OM-Atalanta (1-1) : La Canebière Académie a rendez-vous

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Que de temps perdu.

Aïoli les sapiens,

Nombreux sont ceux qui, à l’issue de cette demi-finale aller, parlent d’une impression mitigée. C’est aussi notre cas, mais peut-être pas pour les mêmes raisons. Ce nul était-il frustrant, compte tenu de notre domination, de nos occasions, et d’un adversaire qui ne se montrera certainement pas aussi faible la semaine prochaine ? Pas tant. Qu’aurait changé un but de plus, quand de toute façon même une victoire 4-0 à l’aller ne nous garantit rien d’autre qu’une apocalypse slipale au retour. Aurait-on vraiment voulu que notre équipe incapable de tenir un score se rende à Bergame le trouillomètre au taquet et recroquevillée sur sa surface ? Au moins cette indécision nous obligera-t-elle à nous montrer proactifs, comme disent les trous du cul, et à aller chercher cette qualification la hargne et la concentration extrêmes que requiert l’événement. Et puis n’oublions pas que si l’opposition entre l’Atalanta et nous s’apparente à un concours de beauté entre Scarlett Johansson et Gérard Larcher, les novices à ce stade de la compétition, ce sont bien eux. Somme toutes, si sur le plan purement footballistique tout concours à ce que nous nous fassions ratatiner, un but de plus ou de moins ne change guère nos chances : il faudra un exploit, et nos joueurs paraissent bien déterminés à l’accomplir.

Non, si ce match aller laisse un sentiment de frustration, c’est bien au souvenir de ces longs mois gâcher à tâter des fonds de cuve à purin footballistique, quand cette équipe a une nouvelle fois montré ce soir qu’elle avait pourtant tout pour se faire aimer. Que d’errances avant que ces joueurs souvent indignes ne se retrouvent enfin, que de purges nous ont fait vivre ces erreurs de casting successives, du puceau géomètre puceau à l’incompétent de Calabre. Que les joueurs ne soient pas bons, c’est à reprocher à celui qui les a recrutés, tout ce qu’on leur demandait en revanche c’était de compenser leurs lacunes par l’abnégation, la solidarité collective, la concentration. Hissés par les circonstances, les joueurs nous ont offert tout cela et – ô miracle – en ont déduit des actions qui ressemblaient vraiment à du football. Nous n’en demandions pas davantage, mais que de temps perdu pour y parvenir.


Les Longorious Basterds 

Lopez
Mbemba – Balerdi – Murillo (Ounahi, 71e)
Clauss (Merlin, 65e) – Veretout – Harit (Ndiaye, 71e) – Kondogbia – Luis Henrique
Sarr (Moumbagna, 65e) – Aubameyang

Si l’OM doit faire sans Gigot, suspendu pour accumulation de cartons jaunes, le banc se regarnit doucement à la faveur du retour des blessés. Revenu dimanche, Sarr est ainsi titulaire, tandis que Merlin et Soglo reprennent place sur le banc.


Le match

Première constatation, sur le terrain tout le monde a bien saisi ce que signifiait une demi-finale européenne, et s’attache préalablement à marquer son territoire à bions coups de duels virils mais corrects dans les gencives. Les esthètes en sont pour leurs frais niveau « grandes manœuvres offensives », mais pour ce qui est de l’intensité et de la rigueur collectives, on part sur du haut niveau.

Nonobstant ces louables dispositions, la notion de rigueur prend une sale claque derrière les oreilles quand, suite çà l’un de ces nombreux duels au couteau, Bergame récupère dans notre camp. Inexplicablement, Murillo se jette pour répondre à l’appel d’un gars déjà pris en charge par Balerdi et Mbemba, laissant un boulevard à Scamacca dans son dos. Servi par Koopmeiners, l’attaquant ajuste Lopez une main dans le slip (0-1, 11e).

Cette ouverture du score concédée avec une facilité incroyable augure d’un sabordage en règle. Heureusement, l’OM se reprend immédiatement, bien aidé par un adversaire excessivement replié. On est même parfois proche du « taper, taper, taper » tudorien tant les actions, centres et corners s’enchaînent. On en vient même à être furtivement peiné quand cette vieille trogne de Kolasinac doit cesser prématurément le combat, blessé après une défense in extremis sur un centre de Veretout.

Les corners, si l’on y revient, sont joués avec une qualité et une variété assez rares pour être saluée. On verse même dans la franche originalité quand Mbemba, au lieu de monter pour mettre un gros coup de casque comme tout défenseur central digne de ce nom, reste positionné à l’entrée de la surface : sur ce corner joué court à droite, le ballon circule jusqu’à parvenir à Chancel, qui nous gratifie d’un ballon brossé pied droit tout mignon. La trajectoire s’achève poteau rentrant, chef d’œuvre d’une improbabilité très « Lilian Thuram 1998 »(1-1, 20e).

Les rapports de force s’équilibrent ensuite, toujours sous le mode « blocquéquipes et duels de mammouths ». L‘Atalanta domine sans parvenir à percer notre défense ;de notre côté, nous choisissons résolument de miser sur les contre-attaques en balançant à toute vitesse les ballons récupérés, au prix d’un déchet certain. En revanche, quand ça passe, c’est beau : protection de balle de Sarr, passe tranchante de Veretout, jeu en première intention d’Harit (si si), et voici en deux passes Auybameyang en face-à-face devant le gardien. Ayant dans un passé récent zobé plusieurs situations par un piqué manqué, Jean-Bite varie et tente la sacoche croisée, sans plus de succès puisque le ballon échappe au cadre.


Pour agaçant qu’il soit, ce raté, n’est que l’une des péripéties qui émailleront cette double confrontation. L’important, dans l’immédiat, est que l’OM maintienne cette intensité en seconde période, ce que notre équipe confirme rapidement. Jean-Bite teste encore le gardien sur une passe en profondeur de Lopez, avant que Mbemba ne parvienne pas à cadrer une tête plongeante sur corner.

Solide, notre adversaire est offensivement amorphe, ce qui s’avère assez inattendu compte tenu du 0-3 passé à Liverpool en quart de finale (de là à imaginer que les rouges s’intéressent à un certain défenseur argentin pour l’année prochaine…). L’OM en profite et marque même par Ismaïla Sarr, reprenant de près un ballon consécutif à une tête d’Aubameyang. Malheureusement, au début de cette très belle action, Luis Henrique était hors-jeu et le but est refusé.

L’OM cherche, plutôt avec bonheur, le bon dosage entre « profiter de la faiblesse de l’Atalanta parce que ce sera sans doute pas la même limonade au retour » et « rester cohérents et appliqués pour ne pas prendre le but de merde qui plombera tout ». Dans cette équation, seul manque le réalisme : Aubameyang sert Ounahi à l’entrée de la surface : en glissant, Azzedine envoie un enroulé qui laisse le gardien aux fraises mais finit sur la barre, comme si la chance nous disait « j’ai fait mon boulot avec le poteau rentrant de Mbemba, m’en demandez pas trop non plus ».

Les entrants Ounahi, Ndiaye, Merlin et Moumbagna amènent un surcroît de vitalité mais, surtout en ce qui concerne le dernier cité, trop brouillonne pour réellement mette en difficulté les Italiens. Ceux-ci sont près de nous punir « à l’italienne » en toute fin de rencontre, sur une contre-attaque meurtrière après une perte de balle de Faris : la lourde de Miranchuk finit heureusement à côté.

Nous nous en tirons ainsi avec un bien beau match d’une équipe digne de l’événement, ce qui suffit à notre bonheur pour ce soir. Il serait cependant très improbable que l’Atalanta ne montre pas un meilleur visage chez elle : à nous de répondre encore une fois avec l’intensité et la rigueur nécessaire ainsi que, cette fois-ci, l’efficacité devant le but.


Les joueurs

Lopez (3/5) : Finalement peu sollicité. C’est au match retour qu’on attendra un héros.

Mbemba (4/5) : Un impact défensif de brontosaure et un but en caresse dimitripayesque. J’avais pas vu tel mélange de force et de finesse depuis les épreuves « saisir un œuf avec une pelleteuse » dans Intervilles.

Balerdi (4/5) : Suspendu pour le dernier match de championnat à domicile, Leo a donc peut-être joué ce soir son dernier match au Vélodrome. Pour éviter ça, écoutez, le mieux c’est qu’il reste une saison de plus, comme ça fin 2025 on pourra lui faire des adieux pleins d’un amour au moins aussi énorme que les insultes qu’on avait pu lui adresser par le passé. Je vois pas d’autre solution.

Murillo (2/5) : Très curieuse sensation, à chaque belle intervention défensive ayant eu lieu sur son côté, de s’exclamer : « Bien Amir ! Ah non, c’est Balerdi » ou « Bien Amir ! Ah bah non, c’était Luis Henrique ».

Ounahi (71e) : Alors lui, il était à deux doigts et surtout une barre transversale de gagner un passage d’éponge magique sur beaucoup de chose. A côté du pardon qu’on était prêts à lui accorder, l’absolution papale ou les enquêtes de l’IGPN ça paraîtrait presque rancunier.

Clauss (3+/5) : Revenu récemment de blessure, Jonathan n’a pas fait dans l’économie : une heure à fond, et une sortie avec le sentiment du devoir accompli et le portable de Mehdi Benatia qui reste dans la poche.

Merlin (65e, 3/5) : Entré avec la même envie de tout bouffer que les autres, signe d’un collectif bien préparé. C’est dommage qu’il nous faille attendre la fin de saison pour le signaler.

Kondogbia (3/5) : Le moellon. C’est posé, c’est sans fantaisie, mais c’est important pour faire tenir l’ensemble.

Veretout (4/5) : Attends, il est élu en campagne pour couvrir autant de terrain, ou quoi. Il récupère, il est devant, il est sur les côtés, fatche de con, encore un peu et on le voit aux brocantes des CIQ et aux repas des amicales boulistes.

Harit (3-/5) : Gasset et Printant lui ont offert une préparation mentale spécifique digne des plus grand maître kungfu, sur la base des mouvements célèbres de shaolin tel que « le cerveau frais dans la fournaise des sept dragons », le « tao de la passe juste des moines wuxi », et les « mille serpents de jade du lâche ta balle bordel ». Ça a tenu une mi-temps, ce qui n’est déjà pas si mal.

Ndiaye (71e) : Quant Amine a fait son deuxième « je garde le ballon comme un couillon et je vais m’empéguer dans la défense », Gasset n’a pas hésité une seule minute, il a vu que le cerveau était définitivement désoxygéné. A sa place, Ndiaye amené quelques percussions également sympathiques.

Luis Henrique (4/5) : Voulez-vous que je vous dise ? Ben la transformation de Luis en pitbull de Botafogo sur les phases défensives, c’était particulièrement séduisant. Ajoutons à cela quelques montées bien senties et on finit de se convaincre qu’il n’est franchement pas dégueulasse à ce poste de piston gauche.

Sarr (3/5) : A défaut d’être décisif, il aura au moins permis aux défenseurs bergamasques de passer une bonne nuit tellement il les aura gansaillés pendant toute la partie.

Moumbagna (65e, 2/5) : Sa bonne volonté et son impact physique ne sont plus à démontrer. L’ennui, c’est quand le jeu lui demande de parcourir plus de deux pas balle au pied.

Aubameyang (3-/5) : L’avantage de bien connaître l’histoire olympienne, c’est de ne pas tenir rigueur à Jean-Bite de son occasion ratée et car nous savons, sans la moindre espèce de doute, que c’est lui qui inscrira le pénalty victorieux au retour (l’inconvénient de bien connaître l’histoire olympienne, c’est de savoir sans la moindre espèce de doute que Balerdi prendra rouge et suspension en demi, et que Jean-Bite se blessera après 25 minutes de jeu en finale).


L’invité zoologique : Charles De Ketelarve

A l’exception de la coccinelle vorace et de la chenille qui gratte, les insectes à l’état larvaire ont relativement peu de personnalité. L’ennui c’est qu’ils se métamorphosent, et là, à moins d’être expert, on ne saura pas si l’on aura affaire une semaine plus tard au majestueux papillon flamboyant de la mort, ou bien au bombyx nocturne de merde.

  • Les autres : Solides, mais donnant néanmoins l’impression d’être un peu beaucoup passés à côté de leur match. Après, s’ils veulent rester comme ça au retour, je veux bien. Mais j’en doute.
  • Coming next : Rien. Enfin, en tout cas, sur le plan footballistique, rien avant le match retour jeudi prochain.
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Twitter, ainsi que sur BlueSky. Anthony Ch. remporte le concours zoologique.
  • La grande annonce bonus de la méchante soirée :
Le mercredi 15 mai à Venelles, votre dromadaire aura l’honneur de co-animer avec l’inénarrable Médéric Gasquet-Cyrus une première mondiale : le jeu Motchus en laïve. Des rires, des découvertes, des lots chatoyants : n’hésite pas et réserve donc tes billets gratuits ici : https://billetterie.venelles.fr/soiree-motchus-le-laive-soiree-l-etincelle-salle-grace-kelly-venelles-15-mai-2024-css5-sitevenelles-pg101-ri10363713.html


Bises massilianales,
Blaah

4 thoughts on “OM-Atalanta (1-1) : La Canebière Académie a rendez-vous

  1. Pas d’accord avec toi, on sera l’équipe dégueulasse sans fond de jeu qui fera tomber Leverkusen, je le sens.

  2. Wé. Exacteument.

    Moi aussi je le sens.

    Je vous même JLG tirer sa révérence devant des dizaines de marseillais scandant son nom sur la canebière.

    Le vieux briscard. Le sage. Le mec qui écoute les hommes. Le mec qui adapte sa stratégie quand en face ils vont nous violer . Quelle classe. Quel départ en retraite.

    Je sens le retour gagné sur un but de Gigot comunsymbole.
    On gagne le Bayer en finale. Les allemands seront traumatisés et dégoutés par l’orgie en tribune. Malheureusement Ounahi quittera la finale après s’être blessé en taclant trop virilement en laissant l’équipe 3 minutes à 9 ( Ndiaye ayant célèbré trop virilement son but, l’arbitre sanctionnant surtout l’helicobite du haut des grillages).

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