US Créteil-Poilaupatos – Nancy 1-1 la chardon à cran académie pas résignée.

Le derby du béton

Salut les peine à jouir,

 

dommage pour la ligue 1, pas vrai ?

Ce matin, j’ai débouché un flacon de mirabelle de 1984, et je le sirote distraitement, le regard dans le vague ; mais il n’a aucun goût : ni le goût de la défaite, ni le goût de la victoire, ni même celui du nul. Il y a bien un parfum lointain de squelette de fruit, mais c’est tout de même plus proche de l’eau de la Moselle macérée que de la gnôle de grand luxe…pour une fois que ma grand-mère m’offrait un truc un peu utile, il a fallu que je le laisse dépérir au fond d’une caisse.

Heureusement, il y a bien un vestige d’alcool qui est resté tapi dans un coin sombre de la bouteille (entre le bouchon et le col, par là) : mollement, presque avec résignation, je sens que mon œil gauche échappe à mon contrôle et se met à loucher. Mon cœur, lourd, empesé, alentit ses pulsations ; mon sang épaissit et le rythme de ma respiration s’empâte lui-même à mesure que mon paquet de clopes se vide.

La colère s’est presque retirée, l’ignorante. Elle ne se doute pas que j’en ai une réserve secrète que je ne garde que pour les moments d’extrême détresse. La recette est simple : une décoction de différentes croutes de fromage concassées puis laissées dans un pot sur le rebord de la fenêtre pendant quelques jours, au vu et au sentu de tous. Dès lors que le pot se met à grouiller d’asticots, il est propre à la consommation. Sur du pain rassis, c’est l’exact contraire de délicieux. Dans les Vosges, on appelle ça du PTEU.

Marcel n’est pas au top de sa forme.

 

Une fois la rage revenue un peu, il faut bien se rendre à l’évidence : nom d’une pelle à foutre, ça craint sérieusement pour la montée, là.

 

Voilà bien la force de cette équipe de l’ASaNaL : faire retomber le rythme, endormir la rencontre, baisser l’intensité du match jusqu’à ce que mort s’ensuive. Mais ces petites crapules ne font pas ça sans une certaine maitrise : cette victoire inespérée au Havre, ce jeu digne et franc, c’était bien le premier étage gravi par l’ascenseur emotianal de la fin de saison…

Et puis la défaite à domicile face à Niort : une visite dans les profondeurs obscures des caves les plus putrides et malodorantes de l’analité ! Ah ça, on en a vu des tombereaux de purin déversés sur le dos large et solidaire des clubs de la Lorraine, mais jamais il n’a été aussi collant et dégueu que celui qu’on se renverse soi-même sur la tronche

Alors que j’en étais à espérer une victoire nette et massive face à des nains poilus et gras du bide avec des coupes mulet, voilà que je me rends compte que les Lusitanos ne sont pas du tout portugais mais classiquement, des joueurs de ligue 2 : un panachage de grands blacks costauds (recrutés sur les conseils avisés de Blanc, Sagnol et du reste de la bande), des mecs qui courent, des petits jeunes surmotivés du centre de formation, des branques incapables d’aligner trois passes…Bon, même s’il y a malgré tout des têtes bizarre dans leur trombinoscope, c’est plutôt des mecs comme nous, quoi.

Malgré les clichés qui circulent sur les footballeurs portugais, les Créteil Lusitanos sont plutôt des types normaux.

 

Inutile de faire un topo sur la ville de Créteil, tout le monde a déjà vu du béton dans sa vie. Disons qu’à l’échelle de Nancy, le Haut du Lièvre, c’est carrément Byzance, à côté. Et pis le foot, une religion : 90 000 habitants, un stade aux trois quarts vide pour recevoir nos chardons. Leurs ultras sont en présidentielle, défendant de vraies valeurs de supporters, comme la Superbock sans alcool ou les accras de morue au petit déj. Voilà.

 

 

COMPOSITION

En l’absence de marque de notre canonnier en chef impérial Hadji le Second, blessé par un tacle lâche et honteux d’un fdp niortois lors de la dernière journée (en fait, je crois qu’il a marché sur le ballon), Mana Dembélé retrouve le front de l’attaque. De bon augure ? Le mec est probablement à cours de forme, vu qu’il n’a joué que des bouts de matchs depuis le retour en grâce de Youssouf.

Derrière lui, la ligne de trois habituelle, qui voit Iglesias reprendre le poste de meneur de jeu dans la rotation. Bouchez vous les oreilles. Coulibaly paye son non-match face à Niort, ce qui est absurde vu que tout l’équipe était passée à côté, mais bon…il commence donc sur le banc.

Sur les ailes, Dalé à droite et Grange à gauche, la nullité, c’est la continuité.

La pouponnière Walter – Amadou est reconduite devant la défense.

À gauche, on note le retour tant attendu de Vincent Muratori, qu’on espère bien remis : enfin, la tâche exigeante de défenseur latéral devrait être assurée par un vrai spécialiste du poste. Au moins à gauche, en tout cas, car c’est toujours Cétout qui remplit la fonction à droite.

Dans l’axe, Sami papa défense et son rejeton Lenglet, le Thuram blanc.

Enfin au but, miracle : Ndy blessé laisse sa place à Benjamin Nardi (sans déconner, Pablo, tu le trouves vraiment au dessus ?).

 

MATCH

Bon, comme à Nancy on a quand même une culture ligue d’eux un peu plus développée que ces blaireaux de Lusitanos, on sait à peu près comment courir après autre chose que des courants d’air, et le ballon circule mieux de notre côté que du leur.

Entendons nous bien : on ne fait pas face à un duel déséquilibré façon Bayern Munich contre Bar-le-Duc. Les Créteillois sont chez eux, ils connaissent parfaitement les rafistolages de pelouses de leur terrain, les anfractuosités qui te font rater un contrôle, les zones exposées au vent d’où il vaut mieux ne pas tenter un centre si on ne veut pas risquer que le ballon ne tombe directement dans la Seine…bref, le match est plutôt indécis. Autant dire que l’opposition est chiantissime : ça tire au-dessus, à côté…quand ça tire, d’ailleurs, parce que bien avant d’arriver dans les pieds des attaquants, la plupart des passes foncent en touche ou directement dans les bras du gardien, d’un côté comme de l’autre.

Y a quand même bien des trucs qui se passent : Nardi qui foire une sortie et qui force Grange au sprint de sa vie pour qu’on n’encaissa pas un but casquette comme à Tours, le triangle Lenglet (passe longue) Dalé (déviation de la tête) Dembélé (raté) qui cherche à s’illustrer, quelques frappes un peu mollassonnes des autres d’en face…

Iglesias court, court, Walter et Amadou font un boulot correct à la récupération mais ne savent pas jouer vers l’avant…

En deuxième mi-temps, ça ressemble un peu plus à un match de foot. Nancy part fort avec quelques centres, et surtout un Cétout complètement transfiguré par on ne sait trop quel discours que Correa a bien pu lui tenir à la pause, qui ne craint plus de perdre ses testicules s’il franchit la ligne médiane. Cela lui permet donc de soutenir Dalé devant, mais pas de pot : Créteil défend plutôt bien de ce côté.

En ce qui concerne l’attaque, en revanche, les mecs n’ont pas beaucoup d’arguments, à part d’envoyer un truc appelé Frédéric Piquionne, qui ressemble beaucoup à l’original, mais dont on ne peut douter un seul instant qu’il s’agit d’un androïde mal branlé envoyé par les sbires fourbes de Thiriez ou autre chantre mal intentionné de la ligue pour nous faire peur.

Après avoir essayé plein de couleurs de maillot partout autour du monde, ses ascendants communistes ont poussé Fred à revêtir un bleu à Créteil.

 

Ça ne marche pas, vu qu’il n’a plus rien dans le sac, et 10 minutes plus tard, c’est au tour de Pablo de lancer un joker. Coulibaly entre pour Grange, et il n’a rien d’une arme fatale, lui non plus…pourtant c’est l’impression qu’il donne, puisqu’il marque au bout de quinze secondes sur le pré environ. Joie dans mon cœur, on est bien parti pour prendre trois points mérités contre une équipe qu’on imagine mieux se battre contre le Red Star en Natianal lors de derbys à couteaux tirés. Ah, un certain Porthos proteste, malgré un patronyme à la consonance plus en adéquation avec nos adversaires du jour.

On ne recule même pas, alors que de manière désordonnée, les Créteillains se ruent à l’assaut de nos 16 mètres 50 en faisant plein de détours par les lignes de touche. Forcément, les voyants sont au vert, puisque on est encore une fois ou deux dangereux en contre. Mais par la force des choses, personne n’a réellement dans l’idée de tenter de faire le break…

Et alors qu’on joue les arrêts de jeu, l’arbitre décide qu’il en est assez de laisser Sami dominer ainsi sans vergogne ses adversaires au physique : après un duel gagné à l’épaule coin gauche, Papa Défense est sanctionné d’un coup franc absurde sur lequel on s’empresse d’encaisser un pion, comme un symbole de club qui se trouve pas si mal à la huitième place, finalement. Putain. Heureusement que pendant ce temps là, feignant la blessure, Hadji était en train de se taper toutes les sœurs des joueurs en une seule fois sur le parking visiteurs, ça nous a égayé la soirée.

 

 

LES NOTES

Nardi : 2/5 Une sortie de la peur en première, un but encaissé sans raison en toute fin de match, mais quelques bons arrêts le reste du temps. J’ai peur que ça ne suffise pas à nous le ramener dans les cages de manière durable.

Cétout : 3/5 Un update salvateur lui a enseigné les vertus de la montée dans le camp d’en face à la mi-temps. Faudra appuyer sur F5 dès avant le match, la prochaine fois.

Sami : 3/5 C’était pas sa guerre. Papa défense a encore une fois été propre, et y a jamais faute sur l’autre pédale à la 92è.

Lenglet : 3,5/5 Facile en défense, il a tout le temps de tenter de lancer le jeu depuis sa ligne, grâce à un jeu long pas dégueu.

Muratori : 2/5 Reprise balbutiante pour Vincent, qui s’est en revanche bien remis en jeu au challenge Cyril Rool, en prenant son jaune en seconde période.

Amadou : 2/5 Joue au foot comme il respire : par intermittence, et seulement avec l’aide de son copain Walter.

Walter : 3/5 Joue au foot et respire pour deux. Par ailleurs, il n’a pas le temps de se retourner pour transmettre la balle vers l’avant. Ça viendrait pourtant bien avec un footballeur à ses côtés.

Grange : 3/5 Au four et au moulin, le Grange (lol). À force de cavaler comme un forcené, il a un peu disparu en début de seconde période, si bien qu’il est venu prendre la place de Dalé à droite quand il a vu que le jeu se passait là-bas. Son remplacement est finalement logique, tant il était cramé. Remplacé par Coulibaly (77è).

Dalé : 2/5 Junior était loin d’être le terrible (re-lol) sur ce match. À la recherche du Youssouf perdu pendant tout le match, il n’a pas saisi que son remplaçant lui demandait la balle dans les pieds. Forcément, d’habitude c’est dans la course, mais là c’était plus dur. Surtout quand tu te fais bouffer dans les duels…

Iglesias : 3/5 Qu’est-ce qu’il court…les rares fois où il a touché le ballon, on a pu observer qu’il savait vaguement s’en servir, aussi.

Dembélé : 2/5 Pour son retour, Malade Embéné a manqué de précision, de justesse, de vitesse…de talent ? Il est quand même responsable sur le but, et même du fond de ma frustration, je ne peux pas lui reprocher de compenser sa nullité par une volonté de bien faire.

REMPLAÇANTS

Coulibaly : 3/5 Le mec entre et plante, avec un peu de chatte. Pour une fois, cela ne ressemble pas à du foutage de gueule de la part de Pablo. On doit se réjouir ?

 

Note artistique : 2/5

Ben oui, c’était pauvre, quand même. La première mi-temps était vraiment digne d’un niveau Natianal (même si les responsables sont plutôt à aller chercher en face, à mon avis), et pourtant il y avait la place de provoquer un peu plus.

Les mecs en bleu ont tout tenté pour jouer le nul, renforçant du même coup leur putain de statut de club sans objectif qui fausse le classement. Nul jamais mérité pour autant vu que l’arbitre a offert une occasion sur un plateau aux locaux, mais la victoire n’est pas plus méritée pour nos joueurs s’ils oublient de défendre jusqu’à la dernière minute…voilà, c’était l’instant « je m’auto-annule, vu que je ne crois pas en la méritocratie ».

Maintenant que j’ai presque désaoulé (ce qui veut dire que je ne vais pas tarder à passer à l’héroïne), j’ai un peu repris mes esprits, et me suis rendu compte que tout espoir était encore permis, fut-il encore plus fou et dangereux qu’un Meusien qui n’a pas bu depuis deux heures (ou sailli une vache. Ou un bœuf). C’est qu’on n’est qu’à six points du podium, et on peut toujours rêver à un écroulement subit de certains de nos adversaires qui n’ont définitivement pas leur place sur le podium (non, mais j’aime la Corse, hein…je l’aime comme j’aime manger ma merde) ou qui nous ont habitué à tenir la pression du sprint final comme Adrian Mutu face à un rail de coke (cette belle décision d’Angers la saison dernière de rester parmi nous…).

Pour ça, évidemment, il va falloir cesser tout de suite de perdre à domicile, et de gâcher de belles prestations avec une espèce de « fergie-time » inversé lorsqu’on peut prendre les trois points à l’extérieur. Ça sera chaud d’ailleurs, avec la réception du leader Troyes la semaine prochaine. Oui, j’ai peur.

Mais j’y crois. Je sais qu’une victoire relancerait tout, d’autant que le calendrier nous est plutôt favorable. Je crois en la vertu de l’aveuglement hyperbolique. Je crois à un seul changement par match. Je crois en un 4-2-3-1 d’une moyenne d’âge de 16 ans et demi.

Je crois en Pablo Correa.

Marcel Picon.

 

5 thoughts on “US Créteil-Poilaupatos – Nancy 1-1 la chardon à cran académie pas résignée.

  1. Bielsa à Nancy, voilà ce qu’il nous faut. Ou Zeman. On ne gagnerait toujours rien, mais on s’amuserait beaucoup plus.

  2. Pourquoi pas Klopp aussi, tant qu’on y est ? Il parait qu’il est libre.

    Ce serait marrant de voir Dalé ou Grange au gegen pressing, tiens…

  3. @Porthos

    Enfin, sous-titrer son club « Lusitanos », c’est carrément auto-raciste, quoi…

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