La Monte-Carlo Académie dépose le bilan

8

Ricardi nous émotionne vachement beaucoup.

logo academie V2

Praud-logue 

‘Père Pastor, Raconte-moi une histoire.’

Approchez-vous les enfants, je vais vous parler de quelque chose qu’on n’a pas vu depuis plus de 30 ans à Monaco. On a assisté il n’y a pas si longtemps à un mariage princier… Ah non pas cette histoire, ce n’est pas le style de la maison de mettre les pieds dans le placenta. En plus un mariage ne peut jamais bien se finir vu qu’il commence toujours par le même mensonge: ils se marient pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur je veux bien, mais je vois peu gens se dire que le pire pourrait être un style de vie intéressant…

Prenons plutôt l’histoire du cheptel sur le Rocher dont la partie émergée de l’iceberg vient de couler définitivement en Ligue 2. Tout commença en mai 2003 lors de la finale de la Ligue des Champions durant laquelle l’AS Monaco pensait avoir pris deux doigts de FC Porto. En réalité, on s’est rapidement rendu compte que l’équipe avait eu droit à la main entière…Logiquement s’en est suivie une longue saignée avec la fuite de joueurs comme Giuly ou Evra dans les plus grands clubs d’Europe ou le retour de prêt de joueurs clés comme Morientes ou Ibarra.

Après le départ de Deschamps au cours de l’année suivante, les dirigeants voulaient faire appel à un égyptien du nom d’Ah-Mon-Beau-Fist pour rebâtir l’équipe mais ce dernier étant occupé, leur choix s’est porté sur un autre maçon, avec un nom bien portugais: le brésilien Ricardo. Les gens n’avaient jamais vu un entraîneur brésilien si frileux… Puis après bon nombre de changements en interne (entraîneurs, joueurs, staff, direction), allant de désillusion en désillusion pour des supporters de plus en plus suicidaires, comme un symbole de Mylène Farmer; le club passe finalement par la case L2, en attendant mieux ou pire…

Je vous propose de revivre cette saison riche en non rebondissements en terme de qualité de jeu sous fond de retraite dorée ou camp de vacances pour des joueurs qui croyaient être ici à Juan-les-Pins mais nous on vous dit que c’est l’académie.

 

Chapitre 1 : la saison des pleurs

Laissons tout d’abord les statistiques parler afin d’avoir de bonnes bases pour résumer la saison écoulée: 44 points en 38 matches pour 9 victoires 17 nuls et 12 défaites avec 36 buts pour et 40 contre. Autant ne pas vous bourrer le mou (rien à voir avec les activités de Dudu) et dire que ces dernières années, un tel classement vaut une 14ème place à au moins 5 points du premier relégable. Ce championnat 2010-2011 fut tellement serré avec dans la danse tant d’équipes collées que jusqu’à peut-être février le 15ème pouvait espérer terminer européen.

Le début de saison peut être qualifié de satisfaisant avec aucune défaite lors des premiers matches mais en revanche beaucoup de matches nuls, et cela dans tous les sens du terme. On se dit alors que l’équipe de Lacombe est en rodage et qu’elle a le potentiel pour aller disputer une coupe européenne et cela malgré les départs de certains joueurs décisifs (Perez, Nene ou encore Modesto) pour des raisons plus ou moins claires.

L’ossature générale est composée de joueurs privilégiant l’aspect collectif avec des joueurs formés au club (Mendy, Mangani) et les recrues, qui elles arrivent par salve et signent pour la plupart gratuitement en fin de contrat (Hansson, Bonnart) ou en prêt (Aubameyang), Moustache voulant faire un gros coup sur le marché en recrutant une pointure au poste d‘avant-centre. Cette dernière se nomme Dieumerci Mbokani et sera en effet un gros coup mais pas celui que Lacombe escomptait. Plutôt un coup du genre dans les parties et plus précisément dans les bourses. Le club a en effet du mal à rentabiliser et/ou justifier les 7,5M€ investis au vu des performances décevantes du congolais et plus globalement de l’équipe.

Contrairement aux soirées pendant lesquelles la quantité d’alcool est inversement proportionnelle aux critères de sélection, les objectifs du club sont vite revus à la baisse après quelques matches loin d’être enivrants. Les rêves de qualification rapide pour une coupe d’Europe s’estompent d’abord après la défaite en quarts de Coupe de la Ligue sur un Azpilicoupbas puis sont anéantis après la défaite honteuse contre Chambéry en 32èmes de finale de la Coupe de France. Guy Lacombe est prié d’aller se faire Niculae avec son système et Laurent Banide arrive pour sauver la maison rouge et blanche comme il l’avait déjà fait trois ans plus tôt.

Banide se retrouve alors face à un chantier et les mouvements hivernaux se multiplient. Le club prend un dernier risque financier en signant des joueurs confirmés ayant l’avantage de ne pas coûter trop cher en indemnité de transfert (mais sûrement pas en salaire). Le retour du beau jeu, léché et offensif est souhaité mais devant l’urgence de la situation et après des tests infructueux, Banide décide de bétonner pour perdre un minimum de points. La teneur des matches ressemble alors fortement au début de saison à la seule différence d’avoir un entraîneur différent.

Alors que Lacombe pouvait se plaindre (parfois à tort mais aussi à raison) d’avoir des faits de jeu ou des décisions à son encontre, la période de mi-février à mi-avril fut plutôt favorable avec des résultats heureux comme les victoires contre Lille et Lorient qui prouvent que Monaco joue bien quand l’équipe d’en face joue au football; et des résultats non satisfaisants comme par exemple faire match nul contre Arles-Avignon alors qu’ils sont réduits à 10 depuis la 5ème minute. Les deux matches de Championnat contre Lens peuvent être qualifiés de moments clés dans la saison car à chaque fois Monaco fut rejoint après avoir mené. Ce scénario c’est en fait répété face à beaucoup d’adversaires directs et notamment contre le Stade Malherbe où on se souvient de l’intervention brillante de Yohan 7M (Mollo Moi Même Ma gueule Myself Maître de Monaco) auprès des journalistes sans réaliser qu’il a en quelque sorte marqué contre son Caen et contribué à la descente du club. Le club s’est depuis débarrassé de lui pour une somme assez ridicule par rapport à l’option d’achat qu’avait Caen, comme pour lui faire part de toute l’estime qu’on lui porte. Après une telle accumulation de petits faits, rien d’étonnant que Monaco reçoive le coup d’assommoir de la L2, comme un symbole de Distel Zola.

 

Chapitre 2 : petite leçon de non-tactique

Tel le Footballologue, je me suis essayé à expliquer les méthodes des entraîneurs. je me suis donc muni de l’ouvrage « le foot tactique pour les nuls – Volume 1 » et voici ma tentative d’analyse avec un outil encore plus pointu que la pas-laide graphique de la télé. Tous les joueurs utilisés par les entraineurs successifs ne sont pas forcément représentés mais l’essentiel y est.

La tactique de Lacombe ressemblerait à un 4-5-1 qui doit se transformer en 4-3-3 offensivement. Les milieux doivent faire beaucoup d’efforts pour pouvoir remplir à la fois les tâches défensives et offensives. Les latéraux aussi mais dans une moindre mesure. Les centraux doivent jouer plutôt haut et donc être rapide ou savoir bien se placer pour jouer le hors-jeu. L’attaquant de pointe doit servir de pivot et le milieu offensif voire second attaquant est supposé à la fois tourner autour du 9 et de redescendre chercher les ballons. Bon pour le gardien c’est plus simple, enfin façon de parler… Tous ces efforts requièrent effectivement des joueurs ayant un grand sens du collectif (le buteur excepté) et on ne peut pas accuser Moustache de ne pas être cohérent de ce point de vue.

Tactique Moustache

 Pas besoin d’être agrégé en mathématiques pour remarquer que oui, c’est le bordel. Les deux centraux sont certes des piliers mais ont l’allure de plots lorsqu’il faut attaquer le ballon, les arrières latéraux montent mais ont du mal à être couverts par les milieux défensifs se devant de boucher tous les trous pendant 90 minutes – quand je pense qu’un pote se vante de pouvoir faire ça pendant 5 heures durant et sans pause… Aubameyang fait son truc dans son coin alors qu’Adriano se plait bien en attaque, Park n’est pas à son poste mais déborde d’énergie et fait des mouvements et appels dans tous les sens alors que Niculae se blesse et que Mbokani ne comprend pas ce qu’il doit faire. Lacombe et Alonso, eux, fulminent dans leurs coins respectifs. Traoré repose en paix même s’il jouait sur le terrain au début, ce n’était pas visible et puis Muratori est là pour jouer à son poste. Gosso et Lolo sont toujours prêts à rentrer alors que Mongongu fait sa grève de la course.

L’avantage de cette tactique est que les postes sont plutôt bien définis à la base, enfin dans la tête de Moustache. La différence entre théorie et pratique réside peut être dans le fait que Lacombe doit avoir des qualités de communication proches de celles de Raymond DomEHEC. Le schéma n’est pas aussi défensif que l’on pourrait croire mais après ce n’est pas le coach qui est sur le terrain. De plus s’il ne peut pas commander les joueurs comme de vulgaires marionnettes  peut-être parce que les manettes qu’il a sont sans fil…

La tactique de Laurent Banide a maintes fois changé car il fallait trouver le système de jeu adapté aux joueurs disponibles et en même temps assez sûr pour glaner des points le plus rapidement possible. Le jeu offensif envisagé a vite laissé place à un bon vieux 4-5-1, comme pour Moustache donc. Cependant l’approche est différente: les arrières centraux jouent bas et les latéraux montent peu, s’attelant à couvrir les espaces. Les milieux jouent aussi plutôt bas avec une tour de guet pour récupérer les ballons aériens ainsi qu’exercer une pression si le jeu s’oriente dans l’axe. Un ratisseur couvre une surface importante et donc doit être beaucoup plus actif que son compère, il doit notamment couvrir les montées du latéral droit dans un milieu volontairement déséquilibré qui penche sur le côté gauche (à lire dans le volume 2 de la série « le foot tactique pour les nuls »). En effet, le milieu gauche n’est qu’un arrière déguisé permettant au latéral gauche de participer alternativement aux offensives. L’espace devant lui est couvert par le milieu central qui doit lui beaucoup bouger ; il en est de même pour l’ailier droit avec qui il peut permuter et passer au centre. Point commun avec la tactique précédente: le pivot, sans le pavot.

Tactique Banide

 En pratique, là aussi, c’est le bordel dans la mesure où plusieurs joueurs ont joué à différents postes pour causes de suspension, blessures (qui ont aussi affecté le système de Lacombe, il faut le dire) ou choix purement tactiques. Puygrenier et Mongongu (ou Hansson à la fin) bougent peu et montent sur corners. Bonnart et Adriano, quand il n’est pas trimballé partout comme une vulgaire carte Panini, occupent les flancs. Muratori et Bonnart coulissent souvent, Adriano est fréquemment au même niveau que N’koulou car il ne comprend pas trop le sens du mot coulisser. Muratori monte moins que Bonnart et se réserve généralement pour les fins de matches. Diarra remplit son rôle mais pas plus alors que Coutadeur a du mal à être omniprésent au milieu et est donc souvent remplacé par Park ou Gosso. Moukandjo se retrouve seul à l’animation offensive, ce qu’il fait plutôt bien. Welcome se pose moins de questions que Mbokani mais bouge moins et sa technique n’est pas la plus fine. L’équipe joue tout sur les coups de pieds arrêtés et une tête victorieuse ou un coup d’Adriano.

En fin de match, Nkoulou descend en défense centrale, Adriano fait de même, remplacé par Bonnart qui lui même voit sa place prise par Muratori, Mangani rentre à la place d’un joueur offensif et Ruffier se retrouve avec 8 joueurs à vocation défensive devant lui pour tenir le score s’il rapporte au moins un point car on voit mal faire cela à 0-1…

L’avantage de cette technique, vous l’aurez compris, c’est de mettre le maximum de chances de son côté pour tenir le score quelque soit le niveau du joueur sur le terrain, en théorie une erreur individuelle peut être rattrapée par un coéquipier – sauf celle du gardien évidemment. Le hic, c’est que les joueurs de Monaco ont cette année un gros problème de confiance en soi voire en les autres. On appelle ça la fébrilité. Et quand on se fait rejoindre au score avec en gros 8 défenseurs, c’est plus dur d’attaquer…logique implacable.

 

Pour la revue de l’effectif qui fait rêver et l’épilogue en forme de loloraison funèbre, veuillez-vous rendre page suivante.

 

8 thoughts on “La Monte-Carlo Académie dépose le bilan

  1. La chronique de l’échec de cette équipe de merde me fait toujours aussi plaisir. Aucune pitié pour le Rocher et ses 1250 supporters. Désolé, mais non.

    Déjà c’est même pas la France mais un putain de paradis fiscal.

    Ensuite votre pelouse est entretenue par un jardinier paraplégique ou quoi…

    Puygrenier, faut le faire quand même.

    Marc Keller ?!

    Moustache en plus, quand même, soyons sérieux…

    Dégagez, dégagez, putain, vous nous piquez es yeux !

    Et ce fut fait, car vous aviez tout pour enfin disparaître du paysage déjà sinistré de notre belle L1.

    Bons baisers du Parc des Princes. Nos têtes couronnés à nous, au moins, elles mettent les moyens. Gniark gniark gniark…

  2. Toutefois, par respect pour le cassage de cul, je tiens à te dire : bon travail, sérieusement

  3. Très belle chronique, merci pour tous les compte-rendus réalisés.

    @ Toufik von mémé : T’es jalouse ?

  4. On reviendra encore plus fort (ou pas…)
    En tout cas, l’academy nous a permis de continuer à rire pendant la chute…

    @Tartalonion : j’crois bien que « il » se fout bien de notre tronche ! Car parler du paradis fiscal des autres quand « on » est financé par des pétrodollars… c’est comme la paille et la poutre.

  5. Alors alors… Avec le cheptel qui est leader de la ligue 2, il serait temps que la Monte Carlo Academy revienne sur le devant de la scène.

    Daghe !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.