Sporting-OM (2-1) : La Canebière Académie se tire une balle dans le pied
La merdification des choses.

Aïoli les sapiens,
Les faits de jeu, c’est comme le coronavirus : ya des organismes, on sait pas pourquoi, ils sont quasiment pas atteints. T’as ton système immunitaire qui dit : « oh, un virus », tu prends un Doliprane, tu moulardes un Bouzigues calibres 5 dans ton Kleenex et c’est marre.
Et à côté t’as les fragiles, ceux dont les globules blancs courent partout en faisant « AAAAAAAAAH » dès qu’ils croisent un virus ou un carton rouge, protéines d’alerte dans tout l’organisme, poumons qui se font hara-kiri, rétractation gonadique sévère (grade IV sur l’échelle de Rudi), ablation des joueurs créatifs et fibrose proliférative du tissu défensif, métastases balerdiques aléatoires avec anorragies massives impromptues, anxiété extrême et pulsions de suicide sportif, mort. Ce sont des fantaisies comme celles-ci qui finiraient par vous rendre hypocondriaques.
Les Longorious Basterds
Rulli
Weah (Garcia, 67e) – Pavard– Balerdi – Aguerd – Emerson (expulsé, 45e)
Højbjerg – Vermeeren (O’Riley, 46e)
Greenwood (honte à nous, Murillo, 46e) – Aubameyang (Vaz, 81e) – Paixão (Gomes, 67e)
Hormis Gouiri, durablement blessé, l’équipe-type est alignée. Notons que Garcia, initialement écarté comme une merde pour la Ligue des Champions, retrouve sa place dans le groupe à la faveur de la blessure de Medina.
Le match
Un carton jaune précoce de Balerdi face au pourtant très modeste Luis Suarez laisse d’entrée planer quelques doutes sur notre sérénité défensive. Cette fragilité n’est pas nouvelle, mais l’OM a appris à la traiter de la meilleure des manières : en aplatissant l’adversaire dès le milieu de terrain, pour ne pas le laisser porter le danger chez nous.
La Ligue des Champions, c’est également l’occasion pour nous de réciter ce qu’on n’a guère le loisir de mettre en application face aux blocquéquipes affreux de Ligue 1 : la transition rapide, élégante et meurtrière. Après deux tentatives de Paixão pour régler la mire, le troisième essai est le bon. Sur un ballon récupéré par la défense, Greenwood (honte à nous) décale Aubameyang d’une habile touche de balle. Pas de temps à perdre, Jean-Bite renvoie immédiatement le jeu sur l’aile opposée : la transversale est parfaite, et à la réception Paixão enchaîne contrôle, crochet, et enroulé petit filet (0-1, 14e).
Hormis quelques moments slipométriques, consécutifs notamment à un contrôle « Foot en Folie » de Rulli, l’OM se pose en patron incontesté. Au milieu, Vermeeren et Højbjerg répondent invariablement « non » aux velléités lisboètes. Devant, les actions se déploient , manquant seulement un peu de tranchant pour vraiment tuer le suspense. Du reste, Luis Suarez échappe à Balerdi pour se voir mis en échec par Rulli, ce qui nous rappelle la nécessité de ne pas tomber dans une domination ronronnante.
Message reçu : l’intensité s’accroît en fin de première période, avec une tentative d’Aubameyang déviée de justesse hors du cadre. Les corners qui s’ensuivent reviennent dans la surface, où Greenwood trouve Emerson au point de pénalty. Notre latéral s’effondre et gagne le coup de sifflet arbitral, rappelant les plus belles heures de l’équipe olympique italienne de plongeon artistique, spécialité « surface de réparation ». Le problème, c’est que ces plus belles heures, elles commencent à dater, et que dans l’intervalle, l’Homme a inventé divers gadgets tels que les radars automatiques, la K-Pop, l’intelligence artificielle, les porte-clés à l’effigie de petits chats qui se touchent les couilles (5 euros au Chat Chouette des jeux à Pertuis, placement produit) et, donc, l’assistance vidéo à l’arbitrage. Le pénalty est annulé et la simulation d’Emerson dûment sanctionnée d’un jaune. Or, notre latéral venait justement d’être averti, sévèrement certes, mais l’affaire n’est pas là : au lieu de regagner les vestiaires une main dans le slip, nous voici à devoir gérer une infériorité numérique.
Et c’est là qu’on voit que l’OM, s’il revêt de plus en plus souvent ses habits de patron, a encore du mal à les assumer. On aurait pu espérer que De Zerbi grogne « Ma que cazzo » ou un truc du genre, fasse entrer Murillo pour Weah ou Paixao, et encourage l’OM à continuer de rouler sur son adversaire en attendant que Hontànous plante le deuxième (et en croisant les doigts pour que Balerdi ne reçoive pas le deuxième, certes). C’est tout le contraire qui se produit, dans des proportions catastrophiques : De Zerbi panique, sort Greenwood (honte à nous) et Vermeeren (qui pourtant n’aurait pas déparé dans une option plus défensive), et renchérit un quart d’heure plus tard en ôtant Weah et Paixão. Résultat : la défense déjà douteuse en première mi-temps se voit recroque-vier (© Médéric Gasquet-Cyrus, de l’Université de Provence) dans les 25 derniers mètres, il n’y a plus aucun joueur créatif pour tenir le ballon et ébaucher des attaques et, pire que tout, toute la confiance accumulée ces derniers temps est jugée sans valeur. Cette équipe de l’OM se voit amenée à jouer contre-nature, à se voir plus petite qu’elle est, face à un adversaire qu’elle martyrisait pourtant et qu’elle n’aurait peut-être pas eu beaucoup de mal à manier même en infériorité numérique.
Puisque nous nous privons de toutes nos qualités footballistiques, il ne nous reste plus dans ce contexte qu’à compter sur la chance, sauf que la chance, elle sourit aussi à ceux qui la provoquent, en l’occurrence les Portugais. Aguerd sort de sa ligne pour aller contrer un attaquant, mais ne peut que perdre le ballon sous le pressing ; surtout, sa sortie n’est pas compensée. Balerdi est trop loin pour intervenir sur l’attaquant, qui peut transmettre à Catamo lui-même bénéficiaire du marquage élastique de Garcia. L’égalisation est refusée pour hors-jeu, jusqu’à ce que la vidéo montre que Pavard couvre comme un porcasse (1-1, 69e). Un exemple magnifique et, on l’espère définitif, du fait qu’empiler les défenseurs dans un blocquécuipe bas n’a guère de pertinence si ceux-ci ne sont pas habitués à jouer ensemble de la sorte. Donc soit on bascule dans le FC Metz Project, soit on met ce pétage de plomb coachesque sur le compte de l’accident isolé et riche d’enseignements.
Pour que la leçon pénètre plus profondément, la 86e minute voit Balerdi sortir au pressing et, devant son échec, poursuivre l’attaquant comme un dératé sur toute la largeur du terrain sans qu’aucun équipier ne daigne l’aider. L’action aboutit au coin de notre surface, d’où Alisson voit son tir dévié par la main de Balerdin Pavard, prenant Rulli à contre-pied (2-1, 86e).
Évidemment, sans autre joueur offensif que Vaz, l’égalisation n’est qu’une vue de l’esprit, d’autant que l’OM tâtonne sans même avoir l’idée de tenter des ave Maria dans la surface adverse. La fin de match n’est égayée que par l’expulsion bizarre d’Araujo dans une dispute avec Pavard, annulée par un arbitre à qui il faudra expliquer un jour que l’assistance vidéo c’est comme les petites roues de vélo, il faudrait apprendre à faire sans, à un moment.
Alors que dès dimanche surviendra un déplacement pas anodin à Lens, il faut au moins espérer que cette défaire sgoumfigène servira de leçon dans l’esprit des joueurs et surtout de l’entraîneur : s’adapter aux événements défavorables oui, tout saborder en jouant contre sa nature : PLUS. JAMAIS.
Les joueurs
Rulli (3+/5) : Il aurait pu faire un effort pour bloquer le tir dévié par Pavard, quand même. Bon, d’accord, il y aurait eu un pénalty, mais alors il aurait pu faire l’effort de l’arrêter, quand même. Non, on galèje, il a réussi les arrêts qu’il fallait pour maintenir l’OM à flot. Et au moins on n’a pas encaissé par ce vier marin de Luis Suarez, c’est déjà ça de pris.
Weah (3/5) : Dans l’équipe-bulldozer de la première mi-temps, il a tenu sa place sans éclat mais efficacement. Après, quand toute la création du jeu se met à reposer sur lui avec des ballons récupérés à 20 mètres de notre but, la marche est un peu haute, forcément.
Garcia (67e, 1/5) : Entré pour serrer le jeu, n’a pas serré le jeu. Ce qu’il y a, avec ce genre de coup tactique à la mords-moi-les-alibofis, c’est qu’on s’expose aux appréciations binaires.
Pavard (1/5) : Panique et se place à la ouanegaine sur le premier but, se montre maladroito-malchanceux sur le second. On disait que Balerdi allait beaucoup apprendre aux côtés de joueurs experts dans leur domaine, mais la réciproque est aussi vraie.

Balerdi (2+/5) : Dès qu’il a pris son carton jaune à la 3e minute, on s’est tous attendus à ce qu’il ne finisse pas le match. Et quand on dit « tous », cela inclut aussi De Zerbi qui, pour reprendre l’analyse d’un lecteur, s’est peut-être dit qu’un bloc bas était peut-être le meilleur moyen de ne pas le voir pris dans son dos. C’est ça le pire dans l’affaire, c’est que, même quand il ne fait rien de mal ce brave Leo a installé un triplex-jacuzzi dans notre subconscient.
Aguerd (3/5) : Pas ébranlé pour deux sous par les circonstances. Il avait certainement davantage besoin de milieux devant lui à qui relancer la balle, que de soixante défenseurs derrière qui n’ont de toute façon même pas été foutu de le couvrir.
Emerson (expulsé, 45e, 1/5) : « Ouais, mais sans la vidéo, j’aurais obtenu le pénalty du deuxième but et vous m’auriez traité de génie. » Dis donc, Papy, on apprécie beaucoup ton expérience, mais à un moment il faudrait penser à vivre avec son temps, quand même, sinon la frontière devient ténue avec le gâtisme.
Højbjerg (4/5) : Disposer d’un mammouth pareil et se recroqueviller sur ses frontières comme des cagueux, vraiment… on dirait la mentalité de ces pays dotés de l’arme nucléaire et qui se barricadent de peur devant des crève-la-faim en Zodiac.
Vermeeren (4/5) : Dites-nous qu’il s’est passé un truc dans le vestiaire à la pause, par pitié : une blessure, une gastro fulgurante, une bagarre avec un équipier, une fugue amoureuse avec le kiné, un enlèvement par des aliens, je sais pas moi, tout sauf dire que De Zerbi s’est privé de lui sciemment pour la deuxième mi-temps.
O’Riley (46e, 1/5) : A la comparaison avec Vermeeren, il est clairement derrière les yeux bleus.
(NB : OK, Matt n’a servi à rien, mais au moins j’ai enfin trouvé à quoi correspondait ma note « Vanne sur chanson célèbre à faire avec O’Riley », c’est déjà ça de pris).
Greenwood (honte à nous, 3+/5) : Il y avait un pari à faire : « OK, il risque énormément de ne rien branler en défense, mais il risque aussi énormément de nous rapporter le second but. » De Zerbi a préféré l’option dite « Parti socialiste » : ne laisser aucune place au hasard, être certain de se flinguer.
Murillo (46e, 3/5) : Un relatif sérieux défensif, une relative propension à mettre une narine à la fenêtre sur nos rares actions dans le camp adverse. Ca ne casse pas des briques, mais ça fait au moins un remplaçant dont l’entrée n’a pas été catastrophique.
Paixão (4/5) : Les changements tactiques de la mi-temps l’ont débranché aussi sûrement que les flics viennent débrancher la sono à 22h01. La bamboche, c’est terminé.
Gomes (67e, 1/5) : Il sentait le mazout, Bilal Nadir ? A voir ses dernières entrées, il aurait peut-être plus intéressant de le voir lui, plutôt qu’Angel Gasoil.
Aubameyang (4-/5) : Une deuxième mi-temps qui détruit toutes les promesses de la première. Quand on dispose de personnes aussi contentes de jouer au football, c’est presque de la maltraitance, de casser leur élan de la sorte.
Vaz (81e) : Pourquoi ? me demanderez-vous. Pourquoi pas ? rétorquerai-je, en disant que de toute façon, au point où on en est…
L’invité zoologique : Louistiti Suarez
Le ouistiti est un singe tout à fait inoffensif et insignifiant. Le seul moment où il pourrait éventuellement être dangereux, c’est si on fait des expériences de virus mortel sur lui, et que des abrutis viennent ouvrir les cages du laboratoire. Là d’accord, c’est 28 jours plus tard, mais dans la vraie vie personne n’est assez stupide pour faire ça n’est-ce pas.
- Les autres : Sévèrement gansaillés en première mi-temps, eux ont su saisir le sens de l’histoire : réorganisation offensive, monopolisation du ballon, les deux remplaçants qui marquent. Coaching gagnant.
- Le classement : 18e, un point seulement devant la 25e place fatidique. L’ennui, c’est que le Sporting était à ranger dans la catégorie « rivaux accessibles » : outre l’indispensable aplatissement des deux clubs belges chez eux, il nous faudra donc gratter des points à domicile contre l’Atalanta, Newcastle et/ou Liverpool…
- Coming next : Un relativement gros morceau à Lens samedi, avant Angers mercredi et Auxerre le week-end prochain. On garde teston frais, on se recentre sur ce qu’on sait faire, on évacue la peur et on retrouve le plaisir, et on relègue l’agacement du soir au rang de péripétie.
- Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Rémy B. remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah
Je croyais qu’on ne pouvait pas recourir à la VAR quand Benjamin est impliqué, justement parce qu’il y a Pavard. Non, et deux fois non après Lens. Un petit côté maffré le Benji, sensible dès Le Havre où il se prend une frappe à bout portant dans sa tête déjà meurtrie.
Hontànous, belle recrue béarnaise (j’avais ce jour utilisé l’expression « une volée de bois vert », alors j’avais dit « Té, tu vas voir ! ». Et bé non)
Ma che cazzo