Bayeux-OM (0-9) : La Canebière Académie accomplit les formalités

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Y a quand même des limites.

Aïoli les sapiens,

A l’annonce de l’élimination du PSG en Coupe de France, la réaction est unanime : comment allons-nous réussir à ne pas gagner quoi que ce soit à la seule saison que les parisiens finiront peut-être sans titre ? La perte du favori a aiguisé les appétits des seize prétendants encore en lice, prêts à se jeter sur le trophée comme Brigitte Macron sur un mineur. Dans ses conditions, être morts de trouille à l’idée de se caguer une nouvelle fois n’est pas à proprement parler une attitude de winner potentiel. On n’a donc plus qu’à espérer que de nombreuses séances de team buildings de Mallemort parviennent à évacuer chez nos joueurs ces pensées de lose qui nous viennent spontanément, et qu’ils parviennent enfin à se mouvoir animés par une seule chose, la faim de victoires.

La marche du jour n’était pas de celle sur lesquelles on trébuche : on peut se montrer ridicules contre toutes les associations sportives foréziennes d’Andrézieux-Bouthéon du monde, mais il est impossible de perdre contre un club de régionale 1, même en faisant exprès.


Les Longorious Basterds

De Lange
Murillo – Pavard – Medina (Egan-Riley, 46e) – Emerson (Weah, 46e)
O’Riley Gomes (Bakola, 68e) – Nadir
Greenwood (honte à nous)– Gouiri (Mmadi, 63e) – Traoré (Maupay, 63e)

Paixão et Aubameyang restent à la maison, préservés. Robinio Vaz, lui, prépare ses valises pour un départ à la Roma contre 25 savoureux millions d’euros (connaissant Longoria, on savait de toute façon qu’il ne valait pas mieux trop nous attacher). Aguerd est quant à lui toujours à la coupe d’Afrique.

Le onze de départ associe quelques titulaires habituels à des joueurs en manque de temps de jeu, soit qu’ils reviennent de blessure, soit qu’ils aient reculé dans la hiérarchie.


Le match

La rencontre débute par un bel hommage à Rolland Courbis. Peu de temps après Jean-Louis Gasset, c’est un autre ancien entraîneur olympien qui nous quitte, et avec lui une page de l’histoire de l’OM… et quand on dit « une page », c’est un roman en trois tomes que l’on pourrait tirer de son passage chez nous, avec des hauts, des bas et des rebondissements à la pelle.

Sur le plan sportif, deux occasions de Murillo puis Emerson manquent de plier le match d’entrée de jeu. Il faut attendre quelques minutes pour qu’un appel de Murillo prenne à revers toute la défense. Le centre en retrait d’Amir trouve Gomes, qui pladupiésécurise (0-1, 13e).

Sachant que nous sommes capables d’encaisser un but contre les pires brêles du monde, Bayeux ne démérite pas et cherche à attaquer notre surface. Mais quand nos attaques se déploient, les amateurs sont dépassés : un nouvel appel sur la gauche, d’O’Riley cette fois, aboutit à un centre aérien savonné par le gardien. À la retombée, Traoré feinte la frappe puis dépose la balle au fond (0-2, 19e).

Quelques duels perdus au milieu ou en défense pourraient brièvement instiller le doute, notamment quand Medina et De Lange transforment une relance simple en tarte à la merde. Contre n’importe quel club professionnel, l’action se serait terminée en but imbécile et lapinesque ; au contraire, cette action enterre définitivement les espoirs normands. Pavard finit par récupérer, O’Riley lance Traoré pour une longue chevauchée sur la gauche. Hamed retrouve O’Reilry, qui en une touche, décale Greenwood (honte à nous) pour sa finition spéciale une main dans le slip (0-3, 26e).

Gouiri rate ensuite le cadre sur un service de Traoré, servi par Nadir. Qu’à cela ne tienne : sur l’action suivante, Hamed exécute un appel identique sur une ouverture d’O’Riley. Cette fois, Amine ne gâche pas l’offrande (0-4, 32e).


À la pause, Emerson est préservé, de même qu’un Facundo Medina pris en flagrant délit de « rien-à-branler de ce match ». La promenade se poursuit au même rythme : lancé dans la surface, Gouiri est déséquilibré par le gardien mais se rétablit, et parvient à centrer devant le but pour Greenwood (honte à nous, 0-5, 49e).

La politesse est rendue peu après : Greenwood (honte à nous) déborde à droite et centre fort, pour une reprise habile de Gouiri (0-6, 55e).

S’ensuivent quelques minutes de gestion pépère, seulement troublées par une sortie de Gomes pour une blessure que l’on espère mineure. Bayeux se procure certes quelques occasions qui auraient pu faire tache, mais que l’on mettra sur le compte de défenseurs sur la retenue, surtout soucieux d’éviter le carton jaune.

 L’OM attend les dernières minutes pour se mettre aux finitions. Weah obtient ainsi un corner, que Greenwood (honte à nous) botte pour une très belle tête décroisée d’Egan-Riley (0-7, 80e).

Bayeux tente bien de se battre sur tous les duels, mais nous parvenons sans trop de difficultés à extraire la balle vers la droite, d’où Murillo adresse un centre tendu pour la reprise de Maupay (0-8, 86e).

Le point final est apporté après une montée de balle rapide initiée par De Lange. Nadir lance Pavard à droite, pour un nouveau centre repris sans plus de difficulté par Greenwood (honte à nous, 0-9, 90e).

La formalité est accomplie, sans carton (sauf Gomes) ni blessure (sauf Gomes). Évidemment, on ne notera personne ici. Si vous n’avez pas eu votre quota de Monsieur Lapin, les académies précédentes de Nantes et du Trophée des Champions restent à votre disposition.


Les joueurs

De Lange : Atelier relances courtes réussi avec succès, à l’exception de ce service pourri de Medina converti en grosse cagade slipométrique.

Murillo : Un mercenaire de film américain : qu’on lui demande d’infiltrer une prison soviétique de haute sécurité ou de massacrer des paysans, il répond toujours avec le même sérieux.

Pavard : Match hygiénique, avec juste cette petite passe décisive à l’ultime minute, parce qu’il est comme ça, Benjamin, il aime bien faire le fifou dans sa tête de temps en temps.

Medina : Le seul véritablement déplaisant de l’équipe, ou alors c’est encore que je suis traumatisé par la révélation de son bide de daron l’autre jour. Duels perdus, mise en danger du gardien… s’il a traité sa période de blessure avec le même sérieux qu’il a abordé ce match, je comprends mieux la brioche.

Egan-Riley (46e) : Un très joli but à savourer, cela fait du bien parfois de manger autre chose que du caca.

Emerson : A beaucoup provoqué en début de match, avant que le score ne soit acquis et qu’il puisse se reposer sur ses deux oreilles.

Weah (46e) : Petit footing ludique, tranquille.

O’Riley : Il court, court, court.

Nadir : Moins en vue que son comparse du milieu mais tout aussi sérieux. Un bon match, qui permet de surcroît de préserver Højbjerg et Kondogbia QUI SONT SANS DOUTE TOUJOURS TRAUMATISES D’AVOIR FAIT LES COUILLES MOLLES A LA DERNIÈRE SÉANCE DE TIRS AU BUT, N’EST-CE PAS.

Gomes : Dromadine me demandait la théorie de la relativité, eh bien voici le bon exemple d’Angel Gomestellar : quand les adversaires vont à deux à l’heure autour de lui, il a l’air d’orienter le jeu très rapidement.

Bakola (65e) : Très motivé pour marquer son premier but officiel avec l’OM, au point d’être parfois un peu précipité. C’est toujours ça, avec les ados qui ne l’ont encore jamais mise au fond.

Greenwood (honte à nous) : Aligné pendant l’intégralité de la rencontre, sans doute pour mettre en place l’arc rédempteur qui le verrait se blesser contre un club amateur, et profiter de sa rééducation pour faire le point sur sa vie et devenir une meilleure personne. Bon, en l’occurrence c’est raté : trois buts, deux passes décisives et des faibles violentés sans vergogne, comme d’hab.

Traoré : De ce qu’on voit, c’est le genre de joueur de secours plein d’impact et de bonne volonté, malgré quelques limites techniques. Une sorte de Jonathan Rowe, mais avec un cerveau.

Maupay (63e) : Il manquait juste une petite vanne gratuite en conférence de presse, histoire de chier un peu sur les Bas-Normands, sinon c’était une bonne entrée.

Gouiri : Une grosse occasion ratée mais deux mises au fond, avec supplément passe décisive : idéal pour poursuivre sa remontée en puissance.

Mmadi (63e) : Déjà récompensé d’un but contre Bourpe-et-Ronasse au tour précédent, on l’a peu remarqué ici.


L’invité zoologique : Paul Aubeluga

Masse informe pâle et hydrocéphale, le béluga est bien l’invité approprié pour parler de Bayeux, la seule ville dont les habitants sont fiers d’avoir gardé leurs tapisseries crades au lieu d’avoir remplacé tous leurs meubles par de l’Ikea comme n’importe quel civilisé. Ajoutons, comme seul autre motif de gloire, les professeurs de Sciences-Po qui se pignolent sur les discours de Bayeux du Général De Gaulle en 1944, et nous nous empresserons de quitter la région, et de n’y revenir que lorsque nous serons bien certains que le 21e siècle y aura bien pénétré.

  • Les autres : Auraient de toute évidence préféré perdre 12 à 1 que 1-0. Leur envie de marquer n’a pas été récompensée mais l’essentiel est ailleurs : personne ne s’est fait mal, ils n’ont fait mal à personne (sauf Angel Gomes), c’était un beau moment pour tout le monde.
  • Coming next : Le huitième de finale nous opposera à Rennes au Vélodrome. Un gros morceau, mais de toute façon il ne reste plus que du club pro en stock : le trophée ira à celui qui se montrera le plus crevard pendant quatre matchs. Mais avant cela, c’est du crucial qui nous attend : déplacement à Angers avec victoire impérative sous peine de picotements anaux désagréables, Liverpool en Ligue des Champions, et TOURNANT DANTESQUE DE LA SAISON DE LA MORT le 24 janvier avec la réception de Lens.
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère sur Facebook et BlueSky. Padls remporte le concours zoologique.

Bises massilianales,
Blaah

1 réflexion sur “Bayeux-OM (0-9) : La Canebière Académie accomplit les formalités

  1. Comme on remplit un cahier de vacances, l’OM a fait son devoir… sans trop de cervelle, ni de sueur… et vous en tirez un acad de bonne facture, bravo

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