OM-Le Havre (6-2) : La Canebière Académie cartonne
Bombescouade.

Aïoli les sapiens,
Ne sortir la main du slip que pour mettre une paire de claques à un gueux, ne se servir de l’autre que pour étouffer un bâillement, compter sur des représentants de l’ordre serviles pour exécuter les basses œuvres à notre place… D’accord, à Marseille, le pouvoir, on aime toujours pas ça ; n’empêche, pour une fois qu’on en a un petit peu, nous serions idiots de ne pas en profiter.
Les Longorious Basterds
De Lange
Pavard– Balerdi – Aguerd – Emerson (Murillo, 64e)
Højbjerg – O’Riley (Nadir, 64e)
Greenwood (honte à nous, Bakola, 79e) – Gomes (Vaz, 64e) – Paixão (Weah, 71e)
Aubameyang
Après Medina, Kondogbia et Traoré, Gouiri s’ajoute à la liste des blessés, à l’issue de la trêve internationale. Plutôt que de faire Mel Gibson et de se déboîter l’épaule à chaque contact, Amine se fera opérer et sera indisponible trois mois ; on espère le retrouver en pleine forme pour le sprint final.
Seul fait notable chez les titulaires, la nomination de De Lange pour laisser Rulli récupérer de son jette-lague.
Le match
La coutume veut qu’à chaque trêve internationale, Højbjerg invite ses camarades à un barbecue convivial mais néanmoins diététique : poisson grillé, bulbes de fenouil grillés, et gare à celui qui essaie de reprendre de la mayonnaise avec ses chips de carottes. Appelé en équipe nationale, Pierre-Emile a cependant dû laisser l’initiative aux jeunes, non sans laisser ses consignes : « nu-tri-tion, les gars, je vous fais confiance, hein ? – Oui oui, t’inquiète, on gère ».
Ce que les jeunes n’avaient pas prévu, c’est que Pierre-Emile doive écourter son séjour au Danemark en raison d’une suspension : on imagine bien leur tête lorsqu’ils l’ont vu débouler à la Commanderie en pleine tartiflette.
Le mal était fait : voici l’OM condamné à passer la première demi-heure de son match à digérer les pommes de terre et le fromage fondu, face à une équipe du Havre toute surprise de ne pas se faire rouler sur la gueule comme de coutume. Puisque l’OM dort, les Normands en profitent : un long centre échoit à Kechta sur notre côté droit. Greenwood (honte à nous) nous produit son trop fameux « boarf, flemme de défendre, à la place je collerai des buts tout à l’heure, ça suffira bien pour qu’ils soient contents ». Livré à lui-même, O’Riley recule-freine jusqu’à l’Estaque, laissant l’attaquant placer tranquillement son tir (0-1, 24e).
L’incident ne nous réveille pas pour autant, et De Lange doit s’employer cinq minutes plus tard face à une nouvelle tentative. Pour l’OM, l’affaire ne sent pas la lavande, et cette fois ce n’est pas le reblochon qui est en cause.
On s’agace souvent de cette tendance exaspérante qu’ont certaines équipes talentueuses à sous-jouer, se reposant sur leur différence de niveau en semblant croire que la récompense tombera bien d’elle-même à un moment. Que dire alors, lorsque l’OM sous-joue et qu’effectivement, la récompense tombe d’elle-même sans que l’équipe n’ait fait grand-chose pour cela ? Tout part d’une perte de balle havraise, bonifiée par un long ballon de Gomes dans la course d’Aubameyang. Jean-Bite contrôle et démarre, mais se voit intercepté par une énorme patasse de Lloris à l’entrée de la surface. M. Dechepy accorde pénalty et carton jaune, malgré un doute sur l’emplacement de la faute ; d’ailleurs, un simple coup-franc, mais assorti d’une expulsion, aurait été tout aussi légitime. De ces deux décisions, l’arbitre aurait pu choisir l’une ou l’autre sans que personne n’y trouve à redire, mais préfère se livrer à une turpinade d’un très bel acabit (turpinade, n.f. : se dit d’une décision prise par un arbitre pour satisfaire son égo davantage que l’esprit du jeu). Appelé par ses assistants, M. Dechepy part consulter la vidéo, et constate comme tout le monde que celle-ci n’est pas d’un grand secours pour déterminer si la main a eu lieu avant ou après la ligne de réparation. L’arbitre prend alors une décision guidée par les valeurs et principes de sa corporation, qui, comme chacun le sait, sont les mêmes que celles de la Police nationale : on protège le puissant et on tabasse le faible. Or il se trouve que, pour une fois, nous sommes puissants : ce sera donc fromage ET dessert, pénalty ET expulsion de Lloris. Greenwood (honte à nous) ne se fait pas prier pour égaliser d’un contre-pied décontracté (1-1, 26e).
Forts de ce cadeau inespéré, les Olympiens se disent que quelques efforts ne seraient pas de trop pour mériter un tout petit peu plus leur pitance. Ce n’est qu’en toute fin de mi-temps que des actions un peu dignes de ce nom sont enfin construites. La plus belle d’entre elles voit Greenwood (honte à nous) lancer Aubameyang sur la droite, lequel centre parfaitement pour la tête de Gomes. Alors qu’un gros coup de casque droit devant aurait suffi, Angel tente pourtant un petit décroisé subtil qui envoie la balle droit sur le gardien.
La seconde période part sur les mêmes bases, avec les mêmes acteurs dans le désordre : Gomes lance Greenwod (honte à nous), qui exécute un amour de service dans la course d’Aubameyang. Jean-Bite en profite pour garnir sa collection de face-à-face manqués avec le gardien.
L’histoire recommence à s’enliser dans le quart d’heure qui suit. La nouveauté cette saison, c’est que nous disposons de ce que les rugbymen sud-africains appellent « le bomb-squad ». En gros, le bombescouade (tiens, j’aime bien ce mot, je vais le replacer de longue, autant dans trois ans c’est un Motchus du dimanche), le bombescouade, donc, c’est un commando de brutasses toute fraîches qui entre pour marcher sur la gueule des adversaires déjà passablement affaiblis par une heure de combat. Tu es à table depuis trois heures, la daube de bœuf en est à son troisième service et le rosé de Provence à sa quatrième bouteille ? Le marc du Garlaban qui arrive à ce moment là, c’est un bombescouade. Tu es un parti écologiste, tu viens de passer cinq ans à te bouffer le mourre entre militants avant de péniblement réussir à te trouver un chef ? Paf, affaire de corruption de mineurs dans la presse, bombescouade. Tu es un petit club de Ligue 1 qui résiste vaillamment à l’OM et aux emmanchures arbitrales ? Paf, Bilal Nadir, Amir Murillo, Robinio Vaz : bombescouade.
Le résultat est immédiat. Mais quand on dit immédiat, c’est vraiment immédiatement immédiat, je veux dire, c’est à peine si les entrants ont eu le temps de nouer leurs lacets. La balle est récupérée dans notre camp puis, après une habile conservation de Vaz, est transmise à Paixão, lancé vers la surface adverse. Igor décale Greenwood (honte à nous) sur la droite de la surface, et à partir de là, c’est du classique : contrôle subtil, petit, avec le petit bonus « tir dévié » pour bien faire comprendre aux Navrais que rien ou presque ne leur sourira ce soir(2-1, 67e).
Libérés, nous faisons parler la technique, la pétillance, la joie de vivre, la glorification des tabasseurs de femmes : un six-mètres navrais est immédiatement renvoyé dans le camp normand. Vaz enchaîne un amour de contrôle-passe sur la droite pour Greenwood (honte à nous), qui enchaîne un amour de contrôle-tir une main dans le slip (3-1, 72e).
L’histoire repépie : actant le fait que d’autres que lui sont bien plus adroits à la conclusion, Jean-Bite s’excentre et lance Pavard sur la droite. Le centre en retrait de Benjamin trouve Greenwood (honte à nous). Platdupied, main, slip, tout ça… (4-1, 76e).
Un relâchement bien légitime permet aux Navrais de sortir enfin la tête de l’eau, Balerdi devant d’ailleurs intervenir pour pallier une boulette de De Lange. Simple anecdote : nous repartons de l’avant et, depuis la droite, Nadir centre au second poteau pour Aubameyang. Fidèle à sa ligne du soir, Jean-Bite ne tente pas de placer sa tête, mais remise pour Vaz dans les six-mètres. Transmission du vieux au jeune, c’est beau, c’est le symbole, c’est le football, c’est le tarif (5-1, 88e).
Le plus beau dans tout ça, c’est que même dans une forme inédite, nous n’en respectons pas moins les traditions anales, à savoir : le dégun qui nous colle le but de sa vie dans le temps additionnel. Un centre est ainsi repoussé deux fois de la tête, jusqu’à l’entrée de la surface d’où Abdoulaye Touré plante de volée une LOURDE en pleine lucarne. On applaudit d’autant plus que, contrairement aux saisons précédentes, ce genre de fantaisie ne nous coûte pas de points. Cet OM-Le Havre, c’est un peu comme l’Ecole des Fans avec Jean-Luc Lahaye : tout le monde repart avec son petit cadeau (5-2, 92e).
Histoire quand même d’avoir le dernier mot, Nadir profite d’une très belle ouverture de Bakola pour y retourner de son centre plongeant, cette fois-ci pour Murillo. Tête imparable aux six-mètres, maintenant on peut ranger (6-2, 93e). La météo olympienne reste au beau fixe, ce qui n’exclut pas la vigilance compte tenu de notre début de rencontre particulièrement poussif.
Les joueurs
De Lange (3-/5) : Doublure-lumière.
Pavard (3+/5) : Vexé qu’on le moque pour son manque de fantaisie, Benjamin a fini le match avec un très joli turban en forme de prépuce, qui n’est pas sans rappeler ce même d’Eric Ciotti avec une tête de bite. Nous savons rire, ah mais. Ah, et il y a une passe décisive, aussi.
Balerdi (3/5) : « L’an dernier Balerdi avait une tête de jeune et là ça me frappe à quel point il a l’air vieux et mûri. Il a le cou qui a épaissi ». Au début Dromadame voulait dire « les couilles », mais à la réflexion elle trouvait ça trop vulgaire.
Aguerd (3/5) : On a longtemps attendu sa célèbre PTV (passe tranchante verticale) pour illuminer ce début de match mouligasse. On se contentera finalement d’un match géré le coude à la portière et enluminé d’un monumental coup de boule pour renvoyer un six-mètres et démarrer le troisième but.
Emerson (2/5) : Tiens, un match pas bon d’Emerson. Serait-il humain, après tout ?
Murillo (64e, 4/5) : Notre latéral a un sens du but plus affûté que les trois quarts des pébrons qui se sont succédé au poste d’avant-centre il y a quelques années.
Højbjerg (3/5) : Expédie les affaires courantes avant de se concentrer sur l’essentiel : remettre ses coéquipiers en forme physique grâce à un solide, diététique mais néanmoins convivial buffet danois (hareng mariné au vinaigre, hareng fumé et mariné au vinaigre, oignons marinés au vinaigre, hareng frit et mariné au vinaigre, pain de seigle à tremper dans une crème au vinaigre, flétan au vinaigre, saumon au vinaigre, vinaigre au hareng).
O’Riley (1/5) : Peu productif dans le jeu et d’une passivité coupable sur l’ouverture du score, bref, un match raté. Je ne peux pas expliquer.
(NB : je cherchais toujours la chanson qui correspondait à la note de brouillon que j’avais prise, « O’Riley : vanne inédite à faire sur chanson célèbre » ; la trêve aidant, je crois que j’ai eu le temps pour enfin la trouver)
Nadir (64e, 4/5) : Dans les anime, c’est le moment où tous les sbires du méchant ont été vaincus, et qu’une silhouette noire colossale se détache alors dans l’encadrement de la porte, en faisant des gros « BOMMM, BOMMMM, BOMMM » à chaque pas.
Gomes (2-/5) : S’il a moins donné que d’habitude l’impression de ralentir le jeu, c’est peut-être parce qu’autour de lui tout se déroulait déjà à deux à l’heure. Outre sa passe pour Aubameyang, son match aurait pu être bonifié s’il avait vu l’espace grand ouvert dans la cage adverse, mais il doit peut-être souffrir d’un Angel glaucome.
Vaz (64e, 4+/5) : Dans les anime, c’est le moment où, derrière la silhouette colossale qui se détache en noir dans l’encadrement de la porte et qui fait « BOMMM » à chaque pas, il y a un autre méchant grand et maigre qui lévite en ricanant : « Hin hin hin, tu peux échapper à Bilanadiri la brute, mais tu n’échapperas pas à ma maîtrise des mille déplacements foudroyants, hinhinhinhin. »
Greenwood (honte à nous, 4+/5) : Premier quadruplé d’un joueur olympien depuis Jean-Pierre Papin : je crois qu’on peut le dire, voilà qui efface entièrement et définitivement les petits reproches qu’on pouvait lui faire (on parle ici de sa défense honteuse sur le premier but, bien sûr, quoi d’autre ?).
Bakola (79e) : Face à des Navrais qui criaient sèbe, Darryl a eu toute la liberté de distribuer quelques belles galettes.
Paixão (3/5) : Dans le couloir avant le coup d’envoi, il rigole. Il réussit un dribble, il rigole. Il le rate, il rigole. Il fait une passe décisive, il rigole. Il est remplacé, il rigole sur le banc de touche. À la fin du match, il rigole. Il croise le regard d’Højbjerg, il est terrifié comme tout le monde, il y a des extrémités face auxquelles même l’homme le plus heureux de vivre doit s’avouer vaincu.
Weah (71e) : Pas directement impliqué dans l’avalanche de buts, malgré une entrée bien aimable.
Aubameyang (4/5) : « Bon, c’est encore une soirée où quoi que je fasse je vais me planter contre le gardien. Nique, si c’est comme ça je fais marquer les autres, qu’on soit pas venu pour rien. »
L’invité zoologique : Gautier Loryx
L’oryx n’est jamais dangereux que lorsqu’il pose un genou à terre, tous les lions le savent. Les chasseurs non, ils ne le savent pas, mais ils s’en branlent : cornes pointues ou pas, un bon coup de fusil à lunette depuis le Ford Ranger et hop, la daronne aura un joli trophée à accrocher au-dessus de la cheminée. Voici ses observations :
- Les autres : « On est toujours arbitrés comme un petit club ». C’est exact, mais en même temps, ‘z’aviez qu’à pas être un petit club, na.
- Le classement : Paris trébuche, Lyon trébuche, Monaco trébuche, je trébuche (mais moi c’est passque j’ai bu hier soir), bref ON EST PREMIERS BORDEL.
- Coming next : on entame un cycle de semaines à deux matchs qui durera jusqu’à la trêve de mi-novembre, et ça commence par deux déplacements plutôt délicats, au Sporting et à Lens.
- Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Didier A. remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah
Une Académie qui fait bien plaisir. Plus que Gomes, j’en peux déjà plus de lui.
Hojberg qui montre du doigt Aguerd qui a fait une grosse tête défensive sur le troisième but , j’adore