Nice-OM (2-1), La Canebière Académie aurait pu faire mieux
Doria ferait mieux que Chuck Norris.
Aioli les sapiens,
Quelle incertitude, celle du Marseillais prêt à braver le mistral pour aller voir le funambule tenter son exploit, sans bien savoir s’il vient pour partager un grand moment de culture ou juste pour avoir une bonne anecdote à raconter au cas où l’acrobate se casserait la gueule (moi je m’en fous, j’ai déjà vu le cascadeur de Marseille en 1982).
Pour cette ouverture de cette Biennale des arts du Cirque, notre ville a d’ailleurs mis les petits plats dans les grands : rien de moins que son fameux numéro de grève des ordures ménagères qui fait rigoler petits et grands depuis au moins aussi longtemps qu’on a inventé le clown, ce que les historiens situent approximativement en 264 après Jean-Claude. Pendant plusieurs jours, nos vieux complices Métro et Héfo s’enverront mutuellement de désopilantes tartes à la crème, pour la plus grande joie de milliers de spectateurs que l’on annonce émus aux larmes, et pas seulement à cause de l’odeur des rues. Pas en reste, la population prépare une performance citoyenne et architecturale de premier ordre consistant en l’édification d’une pyramide de déchets devant les locaux de Force Ouvrière (si tu te sens une âme de mécène, ça se passe à la Bourse du Travail, rue de l’Académie, Noailles, 1er arrondissement). Devant de tels efforts, qui osera encore dénoncer un quelconque élitisme culturel à Marseille ?
Bref, ce week-end, Marseille hésite entre lever les yeux au ciel et craindre d’avoir les pieds dans la fange, ce qui résume assez bien la situation de l’OM après cette défaite en ouverture de la 22e journée.
L’équipe

Nkoulou et Ayew sont à la Coupe d’Afrique. Barrada et Alessandrini sont à l’infirmerie. Fanni est suspendu. Doria est occupé à faire vendre du papier et du clic. Sur le terrain, en bricolant un peu, l’ensemble reste très présentable. En revanche, on se demande bien ce que fait le centre aéré de la cité des Marronniers à la place de notre banc de touche (Omrani, Boutobba, Samba, Tuiloma, Sparagna, Bangoura, Doria).
Le match
La présence de Cyril Rool au coup d’envoi est longtemps restée incertaine. Heureusement, sa garde à vue s’est terminée juste à temps pour qu’il puisse se rendre au stade, sans même prendre le temps de récupérer tous ses effets.
Pressentant un flottement dû à notre nouvelle organisation, Nice nous rentre dedans avec allégresse. Pressés au milieu de terrain voire dès nos premières relances, bouffés dans les duels aériens, nous concédons des occasions sans que nos adversaires ne parviennent à cadrer. Après un quart d’heure, l’étreinte se relâche et nous commençons à prendre le contrôle du ballon. Si notre rythme est toujours laborieux, nous parvenons à nous procurer de bonnes situations, conclues ici aussi par des tirs imprécis.
Impression mitigée à la mi-temps : les plus optimistes d’entre nous, dont je suis, constatent un progrès dans le jeu par rapport à nos dernières sorties. Cependant, nos défauts persistent : duels défensifs joués en mode « François Bayrou contre Daesh », manque de mobilité, ballon abusivement porté. La marge est étroite entre une domination que nous pouvons concrétiser et notre capacité à commettre LA faute de concentration qui fera tomber l’édifice.
Attention constante, engagement dans les duels, nul ne doute que Bielsa insiste sur ces exigences dans les vestiaires de l’Allianz. Faut-il encore se rappeler que, traduites par Fabrice Olszewki, les paroles les plus limpides prennent l’allure d’un exposé sur la constante de Planck récité en tagalog par Francis Perrin. C’est donc avec un cerveau aux limites de la convulsion fébrile que nos joueurs regagnent le terrain : un souci que n’ont certainement pas à connaître les Niçois, eux qui n’économisent jamais mieux ce précieux organe que lorsqu’ils se trouvent autour d’un terrain de football. Ou d’un bureau de vote, à la rigueur.
Bref, pendant que nos joueurs se tripotent la nouille comme le premier cinéaste français venu, les Niçois ont recommencé à jouer. Un coup franc timidement renvoyé revient dans notre surface. L’intensité du duel alors disputé par Aloé procure l’hilarité des supporters Niçois (« Je n’avais pas rigolé comme ça depuis Clément Méric », nous confiera l’un d’eux). Face à l’urgence de la situation, Imbula choisit courageusement de ne rien foutre, et laisse Eysseric centrer. Morel en retard, Aloé pas replacé, Romao est trop seul pour empêcher Genevois de conclure l’action par un but dégueulasse (1-0, 47e).
Une fois le bâton merdeux saisi à pleines mains, nos joueurs semblent enfin prendre quelque conscience de l’enjeu. Payet se charge de sonner la révolte et fonce tout droit non pas vers son destin, mais dans cette grande courge innocente de Rémi Gomis. Faute, carton jaune. Encouragé par ce résultat prometteur, Payet se charge de maintenir la flamme et fonce tout droit non pas aux putes, mais dans cette grande courge maladroite et déjà avertie de Rémi Gomis. Faute, carton jaune, carton rouge (53e).
L’espoir s’avive, d’autant qu’un sympathique stoppeur noctambule bien connu de nos services fait son apparition pour pallier l’expulsion. Hélas, malgré les quelques signes encourageants entr’aperçus dans cette rencontre, notre jeu ne parvient pas à s’installer suffisamment pour maintenir une pression constante sur des adversaires affaiblis. Nous avons le ballon mais n’en faisons pas grand-chose d’intéressant, faute d’imagination dans nos déplacements et nos transmissions.
C’est alors que, sur un long ballon niçois, Imbula montre si peu d’impact qu’en tribunes, Eric Ciotti le soupçonne d’avoir dissimulé une famille de clandestins dans son short. En éliminant notre milieu de terrain (peut-être avec une main au passage mais on s’en branle), Pléa crée une brèche dont l’on présage à ce moment qu’elle sera moins facile à colmater qu’une chanteuse R’n’B. Un peu comme dans la blague de la blonde qui aperçoit une peau de banane…
[Intermède à vocation humoristique]
Tu ne connais pas la blague de la blonde avec la peau de banane ? Attends, je vais te la raconter, comme ça les lecteurs naïfs croiront que nous sommes payés à la ligne. C’est une blonde, dans la rue, qui voit une peau de banane posée dix mètres devant elle. Elle se dit alors : « Oh zut, je vais encore tomber. »
Tordant, non ? Personnellement j’adore. Même si je la connaissais plutôt avec un Juif. Ou un nudibranche, je ne sais plus.
[Fin de l’intermède à vocation humoristique]
Eh bien notre défense, c’est cette blonde : même en surnombre, même à 40 mètres de nos buts, c’est tout juste si l’on n’inscrit pas nous-même le but au panneau d’affichage. Bauthéac repousse ensuite Morel à trois mètres sur une feinte si prévisible qu’elle était inscrite dès la troisième ligne de l’almanach de Nostradamus pour ce 23 janvier (les deux premières concernant la défaite de Richard Gasquet et la blessure d’Abou Diaby). Il retrouve Pléa d’une belle passe, suscitant ainsi la contemplation admirative des présents, Romao et Aloé compris. Ainsi décalé, le jeune Niçois n’a plus qu’à servir Niklas Hult, celui qui rit quand il exulte (2-0, 73e).
Dans le but de bien nous faire regretter la tournure de la soirée, Gianelli choisit alors de se sortir les doigts du fion en nous montrant ce dont il peut être capable. Il envoie un amour de passe pour Thauvin qui, de la poitrine, devance l’endive géante qui sert de gardien aux Niçois (2-1, 77e).
La fin de rencontre est bordélique à souhait, entre attaques anarchiques et cartons jaunes. Michy rate l’occasion de profiter d’une nouvelle sortie potagère d’Hassen, avant qu’un Olympien bien placé dans la surface azuréenne ne fasse passer un bref frisson dans le stade, le temps de s’apercevoir qu’il s’agissait de Jérémy Morel.
Mandanda (3/5) : N’a pas su arrêter les tirs de deux joueurs seuls à deux mètres du but. Doria aurait fait mieux.
Morel (2/5) : Comme une riche mamie, on peut lui faire confiance pour préserver l’héritage même s’il faut bien reconnaître qu’il commence un peu à fuir de la culasse. Plus jeune, Doria aurait fait mieux.
Aloé (1/5) : Après sa « passe-Iznogoud » ayant fait expulser Fanni la semaine dernière, Baptiste a assumé ses responsabilités en produisant cette alternance de belles interventions et d’analité totale dans certains duels qui a fait la gloire de son aîné. Doria aurait fait mieux.
Doria (5/5) : Il a parfaitement muselé Hatem Ben Arfa, que l’on n’a pas vu de la soirée.
Lemina (2/5) : De retour comme arrière droit après le traumatisme Grenoblois, Mario s’est bien mieux acquitté de sa tâche. Certes, défensivement, il se place encore aussi bien qu’il se coiffe, mais il a aussi produit de belles choses devant. Il a le tort de faiblir en seconde période, ce qui ne serait pas arrivé à Doria.
Omrani (65e) : Doria aurait fait mieux. Et cette fois, ce n’est pas forcément une vanne.
Dja Djédjé (3/5) : Encore sérieux et constant, passant et repassant de droite à gauche et de gauche à droite avec l’aisance décomplexée d’un jeune diplômé de Sciences-Po. Doria aurait fait mieux, mais de peu.
Romao (1+/5) : A l’image d’un pilote Malaysia Airlines, son sérieux et son implication ne sont pas remis en cause du moment qu’il ne s’approche pas d’une zone de turbulences. Sitôt notre supériorité numérique acquise, il est devenu aussi utile à l’équipe que le sens de l’honneur l’est à Christian Estrosi : aussi est-il évident que Doria aurait fait mieux que lui. Et mieux que Christian Estrosi également, d’ailleurs.
Boutobba (76e) : Pour sa deuxième entrée, il n’a pas pris de pied dans la tronche mais a vu Souleymane Diawara de près, ce qui est au moins aussi traumatisant. Doria aurait mieux encaissé.
Imbula (1/5) : Vais-je te féliciter pour ta superbe passe à Thauvin ? Certes pas car :
- Ta glissade laisse un doute sur le fait que cette passe fût totalement volontaire ;
- TU PLOMBES L’EQUIPE A PORTER LE BALLON PENDANT DES HEURES, PUTAIN, MEME TRADUIT PAR L’AUTRE COUILLON CA DEVRAIT ÊTRE COMPREHENSIBLE A LA FIN, NON ?
- Les duels défensifs. Ha ha ha. Ha.
- Doria aurait fait mieux.
Thauvin (3-/5) : Ouais, tu vas encore me dire que c’est du favoritisme mais lui, je lui accorde le pardon grâce à son but. Il a bien commencé la rencontre, avant de recommencer à s’enfermer dans ses dribbles qui ne servent à rien d’autre qu’à nourrir l’envie de fouler ses couilles avec des chaussures de sécurité. Gardons la foi, même si Doria aurait fait mieux.
Payet (2/5) : Une grosse occasion ratée et quelques vermicelles de talent disséminés dans une soupe au caca. Il n’est pas digne du grand Milan. Doria aurait fait mieux.
Gignac (2/5) : Très impliqué en défense (à la limite du bourrin, d’ailleurs, d’où quelques coups-francs concédés en zone dangereuse). Il a provoqué du danger en première mi-temps, avant que ses efforts ne finissent par le transformer en éponge usée. Doria aurait mieux tenu la distance.
Batshuayi (1+/5) : Cela m’ennuie de le sacquer vu l’énergie qu’il a déployée au service du collectif, mais justement, il lui est arrivé de dézoner plus que de raison. Lorsqu’il a été trouvé à la finition, il n’a jamais pu viser le cadre. Doria se serait montré plus adroit.
Locoscopie
Alors que les journalistes s’apprêtent goulûment à titrer sur le Malaise Bielsa ©, la Rupture avec les joueurs ™ ou l’Imbroglio Doria ®, nuançons l’état de crise que certains sont prompts à annoncer. Si le jeu est insuffisant, on ne peut pas dire que les joueurs ménagements leurs efforts. Quasi-impubère pour une bonne partie, l’effectif a aussi par ses limites une responsabilité dans la défaite : avec les retours des uns et des autres, il est permis d’espérer que les progrès arriveront naturellement. Par ailleurs, la composition mise en place ce soir n’a pas produit le naufrage que l’on pouvait craindre (Morel en arrière-gauche aurait-il apporté plus de sécurité ?) et, quant à Doria, n’ayant personnellement jamais vu jouer ni s’entraîner ce garçon, je me garderai bien d’émettre un avis.
Reste que Bielsa doit faire face à des problématiques qu’il n’est pas encore parvenu à surmonter : les milieux adverses tombent désormais à trois sur Imbula, qui n’a toujours pas compris que cette nouvelle donnée l’empêchait de lancer ses charges de gnou. Par le pressing adverse, Payet est moins facile qu’auparavant à trouver, d’autant qu’il est lui-même très surveillé.
Quoi qu’il en soit ce n’est que sur la saison complète que l’on aura jugé les talents de cette équipe, qui malgré tout reste éloignée des abominations de l’ère Baupanigo. Faisons donc confiance à Marcelo Bielsa, même si à mon avis Doria ferait beaucoup mieux.
L’invité zoologique : Jordan Amavier Marin
Il ne sera pas dit que la Canebière académie aura laissé passer une occasion de parler de viers marins. Bravo donc à Rémi M. d’avoir remporté le concours zoologique, même si Doria aurait trouvé un meilleur invité. Voici les observations de notre holothurie :
- Les autres : Agressifs-dans-le-bon-sens-du-terme, sauf ce grand couillon de Gomis pas forcément agressif mais planté comme un stassi juste où il fallait pour se faire virer. Hormis cela, leur second but a aussi montré que l’on savait parfois faire dans cette ville quelque chose de plus subtil que du collage d’affiches identitaires. Bref, à part leur gardien qui semble être une pine avec des gants, cette équipe semble bien solide, bien que Doria eût fait mieux que ces 11 joueurs.
- Vu d’en face : Cyril Trool sera fier.
- Le classement : En ce vendredi soir, on peut potentiellement passer à quatre points de Lyon voire être dépassé par les Parisiens. Certains ont déjà abandonné l’espoir de peur d’être déçu. Ils n’ont pas de couilles : Doria serait plus confiant, lui.
- Les autres : nous ne resterons pas Consolix aussi longtemps que nous l’aurions rêvé : les cousins des Quartiers Nord s’inclinent 2-0 face au Red Star en Coupe de France. Bravo tout de même, même si Doria aurait pu permettre de prolonger l’aventure.
- Nouvelles d’Afrique : Cette réaction d’un lecteur Algérien à une occasion ghanéenne pourrait figurer comme épitaphe de la carrière de Jo le Sconse.
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Doria aurait fait mieux.
Bises massilianales,
Blaah (même si Doria aurait fait une meilleure académie).
Salut,
Sans être supporter, je regarde de plus en plus tes acads’
Beau boulot merci
Et merci à vos joueurs de nous (OL) laisser croire à éventuellement mieux que le podium
Au fait, il était chez Charlie hebdo le 7 janvier Gérard Côlon ?
J’aime beaucoup tes académies d’ordinaire mais je suis déçu pour une fois. Ce n’est pas parce que tu n’a jamais vu Doria que tu dois te garder d’émettre un avis. C’est pas professionnel, tous les journalistes se permettent (en tout cas sur RMC, j’ai quand même une limite à lire ou écouter des conneries). Plus sérieusement au moins les marseillais sont pas déjà en train de brandir des pancartes « bielsa démission » et ça c’est respectable.
Bref, bonne académie, même si bien sûr Doria aurait mieux écrit.
Vu de l’étranger, cette nouvelle déconvenue passe mieux comme cela.
Et laissons le temps à Doria d’explorer son nouvel environnement.
Par contre Aloé, on l’a assez vu.
Merci. Doria.
« on ne peut pas dire que les joueurs ménagements leurs efforts »… On peut très bien l’écrire apparemment…
Que celui qui n’a jamais ménagemé me jette la première pierre.
Non mais Aloé, quoi.
Qui est Doria ?
Bon allez c’est bon, on arrête avec Payet, c’est définitivement le pire fils de pute de tous les temps.
Comme je suis sympa, je vous épargne le « je vous l’avais bien dit »
enculé
Salut Blaah, je te trouve très indulgent par rapport à la purge entrevue ce vendredi. N’étant pas moi-même adepte de la positive attitude je suis plus qu’inquiet pour la suite des évènements. Et comment pourrait-on ne pas l’être après les 3 défaites en 4 matchs depuis la reprise ? Au delà des défaites c’est le niveau de jeu qui m’insurge. OUI JE M’INSURGE, ET ALORS ? Le jeu collectif est complètement grippé et l’équipe flamboyante du début de saison a laissé place à cet ensemble d’individualités incapable de reproduire ce jeu si chatoyant qui était le notre il y encore quelques semaines. Et Bielsa nous endort. Peut-être parce que lui roupille déjà depuis un moment. L’équipe alignée ce vendredi était dégueulasse sur le papier, elle le fut davantage sur le terrain. Et notre Marcelo en conf d’après-match qui déclare être plutôt satisfait de la prestation collective et qui s’étonne de ne pas nous voir remporter ce match. Match durant lequel nous avons été en supériorité numérique durant 1/2 heure sans que l’on puisse réellement s’en rendre compte…
PS : pas mal la photo cours Lieutaud, c’est récent ? et merci pour l’info concernant FO, je vais leur livrer 2 ou 3 paquets.