Angers-OM (2-5) : La Canebière Académie combat ses démons

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Blue et blanc monday

Aïoli les sapiens, na nga def ?

Quoi de mieux pour attaquer cette semaine que de parler d’une victoire enfin convaincante de nos Olympiens ? (vous me répondrez : la justice sociale, la lutte contre le changement climatique et l’anéantissement du fascisme ; bah désolé, vous vous contenterez d’une victoire à Angers, pour commencer ; les grandes luttes commencent toujours par de petits actes)


Les Longorious Basterds

Rulli
Murillo – Balerdi– Medina– Emerson (Vermeeren, 90e)
Nadir (Gomes, 82e) – Højbjerg
Weah – Greenwood (honte à nous, O’Riley, 61e)–Traoré (Paixão, 61e)
Gouiri (Aubameyang, 61e)

Les suspendus reviennent, l’infirmerie se désemplit, Lirola a enfin trouvé un club qui veuille bien de lui (le Hellas Vérone). Seuls manquent Pavard, blessé pendant l’entraînement, et Aguerd, qui s’apprête à revenir de la coupe d’Afrique indemne physiquement (mentalement, ça va être une autre histoire).

Shake shake, shake, De Zerbi secoue son shaker à compo et sort une défense à 4 assortie d’un Greenwood (honte à nous) en numéro 10 assumé. Sur le papier, c’est donc un 4231 qui nous est servi ; sur le terrain c’est encore mieux que ça : ça dézone, ça permute, ça dépasse les fonctions.


Le match

Le philosophe a dit un jour :

« Faut réagir, ça fait longtemps, on n’en peut plus,
Désobéir, pour de bon faire les calus,
Faut s’enhardir, et se noyer dans la cohue,
Sans réfléchir, lance-toi et que ça remue. »

Sur le fond, le jeu garde quelques points communs avec l’OM tel qu’on le connaît : longues séances de possession, défense en slip à la moindre perte de balle. Mais une différence de taille apparaît : si l’on utilise le ballon, c’est pour aller faire mal à l’adversaire, et pas pour souiller ses brailles en se demandant comment on va arriver à foirer le match.

Chaque séquence de possession est ainsi conclue par une combinaison ou un dribble réellement percutants ; les milieux haussent également le ton à la récupération, rejoints par des défenseurs qui n’hésitent pas à sortir loin de leur ligne pour aller désosser de l’Angevin. Les occasions arrivent sans tarder, obligeant le gardien à mettre en échec Weah puis Gouiri coup sur coup.

On retrouve un je-ne-sais-quoi de Bielsa dans ce bordel organisé et, par conséquent, un peu d’Ocampos dans le gegendribble de Weah. Sa talonnade de Murillo est interceptée ? Pas grave, le but n’était pas de réussir, c’était de générer du déséquilibre : Timothy se jette aussitôt sur le défenseur pour lui faire vomir le ballon. Instantanément, Greenwood (honte à nous) lance Murillo dans l’espace créé, pour un centre tendu que Gouiri reprend en taclant (0-1, 19e).


L’OM initie ses actions à trois, Højbjerg redescendant entre les deux centraux pour démarrer les relances. Et les latéraux, me direz-vous : eh bien ils attendent tranquillement à hauteur de Gouiri, laissant les ailiers se charger d’écarter le jeu. Insufflez à ce schéma du mouvement permanent, et le blocquéquipe angevin ne sait plus où il habite. Les individualités font le reste : alors que l’OM fait tourner la balle autour de la surface, Greenwood (honte à nous) sollicite le une-deux avec Emerson (positionné à l’arc de cercle, normal quoi). Sans que personne et surtout pas le gardien ne le voie venir, notre attaquant/meneur de jeu déclenche un intérieur du pied sans contrôle, droit dans le soupirail (0-2, 24e).

Les Angevins sont déjà au supplice lorsqu’ils s’appliquent, alors lorsqu’ils se mettent à perdre de ballons, ce n’est même pas la peine d’insister : alors que nos adversaires tentent un jeu vertical, Balerdi se jette dans leur camp pour surprendre le porteur de balle. Emerson récupère et perce sur quelques mètres avant de lancer Traoré. Hamed se remet face au but en s’enroulant autour de son défenseur placé à la zob, puis part battre Koffi d’un tir en déséquilibre (0-3, 34e).

Les Angevins subissent 45 minutes d’interrogatoire par Obélix, c’est-à-dire trois quarts d’heure d’aller-retour ininterrompus qui leur font « FLAPFLAPFLAPFLAPFLAP » dans la figure. Indulgent, l’arbitre ne sanctionne pas une interception plus que douteuse du défenseur, qui oppose son bras à une tête de Gouiri. Ce n’est que partie remise : l’OM s’offre une nouvelle séance de possession de balle interminable mais, une nouvelle fois, ponctuée par une accélération résolue. L’action est ici initiée par un décrochage de Gouiri, qui vient solliciter la passe verticale de Medina. Remise en retrait en une touche pour Nadir, transmission en une touche pour Murillo (situé plein axe au cœur de la défense, normal), passe en profondeur lobée en une touche pour Traoré. Sur la gauche de la surface, Hamed prend son temps pour recentrer la balle, toujours sans contrôle : la défense est en PLS, et Weah peut placer sans tête sans opposition pour conclure ce chef d’œuvre collectif (0-4, 40e).

Une grosse faute de goût de nos défenseurs vient malheureusement entacher cette première mi-temps qui eût été absolument parfaite. Sur un centre renvoyé en cloche par Emerson, Medina perd son duel aérien dans les six mètres, et Balerdi, si autoritaire jusqu’ici, fait sa précieuse en tournant le dos à l’attaquant au lieu de lui rentrer dans le lard. Seul Angevin réellement dangereux, Sbaï profite du cadeau en contrôlant pour battre Rulli de près (1-4, 45e+2).


La deuxième mi-temps équivaut à la fin du Seigneur des Anneaux, à savoir un très long épilogue pendant lequel nos héros reviennent à leur vie pépère sans plus d’aventures. Ou plus exactement, à la fin de Strangers Things : c’est-à-dire à peu près la même chose, mais en ajoutant des scénaristes qui n’en ont plus rien à cirer. Si certains raconteurs suggèrent parfois un arc « rédemption » qui permettent au héros de racheter ses faces les plus sombres, l’Olympique de Netflix est plus bourrin : si avoir un connard qui marque des buts plaît au public, pourquoi changer ? Greenwood (honte à nous) martyrise ainsi une dernière fois la défense d’un tir pleine barre, avant d’être préservé pour les saisons suivantes. Le personnage du sidekick rigolo n’est pas davantage développé : Paixão entre, fait rigoler tout le monde par des tentatives perso un peu déplacées, mais gagne tout de même sa part de bonheur sucré. Højbjerg perce ainsi un bloc à l’abandon avant de décaler Igor sur la droite, qui conclut d’une belle sacoche croisée (1-5, 88e).

Et bien évidemment, comme aucun cliché ne nous sera épargné, le happy end de rigueur est nuancé in extremis par une scène malaisante, qui laisse supposer que le démon n’est pas vraiment mort, des fois que les producteurs veuillent remettre encore une soupe dans la marmite. Le bloc olympien se montre à son tour laxiste dans le replacement, laissant Djibrin percer sur le côté droit. D’un extérieur du pied aussi astucieux qu’habile, l’ailier adresse un centre qui dépasse Balerdi et trouve Allevinah, laissé libre par un Murillo en flagrant délit de « bof, rien à branler » (2-5, 92e).

Comme au match aller, Angers nous punit d’un but encore bien relou dans le temps additionnel, à la différence de taille que l’OM s’était mis depuis longtemps à l’abri. Nous étions d’accord avec De Zerbi lorsqu’il déclarait que nos joueurs souffraient moins d’un problème de football que d’énergie ; plus soupçonneux quant à sa capacité à prendre conscience que, le fait de placer nos joueurs dans les dispositions mentales adéquates, c’est aussi une énorme part de sa responsabilité. Ainsi, l’enseignement principal de cette première mi-temps de démonstration, ce n’est pas le beau football produit, c’est surtout l’application de nos joueurs à gagner leurs duels et à multiplier les courses et les initiatives. Dès lors que ces bases sont établies, bien sûr que nos Olympiens savent produire du bon et beau football, on le savait déjà. Tout l’enjeu, désormais, est de maintenir cette attitude conquérante jusqu’à la fin de saison, contre vents et marées, et surtout contre des adversaires d’un meilleur calibre.


Les joueurs

Rulli (3/5) : Il ne peut rien sur les deux buts et, de toute façon, ceux de devant ont fait le nécessaire pour qu’aucun exploit ne soit requis de sa part.

Emerson (4+/5) : J’aurais bien déposé la marque « Je suis partout » pour évoquer le placement d’Emerson, mais je crois que Bruno Retailleau l’a déjà réservée de longue date pour son journal de campagne.

Vermeeren (90e) : Revenu de suspension avec la mission de ne tuer personne cette fois-ci, il a sagement laissé le dernier contre angevin aller au bout.

Balerdi (2+/5) : De manière inattendue, on a eu droit au « dark Balerdi » le plus pur. A savoir, une palanquée de duels gagnés comme un patron, mais des sautes de concentration qui énerveraient même Gaston Lagaffe.

Medina (3-/5) : Des erreurs moins nombreuses que son compère, mais son duel de gros cul perdu en pleine surface relève lui aussi de la grosse faute de goût, à gommer de toute urgence.

Murillo (4-/5) : Le placement des latéraux nous a parfois fait penser au 3331 de Bielsa, même si la comparaison reste hasardeuse : d’une part, la tactique n’était pas exactement la même, et d’autre part, ça me ferait bien caguer de comparer nos latéraux de 2026 à Brice Dja Djédjé.

Nadir (4/5) : Ecoute, je sais pas si ça te consolera, mais t’étais sans doute mieux avec nous qu’à regarder tes compatriotes rater des panenka à la 114e minute.

Gomes (82e) : Entrée anodine, il s’est contenté de regarder les autres jouer d’un air angelgoguenard.

Højbjerg (4/5) : Le temps ne se prêtant pas aux barbecues, j’en déduis que Pierre-Emile a convoqué ses collègues à une séance de TEAM BUILDING DE MALLEMORT, pour que l’on constate un tel changement d’attitude de leur part.

Weah (4+/5) : Titulariser Timothy dans un tel match c’est comme inviter Médéric Gasquet-Cyrus au salon du calembour. Il se régale tellement que t’es obligé de l’arrêter avant d’avoir la tête qui tourne.

Greenwood (honte à nous, 4+/5) : On peut au moins lui reconnaître de rester performant malgré la pression médiatique qu’il subit depuis son recrutement… non, je plaisante, personne n’en a plus rien à foutre de rien, de toute façon.

O’Riley (61e, 3/5) : Une entrée absolument neutre, comme il en produit régulièrement quel que soit ce qu’il picole.

Traoré (4+/5) : Abat plus de boulot qu’un vétérinaire en pleine dermatose nodulaire contagieuse.

Paixão (61e, 4/5) : Beaucoup d’activité pour des occasions ratées, certaines au terme de belles initiatives, d’autres de manière un peu plus ridicule. Au final il est récompensé de ses efforts par un but bien beau, bien net. Le boulot est fait, rien à dire.

Gouiri (4+/5) : Il est vif, il est fort, il est adroit, et surtout il joue intelligemment au football. Et l’avantage, c’est qu’il ne reste qu’une demi-saison à jouer, avec un peu de chance il n’aura pas le temps de s’éteindre.

Aubameyang (61e, 2/5) : Un contexte où tout est déjà joué + une confiance en soi approximative = une comparaison vraiment pas à l’avantage de Jean-Bite. Qu’il continue à s’accrocher, on a besoin de tout le monde.


L’invité zoologique : Marius Coucou

Le coucou a la fâcheuse habitude de pondre ses œufs ailleurs que chez lui, par exemple dans le haut de classement de la Ligue 1. Autant la dernière fois, on s’était fait avoir à nourrir l’intrus avec des points qu’on aurait dû garder pour nous, autant cette fois on était prévenus : omelette pour tout le monde.

  • Les autres : Leurs attaques de qualité, ponctuées de deux buts, montrent que niveau football, on est loin d’avoir affaire à des déguns. Mais bon, quand nous-mêmes à ce niveau, nous sommes injouables pour le vulgaire.
  • Le classement : A part Lille et Rennes, tout le monde gagne autour de nous. Lens et le PSG restent donc devant nous de 8 et 7 points, tandis que derrière notre troisième place, tout reste serré.
  • Coming next : Mercredi, match pas crucial mais presque contre Liverpool en Ligue des Champions. Samedi, match pas crucial mais ULTRA-CRUCIAL contre Lens en Ligue 1.
  • L’hommage : Les gros membres du comité ont repris du service pour rendre hommage à Rolland Courbis, en replongeant dans les temps héroïques pour t’offrir ce florilège de ses meilleures déclarations : https://horsjeu.net/le-comite-de-vigilance-mediatique/comite-devigilance-mediatique/hommage-a-rolland-courbis/
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Olivier L. remporte le concours zoologique, avec une proposition qui fleure bon le Nicolas Palourde du futur.

Bises massilianales,
Blaah

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