Atalanta-OM (3-0) : La Canebière Académie rend les armes

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Torchage olympique

Aïoli les sapiens,

Au sortir d’une nuit étonnamment paisible, on se surprend à ressentir une sérénité inexplicable au regard de la fracassade honteuse servie hier par nos joueurs. Ce détachement serait-il ne signe de la maturité du supporter ? Hélas, la réponse est plus simple : depuis les 16e de finale, nous avons abordé chaque match retour de Ligue Europa avec la certitude que nos joueurs allaient tout gâcher par un match de scatophiles. Avec une telle résignation, chaque tour passé représentait finalement une heureuse surprise. Cette demi-finale n’a pas fait exception, connaissant la régularité de notre club à tomber d’autant plus lamentablement qu’il avait hissé haut ses espoirs. 90 minutes plus tard, la confirmation tombe, vous êtes bel et bien des merdes, et personnellement je vais pas aller gâcher ma nuit pour vous.

En ce sens, le non-match d’hier ressemble beaucoup à la finale de coupe de France avec Michel. Les joueurs se sont vu offrir, de manière tout à fait miraculeuse eu égard à leur saison de vers marins, une occasion unique d’effacer l’ardoise. Au lieu de s’en saisir, qu’ont-ils fait ? Ils ont produit la quintessence de ce pourquoi on les a détestés pendant un an : aborder le match en victimes, afficher un niveau technique individuelle et collectif affligeant, gâcher ridiculement leurs rarissimes chances de faire basculer le match et, finalement, rendre les armes avant même d’avoir combattu.

Demi-finaliste européen est un statut qui oblige. Personne au Real ou au Bayern n’oserait s’y contenter de son niveau standard, sans y ajouter un surcroît d’engagement et de détermination. A ces altitudes, le vainqueur est forcément celui qui aura su se surpasser au lieu de se reposer sur son talent. Or comment imaginer que ce qui est vrai pour des collectifs galactiques ne l’est pas pour des bras cassés comme nous. Quand nous sommes des Gigot, des Ndiaye, des Harit, comment même imaginer le concept de « se reposer sur son talent » sans immédiatement éclater de rire ?

Sans déconner. Nous allons en Italie affronter en demi-finale un collectif rodé depuis huit ans, composé d’internationaux et d’une condition physique à faire passer l’US Postal de Lance Armstrong pour des myopathes. Mais bordel de merde, déjà que les chances sont minces dès le départ, à quoi cela sert-il seulement de se présenter sur le terrain si ce n’est pas pour leur rentrer dans le lard en jouant sa vie sur chaque ballon ? Surtout quand, à domicile, nos joueurs ont montré qu’ils en étaient capables. On ne parle même pas ici de victoire, tant le niveau adverse paraissait de toute façon trop élevé, mais au minimum de faire preuve d’un peu de dignité.

Jean-Louis Gasset a exprimé au micro son incompréhension devant cette équipe à deux visages (j’aurais plutôt dit à onze trous du cul, mais soit, conservons l’analogie faciale). Mais en quoi peut-on être surpris de voir cette équipe devenir un tas d’estrasses dès que personne n’est là pour les pousser au cul ? Bordel de merde, cette équipe me fait penser à Vicky, notre ponette du poney prolétaire pertuisien : dès qu’on lui tient la bride serrée en sachant qu’elle peut à tout instant nous faire un coup de pute, c’est une championne de saut d’obstacles, mais à la seconde où la cavalière se relâche un peu c’est là que la jument enclenche son mode « grosse salope » et la fait tomber. Alors Jean-Louis, un vieux sage comme toi, comment ça se fait que tu te sois encore fait avoir à ne pas garder les rênes courtes ?

Et pour finir, qu’on ne vienne pas reparler de pression des supporters : certes, on ne sera jamais les derniers ici à dénoncer les toxiques qui essaient de gangréner le club pour servir leurs petits intérêts. Mais pour ce qui est de l’ambiance globale, quand l’on compare les prestations servies à domicile de celles offertes à l’extérieur il faudrait être sacrément hypocrite pour prétendre que les supporters n’aident pas l’équipe à se surpasser. Disons-le tout net, sans le Vélodrome, ce n’est pas avec leurs qualités de base que les joueurs auraient assuré le maintien en ligue 1.

Nous croyions pouvoir finir la saison sans faire appel à Monsieur Lapin une fois de plus. Nous fûmes naïfs.

Les Longorious Basterds 

Lopez
Mbemba (Ounahi, 59e) – Gigot – Balerdi
Clauss (Moumbagna, 72e) – Veretout – Harit (Correa, 84e) – Kondogbia – Merlin (Luis Henrique, 72e)
Ndiaye (Sarr, 59e) – Aubameyang

Nous avons dit plus haut que nous abordions personnellement cette demi-finale sans une totale sérénité : en vrai, ce n’est pas tout à fait juste, il y a un truc qui m’a énervé, pendant l’avant-match consacré au parcours de la flamme olympique. Non, deux trucs, même, m’enfin le premier c’est de voir le camarade Médéric faire des high five à Didier Drogba : ça c’est de la pure jalousie de ma part et c’est mal, donc je ne m’étends pas dessus. Le deuxième en revanche, c’est de voir Valentin Rongier sur le même plateau, genre t’es le putain de capitaine d’une putain d’équipe qui va disputer une putain de demi-finale européenne et même pas t’accompagnes le groupe en déplacement ? Je sais pas, ça signifie peut-être que les organisateurs ont dit à l’OM « Oh, ce serait bien d’avoir un joueur de l’équipe actuelle pour accompagner Papin, Di Meco et Boli, justement vous avez Rongier qui est blessé et vous en faites rien, vous nous le laissez ? » Et donc, le club et le joueur ont accepté que Valentin reste à la maison au lieu d’accompagner le groupe pour son match le plus important de l’année, alors qu’il en est le capitaine ? Que cela n’ait en rien influencé le résultat on s’en tape, c’est pas le charisme de moule du Rongieur qui allait transformer ces yorkshires à mémère en pitbulls. Mais sur le plan du symbole, mes couilles quoi, c’est bien la peine ensuite de péter plus haut que notre cul en se prétendant « grand club ».

Voilà, finalement chuis bien énervé, on peut donner le coup d’envoi.


Le match

Pas besoin d’être un grand connaisseur pour constater très rapidement que ce match va puer la merde. Souvenons-nous de ces premières minutes du match aller qui transpiraient le sang, la sueur et le moulard, combat dantesque où chacun tâchait de marquer son territoire à grands coups d’épaules dans les gencives de l’autre. D’accord, ça ne suffit pas à appeler ce que l’on fait du « football », mais en tout cas c’est un pré-requis. Eh bien en une semaine, nos fiers barbares se sont transformés en insupportables chouineuses, que la moindre charge adverse faisait voler à deux mètres en chialant auprès de l’arbitre comme ils l’auraient fait auprès de leurs mères : « ouiiiiiin, m’sieur, le grand il m’a poussé-euh ». On en viendrait presque à se couvrir la tête d’un sac en papier de honte, quand l’on considère que l’Europe entière découvre en ce moment l’attitude avec laquelle l’OM aborde une demi-finale retour.

Le miracle réside dans le temps que les sanctions mettent pour tomber. Pourtant, la défense en tourniquet de métro de Gigot manque de nous enterrer dès la 6e minute, mais De Ketelaere ne trouve que le poteau après avoir dribblé Lopez. Une passe suicidaire de Jean-Bite lance ensuite Scamacca, qui n’avait déjà pas besoin de tel cadeau pour se balader en roue arrière entre Balerdi et Merlin : le tir de l’attaquant est trop croisé.

Le pressing bergamasque est absolument étouffant, jusqu’à ce que les Italiens remarquent que ce pressing n’est même pas nécessaire : dès qu’un Olympien est en situation de passer le ballon vers l’avant, il suffit que son vis-à-vis fasse les gros yeux pour que l’un de nos héros remette une passe en retrait à Lopez en souillant son short de trouille.

Sur corner, les Olympiens s’arrêtent de jouer après un duel un peu rude (« ouiiiiin, M’sieur l’arbitre-euh, y font rien qu’à recommencer ! – Putain mais lâchez-moi, si vous vous caguez venez pas faire du grand 8 avec les grands et allez au manège Winnie l’Ourson, merde quoi. »). Scamacca profite du moment Kassim Abdallah (tiens, j’y pense, on n’aurait pas pu lui faire porter la flamme, à lui, plutôt qu’à Rongier ?) et allume la barre transversale. Dans la foulée, Lopez préserve un semblant de suspense en parant joliment la tête de De Ketelaere.


Sans surprise, l’OM se fait contrer sur sa seule ébauche d’attaque. Clauss envoie en guise de centre une saucisse dans les bras du gardien. Le temps que celui-ci relance, tous ceux qui étaient montés se regardent en demandant lequel d’entre eux a le tube de Ventoline sur lui, si bien qu’en deux passes Lookman se retrouve face à Kondogbia à l’entrée de la surface. L’attaquant passe quelques secondes à faire faire la truie à Geoffrey puis, jugeant que l’humiliation a assez duré, envoie une frappe. Déviée par Gigot, celle-ci finit petit filet opposé (1-0, 30e).

Cruelle, l’Atalanta évite de mettre un terme trop rapide à l’agonie : lancé seul face à Lopez, Lookman trébuche. Balerdi est ensuite souillé par De Ketelaere, qui bute une nouvelle fois sur Pau. Enfin, après s’être une nouvelle fois servi de notre côté gauche comme champ d’épandage de lisier, Zappacosta joue perso et tire dans le petit filet.

Le passage au vestiaire fait au moins du bien à Veretout, qui aborde la seconde période le couteau entre les dents, entre carton jaune provoqué et retour défensif magistral. Clauss lance ensuite Ndiaye dans le dos d’une défense trop facilement battue mais Illiman, alors que le gardien laisse un trou béant, n’assure pas un lob qui paraissait à la portée de n’importe quel clampin (n’importe quel clampin qui dispute une demi-finale européenne, j’entends).

Cette illusion de cinq minutes se clôt brutalement par une séquence de plusieurs secondes où les Olympiens se montrent bien décidés à ne pas défendre à moins d’un mètre de leur attaquant. Ruggiori sollicite un une-deux que Clauss, langue pendante et filet de bave de trois mètres, ne parvient pas à suivre : le Bergamasque allume Lopez sans trembler (2-0, 52e).


Alors que Gasset tente de réorganiser l’équipe en sortant Mbemba pour Ounahi et Ndiaye pour un joueur de football, Gasperini nous humilie définitivement en préservant ses meilleurs joueurs avant même l’heure de jeu. D’un coup-franc mal jugé par le gardien, Veretout trouve la transversale.  Cette légère alerte n’empêche pas l’Atalanta de jouer à sa main. Tout juste constate-t-on que l’OM arrive à se procurer de nombreux coups-franc dans le camp adverse, signe qu’en s’en donnant la peine, nous aurions pu poser à nos adversaires des problèmes plus complexe que juste essayer de ne pas mourir de rire.

Comme l’ensemble de la rencontre dès le coup d’envoi, ces dernières minutes exhalent un parfum de résignation. Veretout sur coup-franc ou Balerdi en défense, parmi d’autres, semblent avoir totalement cessé d’y croire. Leo d’ailleurs conclut la partie en se faisant uriner dessus par Touré suite à une perte imbécile de Kondogbia : seul face à Lopez, le nouvel entrant donne au score une ampleur conforme au spectacle offert (3-0, 95e).


Les joueurs

Lopez (3+/5) : Il a fait le boulot, donc je suppose que ce n’est pas sa note que vous attendez le plus. Passons vite à la suite pour les lecteurs attirés par l’odeur du sang.

Mbemba (2/5) : La différence entre la France et l’Italie, c’est que pour leur après-carrière nos joueurs blessés préfèrent profiter de leurs petits-enfants plutôt que de leur maladie de Charcot, c’est sûr que la façon de se soigner et les performances à court terme s’en ressentent.

Ounahi (59e, 2/5) : Même l’homme en papier crépon a réussi à tenir debout, ça en dit assez long sur l’envie de certains coéquipiers dans les duels.

Gigot (2/5) : Vous aurez compris que la notation du jour sera assez binaire et s’attachera surtout à distinguer les « nuls à leur valeur » des « nuls en-dessous de tout ».

Balerdi (1/5) : Balerdi, héros olympien, futur pilier de la défense centrale de la sélection argentine, se fait prendre 5 secondes par ses adversaires sur chaque sprint de dix mètres. Contentons-nous de paraphraser cet épisode et ce commentaire mythiques :

Clauss (1/5) : La prochaine fois on fera directement enfiler un short à une chicha pomme, au moins ça sentira meilleur.

Moumbagna (72e) : Premier ballon de notre tractopelle, il se fait reprendre deux mètres d’avance et finit planté la tête dans le gazon par un mec présent sur le terrain depuis 80 minutes. A partir de là je crois que bon.

Kondogbia (1/5) : Depuis Marie-Claude Pietragalla, on sait pourtant qu’il faut se méfier des gensrecrutés pour apporter l’expérience des grandes compagnies et du très haut niveau. Ça finit cher payé pour voir des gens se rouler par terre.

Veretout (2/5) : Cinq minute de révoltes avant de finir le match avec chacune de ses passes signifiant : « oh, et puis merde, tiens. »

Harit (1/5) : Ah bah oui, c’est les grands ça, ils te bousculent pour te prendre le ballon au lieu de regarder comme tu fais bien tes gestes techniques. Allez, rentre chez ta maman, elle te fera un bisou magique pour te consoler, puis si t’as un peu de chance elle te rappellera que t’as 26 ans quand même.

Correa (84e) : Ciao l’artiste.

Merlin (1/5) : Frit.

Luis Henrique (72e) : Trop tendre, trop tard, trop rien.

Ndiaye (1/5) : Lui c’est comme Jean-Claude Gaudin, s’il avait réellement aimé Marseille autant qu’il le prétend, il n’aurait pas attendu aussi longtemps pour aller prendre sa retraite à Saint-Zacharie.

Sarr (59e, 1/5) : On a beau dire que mieux vaut Sarr que jamais, son entrée n’a tout de même rien changé à la limonade.

Aubameyang (1/5) : Les larmes discrètes que le samouraï blessé dans son honneur et dans sa chair, vaincu par la cruauté du destin, laisse furtivement échapper tandis que, stoïquement dressé, les mâchoires crispées, il médite sur cette dignité martiale que l’homme d’honneur sait adopter même dans la défaite. Ces larmes, osons le dire, elles sont magnifiques, et ce n’étaient donc pas du tout les larmes de Jean-Bite qui, après un tel match, évoquaient surtout Caliméro.


L’invité zoologique : El Bilal Tourteau

Également nommé « crabe-dormeur », le tourteau est en effet totalement immobile la journée et hyperactif la nuit, pendant laquelle il se consacre essentiellement à la nécrophagie. Il s’agit donc de l’invité zoologique approprié pour échanger avec nos joueurs sur la meilleure manière de manger leurs grands morts.

  • Les autres : On pourrait souligner leur condition physique exceptionnelle, qui évoque les plus grandes heures du sport pharmaceutique italien, mais de toute façon, une telle préparation physique chez nous on sait pas faire. Il est donc plus pertinent de souligner avant tout la solidité d’un projet sportif mûri pendant huit ans, si ce n’est que de toute façon, chez nous on sait pas faire non plus.
  • Coming next : Un grand moment d’amour et de respect mutuels s’annonce, avec trois derniers matchs hyper-importants pour notre qualification européenne : nos joueurs recevront d’une part l’injonction de tout donner pour sauver ce qui peut l’être l’an prochain, et d’autre part de se casser bien loin de chez nous cet été afin qu’on ne revoie plus l’ombre de ces boulets. Comment cela pourrait-il mal finir ?
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Twitter, ainsi que sur BlueSky. Le grand Sisko,qui porte haut la flamme olympique de notre cœur, remporte le concours zoologique.
  • La grande annonce bonus de la méchante soirée :

Le mercredi 15 mai à Venelles, j’aurai l’honneur de co-animer avec l’inénarrable Médéric Gasquet-Cyrus une première mondiale : le jeu Motchus en laïve. Des rires, des découvertes, des lots chatoyants : n’hésite pas et réserve donc tes billets gratuits ici : https://billetterie.venelles.fr/soiree-motchus-le-laive-soiree-l-etincelle-salle-grace-kelly-venelles-15-mai-2024-css5-sitevenelles-pg101-ri10363713.html

Bises massilianales,
Blaah

4 thoughts on “Atalanta-OM (3-0) : La Canebière Académie rend les armes

  1. Il paraît que Clauss est international. Il paraît.

    C’est marrant, ça fonctionne avec plein d’autres joueurs à nous qu’on a !

  2. Ouais mais eh non hein, à Saint Zacharie on a déjà (depuis longteeeeeeeemps) le JCGaudin, on héberge même si je ne m’abuse un ex joueur pro de l’équipe première de l’OM dont la décence m’interdit de citer le nom (cherchez un peu, ça vous distraira et vous fera rire) et d’autres scories de la sorte. Alors le N’Diaye, la, on va lui prévoir un autre point de chute. Loin. Vite. Et si possible moyen confortable (Gaza, Rafah, la frontière Russo-Ukrainienne, le Liban, la Syrie, l’Afghanistan, au pire le Frioul mais sous 5m d’eau et enfermé dans un frigo cadenassé pour tenter de battre le record mondial d’apnée, Saturne, Uranus… enfin, c’est pas les destinations exotiques et accueillantes qui manquent pour une telle fraude)

  3. Merci. Classe. Pas drôle. Pas besoin. Les faits. La vérité. Tu les as mis en pièces. Bien comme il faut. Rien à dire. Sinon merci.

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