Manchester United – Everton (2-0) : La Raide et Vile Academy livre ses notes

Vis ma vie de mon après-midi avec l’Editeur.

avantmatch

 

Le monde retiendra que le 6 février a vu la fin de la hype Neymar. Maitrisé par Chris Smalling, la star du football brésilien n’est en fait qu’un vulgaire (sous?) Robinho. Prend ça public de Telefoot. Depuis le temps qu’on vous le dit.

Voila. Cet aparté devait être fait, parce qu’il me fait plaisir.

Mais revenons en à nos bonbons et à nos Toffees, qui viennent donc chercher à Old Trafford la fessée qui leur pend au nez depuis la première journée. Car oui, tout le monde se souviendra de la défaite de United à Liverpool lors de l’ouverture de l’exercice actuel. Depuis, « vengeance, vengeance, vengeance » c’est tout ce qui me trotte dans la tête.

Problème de taille quand même, Fellaini est toujours là, ce qui promet un match compliqué, les belges de Premier League ayant toujours le don de venir nous embêter. D’ailleurs Marouane s’impose parmi eux comme le boss de fin. Un peu trop disco pour être totalement crédible certes, mais quand même.

Toutefois Manchester n’est plus le même qu’au mois d’août. Enfin peut-être. Allez non. Plus rien à voir. La défense a quand même réussi à stopper l’hémorragie pour permettre au club d’avoir un classement décent en terme de buts encaissés (7eme) et c’est quand même là, la grande nouveauté qu’elle fait plaisir. Devant si van Persie tire un peu la langue depuis deux-trois rencontres, on peut compter sur un Rooney à la réussite retrouvée.

Bon et puis surtout, il y a cette formidable défaite de City la veille face à des Saints inspirés. Oui. En cas de victoire sur les bleus de Liverpool, Manchester pourrait prendre 12 points d’avance. Pas négligeable alors que se profile le 1/8eme de Ligue des Champions face au Real. Rappelons que City, n’a plus rien à jouer sur le continent. C’est la honte. Mais du coup c’est aussi la garantie d’un calendrier bien plus allégé. Alors que de notre côté, il va falloir aller chercher au forceps la place pour Wembley et la finale face à Dortmund. Si.

Enfin bon je m’égare totalement là. Revenons en au match qui vient conclure un nouveau weekend trop arrosé (si Roro Gromerdier vous invite dans son QG, c’est un piège, allez-y, mais préalablement bien nourri) alors parlons compo’.

Ah non, au passage, joli geste du club d’Everton qui est venu déposer des fleurs sur le mémorial de 58 à Old Trafford, dont on célébrait cette semaine le bien triste 55eme anniversaire.

Ça ne nous empêchera pas de vous manger, mais merci quand même.

 

composition

 

Pas de Carrick. C’est la grosse information qu’il faut retenir. C’est quasiment un événement même, tant il est parmi les inamovibles de Sir Alex… Mais fallait bien un jour qu’un bobo vienne gâcher tout ça. Du coup prudent, le vieux sage l’a mis sur le banc. La bonne nouvelle c’est qu’en échange Goldorak Jones est titularisé au milieu de terrain, Fellaini a peur. Plaisir

On a donc :

Man-U---Everton-110213

Subs : Amos / Smalling / Anderson / Carrick / Nani /  Hernandez / Welbeck

 

livedirect

 

Tout devait se passer tranquillement à domicile devant Canal + Sport. Et puis un événement vint animer ce dimanche. Un coup de fil de l’Editeur, ce bel homme, me proposant d’aller regarder le match ensemble dans l’un des pubs qui fait partie des rendez-vous habituels de la team Horsjeu. Evidemment je réponds par l’affirmative sans réfléchir. Et me voila embarqué pour quelques heures de n’importe quoi, sans le savoir.

Le pub donc. Je suis en avance. L’Editeur, c’est évident, un homme de son standing, pour un match de United qui plus est, sera en retard. Mais le drame ne vient pas de là. Non. Saloperie de rugby. L’établissement à beau proposer deux salles et donc deux écrans, tous sont branchés sur le tournoi des 6 nations et l’équipe anglaise qui joue contre une sélection consanguine. Pas de Manchester – Everton. Rien. Dans l’os. Pour la seconde fois dans ce bar pourtant si affectionné du canal Saint Martin, nous voila trompés, bafoués par les valeurs de l’ovalie de mon derrière. J’essaie de rester poli.

Il faut réagir. Coup de fil à l’Editeur. Oui, j’ai son numéro. Non je ne te le donnerai pas. Pleure, vas-y. Il est encore chez lui, bien entendu, il «allait partir». Optimiste et plein de vie, il propose de passer me prendre avec son coupé sport et qu’ensemble nous trouvions un plan de rechange, un bar digne de ce nom qui diffuserait du football. Il arrivera «dans 5 à 10 minutes».

Privé de grand écran il me reste le petit, ce fidèle téléphone qui me permet de regarder le match, seul, dans le froid, mais digne, toujours, dans la rue, au milieu de passants qui ne saisissent pas la mesure de l’odieux drame, de la trahison que notre bar préféré vient de nous jouer. Putain de rugby, saloperie de bobos bien pensant avec leur sport ridicule, comme dirait ce cher Pat’ Rémoulade. Je boue intérieurement. Me voila donc seul, casque sur les oreilles à essayer de comprendre ce qu’il se passe sur cette pelouse. La première période fut globalement à sens unique. Manchester presse haut, asphyxie Everton qui n’arrive pas à passer le milieu de terrain. On est bien. On est tellement bien que van Persie se permet de jouer les Régis et de frapper le poteau face au but vide (10′). On est bien. Giggs trouve finalement l’ouverture quelques minutes après. Valencia gagne un duel de la tête pour servir van Persie dans la surface. Le néerlandais trouve le gallois au point de penalty qui du droit s’en va tranquillement battre Howard (13′).

Et Manchester continue à pousser, tandis que l’Editeur galère, bloqué entre une manifestation de connards, qui n’avaient rien d’autre à foutre un dimanche, et les embouteillages chinois de Belleville, galère. J’ai froid, la gueule de bois, mais je tiens le choc, contre neige et marée (on est sur le canal) et Manchester, toujours intraitable, double la mise par «sa majesté Robin van Persie» comme dirait l’autre fou furieux. Copie conforme de son énorme raté du début de match, servi dans le dos de la défense, par Rafael, le néerlandais rate pourtant tout : son contrôle, son dribble face à Howard, sa frappe, qui est molle, et pourtant, la balle finit au fond, juste avant la mi-temps (45’+1). La jurisprudence du match de l’an dernier (ce putain de 4-4) m’empêche de m’emballer, mais n’empêche, United a livré une mi-temps impressionnante d’envie et de maîtrise, le marquage individuel sur Fellaini ou Pienaar ayant grandement gêné la construction coté Everton.

Le but de RvP coincide avec l’arrivée de l’Editeur au volant de sa rutilante twingo. Une boîte de cookies au pied de mon siège (le bel homme essaie de se faire pardonner) et un paquet de tampax posés sur le tableau de bord : Décoration à contre courant, comme un symbole d’Horsjeu.net. Nous voila embarqués dans une conduite pas trop sportive à la recherche d’un bar respectable diffusant le match et surtout, d’une stations service, la jauge d’essence du bolide clignotant dangereusement. L’Editeur dribble les embouteillages et les plaques de verglas comme un Giggs de la grand époque, mais aucun oasis de pétrole en vue. Le match reprend. Je suis serein, tout se passe bien. Très bien, Everton ne sert à rien.

Miracle une station service à deux lettres nous tend les bras. L’Editeur fait le plein jette une liasse de billets au valeureux pompiste (voila tu sais à quoi sert ton abonnement à HJ.net) et nous voila reparti à travers les rues de la capitale, implorant mon tout puissant papa pour trouver un troquet qui fera notre bonheur. Cette quête se révèle être des plus compliquées, alors que les Rouges Diables continuent tranquillement de dicter leur loi à des Toffees décidément impuissants.

Et puis l’espoir, enfin. Le match de machin à 15 est terminé et nous trouvons une place de stationnement juste devant un «Café des Sports». Ni une ni deux, le bel homme se gare au frein à main avec la classe d’un Starsky et nous nous ruons à l’intérieur du bar.

Ô rage ! Ô désespoir ! Ô ta mère la pute ! Comment peut-on se nommer « Café des sports » et proposer de la saloperie de musique lounge et n’être doté d’AUCUN écran de télé ? Serait-ce là une planque de sympathisants de Gérald Gourguendin ?  Nous sommes abattus, pris d’un rire nerveux à la hauteur de notre frustration, mais la soif se fait plus forte. Deux bloody mary commandé, une table sélectionné, mon téléphone fera office d’écran géant.

Et Manchester gère, toujours, facile, sans peur, sans reproche sous les yeux d’un José Mourinho en tribune qui intérieurement doit baliser un peu. Everton ne parvient pas à être dangereux et United ne  passe pas loin d’ajouter le troisième, d’abord sur un cafouillage corneristique où Evans butte deux fois sur un Howard chanceux, puis Cleverley qui pour la première fois de sa carrière cadre une frappe en dehors de la surface, avec une volée pure détournée par le portier américain. Pas grand chose à ajouter, alors que l’on vide tranquillement les pintes (les Maries Sanglantes ayant fait office d’échauffement), débattant en même temps sur les matchs de Ligue des Champions à venir, de la philosophie de Kierkegaard, des vertus du beurre de karité, du cinéma de Nanni Moretti et de ce fantastique bouquin qu’est La conjuration des imbéciles (tu auras fais toi même le tri des vrais sujets abordés), interrompus à un seul moment par cet idiot de serveur qui nous demandera si l’on regardait la finale de la CAN. L’Editeur l’a giflé.

Le match se termine. Nos verres aussi. Il était temps pour moi d’affronter le froid retour à pied, l’ironie ayant voulu que le dit café se trouva a deux pas de ma tanière.

Un putain de dimanche épique et plein d’aventure comme seuls peuvent en vivre les amoureux du football, comme toi lecteur alors que je rédige, un peu ivre, ce papier, les oreilles bercées par le génie de Team Sleep.

 

diables

 

De Gea (4/5) : Encore un match tranquille mais ponctué d’un arrêt sur une demi-volée d’Osman sur laquelle il s’envole, tel un ninja détourner avec classe et discrétion le ballon. Ce qui lui vaut une bonne note. Pas de sa faute si Everton était à côté de la plaque aujourd’hui.

Evra (3/5) : Ne m’a pas marqué outre mesure, mais a largement fait le taf défensivement. Mercredi il répondra présent, frais et dispo.

Evans (4/5) : Sobre, comme un non-symbole de moi même et efficace comme un non-symbole de l’Editeur, ce bel homme à l’arrache.

Vidic (5/5) : Que tu t’appelles Gonzalo, Karim, Cristiano où je ne sais quoi, tu es prévenu, il a faim.

Rafael (4/5) : Il a fait de Pienaar sa chose. Il est allé foutre le boxon devant. Parfait. L’Editeur me demandait pourquoi il n’était pas titulaire en équipe du Brésil. Sans doute parce que Scolari est un con aveuglé par la hype du Barça.
Après j’en sais rien, moi j’aime mon football quand il est anglais.

Jones (5/5) : « Hi, my name is Phil Jones and I’m gonna be your worst nightmare Marouane » . Gros cœur avec le slip sur l’heure de jeu de Goldorak qui a mangé tout cru Fellaini et recraché quelques touffes de cheveux. Je n’ai pas trop compris pourquoi il était sorti, sans doute un petit bobo…

Cleverley (4/5) : très joli match pour lui aussi, de l’impact, de l’envie et un certain talent à animer le jeu, le regard vers l’avant, toujours. La classe, sans cesse.

Giggs (4/5) : 40 ans et toujours si beau. Le voir cavaler avec la même envie même au bout de 80 minutes tiens de l’irréel. Quel talent, quel touché de balle.

Valencia (3/5) : C’est pas encore extatique, mais la rédemption semble en route. Il centre, il essaie de percuter, des choses qu’il semblait avoir tragiquement oublié ces derniers temps. Un réveil qui arrive à point nommé.

Rooney (5/5) : Master and commander. Hargne défensive, intelligence offensive, il a répondu présent.

van Persie (4/5) : Comment tu veux noter un match pareil ? D’un côté totalement transparent, absent, inutile mais de l’autre il se retrouve impliqué sur les deux buts. Et malgré un croquage éhonté, ce genre de match ça porte un nom : c’est chicharitesque.

Les suppôts de Satan :

Carrick pour Jones, 57eme (NN) : A poursuivi le travail de sappe de son titulaire avec conviction et sens du timing.

Smalling pour Evans, 82eme (NN) : Tranquille sa mère.

 

bonus

 

J’ai bien compris, bande de gros dégoûtants, que les photos de Wayne Boulet, négligemment postées en fin d’acad ne vous laissaient pas de marbre. Mais Luke n’est pas du genre à craquer pour la première wag venue. Lui ce qu’il aime c’est la rockeuse, la vraie, celle qui parle dirty, celle qui le fait vibrer à grand coup de riffs. Comme Jex Thoth. De Jex Thoth.

 

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Jex+Thoth
Oui, bon, les jeux sexuels sont toujours un peu bizarre avec elle…

Du son par ici.

 

Inferanal Kisses,

Luke Seafer

Si tu veux que Horsjeu.net survive, que tes académiciens préférés puissent être fournis régulièrement en jeunes vierges et en litres de Bloody Mary jusqu’à plus soif, par l’Editeur, ce bel homme, alors tu peux faire un geste en versant une maigre contribution financière mensuelle (Satan te le rendra) ou même un don unique qui n’engage à rien. Clique ici.

Sinon, Luke Seafer est aussi sur Facebook (mais pas Wayne) et il veut des amis, plein, parce qu’il était toujours tout seul dans la cour de récré et personne ne venait lui parler. Peut-être à cause de la chauve-souris sur son épaule, de ses briques de sang pour le goûter… On ne sait pas trop. Mais viens lui faire coucou, ça lui fera plaisir. Et si tu veux faire encore plus, tu peux aussi devenir fan de la Raide et Vile Academy. 

Et tiens, il est aussi sur Twitter (mais toujours pas Wayne) et il trouve que c’est une invention de Satan un truc aussi addictif, donc n’hésite pas à lui faire coucou.

12 thoughts on “Manchester United – Everton (2-0) : La Raide et Vile Academy livre ses notes

  1. Ah quel récit épique, on s’y croirait. En tout cas, ce match vient valider un beau we de football pour toi cher Luke Seafer puisque tu as aussi pu assister au match fou des Verts. Double victoire, double dose d’alcool, mais toujours aussi peu à manger.

    Promis, la prochaine fois on chopera des sandwiches. Mais bon, difficile de deviner que le match allait durer 2h30 aussi. Et à 19h30, après une victoire 4-1, on pense plus à faire l’apéro qu’à bouffer, malheureusement pour notre foie.

    La bise verte.

  2. C’est malin, mon récit dramatique sur les dizaines de centimètres de neige qui s’accumulent chez moi, que j’avais prévu pour ma prochaine académie ne risque pas d’attirer les foules, maintenant.

    A propos du match, je ne sais pas si tu as eu cette sensation, Luke, mais j’ai eu l’impression de revenir au début des années 2000, à l’époque à laquelle on dominait assez tranquillement le championnat. Un match d’après-midi tranquille dans lequel on prend vite l’avantage avant de consolider celui-ci puis de gérer tranquillement notre avance. Ça faisait un moment !

  3. @Roro : Des weekends comme ça, je ne sais pas si je peut les tenir toute les semaines….

    @Piero : J’avais déjà parlé de son autre groupe, Sabbath Assembly il y’ a quelques mois de cela. Mais effectivement, tous les prétextes sont bons pour en remettre une couche.

    @ Wayne : Effectivement, ça faisait longtemps que je n’avais pas vu un Manchester aussi serein surtout face à une équipe qui nous pose habituellement quelques soucis. On sent que le moral est au beau fixe en ce moment et c’est très très agréable, surtout à quelques jours du Real.

    @Gustave (???) : :-(

  4. Tout est vrai, sauf qu’il s’agissait de serviettes always ultra, et non de tampax que j’aurais au préalable imbibé de vodka.

    Merci pour ce beau récit.

  5. Oui désolé j’ai pas toujours le temps, en fait je passe par hasard de temps en temps dans les autres acad’ en attendant que le Per ait fait son boulot avec 3 jours de retard. Je tenais surtout à vous féliciter pour cette belle victoire.

    Mais depuis j’ai pris le temps de m’intéresser de plus près à votre aventure et j’avoue que je n’ai lu de récit aussi captivant depuis Pelle le Conquérant.

  6. @Luke : Bon sang ! Comment peut-on négliger un détail aussi important et captivant que le paquet de serviettes always ultra ?! A cause de ton état alcoolisé ? Oui, bon d’accord.

  7. Et pour ceux qui croient que je suis ironique, je copie/colle ici un extrait wikipedia qui aidera mieux à comprendre le parallèle entre les deux histoires.

    « Au XIXe siècle, un jeune garçon, Luke, et son vieux père, L’Editeur Belhomme, émigrent de chez eux vers le pub, espérant y voir un match… Dans la Twingo en provenance de chez l’Editeur, celui-ci promet à Luke Qu’ils verront le match dès qu’ils auront atteint le pub. Mais ils sont confrontés à une réalité bien différente. L’Editeur et Luke se voient refuser le match à la télé, et sont mis à l’écart par de méprisants supporters de rugby. Leur situation qu’ils parviennent finalement à arranger n’est pas meilleure que la maigre existence qu’ils ont connue sur la route. Frappés par cette déception, ils n’ont cependant pas d’autres choix que d’essayer de suivre le match d’une manière ou d’une autre… »

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pelle_le_conqu%C3%A9rant

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