pour des sacrés pigeons !), Kalidou a régné en maitre sur le terrain. Rigobert ne lui met que 4, parce qu’il a entendu que les boches s’intéressent à lui, et donc faut pas tenter les recruteurs. C’est une ruse de coyote.

David Fleurival, 2/5 : « Intouchables est vraiment un super film! »

Yohan Betsh, 4/5 : Toujours aussi entreprenant, à peine moins inspiré. Betsh a cette faculté de gagner dix mètres sur la plupart de ses prises de balles, tout en déhanché et en slalom tête baissée. Atypique le bougre mais précieux.

Mahamane Traoré, 5/5 : Tant pis pour les recruteurs, de toute façon il part à la CAN et n’est que prêté, ce qui fait très mal au cœur tendre de Rigobert. Mais quel match ! Les supporters grenats savent désormais ce que ça fait d’avoir Zinedine Zidane dans son équipe. Et encore, Zidane était lent. Putain Dieu, deux buts, tout seul, et un festival de dribbles et de trucs cools. CAN de merde.

Kévin Diaz, 2/5 : Une bonne première mi-temps puis rien. Ah si, toujours ce prénom qui lui colle à la peau.

Pierre zBouby, 3/5 : Une première mi-temps commun symbole du P(Q)SG, insalubre d’abord, très riche ensuite. Beaucoup de mauvais choix cependant (dont cette teinture immonde).

Sammy Kehly, 0/5 : L’homme invisible a été tel quel. Sans se forcer, il a réussi à ne pas toucher la balle. Bien sûr ses détracteurs diront qu’il a quand même parfois sauté, quelque fois couru, etc… Mais toujours avec détachement. Kehli reste un branleur pérenne.

 

Les professionnels remplaçants :

Yéni N’Gbakoto, 4/5 : Entrée remarquable et remarquée pour Yéni. Placé en pointe, loin de son aile habituelle, par ses déplacements incessants et sa vivacité, il a fait fumer la tête des défenseurs alpins. A l’origine du premier but, il a de plus marqué son péno et s’impose aux yeux du monde, comme une solution de rechange valable en attaque pour ce mois de janvier flippant.

Oumar Pouye, 0/5 : Félon.

Bouna Sarr, 0/5 : Une minute de jeu, un raté monumental. La suite on la connait. Et elle pique les yeux.

 

Les petits poucets rosâtres :

Valeureuse, l’équipe amateur a en poche l’exploit qu’elle était venu chercher. Souhaitons bonne chance pour la suite.

 

Message personnel à D’Onofrio :

Monsieur le Pinto Belge, vous débarquez dans un beau club. S’il vous plait ne le ruinez pas.

La vente de Fallou est un crime contre l’humanité (Loi n° 2001-434 du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité, Article 1 : La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du xve siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité).

J’espère que Kalidou Koulibaly, et Mathieu Duhamel, pour qui vous avez reçu des offres, resteront à nos côtés, sans quoi je me verrai dans l’obligation de kidnapper vos enfants et de les manger.
Cordialement pour le moment,

Rigobert Pirès.

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