Le Dr Di Vago écrit aux lecteurs

Et d’Italie, où il coule des jours heureux.

Salut à tous les lecteurs,

Paraît-il que certains d’entre vous auraient demandé des nouvelles. Les temps sont durs en France, et quelques bonus financiers ont eu raison du doc. Sous le gouvernement Sarkozy, il existe un problème, c’est que la santé des petites gens n’est pas une priorité, il y a d’abord les problèmes fiscaux à régler…Mme L’Oréal, monsieur TotalFinaElf, le doc ne connaît pas tous les dossiers, mais il sait que la sécu est mal barrée, et valait mieux partir dans le privé pour une courte période. Histoire d’améliorer un peu sa retraite. Un ami italien m’avait parlé il y a un certain temps de la possibilité d’exercer dans une clinique privée au nord de Milan. Paraît-il que depuis septembre de l’année passée il y ait une grave épidémie de problèmes psycho-gynécologiques chez les milanaises, ainsi que chez leurs sœurs. Pour avoir vu les dégâts, le doc confirme que la bête doit être assez immense. Disons un homme de la trentaine, mesurant plus de 1m90 et ayant un grand nez. Bref, des dégâts considérables, ce qui inquiète le doc. Ce que ces jeunes femmes ont réellement besoin, c’est d’un rééducateur, pas d’un psychiatre ou d’un médecin, elles ont juste besoin de réapprendre à marcher normalement.

Mais pourquoi est-ce que le doc ne commente plus la Ligue 1 ? Parce que comme disait la marionnette du regretté Jean-Pierre Papin, c’est bizarre l’italien, il y a pas un seul mot de français. Le doc n’a plus accès aux magnifiques émissions télévisées peuplant le paysage audiovisuel français. Bien que le doc consacre encore un peu de son temps pour suivre les résultats sur internet, le temps de lire les articles manque, et l’accès aux images est quasi-impossible. Sans la possibilité de travailler correctement, le doc refuse de continuer sa chronique hebdomadaire. Ceci dit, il se peut que de temps en temps, un week-end où le doc serait fatigué et voudrait rester à la maison, il lance une de ses quatre vérités à propos du football. Parce que nous sommes loin, très loin de tout savoir. En tout cas pour l’instant le doc profite de l’Italie et ses boîtes de nuit. Le doc ne se rendait pas compte, et il est désolé de devoir vous le dire, mais franchement, les italiennes c’est quand même autre chose. Un peu plus caractérielles certes, mais quand les dieux ont créé les femelles, ils ont dû terminer leur recherche de la perfection ici, ou alors il faut m’expliquer.

Bien sûr tout n’est pas si merveilleux que ça, pas pour tous. Le doc a la chance de connaître l’entourage de l’homme le plus puissant du quartier/ville/région/pays, du coup la vie est un peu plus facile. Disons que certains numéros de téléphone sont facilement échangeables y compris à un certain haut niveau de la politique et des affaires, et le doc n’a jamais le temps de s’ennuyer le soir, mais attention, on ne la fait pas au doc, ici c’est pièce d’identité obligatoire, même si c’est offert par les amis. Pour les problèmes avec la justice, le doc a déjà donné, avec d’anciennes patientes névrosées qui n’ont jamais compris la subtilité du métier de gynécologue et du fonctionnement de certains outils personnels d’un docteur.

Finalement la vie du doc est sympa, mais pourquoi vous écrit-il ? Déjà premièrement parce qu’avec un week-end de quatre jours (même dans les cliniques privées, ils sont très catholiques ici), c’est un peu plus facile de trouver du temps pour les activités annexes. Et puis le doc avait envie de se plaindre. Parce que s’il y a une chose qui fâche le doc au plus haut point, en tant que fan de football, c’est l’impossibilité de regarder les matches.

Il y a dix ans, même une émission comme Téléfoot était intéressante, on avait des analyses, des images, des résumés de matches, des invités concernés, et ça parlait football d’un point de vue pratique. Aujourd’hui tout est marketing. Vente de droits de diffusion, chaînes câblées, chaînes payantes, chaînes cryptées…oui bon c’est plus ou moins tout la même chose, mais quand on veut suivre ne serait-ce qu’un seul championnat de nos jours, il faut avoir cinq abonnements à 30 euros par mois, avec la possibilité de voir des matches supplémentaires payables à l’unité.

Les émissions populaires d’autrefois ne pensent plus qu’à de l’audience facile, et nous gavent avec de la star en brochette, qui viennent recevoir un sympathique cachet en échange de quelques lieux communs et de quelques réponses à des questions sans intérêt « Alors Samuel, vous avez offert à l’équipe du Cameroun la même montre qu’à Usain Bolt ? Sinon, vous aimez les chiens ?». Et on oublie finalement qu’en allumant sa télévision, on voulait voir du joueur qui court, qui frappe, qui marque, qui vient transpirer et cracher ses nerfs sur un micro. Mais non, toutes ces choses là sont aujourd’hui bannies, la sacro-sainte « image du club » a pris le dessus sur la sincérité et la simplicité des joueurs de football, qui sont tous formés aujourd’hui à la bonne façon de communiquer avec la presse. Et ils ont intérêt à bien apprendre la leçon, sous peines de sanctions financières de la part du club. Les présidents ne rigolent plus, et leur présence de plus en plus fréquente devant les caméras et les médias sont aussi un effet de ce changement. Alors que les entraîneurs, eux, sont cachés au fond de l’armoire. Jamais un mot en dehors d’une conférence de presse, car leur rôle est avant tout celui de bouc émissaire quand une équipe traversera une mauvaise période. Ces hommes là sont dangereux et il faut les faire taire, alors ces messieurs les présidents, experts en langue de bois, prennent les devants pour s’exprimer face aux micros et caméras. Et c’est bien là tout le drame des relations entre le football, la communication et les médias. Tout est devenu comme en politique. Des camps qui s’affrontent, un média qui ne sera jamais considéré comme neutre, et qui se voit interdit de poser toute question pertinente. Car la règle première est l’hypocrisie, et toute tentative d’accès à la vérité sera vue comme une attaque envers tel président ou tel club, par les vilains médias qui ne cessent de tout détruire autour d’eux. Comme en politique, il s’agit ici de cacher au grand public que le fond de toutes choses, n’est plus ce qui est fait sur le terrain, mais uniquement l’argent que tout cela engendre, et de savoir comment faire en sorte qu’une partie de cet argent finisse dans les bonnes poches.

Voilà donc le pauvre monde du football actuel. Le premier ministre sera la cible, alors qu’il n’aura jamais le droit de s’exprimer, son éviction sera la solution à tous les problèmes d’un gouvernement dans lequel le peuple ne faisait plus confiance. Les médias feront toujours partie du camp adverse, et ne chercheront qu’à donner une image négative de celui qu’ils cherchent à interviewer. Les chroniqueurs ne connaissent rien à la politique, et n’ont aucune déontologie. Les comparaisons s’arrêtent là où nous considérons que les footballeurs sont des personnes très peu intelligentes. Car quand on regarde bien, les discours lus sur des papiers ou des prompteurs, sont bel et bien l’apanage du politicien sorti de l’ENA, et non du pauvre écervelé de banlieue, qui a quand même réussi à retenir les trois phrases et demies à ressortir en toute circonstance.

Non, le doc ne payera pas Canal+, Canal Sport, Canalsat, Foot+, le tout pour à peine 89 euros par mois. Ni en France, ni en Italie, ni en Espagne, ni en Angleterre, car dans l’esprit, le doc veut retrouver le vrai football, celui qu’il ne peut voir encore aujourd’hui qu’à côté de chez lui, dans ce petit stade du club de quartier, un de ces stades que le doc lui-même a fréquenté avant d’embrasser de longues études et une carrière dans un métier classique. Mais un métier dans lequel le doc a encore le droit de dire tout ce qu’il a envie de dire. Allélouia. Et vive la circoncision du petit Jésus. Circonscription ? Crucifixion ? Bon le doc n’y comprend rien à ces dates religieuses, allez, joyeuses pâques !

8 thoughts on “Le Dr Di Vago écrit aux lecteurs

  1. C’est bizarre de voir que c’est le doc qui a mal.
    L’intro sur le mal qui ronge les italiennes aux alentours de Milan est excellente. 1m90 avec un grand nez, on a du mal à voir de qui il s’agit…

  2. Où c’est qu’ils ont mis les transferts du samedi? Les services sont quand même pas partis en vacances dans le NPDC ou bien?

  3. Très bien vu le doc. J’assiste en ce moment même à un lamentable historique des coupes de cheveux de Louis Saha par Darren Tullett. A noter la grande question finale: « Et quelle est votre coiffure préférée Louis? »

  4. Ô jeune, j’avais du mal à lire Jean-Paul Hot, je sais pas si t’es le même sous un pseudo autre, mais sache que ta vision rejoint la mienne. Que ce soit en foot, ou encore en politique, économie ou autre (qu’en sais-je ?), je trouve les ficelles des truqueurs/abuseurs/menteurs/grugeurs – je peux encore en sortir des tas… – de plus en plus grosses.

    Voilà un premier paragraphe non abouti, j’enchaîne : plusieurs solutions, ma préférée : je suis une élite intellectuelle, et ce niveau 0 du trucage (pour moi) me terrifie, car son but est d’être convainquant auprès d’un maximum de populus, et perso je le décelle plus que facilement. Et cela me laisse dans un état de doute renforcé de perplexité sur la crédulité des gens devant ces ficelles d’une telle évidence. Or je dois nuancer car mon expérience militaire (et oui je ne suis plus si jeune) a prouvé mon intelligence supérieure vis à vis de mes co-appelés, c’est à dire 80% de la popultion (française dans ce cas précis), et ce en entretenant mon complexe, mais en est-ce vraiment un, de supériorité.

    Mais (et c’est une faute de changer paragraphe) je penche plutôt sur la solution du média tout puissant, cliché certes, mais horriblement vrai, et donc malheureusement trop omniprésent pour ce qu’il était capable d’assumer (là je parle du téfoo). Je ne pourrai mieux développer que vous docteur, mais depuis la mort des Cahiers, vous restez quand même le seul site totalement objectif sur PAW.

    Putain, j’l’ai déjà dit, mais à l’époque un OM-Glentoran me fascinait plus au’un Real-Barça (par exemple).

    Yeah ! Allez Braga ! (1-0 à l’instant)

  5. Salut Mayoul, c’est pas une question d’élite, c’est une question d’éducation, quand tu apprends à penser par toi-même plutôt qu’à apprendre les choses par coeur (système scolaire classique), forcément tu vois les choses autrement et tu trouves absurde que le commun des mortels ne comprennent pas ce que tu vois.

    Je crois que le doc va pondre un papier bientôt qui parle un peu de la problématique, mais en évoquant un tout autre sujet ;-)

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