« This Must Be The Place Tupett », Warren Footsicologue

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Nouvelle chronique, ancien auteur

Salut c’est Warren,
Je ne m’occupe plus de la Gunners Academy parce que je supporte désormais Man City.
Comme la passion pour mon nouveau club grandit moyennement vite, je préfère ne pas m’occuper de l’académie, surtout qu’elle ne sera pas lue…en France on n’a pas la culture vraie des clubs historiques authentiques (à part peut être Bruno Roger-Petit avec le PSG).
Je me disais ça l’autre soir en lisant du Joachim Barbier, avec un Glenmorangie, un cigare, à côté d’un feu de cheminée pas génial puisqu’artificiel (j’habite un écoquartier neuf et délabré) et j’ai eu cette géniale idée de parler de foot ET  musique, d’une manière dialectique, didactique, historique mais pas cynique. J’ai pas vérifié mais il me semble que cela n’a jamais été fait.
En effet, en France on n’a pas de culture foot, on n’a pas de culture pop, et on n’a pas de culture vraie, du coup je lance cette rubrique qui me permettra de partager avec vous mes grandes connaissances musicales, footballistiques, pour résumer: des petites pépites cachées que vous vous empresserez de raconter à des filles pour les draguer, et ça marchera, vous pourriez même avec un peu de volonté vous débarrrasser du poids de la routine, vous mettre à vous laver et ce cercle vertueux de confiance vous permettrait peut être d’envisager l’avenir avec un sourir. Profiter de mon bilinguisme et mon exceptionnelle culture, épanouissez vous dans le savoir.

Pour cette première, on commence avec un classique qui sera joué lors de mon incinération.

Ecoutez d’abord.

Dans un instant mon analyse, mais d’abord, en préambule, quelques éléments de contexte indispensables.

David Byrne, auteur chanteur, ne supporte pas d’équipe écossaise (j’ai fait des recherches, c’est vérifié, voyez par vous mêmes )

Sauf… sauf… sauf… que ce passionné de cyclisme a été un footix pendant un an (ça me fait penser à certains journalistes ça tenez)… en 1983. Pourquoi ? Parce qu’Aberdeen gagne  la Coupe des coupes en 1983… année de sortie de… This Must Be The Place.

Allez, plongeons nous dans ces paroles.

Home is where i want to be. (C’est à la maison qu’on est bien)
Le footix canadien se sent mélancolique et voudrait revoir son Ecosse chérie et Aberdeen über alles.


Pick me up and turn me round (prends moi retourne moi)
Là c’est simple et ce n’est pas sale bande de pervers: il était simplement défoncé au moment de la composition du morceau. Il faut savoir que comme moi, David apprécié le Glenmorangie pour sa légèreté, son aspect fruité, et son impact neuronal inestimable.

I feel numb – born with a weak heart (je me sens étourdi et j’ai un défaut cardiaque un peu lourd)
Hommage d’anticipation à Kanu. C’est très visionnaire et bluffant, mais David a avoué avoir souvent des visions lors de crise de végétalisme.


(so i) guess i must be having fun (Donc on va dire qu’on s’amuse hein ?)
Il sait qu’il est supposé s’amuser, mais la culpabilité du footix opportuniste le ronge. On est dans du Dostoïevski. Que c’est beau et troublant, « comme l’érection d’un enfant » dirait Jean-Paul Hoth, mais ce serait déplacé.


The less we say about it the better (Le moins on en dit, mieux c’est…)
Ok David, n’en parlons plus.


Make it up as we go along (inventons en chemin)
et mythonnons…

Feet on the ground (les pieds par terre)

Head in the sky (alors là quand même vous pouvez la traduire vous même celle là)
It’s ok i know nothing’s wrong . . nothing (c’est bon ça va, rien ne peut m’arriver je suis intouchable… )
Hi yo i got plenty of time (j’ai tout mon temps…)
Hi yoyou got light in your eyes (fais gaffe t’as la lumière dans les yeux)
And you’re standing here beside me (et t’es là derrière moi…)
Digression, David est bourré, le mec qui a du le retourner tout à l’heure, le soutient, et lui fout sa lampe torche en pleine tronche pour éviter que David s’endorme dans son vomi.

I love the passing of time (j’aime le temps qui passe…)

Le footix qui prétend que les passes décisives sont plus belles que les buts. A ce propos, une rumeur circule sur le web alternatif comme quoi David Byrne serait venu récemment commenter l’article des CDF sur les passes décisives.

Never for money (jamais pour l’argent)

Tacle direct à la carotide du Real Madrid défait en finale, et déjà symbole à l’époque de la dérive du football post Bosman.


Always for love (…)

Métaphore religieuse totalement inaccessible.

Cover up + say goodnight . . . say goodnight (Couvre toi et dis bonne nuit)
Comme il n’y avait pas encore le SIDA à l’époque, ou peut être que si mais ça ne concernait pas les hétéros du foot, il n’y a pas de référence au préservatif. Le « couvre toi » ici est une possible référence au fait que le quart contre le Bayern Munich aurait été acheté (rumeur lancé par John Toochak journaliste au Luzerner Zeitung à l’époque)

Home – is where i want to be (voir plus haut)
Ramener la coupe à la maison. Classic Shit Dave.

But i guess i’m already there (mais en fait j’y suis déjà là non ?)

Les ravages de la drogue.

I come home – -she lifted up her wings (j’arrive à la maison et elle soulève ces ailes)
La coupe n’était pas la coupe des champions, donc pas de grandes oreilles. Elle a de plus été gagnée en 4-3-3 (ou en 4-2-1-2-1, ou en 4-5-1) avec des faux pieds. inutile de dire l’importance des ailiers dans la vie de Dave, surtout en faux pieds, puisque Dave pourtant gaucher, jouait de la guitare en droitier.

 

Guess that this must be the place (je pense que c’est le bon endroit)
Quand on reconnait même plus chez soi…

I can’t tell one from another (j’arrive pas à distinguer)
C’est le passage un peu pénible de la chanson. Comme tout bon gros junkie Canadien d’adoption Dave s’abandonne à des phases narcissiques en pleine introspection de la défonce.

Did i find you, or you find me? (c’est toi qui m’a trouvé ou c’est moi ui t’ait trouvé toi purée ?)
voir ci-dessus.

There was a time before we were born (Il y avait aussi une époque avant notre naissance)
Possible allusion à Raymond Kopa. Il y a débat. Certains pensent que David fait plutôt référence à l’utérus de sa maman… Mais alors pourquoi le « we », David n’ayant pas de jumeau…

If someone asks, this where i’ll be . . . where i’ll be (Si quelqu’un me demande, c’est là où je serai)
Hi yo we drift in and out (ça c’est chiant à traduire en gros « On ère, dans quel état gères tu ? »)
Hi yo sing into my mouth (chante dans ma bouche)
Toujours la défonce… le calme avant la tempête, et l’hommage au grand manager qui inspira la carrière de producteur de David. Vous la sentez, elle arrive la révélation finale. La référence culturelle qu’il vous manquait et que David et moi allons vous servir sur un plateau.

Out of all tose kinds of people (Parmi tous ces gens)
Le manager parmi les managers.

You got a face with a view
Un visage avec une vue, le manager a des lunettes. Et une vision donc. Qui sera révélée après l’arrêt Bosman.

I’m just an animal looking for a home (je ne suis qu’un animal qui cherche sa maison… son nid douillet)
Référénce évidente à cet instinct animal que ce grand manager recherchait chez ses buteurs, et qu’il ne trouva jamais chez un autre David B. Le Bellion….

Share the same space for a minute or two (qui aimerait partager le même espace pour une minute ou deux)
Référence à cette fameuse faille spatiotemporelle. Le Fergie Time. Oui c’est Sir Alex dont David parle, mais vous deviez le savoir depuis l’intro, car vous n’êtes pas inculte mon lectorat disséminé mais éclairé.

And you love me till my heart stops (et tu m’aimes jusqu’à ce que mon coeur s’arrête)
Kanu.

Love me till i’m dead (Aime moi jusqu’à ce que je meurs)
L’erreur de cette chanson, puisque Sir Alex , décédé l’été dernier, est finalement mort avant David Byrne,

Eyes that light up, eyes look through you (des yeux qui s’illuminent et te transpercent)
Référence au Sir Alex aviné et victorieux dans le Fergie Time

Cover up the blank spots (couvre les points blancs)
Facile, même vous vous l’aurez trouvé: la référence au point de pénalty

Hit me on the head ah ooh (tape moi sur la tête)
David fait une ouverture en conclusion, sa chanson est donc construite en sablier (en 5-2-3 si vous préférez)… David  pense que ce ne sera pas possible de ramener la supercoupe. et pourtant, Aberdeen niquera Hambourg où Kevin Keegan ne jouait plus.
Voilà. Il n’y a pas de hasard dans la vie, et chez les footballeurs, les artistes ou les surdoués, l’apprentissage de la rigueur, qu’elle soit à l’entraînement ou analytique, est indispensable.
En parlant de rigueur, ne regardez jamais la merde de film qui reprend le titre de cette chanson.
La prochaine fois, je vous démontrerai en quoi Kendrick Lamar rend hommage à Sidney Govou et Valbuena dans son titre « Swimming Pool ».
Bises anales
Warren Tupett

14 thoughts on “« This Must Be The Place Tupett », Warren Footsicologue

  1. Tu as raison de supporter les vrais club. Moi c’est pareil, je supportais Lyon mais maintenant je supporte Monaco ! Mais attention je suis pas un mercenaire, c’est vraiment mon club préféré.

  2. ça ressemble plus à un appel au secours… J’espère que ces vingt dernières années n’ont pas été trop dures pour lui…

  3. Cette analyse de garantit pas de flirt à la machine à café en tout cas.
    Comme le lectorat, l’auditorat est resté disséminé, quand je l’aurais voulu inséminé.
    J’apporterai une goutte pour le PM café, c’est sûrement la variable d’ajustement.

  4. Bravo Warren,

    Choisir CE titre pour ton retour chez toi sur Horsjeu, comme un symbole; ça m’émeut. D’autant plus qu’il figure aussi sur ma playlist incinération.

    Je te paierai une bouteille de bon rouge ce soir. Amplement méritée.

  5. Sinon niveau Glenmorangie, tu conseilles quelle bouteille ? (en dessous de 80€)
    parce que le Nectar d’Or c’est bien gentil et bon mais on dirait un moelleux (les futs d’Yquem y sont surement pour quelque chose)

    Le Quinta Ruban ça vaut quoi, c’est pour que madame m’accompagne, l’Ardberg Supernova c’est trop pour elle.

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