Nice-Lille (2-2) : La LOSC Académie livre ses notes

L1, épisode 3
Nice try
  
Il est déjà temps d’établir un constat : le LOSC n’a pas achevé de match sans concéder de but depuis le début de saison. Trois matches, trois buts encaissés par Mickaël Landreau. La défense n’est pas encore dans un état catastrophique, ce n’est pas comme si Lille avait ouvert les vannes défensivement. Pourtant, le but à chaque fois encaissé a coûté des points (ou une chance de qualification), sauf à Sainté où la victoire a été décrochée dans l’ultime minute de jeu. Si derrière cette régularité à ne pas garder sa cage inviolée inquiète, c’est parce que devant l’animation et la finition sont loin d’être au niveau des ambitions affichées par le club. Prendre un but et ne pas parvenir à se montrer dangereux en réaction (sans l’avoir forcément été avant), telle est la tendance de ce début de saison. Le LOSC est impuissant.
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Clairement, on attend beaucoup plus de nos Ch’tis. Ils doivent se montrer durs vis-à-vis de leurs prestations (individuelles et collective), ce qu’a commencé à faire Rio Mavuba en déplorant le manque d’envie et d’implication face à Copenhague. En bon capitaine et relais de Rudi sur le terrain, on espère que ses mots porteront, avec effet immédiat dès ce samedi contre Nice. Coach Rudi doit également se poser des questions. Je ne remets pas en cause tous ses choix, cependant, on voit bien qu’il tâtonne. En tout cas on n’a pas l’impression que Rudi soit sûr de son effectif. A mon avis, sur ce début de saison il ne tranche pas entre Tulio et Nolan à la pointe de l’attaque en fonction de l’adversaire. Il faut bien dire que dans le système actuel, aucun des deux joueurs ne s’est encore montré à l’aise (j’y reviens plus bas).
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Il me semble que les trois premiers matches (oui, même à Geoffroy Guichard, j’insiste) furent décevants non seulement du fait du résultat mais aussi en terme de rythme (l’un et l’autre vont de pair). Le barrage de Ligue des Champions fut triste sur le plan du jeu. Au moins le match fut-il rendu intéressant par l’appétit des Danois, qui nous ont bouffé, pour reprendre des termes employés par Mavuba et par moi-même. Par contre, à Sainté et contre Nancy, on s’est ennuyé. Et qu’on ne me rétorque pas que les adversaires attendaient le LOSC et ne proposaient pas grand chose – difficile de le nier – le club nordiste se doit de gagner ce genre d’opposition.
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Les carences de ce début de saison sont largement discutées. Une majorité des observateurs et supporters s’accorde pour souligner que l’attaque manque de percussion, précisément sur les ailes. Des solutions sont négligées dans l’axe : la pointe depuis le début de saison étant vouée à jouer en remises, que ce soit avec De Melo ou Nolan Roux. Pas de courses en profondeur de leur part, et surtout un rendement douteux voire des matches complètement transparents pour les deux joueurs en charge de cette tâche. Payet n’étant pas au mieux, et Kalou n’étant ni prêt ni lucide devant les cages, il semble qu’une recrue serait bienvenue pour apporter une alternative et une concurrence qui presserait certainement les titulaires à se bouger les miches.
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Las, priorité au secteur le plus en crise jusqu’au 4 septembre. Au moins un offensif doit arriver pour que le LOSC soit compétitif. En sous-main, il ne faut pas oublier les pépins de la charnière défensive : la vulnérabilité de Marko Basa aux blessures exaspère quand la vulnérabilité de David Rozehnal au football de haut niveau horripile. Un jeune premier en pleine ascension, footballistiquement et physiquement parlant, ferait un bien fou à l’effectif. Nul doute que l’on saurait se montrer plus indulgent avec un espoir qu’avec un défenseur censé être expérimenté. Sans parler qu’il apporterait une concurrence qui obligerait peut-être Rozehnal à se bouger le cul. Pas Basa, non. S’il bouge son cul, il se déplace le bassin.
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(Note du Sergent : je parle beaucoup mercato ces temps-ci dans les avants-môtch, c’est du déni, je pallie psychologiquement à l’absence de rumeurs)
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Pour finir, la nouvelle hypothétique à la con : si le club échoue à se qualifier contre Copenhague, en plus d’être ridicule, il vendrait Mathieu Debuchy qui aurait un argument solide pour partir. Se pose la question de sa participation au retour du barrage européen – belle coïncidence que cette blessure au talon. Dans le cas de figure d’une élimination, que je ne souhaite pas imaginer, j’anticipe deux scenarii pour la Bûche :
1/ il ne joue pas le match retour, forfait, et reste qualifié pour jouer l’Europe dans un autre club jouant la Ligue des Champions. Mathieu signe au PSG.
2/ il joue le match retour, n’est plus qualifié pour jouer l’Europe dans un autre club. Il signe à Newcastle, son club de cœur.
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On parle même d’un manque à gagner de 20M€ en cas d’élimination. Ce qui engendrerait une frilosité extrême pour la fin du mercato…
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Pitié. Gagnons à domicile au retour, sans prendre but de préférence, et n’en parlons plus.
Les Aiglons
Besoin de se remettre en confiance ? Pourquoi pas à Nice ? On parle d’une équipe qui a perdu en son antre contre Ajaccio et qui a surtout passé le dernier match résister aux assauts de Valenciennes. « Assauts ». « Valenciennes ». Au Hainaut, l’ancien gardien des Bleuets (7 sélections) Joris Delle a sorti un match énorme.  Et pourtant, fraîchement débarqué, Puel lui a mis la pression en le propulsant titulaire à la place d’Ospina.
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Claudio se veut d’ailleurs très ambitieux et souhaite réaliser de belles choses avec l’OGCN (en même temps, s’il avait dit le contraire, il ne serait pas en train de se la coller sur la Côte d’Azur). Pour ce faire, le Claude doit composer avec un effectif habitué à décrocher le trophée de la 17ème place. Pas évident. Surtout que son projet à long terme est de mener les azuréens vers l’Europe (Nice disposera d’ailleurs bientôt d’un nouveau stade, checkmate). Cela dit, à court terme l’ancien coach des Dogues doit faire avec les moyens du bord, c’est-à-dire compter avec les hommes de base du club et tenter des coups sur le marché des transferts.
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Le secteur défensif est propice aux expérimentations. Puel comptera bien évidemment sur Civelli, joueur dangereux (dans ses interventions parfois, sur coup de pied arrêté souvent), Pejcinovic et Kevin Gomis. Genevois, arrivé de Ligue 2, vient renforcer cette ligne. Sur les côtés, Monzon est l’un des Niçois le plus talentueux (en attaque d’ailleurs), son pied gauche dévastateur lui octroyant une frappe de mule et un avantage sur phase arrêtée. Pas sûr toutefois qu’il fasse de vieux os (ou même qu’il joue ce match) au Stade du Ray (le couloir gauche de l’OL est vacant). Le reste des latéraux paraît bien inexpérimenté : Palun, plutôt milieu, a été véritablement lancé la saison dernière alors que Kolodziejczak, qui vient d’arriver libre, n’a pas joué beaucoup à l’OL. Diacko Fofana, très jeune latéral droit, qui aurait pu s’imposer vient de se faire les croisés. 6 mois sur le flanc. Dur.
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Le milieu n’a pas vraiment bougé depuis l’année dernière. Le polyvalent Digard en est le meilleur représentant. Pour le reste, les places se partagent entre Abriel, Meriem, Coulibaly, Traoré et Anin.
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L’attaque a elle souffert à l’intersaison. Exit l’ailier Mounier, parti chez les champions de France. Il est remplacé poste pour poste par Bauthéac, arrivé en fin de contrat à Dijon. Mouloungui a cédé aux sirènes de l’argent en s’exilant à Al-Wahda. Et oui, à Nice, on souffre d’un départ de Mouloungui. Mais on souffrait aussi de le voir manquer l’immanquable devant le but grand ouvert… Le reste des attaquants ne casse pas trois pattes à un canard : Guié Guié n’a pas encore confirmé sa courte explosion en Ligue 2, et Dja Djédjé n’est pas un tueur (comme Bakar, il est donc probable qu’il marque). Xavier Pentecôte est très souvent blessé (la Basa attitude), sévèrement qui plus est (la Tulio attitude). Dommage, puisque ce joueur a toujours montré de bonnes dispositions quand il a joué. Sa carrière sent le sapin. Genre le sapin de Noël, celui qu’on bazarde parce qu’il est foutu. La lumière pourrait néanmoins venir de Cvitanich, recrue argentine qui attend le départ d’un extra-communautaire (très probablement Monzon, peut-être aussi un des deux gardiens sud-américains, Ospina et Fernandez) pour avoir le droit d’être alignée.
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Puel opte pour un pur 4-3-3 (tactique la plus logique avec les joueurs dont il dispose). Le XI est celui attendu, si l’on excepte la titularisation de Kolo à gauche (Monzon n’est pas dans le groupe et va bien partir à Lyon). Le jeune Bosetti est positionné à la pointe de l’attaque. Djadjéjé sprintera sur l’aile droite face à Bonnart qui lui, euh… tentera de le suivre. Et il y aura du contact au milieu avec Anin, Traoré, et Digard.
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Les remplaçants : Ospina, Gomis, Genevois, Abriel, la carrière de Meriem, Guié Guié, Bahoken.
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Les Dogues
Qu’on ne s’y trompe pas, le match le plus important n’est pas celui-ci, mais le retour contre le FC Copenhague – il reste par contre crucial pour se remettre en selle avant cette confrontation. La question était de savoir si oui non Rudi allait faire tourner, tout en prenant en compte que Debuchy et Basa sont à nouveau forfait.

Kalou s’étant esquinté contre les Danois, sa participation à la rencontre était remise en cause, mais l’Ivoirien est finalement ménagé. Sidibé est dans le groupe pour la première fois en championnat.
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Et il sera même titulaire : Rudi choisit d’aligner une équipe inédite (voire bis). Envie de mettre la pression sur les cadres ? Nécessité de les reposer ? Un peu des deux. En tout cas, Bruno et Sidibé ont des coups à jouer s’ils veulent figurer régulièrement dans le XI de départ. Devant une telle composition, c’est la curiosité qui prime – non sans une once de scepticisme quand on imagine la rigolade que va pouvoir provoquer une charnière Béria-Rozehnal. La disposition change. Roux et Bruno seront plus en pointe que Payet, qui devra se rattraper dans un rôle d’électron libre. Le milieu à trois sera plus compact, avec un trio différent du récent Mavuba / Balmont / Martin : Flo à la récup et à la remontée de balle, Beubeu à la passe, et Gueye à la percussion.
Pour se donner toutes les chances de se relancer, le LOSC a cloné Bruno et Sidibé. Mais pas Balmont ? FAKE.
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Joueront, ou pas : Elana, Chedjou, Digne, Mavuba, Martin, Klonaridis, De Melo.

Je ne sais vraiment pas par où commencer, tellement il y a de choses à dire. Mais en même temps, un tel match laisse un goût si aigre dans la bouche qu’il va être difficile de m’étendre sur la partie que j’ai vue. Naturellement, je dois bien débuter par évoquer la première circonstance négative : l’infernal Stéphane Guy est aux commentaires. Il est déjà insupportable sur la PL, Canal double nos peines en le chargeant de commenter des matches de Ligue 1. Merci, vraiment.
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La première action n’est pas là pour rassurer ceux qui comme le Sergent craignaient une défense déstabilisée par l’enjeu et par une association inédite : Béria tente de trouver son partenaire tchèque de la défense (celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom), mais sa passe termine en touche. Pourtant, s’en suit une première occasion lilloise voyant Roux centrer pour Gueye et une tête plongeante du Sénégalais arriver dans les bras de Delle. La volonté y est.
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Le milieu de terrain lillois rentre particulièrement bien dans son match. La récupération est haute, les trois milieux hargneux (oui, même Pedretti), et le grand nombre de ballons gagnés est une bonne surprise face au trident Traoré-Anin-Digard, au goût pour la poésie bien connu. Les situations chaudes s’enchaînent, la défense niçoise se fait peur : Payet centre en retrait pour Roux, mais Nolan est trop court pour pousser le ballon au fond ; le même Nolan presse les centraux niçois et récupère un ballon dans la surface qu’il exploite mal ; Dim dribble dans la largeur du terrain mais frappe sur Joris Delle avant d’entrer dans la surface (7ème minute). Sans efficacité, au moins trouve-t-on une denrée rare ces temps-ci : de la profondeur.
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Au moment où je me dis que Nice est quand même vachement faible et n’a pas encore montré grand chose, Laurent Bonnart sort du tempo et envoie directement sa passe en touche. Nice en profite pour reprendre confiance : s’ils ne sortent que très peu de leur moitié de terrain, chacune de leurs opportunités de le faire fait exploser la défense lilloise. D’abord (13ème), Bosetti est superbement bien lancé à la limite du hors-jeu (devinez qui est mal aligné ? Rozie). Vif, il se faufile jusqu’à Landreau mais l’ancien gardien des Bleus anticipe le piqué. Cette anticipation comme l’arrêt qu’il réalise sont phénoménaux. Bosetti était tout prêt de marquer son premier but en L1, et doit être bien dégoûté de tomber face à un génie pareil. Puis, Kolo’ lance Bauthéac à gauche qui adresse un bon centre au deuxième poteau pour Dja Djédjé, dont la tête est là aussi repoussée par un bon Landreau (17ème).
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Les Dogues se réveillent. La fraîcheur apportée par les jeunes a cela de bon qu’elle motive ceux qui n’ont ou n’auront a priori peu de chance de jouer. Exemple : Sidibé, au culot, réalise un grand pont sur Kolo et centre. Centre de qualité d’ailleurs, puisqu’il permet, après avoir été repoussé, à Dimitri Payet de déclencher une volée. Delle est sur la trajectoire (22ème). Toutefois le réveil est timide, et la défense semble encore assoupie. Un tir raté de Traoré se transforme en passe. Pejcinovic, resté aux avants-postes, a le mérite de cadrer sa frappe. Mais vous connaissez la rengaine, Landreau est dessus – cet arrêt n’était pas le plus compliqué.
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Contre le cours du jeu, les Lillois profitent de la maladresse de la défense niçoise : quelques relances hasardeuses, contrôles ratés ou temporisations exagérées sont à mettre au rang des failles de la défense azuréenne depuis le début du match. Balmont presse Civelli, récupère la balle et sert Payet dans la profondeur qui s’en va battre Joris Delle en force. L’appel du côté gauche de Dim était parfait. J’apporte au moins cela à son crédit. Le match se débloque (36ème).
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Si Balmont est monstrueux dans tout ce qu’il fait, le secteur défensif ne protège pas vraiment un Landreau à découvert. Sur un coup franc venu de l’aile (mais si, vous savez, celui sur lequel la défense était tellement imperméable l’année passée !), Bosetti adresse une frappe au second poteau. Etonnamment seul contre trois Niçois, Béria ne peut empêcher Pejcinovic de pousser le ballon au fond. Au vu des occasions, l’égalisation est méritée (43ème).
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Au retour des vestiaires, on se rend compte que le scénariste de la deuxième mi-temps a tout piqué sur son homologue de la première. Nice procède en contre, et dix minutes après la reprise, les hommes de Claude Puel tirent profit de la baisse d’intensité lilloise dans le jeu pour placer un contre assassin. Partant de sa propre surface, la carrière de Meriem réalise un long une-deux avec Bosetti. La carrière de Meriem se projette vers l’avant et sert parfaitement Bauthéac dans le dos de la défense. L’ex-Dijonnais envoie une frappe idéalement placée pour battre Landreau. Nice reprend l’avantage (55ème).
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La défense lilloise est cocassement faible dans l’alignement : chaque ballon envoyé dans son dos est dangereux. Rudi décide de changer les choses, changer les hommes. Digne prend la place d’un Bonnart émoussé, Martin celle d’un Bruno transparent. La révolte n’est pas collective, mais individuelle. Touché dans son orgueil sur le but (il n’est pas étranger au mauvais placement de la ligne), Sidibé, au culot à nouveau, traîne au abords de la surface adverse. Le ballon en héritage, il transperce quatre Niçois avant d’aller battre le gardien des Aiglons (59ème). Quatre minutes après le 2-1, le jeune transfuge de Troyes affiche de belles promesses. Tout y est : contrôle de la poitrine, conviction, puissance, spontanéité.
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Les trente dernières minutes sont marquées par deux nouveaux exploits de Landreau. Sur corner avec la tête de Civelli d’abord (66ème), où Micka se couche parfaitement au sol. Et sur un coup franc contré par son propre mur, où pris à contre-pied, le gardien du LOSC réagit d’une manière impressionnante, quasiment aveugle, pour sortir un ballon que tout le monde voyait au fond (73ème). Côté lillois, c’est moins réjouissant. Même si De Melo a remplacé Roux, les ambitions offensives ne donnent pas à croire que les Lillois cherchent la victoire. Payet se précipite trop, rate beaucoup. Pareil sur coup de pied arrêtés : Dim ou Marvin n’arrivent pas à trouver de partenaires. Pedretti fait de très mauvais choix, sans doute épuisé (depuis combien de temps n’avait-il pas fait 90 minutes en championnat ?).
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Faut-il se satisfaire de ce résultat nul ? Deux réponses possibles, à vous de voir :
  • Oui. Au vu du scénario du match et de la forme surhumaine de Landreau, un point c’est bien, un point c’est tout. Après tout, on jouait avec les coiffeurs. Les jeunes se sont montrés, et Payet a oublié son pénalty raté.
  • Non. On parle quand même du LOSC, qui veut jouer les premiers rôles et émerger sur la scène européenne. On ne peut pas dire que la confiance soit revenue avant Copenhague. Sans faire injure à l’OGN Nice, qui n’a vraiment pas mal joué par moments, et à ses supporters (amis),  il faut rester lucide et ambitieux. Un match nul, avec deux buts encaissés par une défense friable (qui aurait pu en prendre plus !), est une contre-performance. De plus, on a vu que le banc n’était pas au niveau, et que l’effectif était trop juste.
Landreau  : Épique ! Une série de parades inimaginables. La défense ayant été très perméable, il nous fallait un Landreau des grands jours pour ne pas repartir bredouille de la Côte d’Azur. Que ce soit en face-à-face ou lorsqu’il était pris à contre-pied, ses réflexes ont été prodigieux. Mention spéciale pour ses interventions « je suis déjà par terre, vous croyez qui je suis battu, mais non, hop, manchette ! ».
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Béria et Rozehnal  : Si Landreau arrête les frappes, la défense n’arrête pas les conneries. On pouvait le craindre : une défense inhabituelle composée de joueurs pas au top de leur confiance ne risquait pas de briller. Rozehnal a fait malheureusement du Rozehnal (placement douteux, excès d’engagements, friction avec Civelli, régulièrement en retard dans ses interventions) tandis que Béria, baladé de match en match à tous les postes (à gauche, à droite, dans l’axe), ne s’est pas du tout accordé avec le Tchèque. J’attendais de lui qu’il soit le leader de cette défense expérimentale, mais son placement sur le coup franc amenant le premier but niçois dément mes attentes : ou bien il n’a pas dirigé ses coéquipiers (qui ne l’ont du coup pas suivi), ou bien il s’est lui-même mal déplacé par rapport à eux. Cet axe a été baptisé le Bérianal (merci au Long pour ce sobriquet, il se reconnaîtra).
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Bonnart  : Rudi sort Lolo de temps en temps. Cet après-midi, petite promenade au soleil pour Bonnart. Défensivement, ce n’était pas une catastrophe, mais il n’a absolument pas/plus le coffre pour jouer offensivement à la lilloise. Son apport devant est proche du néant. Il a souffert sous le soleil en première mi-temps (faut pas sortir les vieux lors de la canicule, merde !), et a ensuite profité de l’ombre du Ray pour s’éclipser.
> Vite fatigué, il a cédé sa place à Digne , plus actif que lui (pas compliqué).
La pause hydratation, à tous les matches pour Lolo Bonnart.
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Sidibé  : La grosse satisfaction du match, c’est Djibril. D’ailleurs, il a certaines des qualités du Djibril qu’on connaît mieux, à savoir bonne vitesse de pointe et débauche d’énergie colossale (synonyme : tout droit). Plutôt à l’aise dans la couverture de balle, son placement défensif est en revanche à revoir (cf. le second but niçois). Offensivement, c’était très intéressant, et il semble bien avoir compris les rudiments du jeu des latéraux du LOSC. Il se rattrape bien de son placement douteux en s’imposant face à quatre Niçois avant de battre Delle pour égaliser. Le joueur le plus percutant du match. L’arrière droit. De 20 ans.
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Gueye  : Nul doute qu’il a dû lire les propos du Sergent à son sujet. Bien meilleur que face à Copenhague, monstrueux même en début de match à la récupération, avec un rôle polyvalent dans le milieu de terrain, tantôt défensif, tantôt dans l’animation, Idrissa a par contre baissé le pied en seconde mi-temps. Du progrès !
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Pedretti  : Prestation globalement quelconque.
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Balmont  : Evidemment capitaine en l’absence de Rio, le crâne luisant de l’artiste chauve a éclairé la partie de toute sa classe, sa hargne, sa volonté, sa technique, sa vision du jeu… (ad lib). Sa récupération et son ouverture décisive sur le premier but ont fait chavirer le Sergent.
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Bruno  : Je refuse de noter Gianni sur ce match pour la simple raison qu’ailier n’est pas son poste. Il a beaucoup bougé, mais n’a pas souvent été trouvé. Alors que nos attaquants de pointe sont complètement transparents, c’est tout de même con de ne pas l’essayer dans l’axe. Klonaridis est si nul pour ne pas jouer à sa place ?
Martin  a apporté plus de solutions en jouant plus haut que d’habitude. Les bonnes dispositions d’un Marvin offensif donnent des idées.
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Payet  : Pfff… j’aimerais lui mettre plus, mais il est tellement chiant à frapper dès qu’il le peut alors qu’il y a mieux à faire. Du déchet dans le jeu et sur coup de pied arrêté. Devra être bon contre Copenhague. Ce n’est pas son but qui fera oublier son match atroce à l’aller. Pour situer un peu les problèmes du LOSC : il est l’ailier lillois le plus en forme. C’est vraiment super.
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Roux  : Le football sans attaquant en France, c’est pas au PSG, c’est au LOSC. On n’a pas d’attaquant de pointe crédible. Ok, Nolan a enfin apporté de la profondeur sur ce match. Ok, on l’a trouvé pas mal de fois en première mi-temps – seulement sur les ailes, avec personne dans l’axe. Les rares fois où il a reçu le ballon dans une position axiale, il l’a perdu à cause d’une couverture de balle anémique ou d’une tentative de dribble sans conviction. J’aime bien Nolan, mais bordel, un attaquant qui ne frappe qu’une fois au but dans son match, c’est laid.
Tulio  sait garder le ballon, mais qu’est-ce qu’il est lent.
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Pour précision, le barème du Sergent :
  • 5 – le match parfait. Note attribuée à un joueur ayant été décisif à la fois dans le résultat ainsi que dans la prestation de son équipe, et monstrueux sur tout le terrain. Synonyme : Florent Balmont.
  • 4 – le gros match. Note typique du joueur volontaire qui s’est montré fréquemment, danger pour l’adversaire ou moteur de son équipe, et qui a excellé dans son domaine.
  • 3 – le match normal. A fait ce qu’on attendait de lui, et l’a bien fait. Ni plus, ni moins.
  • 2 – le match trop normal. A fait ce qu’on attendant de lui, mais ne l’a pas forcément bien fait (erreur, fautes, imprécision).
  • 1 – le match de merde. Joueur complètement à côté de la plaque, boulet pour son équipe, qui foire dans le registre qui est censé être le sien. Postule à une place dans le groupe du Onze Anal.
  • 0 – le match anal. A fait des conneries coûtant très cher à  son équipe,  et a raté peu ou prou tout ce qu’il a tenté – s’il a tenté. S’accorde parfaitement avec les air-prestations. Capitaine du Onze Anal.
  • nn – n’a pas été noté, soit parce qu’il n’a pas eu assez de temps de jeu (remplaçant entré sur la pelouse), soit parce qu’il a été victime de circonstances qu’on peut trouver atténuantes (blessure, exclusion sévère, tactique).
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Prochain match, prochaine académie. Pour les exploits de Landreau et de la charnière, c’est par là. La bise anale.
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Sergent Garcia
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academicien

Le plus grand auteur Anal de football

11 commentaires

  1. « Il est déjà temps d’établir un constat : le LOSC n’a pas achevé de match sans concéder de but depuis le début de saison. Trois matches, trois buts encaissés par Mickaël Landreau. » Y’a pas un souci arithmétique avec les deux qu’il a pris là?

  2. Grand merci au sergent pour ce rapport ! Je n’avais pas pu voir le match et grâce à lui, je sais tout :-)

    Heureusement qu’il y a ces matchs importants en semaine qui poussent Rudi Garcia à donner du temps de jeu aux jeunes le week-end.

    À lire le rapport, on ne peut pas trop compter sur Payet pour envoyer des caviars aux copains, c’est pourtant ce qu’on attend essentiellement d’un ailier, non?

  3. Le Sergent est lui aussi touché par la grâce de Balmont.

    A voir alignés Bonnard et Roseanal ensemble, Landreau à dut changer de slip dans les vestiaire pour un renforcé, ceci explique cela.

    Du coup, comme Nolan ne sais plus jouer dans l’axe à force de se faire trimbaler sur les ailes, et que Kalou semble aimer y rentrer plus que maman dans papa, ou papa dans maman, j’attends de voir les deux jouer ensemble à leur vrai poste pour permuter, on sais jamais, sur un malentendu ça peut passer …

  4. Pourquoi ne pas noter Bruno? Beria a eu 1 ce que je trouve assez sévère en ayant joué stoppeur ce qui n’est pas son poste.Gueye a été descendu face à Copenhague après avoir joué relayeur alors qu’il est plutôt MD.Au foot on doit être capable de jouer plusieurs postes non?

  5. @LeChmul : je t’avoue que je ne sais pas quelle association serait la mieux pour la foutre au fond. Kalou est maladroit devant le but, et Roux semble avoir peur de frapper en ce moment…

    @natalinho : pour répondre à ta question, pas forcément. Le vrai poste de Gueye fait débat, et il a vraiment permuté avec les deux autres pendant le match.

    Béria est polyvalent, et a cette note plusieurs raisons :
    – il nous a habitué à mieux dans l’axe pour ses dépannages de la saison dernière (même avec Cetto !)
    – sa responsabilité sur le but de Pejcinovic
    – son association défaillante avec Rozehnal (c’est d’ailleurs pour ça que la note est pour le binôme).

    En ce qui concerne Bruno, je ne le note pas :
    – parce qu’il est jeune
    – parce qu’il n’a clairement jamais montré les qualités pour jouer comme un ailier
    – parce qu’il n’a pas fait une heure
    – parce que je l’aime d’amour.

  6. @Sergent

    Bah oui, mais on a que ça pour claquer… Aligner Tulio nous fait manquer de profondeur depuis le départ d’Eden (sujet départ d’Eden = point Goodwin lillois, check), qui n’est de plus pas un monstre d’efficacité avec ses pieds, et je doute que Rudi alignera Bruno titulaire très régulièrement (et plus sur l’aile SVP, merci).

    Quand a Payet, même sur son but je me suis surpris à gueuler « Pas de plat du pied à raz de terre au centre des cages putain ! », chose qu’il semble faire sur l’ensemble de ses frappes.

  7. j’ai mal à mon Elana quand je vois la performance de Landreau, pourquoi Lille, mais pourquoi ?

  8. Pour moi Gueye est davantage un milieu défensif,soit seul devant la défense soit avec un autre MD.Mais il s’est adapté à ce poste.

    Concernant Bruno s’il avait marqué un doublé il aurait eu 4 ou 5 non? Pour moi il méritait juste 0,5 pour l’encre et moi aussi je l’apprécie.

  9. @natalinho : Possible pour Bruno, mais ça voudrait dire qu’on l’ait trouvé. Note que c’est sa première titu en Ligue 1, je saurai être moins tolérant avec lui pour la suite.

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