San Lorenzo – Huracan (3-1), la Pampa Académie est bieng

Salut les moches,

Ce dimanche 15 mars 2015 s’annonçait bien morose pour diverses raisons : un samedi soir sur lequel je ne m’épancherai pas, des partiels d’Analyse Budgétaire et de Droits des Sociétés à réviser, et surtout un Rennes-Lille qui m’aura laissé bien désabusé. Vous n’êtes pas sans savoir qu’un triplé d’Origi est classé 3ème dans la liste des évènements les plus atroces qui puisse vous arriver dans la vie, juste derrière le cancer des testicules et l’élection de Nicolas Dupont-Aignan. J’aurais vraiment préféré passer la journée devant Drucker. C’est donc peu de dire que tous mes espoirs quant à la survie de ma santé mentale se jouaient ce dimanche même aux alentours de 22h15. Ne fut-je pas agacé tout d’abord de voir que le match qu’avait décidé de programmer ces manches de BeIn Sports était un très peu prometteur Argentinos Juniors – Estudiantes, où le commentateur se permettra même de dire que le match Quilmes – Velez Sarsfield était plus important que LE clasico de l’année, c’est vous dire à quel point on rasait les pâquerettes de près chez les qataris. Je sens la soirée de merde qui s’annonce. Pour mieux comprendre, un peu de contextualisation s’impose.

Il existe, en Argentine, une dénomination pompeuse désignant cinq clubs comme « Les 5 grands d’Argentine », comptant parmi eux les cinq clubs ayant remportés le plus grand nombre de titres de champion, c’est-à-dire River Plate, Boca Juniors, l’Independiente, le Racing et San Lorenzo. En l’occurrence, j’imagine que vous êtes au courant que le match River-Boca a tendance à être un peu tendu du slip vu qu’ils ont eu la prétention d’appeler le match le Superclasico (on appréciera le pied-de-nez au Barça-Real, mais bon ça se la pète quand même grave). Ce que vous savez peut-être moins, c’est que les Racing-Independiente, qui sont les deux clubs de la ville d’Avellaneda, en banlieue proche de Buenos Aires, font également des misères à la pression sanguine des locaux. Si vous n’êtes pas complètement stupides, ce dont je doute fortement, vous commencez un peu à comprendre que dans la franc-maçonnerie d’opérette du football argentin, San Lorenzo est un peu la cinquième roue du carrosse. Parce que, si ça fait toujours des étincelles quand deux des cinq grands s’affrontent, aucun match comprenant San Lorenzo ne finit vraiment avec du sang sur les murs. Ce qui lui vaut d’ailleurs les moqueries de ses pairs, qui ne sont pas vraiment des chantres de l’intelligence ni du tact. Oui, le clasico de San Lorenzo, c’est Huracan. Et je n’ai pas honte de dire qu’il a bien plus de gueule que les autres.

Certes Huracan (et c’est la seule fois de l’académie que je les défendrai, mais ne vous inquiétez pas, je leur mets tout incessamment sous peu), n’a pas le palmarès de Boca Juniors. Mais ce n’est pas Gimnasia non plus : si la majorité de leurs grands titres datent de l’ère amateur du championnat argentin, ils sont tout de même au nombre de 5. On y rajoutera en plus une Coupe d’Argentine qui date, elle, de la saison dernière ce qu’ils ne manquent de rappeler à personne, ces marauds. Mais si les rencontres entre le Cyclone et la Montgolfière possèdent une aura presque romantique, ce n’est pas une question de football, et ce n’est même pas une question de supporters : c’est une question de quartier.

Si aucune des deux équipes n’est née dans le quartier administratif actuel de Boedo (San Lorenzo à Almagro, Huracan à Parque Patricios), les deux clubs sont intimement liés à ce qui est l’un des coins les plus emblématiques de Buenos Aires. Contrairement aux bicoques luxueuses abritant les supporters de River Plate, Boedo est un quartier qui sent la classe populaire, mais surtout qui pue la culture et la littérature. Il sera notamment le point d’origine du groupe littéraire sobrement dénommé Grupo Boedo, une bande de filous avant-gardistes des années 20, que je n’ai absolument jamais lu, mais il y a plein de gens bien qui ont dit que c’était vachement sympa, du coup, moi je les crois. Il paraît que ça abordait des thématiques sociales et ouvrières, et si vous n’êtes pas de droite, je sais que ça vous plaît déjà. C’est également le décor d’une des plus célèbres chansons de tango, « Sur » de Homero Manzi, et là par contre je sais de quoi je parle. Ca parle d’amour perdu et de temps qui passe, c’est beau comme le coucher du soleil dans le port d’Audierne, et j’en sérénade toutes les demoiselles qui décident qu’elles en ont assez de moi (ça fait beaucoup, je suis invivable). Y verront également le jour les premiers théâtres indépendants, et pléthore de cafés y fleuriront. Ca a quand même une autre tronche qu’un Mönchengladbach-Köln. Bref, vous, parisianistes qui ne sortez jamais de votre arrondissement, imaginez cette rencontre comme un FC Ménilmontant-Olympique de Belleville (non que je cautionne une quelconque uchronie fantaisiste, j’essaie juste de parler dans votre langage de bobos alcoolisés).

Malheureusement, il a fallu qu’un des deux clubs gâchent ce qui pourrait être un des matches les plus classe du football mondial en étant complètement ridicule. Déjà, rien que le nom. Club Ateltico Huracan. Avant que vous ne débouliez sur Reverso, ça veut dire Club Athlétique Ouragan. OURAGAN PUTAIN ! Je retire ce que j’ai dit précédemment, c’est pas l’Olympique de Belleville, c’est le FC Giboulées de Mars, bordel. Ils auraient pu essayer d’arranger le coup en se trouvant un surnom stylé, mais leur tentative fut aussi infructueuse que peu originale. « El Globo » qu’ils se sont appelés. Déjà, le Globo, c’est très laid à dire, c’est dire leur absence de compréhension de toute l’esthétique littéraire qui a fait la célébrité du quartier ; mais en plus de ça, c’est aussi le nom d’une boîte de nuit boulevard de Strasbourg dans le Xème, qui passe de la musique toute dégueu et qui sent les sécrétions sudoripares. Ce ne saurait être une coïncidence. Ceci étant, ils ont choisi ce surnom par rapport à leur logo, qui est censé être une montgolfière (qui est la traduction de « globo », si vous suivez un peu), c’est vous dire s’ils ont été chercher loin. Les hinchas de San Lorenzo, bien évidemment plus fins et caustiques, tels de purs produits de leur environnement, décidèrent de façon équivoque de se nommer le Cyclone. Personnellement, ce qui m’étonne le plus, c’est comment ils ont fait pour être pris au sérieux au cours de leurs presque 107 ans d’existence. Ca me dépasse. Ca n’a pas l’air de déranger les argentins d’avoir un club portant un nom de catastrophe naturelle gambader tranquillement dans leur paysage footballistique. Il n’y a que The Strongest, club bolivien inconséquent, pour faire pire. Non contents d’être les parangons de la pignouferie, ils auront notamment vu passer dans leurs rangs Daniel Montenegro et Lucho Gonzalez, c’est vous dire leur haine de tout ce qui est beau. Et c’est donc ce dimanche, 100 ans après leur première confrontation et 4 ans après leur dernière que San Lorenzo et Huracan se retrouvaient. Présentation.

 

LE MOMENT PANINI

Une araignée a un jour dit : « There are good men in service to bad causes ». Cette citation est ô combien adaptée à notre esthète du jour, tout droit sorti des centre de formation de Huracan. Jésus ou Judas, je vous laisserai ce jugement. Ceci étant, il ne peut être nié que lorsqu’il danse avec ses adversaires, ce n’est pas la vulgaire samba lubrique de Ronaldinho, mais un tango agile et déroutant. Il est capable de faire de la pelouse semi-gelée de Saint Symphorien le théâtre de gestes dont la beauté inhérente remet sur la table la sempiternelle question de mon homosexualité latente. Malheureusement pour ce triste sire, il a fallu que toutes les liquettes qu’il ait portés soient laides de l’extérieur (Palerme), ou infâmes par leur signification (Huracan, Paris Saint Germain). Qu’importe le maillot, pourvu qu’il y ait Javier.

 

L’HEURE DU DUDUDUDUDUDUEL

Assez disserté sur le passé des deux clubs, il y a un match à gagner. Huracan revient de la deuxième division mais ne s’en sort pas trop mal vu comment les nombreux promus galèrent cette saison. Au petit classement des promus, Huracan est 4ème sur 10 derrière les Argentinos Juniors, Union et San Martin de San Juan. Ils restent cependant assez loin des places d’honneur, et sont donc à priori une proie docile pour que San Lorenzo puisse se faire les dents au vu de la course au titre qui se lance déjà. Il est donc d’autant plus inconcevable à mes yeux que mes bien-aimés s’inclinent. Je suis déjà pas passé loin de niquer mon fauteuil devant Lille-Rennes, j’aimerais que les lattes de mon plumard survivent. C’est pourquoi je compte énormément sur le XI aligné par Bauza pour ne pas provoquer mon ire.

 

Une équipe somme toute très classique proposée, 4-2-3-1 avec deux latéraux très offensifs, deux bulldogs devant la défense et 4 artistes devant. Je préfère personnellement Ortigoza à Kalinski, mais bon, pas le temps de pinailler. Les joueurs de Huracan, je les connais pas, et j’en ai rien à foutre. Ils sont laids, ils sont gras, et ils sentent la sueur, c’est tout ce que je sais.

Une équipe somme toute très classique proposée, 4-2-3-1 avec deux latéraux très offensifs, deux bulldogs devant la défense et 4 artistes devant. Je préfère personnellement Ortigoza à Kalinski, mais bon, pas le temps de pinailler. Les joueurs de Huracan, je les connais pas, et j’en ai rien à foutre. Ils sont laids, ils sont gras, et ils sentent la sueur, c’est tout ce que je sais.

Le début de match est à l’image de l’écart de niveau supposé entre les deux équipes. Buffarini et Mas montent énormément dans leur couloir et ne ménagent pas d’efforts pour bloquer d’éventuelles relances rapides de Huracan. Il y a par contre nombre d’imprécisions dans les 30 derniers mètres et on a beaucoup de difficulté à atteindre Matos devant, mais le ballon circule plutôt bien entre les deux lignes de milieux, et ce, pas grâce à Enzo Kalinski. Si je le prends à parti, c’est pas seulement parce que je suis un connard, c’est aussi parce qu’il est incapable de tenter une passe à travers les lignes sans la foirer monumentalement, heureusement que c’est pas lui qui est fautif sur le premier but. Parce que oui, malgré la domination, ces pleutres, ces pendards, ces pieds plats, ces marauds, ces faquins, ces butors, vont ouvrir la marque d’une jolie frappe. Frappe qui n’aurait jamais du exister, parce qu’il me semble (et je peux me tromper), que lorsqu’un attaquant n’a pas un défenseur à 10 mètres de lui, la politique à adopter serait de monter dessus, et d’éviter de lui laisser un boulevard pour tirer. Bref. Je vais mal.

 

Là, comme si j’en avais vraiment besoin, j’ai perdu ma connexion et donc le streaming qui me permettait de visionner la rencontre, du coup, je ne sais pas ce qu’il s’est passé pendant les 15 minutes qui ont suivi. D’après le résumé de Futbol para Todos, Huracan aurait dominé avant que San Lorenzo ne remette progressivement le pied sur le ballon. J’y crois peu. Bref, ne fut-ce pas ma surprise de voir, lorsque mon stream reprendra enfin, que le SCORE ETAIT DE 1 PARTOUT SA MERE. Le but n’avait été marqué par personne d’autre que l’enfant de Boedo, Leandro Romagnoli, qui se démenait comme un beau diable depuis le début du match, parfois avec un peu de déchet technique, mais avec des tripes que jalouseraient les caennais. Sur une bonne remise de Matos dans la surface, Leandro gagne son duel sur un tir croisé. Je vais un peu mieux, si bien que j’agace mes congénères, qui avaient le sphincter probablement trop tendu par un Olympico dont je n’avais strictement rien à foutre.

 

San Lorenzo contrôle toujours le rythme du match, mais m’agace en manquant toujours de précision dans les derniers et avant-derniers gestes. Matos a une activité de pitbull piqué aux amphétamines, mais a le déchet technique d’un pitbull piqué aux amphétamines. Mussis et Blanco sont des pétards mouillés. Alors que je commence à redescendre peu à peu de mon nuage, corner azulgrana. La défense de Huracan, soit apathique soit tout simplement très généreuse, cafouille à la retombée, et Carruzzo, défenseur central de son état, catapultera la balle au fond des filets avec un opportunisme digne des plus grands. Je ne sais alors plus trop où je me trouve, mais je sais que je suis heureux. J’en ai même oublié temporairement la défaite du Stade Rennais c’est dire.

Je profite alors de la mi-temps et de mon optimisme retrouvé pour manger mon plat préféré, des sardines au piment, dont le goût endiablé et les arômes enflammés m’auront fait perdre la notion du temps et ainsi rater le début de la seconde période. A peine le temps de me remettre de mes émotions gastronomiques qu’à la 57ème minute, un attentat d’un illustre inconnu de Huracan fait chavirer ce bel homme de Leandro Romagnoli (encore lui) dans la surface de réparation. Les montgolfières crient au scandale, hurlent à qui veut l’entendre que ce n’est que de la pure simulation, et ce en s’affublant d’une théâtralité exacerbée que je trouve révoltante. Je ne mettrai pas les images de la faute (je fais ce que je veux) donc vous serez tenus de prendre mon avis pour argent comptant. Conséquence :

 

Sur le coup, j’ai regretté l’absence sur le terrain de Nestor Ortigoza, dont le taux de réussite aux penaltys est invraisemblablement élevé, et je ne suis pas super serein quand c’est Matos qui s’élance aux 11 mètres. Il me fera bien mouler ma grosse gaufre d’enculé. 3-1 pour San Lorenzo.

Huracan poussera jusqu’à la fin du match, une pratique qui sera encouragée par le bloc atrocement bas du Cyclone. Dans un élan d’excitation, un supporter de San Lorenzo surgira sur la pelouse pour soi-disant tenter de frapper le coach adverse, ce qui fut tout de même divertissant à défaut d’être intelligent. Huracan se créera des occasions mais ne trouvera pas le fond des filets de Saint Torrico. Tant mieux. San Lorenzo s’impose sur le même score qu’il y a 100 ans. Je peux donc exulter. J’en suis même venu à retweeter un peu tout et n’importe quoi, mais je suis maintenant suivi par quelques supportrices de San Lorenzo que la déontologie m’empêche de vous montrer, donc je vous emmerde.

J’apprendrai par contre plus tard qu’un hincha de San Lorenzo, Pablo Gimenez aura fait une chute mortelle depuis la tribune, blessant également 2 personnes. RIP à lui.

El resumen

 

LES NOTES 

Sebastian Torrico : 3/5 : A fait son taf. Un peu avancé sur le but quand même.

Emmanuel Mas : 3,5/5 : Grosse pression d’entrée sur son couloir et une position globalement très haute sur le terrain. Un peu cramé en fin de match, il aura souffert comme tout le monde.

Mauro Cetto : 2/5 : Je commençais à bien l’aimer mais ce manque de réactivité sur le but m’aura bien rappelé que j’avais affaire à un nantais.

Matias Caruzzo : 3/5 : Au moins aussi apathique que son comparse sur le but de Huracan. Un petit bonus lui sera tout de même accordé pour son but de renard.

Julio Buffarini : 3/5 : Aura eu, à l’instar de son alter ego du couloir gauche, une très grosse activité, notamment en début de match. Un peu moins incisif par contre.

Enzo Kalinski : 1,5/5 : Non. Non ! Relativement solide défensivement, mais arrêtez de lui donner la balle, putain.

Juan Mercier : 4/5 : Patron au milieu, comme d’habitude. Il aura aussi eu son déchet technique, mais il aura du faire des efforts pour rattraper les conneries de Kalinski.

Franco Mussis : 3/5 : Il aura couru, ça, personne ne lui enlèvera. Il aura tenté aussi. Il aura pas mal raté, mais je lui mets la moyenne pour avoir participé à l’étouffement de Huracan en début de match.

Leandro Romagnoli : ALLAH/5 : Merci. MERCI PUTAIN.

Sebastian Blanco : 3/5 : Moins d’activité que Mussis, mais moins de déchet aussi. Pas un match de référence non plus, heureusement qu’on a gagné.

Mauro Matos : 4/5 : Quel homme tout de même. Faites lui faire pipi dans un gobelet, moi je n’y crois pas une seule seconde à la possibilité de l’existence d’un être humain pareil. Il aura raté plein de trucs, mais tout ce qu’il aura réussi aura amené un but ou presque. Donc bon. Beaucoup d’amour sur lui.

 

LE MERCI POUR CE MOMENT

https://www.youtube.com/watch?v=fxgsfBoGNsQ

 

CLASSEMENT

 

LE MOMENT DE SE DIRE AU REVOIR

 

Après avoir disposé de ces spermatozophages (dédicace à C.B), San Lorenzo conforte sa 3ème place. Si ces fins de race de Central et Boca n’avaient pas gagné aussi, San Lorenzo aurait même pu prendre la tête du championnat. Il est peut-être encore trop tôt pour parler de course au titre, mais San Lorenzo lance très bien son campeonato. C’est plus compliqué en Libertadores où la qualification dans le groupe de la mort est très compromise, après deux défaites face aux Corinthians et à Sao Paulo, et ce malgré un bon niveau de jeu proposé. Quant à moi, je ferai un hiatus sur la prochaine journée de championnat, car je vais m’atteler à la (longue) rédaction d’un article pour les copains de Trashtalk, à qui j’avais promis (par email, certes) monts et merveilles il y a maintenant de ça 8 mois. On se retrouve dans deux semaines pour un sympatoche Boca Juniors – Estudiantes.

 

A bientôt les moches,

 

Votre Laezh Dour qui vous aime

Luke Seafer

Fils de Satan, fils du metal, fils de la haine, fils de Cobra.

3 commentaires

  1. Du coup lors de la journée ou se jouent tous les classico, ils vont attribués qui l’AFA ?

  2. Je voulais dire, quel équipe a jouer deux fois et définie comme votre clasico vous a été attribués

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