Valenciennes-Ajaccio (2-3) : L’Aiacciu Académie livre ses notes
C’est quand même un peu tard
Napoléon a dit « Les hommes de génie sont des météores destinés à brûler pour éclairer leur siècle ». Les joueurs de l’AC Ajaccio sont des génies qui brûleront en Ligue 2 la saison prochaine mais qui éclairent leur siècle et le week-end des supporteurs acéistes.
Dans le parcage visiteur, le Perfettu a bien failli faire un infarctus après cette victoire inespérée. Surtout que tout n’avait pas commencé de la meilleure des façons.
Contre Valenciennes, pas de but dans les 10 premières minutes. Et c’était peut-être mieux ainsi, les joueurs n’ayant pas à garder un score, chose qu’ils ne savent pas faire. Au lieu de ça, une première période avec beaucoup moins de rebondissements que la campagne municipale bastiaise. Pas d’action, pas d’occasions et un score de 0 à 0 à la mi-temps. L’ACA ne sachant pas ne pas prendre de buts, Waris se fera un plaisir de trouver le chemin des filets, à deux reprises. Entre-temps, Benjamin André avait égalisé sur la première frappe cadrée acéiste. De la chance, enfin. Comme si tous les joueurs de l’ACA jouaient soudainement avec un œil de Sainte-Lucie dans la poche. Comme si Nicolas Sarkozy avait pris possession de l’ACA et faisait jouer l’équipe sous la fausse identité de Paul Bismuth. Toujours est-il que les 10 dernières minutes seront magistrales. Et pour une fois, l’AC Ajaccio n’aura pas le temps d’avoir la peur de gagner. La pression, c’est plutôt le VAFC qui l’aura. Les Valenciennois céderont à deux reprises sous les coups de butoir d’Issa Baradji aux 87 et 90èmes minutes. Un coaching gagnant de Christian Bracconi qui a fait jouer son équipe avec deux attaquants (Baradji et Tallo) en sentant les faiblesses nordistes.
Au final, c’est un léger hold-up mais c’est pour toutes les fois où l’on a perdu en toute fin de match, sans le mériter. Ces trois points sont les trois points de l’espoir d’un présent un peu moins compliqué et d’un futur doré. Les jeunes sont venus, ils ont vu et ils ont vaincu. Il faudra compter sur eux – et rien que sur eux – pour pouvoir remonter immédiatement la saison prochaine.
9 absents. C’est avec une infirmerie pleine que Christian Bracconi a du composer son équipe. Tonucci, Oliech, Dielna, Hengbart, Pedretti, Iakovenko blessés, Ronald Zubar et Johan Cavalli qui ont rechuté, Gonçalves suspendu, le coach acéiste qui vient de louper son diplôme d’entraîneur s’est creusé les méninges et a du se servir dans la réserve pour trouver 17 joueurs à apposer sur la feuille de match. Sur le terrain, des surprises il y en a. Ricardo Faty recule d’un cran et débute défenseur central aux côtés de Grenddy Perozo et du tout jeune Mickael Leca, qui connaît ainsi son premier match chez les pros. Sur les côtés, Joshua Nadeau débute à droite et Laurent Bonnart fait son retour à gauche. Une arrière garde inédite composée de joueurs expérimentés et de novices. Au milieu, Mehdi Mostefa fait enfin son retour en récupérateur et prend la place de sentinelle de Ricardo Faty. Sigamary Diarra monte lui aussi d’un cran et se retrouve milieu relayeur avec Paul Lasne. Benjamin André est quant à lui numéro 10. A la pointe de l’attaque, le jeune Aboubacar Camara est préféré à la hype Tallo.
(Ricardo) Fatti diversi :
– Au coup d’envoi, la moyenne d’âge du banc de l’ACA était de 20,6 ans. La semaine dernière, la moyenne d’âge était de 19,8.
– Sur les 17 joueurs du groupe acéiste à Valenciennes, 8 étaient formés au club.
– Mickael Leca faisait sa première apparition en Ligue 1 alors que Pierre-Antoine Mela fêtait sa première dans le groupe.
ANNUTAZIONI
Memo Ochoa 3/5 : Ce n’est pas qu’il est moins décisif ces dernières semaines, c’est juste qu’il n’a aucun arrêt à faire et qu’il s’incline sur les deux seuls tirs dangereux de Valenciennes.
Joshua Nadeau 2/5 : Celui qui avait muselé Cavani au Parc s’est retrouvé en difficulté face à la vitesse et à la vista de Dossevi et surtout de Masuaku, le très offensif latéral nordiste. Faute ou pas sur Melikson, il concède le pénalty. MAIS ON S’EN FOUT ON A GAGNE !
Mickael Leca 4/5 : Pour une première, quelle première ! Maître tacleur, il cisaille mieux qu’Insécateur et pour ce qui est ses relances, il a su varier entre relances longues et relances courtes. Pour couronner le tout, il n’a nullement été impressionné par Waris, qu’il a su tenir la plupart du temps.
Ricardo Faty 4/5 : Sa taille est un indéniable atout en défense centrale. Heureusement, il ne s’est pas transformé en inconvénient face à Waris, surtout grâce à un bon placement et une hargne de tous les instants. Des retours décisifs, un tacle mémorable à la limite du correct sur le bord de la touche et un coup du sombrero splendide dans sa surface lui permettent de rendre une copie parfaite.
Grenddy Perozo 3/5 : Homme le plus expérimenté de la défense alors qu’il jouait seulement son 22ème match de Ligue 1, Perozo a montré que l’on pouvait compter sur lui. Si son pays est en guerre, lui peut être en paix avec lui-même, avec ses coéquipiers et ses adversaires. Il était tellement en paix qu’il a laissé le ballon passer pour Waris sur le premier but.
Laurent Bonnart 2/5 : Essoufflé.
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Mehdi Mostefa 3/5 : Il récupérait son poste de prédilection mais il a plutôt été discret, s’attardant surtout à être précis dans ses passes.
Paul Lasne 4,5/5 : Quand est-ce que ce joueur sera enfin reconnu à sa juste valeur ? Plus vaillant que Michel et que le pigeon, Paul Lasne court deux marathons dans un match, récupère tous les ballons, s’accroche à la balle encore plus qu’une pinz à son sac dans le bus et surtout il ne lâche rien. Et comme si cela ne lui suffisait pas, Monsieur se permet deux passes décisives. Ou plutôt deux caviars. L’ouverture de sa poissonnerie est prévue pour bientôt.
Benjamin André 4/5 : Son excellent placement tout au long de la rencontre lui aura parmi d’être au bon endroit au moment : sur le centre de Lasne pour marquer et à la réception d’un mauvais dégagement valenciennois pour servir Baradji qui allait égaliser. Il prend son rôle de numéro 10 à cœur. Et la copine du Perfettu, qui n’y connait rien au foot et qui a regardé le match, a dit qu’il était « vif », donc André ne peut avoir qu’une bonne note.
Sigamary Diarra 2/5 : Après avoir été ailier et latéral, voici que Sigamary a démarré en milieu relayeur. Et force est de constater que cela n’a pas fonctionné. La preuve avec ses stats : 15 ballons dont … 11 perdus. Il a même été moins dangereux offensivement que lorsqu’il jouait défenseur.
Aboubacar Camara 2/5 : Il avait une grosse envie de marquer mais il s’est retenu. Pipi Camara. Du coup, il s’est vengé en faisant pas mal de courses (inutiles puisque rarement servi) et des tacles par-ci par-là qui lui vaudront un carton jaune. A moins apporté en 56 minutes que Tallo ou Baradji en 30 minutes.
I RIMPIAZZANTI
Junior Tallo, 56ème minute, NN : Il s’est fait voler la vedette par Baradji.
Issa Baradji, 66ème minute, NN : Premier match en Ligue 1, premier doublé. Le dernier à avoir réussi cela est un certain Zlatan Ibrahimovic. Habitué des U19 et de la réserve, Baradji est entré en soutien de Junior Tallo. Mais c’est plutôt lui qui a soutenu toute l’équipe. Auteur d’un but sur un magnifique enroulé du pied droit puis sur une tête rageuse, l’attaquant de 18 ans a fait deux fois mieux en 35 minutes qu’Adrian Mutu en 6 mois. En plus, au niveau du salto après son second but, il fait mieux que Djibril Cissé. Il a de l’avenir le gamin. Si ce n’est pas dans le football, ce sera dans la politique en tant que maire d’Ajaccio. #IssaBaradjiPourRemplacerSimonRenucci
Nordine Aït-Yahia, 82ème minute, NN : Il a pu assister au doublé de son pote depuis la pelouse. Et c’est bien ça le plus important.
Perfettu Erignacci.
PS : Le Perfettu revient très vite pour le compte-rendu de son déplacement historique au stade du Hainaut.





