OM-Metz (1-1) : La Canebière Académie stagne
C’est quand qu’on va où ?
Aïoli les sapiens,
Il a fallu Thionville pour nous rassurer sur le fait qu’on savait encore gagner, nous venons d’avoir Metz pour rassurer sur le fait qu’on était encore une équipe, et à ce rythme il nous faudra caler un amical contre Nancy pour nous rassurer sur le fait qu’on est encore vivant. Flottant à la surface du marécage sans fin que nous traversons actuellement, il arrive de temps à autre que nous croisons, sous les traits d’un club lorrain, quelque cadavre putréfié sur lequel prendre appui pour ne pas sombrer tout à fait dans la fange. Piétiner un club lorrain représente tout autant un geste de survie qu’un pas supplémentaire vers la perte de toute vertu, toute dignité et tout espoir.

Les Longorious Basterds
Lopez
Clauss – Gigot (expulsé, 30e) – Balerdi – Merlin (Garcia, 68e)
Ounahi – Onana – Harit (Meïté, 33e)
Ndiaye (Sarr, 68e) – Moumbagna (Luis Henrique, 85e) – Aubameyang
Hormis Mbemba, tout le monde est rentré de la Coupe d’Afrique. Le milieu de terrain n’en reste pas moins décimé avec l’absence de Rongier, Veretout et Kondogbia.
En fin connaisseur de l’âme humaine, Gennaro Gattuso cherche à ressouder son effectif autour d’un objectif commun, et pour ce faire quoi de mieux que de les confronter à la difficulté. Pas question donc de revenir au trop confortable 352, alors que le 433 représente une valeur sûre pour ce qui est de mettre les joueurs mal à l’aise, n’obtenir aucun résultat probant et garantir un style de jeu absolument imbitable.
Le match
Metz nous surpasse dans peu de domaine, sauf celui de l’impatience de voir la saison se terminer au plus vite. Sans créer de mouvements collectifs très élaborés, l’OM domine néanmoins aisément et ne tarde pas à se procurer des occasions : une combinaison Merlin-Harit échoit ainsi à Ounahi, bien placé dans la surface mais qui manque le cadre.
De même, un centre à la gacha empega d’Aubameyang suffit à paniquer la défense : le gardien messin cafouille la balle au contact avec Gigot, avant que Ndiaye ne conclue dans le but vide. La charge de Samuel est malheureusement sanctionnée.
L’OM ne paraît guère proposer mieux que son néant habituel, mais ce néant suffit à mettre les Lorrains au supplice. Un centre mal repoussé parvient à Ounahi, qui rate la porte d’Aix à trois mètres. L’échec est rageant mais ne paraît pas remettre en cause l’inéluctabilité de l’ouverture du score. Ce serait oublier toutefois que s’il existe une chose inéluctable à l’OM cette saison, c’est qu’un de nos joueurs puisse être saisi à tout instant d’un accès de débilité aussi soudain que spectaculaire.
En l’occurrence c’est Gigot qui ce soir a la garde du cerveau à trous et qui, dépassé par Mikautadze, enlace celui-ci de ses 80 kilos en disant « COPAAAAAAAAAAAIN ». Si l’affaire ne lui vaut d’abord qu’un jaune, l’arbitre met à profit l’intervention des jardiniers chargés de désencastrer le messin de la pelouse pour aller consulter le ralenti de l’action. Il apparaît que la faute de Samuel empêche l’attaquant de partir seul au but, et mérite par conséquent une expulsion.
Voici dès lors l’OM confronté à la difficulté dans un match qui n’en présentait a priori aucune, au grand dam des Messins désormais en responsabilité alors qu’ils n’étaient venus initialement à Marseille que pour prendre leur rouste réglementaire et acheter un totebague à la boutchique Motchus.
D’ailleurs les rapports de force changent peu, malgré les efforts de Gattuso pour plomber son équipe en sacrifiant Harit au lieu d’un improductif comme Ndiaye pour rééquilibrer la défense. Les choses auraient pu rapidement changer si l’arbitre avait dûment sanctionné la charge sur Moumbagna en pleine surface, mais les lois astronomiques sont immuables : la comète de Halley et un arbitrage favorable pour l’OM, ça ne s’observe que tous les 76 ans.
Dans la mesure où Metz n’a pas la moindre intention de profiter de sa supériorité numérique pour ébaucher du football, l’OM maintient son siège de la surface adverse, où Aubameyang expédie un centre parfaitement dosé pour Ounahi. Azzedine contredit alors l’expression « joueur à deux pieds gauches » en nous faisait admirer l’existence de son troisième pied gauche greffé sur le front : alors que le but est grand ouvert, il expédie son faible coup de tête droit sur le gardien.
Si Lopez doit s’employer pour faire échec au premier mouvement réellement slipométrique des Messins, c’est bien l’OM qui poursuit sa domination en seconde période. Jean-Bite se recentre ainsi pour adresser un tir qui, dévié, passe près de surprendre le gardien : Merlin récupère la balle détournée par Oukidja et centre en retrait pour Moumbagna, qui trouve enfin l’ouverture (1-0, 56e).
Notre ratio d’un but marqué pour trois occasions énormes goinfrées nous invite à chérir ce but d’avance, fragile et précieux comme un bouquet de valeurs républicaines, et dûment traité comme tels par nos bras cassés. Sur corner, Meïté est ainsi secoué par son adversaire sans que l’arbitre ne juge le duel illicite. Le ballon revient sous la forme d’un centre, pour la tête d’Udol qui devance Balerdi au premier poteau (1-1, 61e).
Leo passe près de se racheter en plaçant sa tête sur coup-franc, hélas hors-cadre, imité par Aubameyang peu avant la fin de la rencontre. Globalement, l’OM peine cependant à se remettre de l’égalisation, pas aidé par des choix de remplacements une nouvelle fois douteux. Les Messins n’en demandent pas davantage, déjà heureux de mettre un terme à leur série de sept défaites consécutives.
Le pire est qu’à la différence de Lyon, peu de choses semblent devoir être reprochées à nos joueurs sur le plan de l’attitude et de la combativité. C’est dans sa nullité la plus virginale que notre équipe s’est présentée sur la pelouse, infoutue de battre l’une des équipes les plus victimisées de Ligue un non par manque d’envie mais simplement par manque de talent. Entre certaines individualités salement limitées, d’autres volontaires mais pas aidées par leur placement, et au-dessus de l’ensemble un entraîneur infoutu de construire un collectif qui ressemble à quelque chose, c’est l’incarnation la plus parfaite de l’olympique du marasme 2024 qui nous a été livrée ce soir, sans grand espoir de voir les choses s’améliorer dans un futur proche. On ne saurait pas davantage se gargariser de notre invincibilité de 11 matchs au Vélodrome dans la mesure où celle-ci, au cas déjà miraculeux en soi où elle durerait un mois de plus, se fracassera violemment sur la rouste qui nous est d’ores et déjà promise par les parisiens fin mars.
Les joueurs
Lopez (3/5) : Quand Gattuso soigne le manque de confiance de l’équipe avec un 433, Pau soigne son fond dépressif en prenant le brassard de capitaine de l’OM. J’en déduis d’une part qu’ils partagent le même thérapeute, et de l’autre que ce dernier est un petit rigolo.
Clauss (3/5) : Chaque chroniqueur se voit tiraillé entre le camp médiatique faisant dans Clauss un anti-phocéen primaire qui en privé se torche tous les matins avec le maillot de l’OM et choisit toujours le PSG quand il joue à FIFA, et l’autre camp qui voit dans Jonathan le bouc émissaire des errements de Longoria et Benatia, qui ne se privent pas d’appeler quotidiennement journalistes et influenceurs en menaçant de leur casser les jambes s’ils n’écrivent pas que le joueur a pour habitude de venir chaque Vendredi-Saint pisser dans les bénitiers de la Bonne-Mère. Notre courage n’ayant d’égal que notre intégrité, nous ignorerons les menaces et les ponts d’or qui ne cessent de nous être formulés et proclamerons bien haut, fort de notre indépendance jamais démentie, que Jonathan a effectué un match : moyen.
Gigot (0/5) : Le tournoi des six nations apportent une confirmation supplémentaire à la théorie selon laquelle Samuel a mal choisi son sport : au rugby en effet, les joueurs qui reçoivent des expulsions de débiles mentaux, ils sont internationaux.
Balerdi (2+/5) : Son élégance paraît plus éclatante maintenant qu’il est entouré d’une bande de Néandertaliens finis. Hélas, trois fois hélas, son trop fameux mouvement « je fais un match parfait à l’exception d’une erreur unique sur la seule action dangereuse adverse » était une nouvelle fois à l’affiche ce soir.
Merlin (3+/5) : Une semaine d’acclimatation plus tard,on aperçoit un peu mieux vu ce que pouvait donner Quentin Merlin. Si l’on était resté sur Lyon, on aurait pu croire qu’on avait recruté Quentin Madame-Mim.
Garcia (68e) : Rien à admirer à l’exception d’un coup-franc satellitaire.
Onana (3/5) : Faudra revoir ce que cela donne face à une équipe qui a envie de franchir la ligne médiane.
Ounahi (1+/5) : Cruel résultat pour Azzedine qui, pour l’une des premières fois de la saison où il parvient à se mettre en évidence, finira tout de même pas se faire insulter sa mère après trois ratages grossiers. Las, il a consacré la seconde période à refaire ce qu’il sait le mieux : se planquer.
Harit (NN) : Pour fêter le remplacement opéré par Gennaro Gattuso, j’ai débouché ma meilleure bouteille (un Château-Anigo 2004, cuvée Camel Meriem – Jérémie Gavanon).
Meïté (3-/5) : On peut regretter sa relative tendresse sur le but messin, là où Gigot aurait fraternisé avec l’attaquant d’un coup de boule avant de finir la tête bandée et de sortir sous les ovations de son public et de son neurologue.
Ndiaye (1/5) : Avec le recul c’était bizarre de recruter un type connu pour avoir fait des jongles à Saint-Charles. J’imagine mal la SNCF recruter un gars parce qu’il a conduit une locomotive sur la pelouse du Vélodrome, par exemple.
Sarr (68e) : De tout et n’importe quoi mais surtout beaucoup plus rien.
Aubameyang (3/5) : Le point positif, c’est que son exil sur l’aile ne l’a pas empêché de se montrer actif voire souvent efficace. Le point négatif, c’est que pour une fois que Jean-Bite était bien luné, c’était un peu criminel sur les bords de le gâcher à cette position.
Moumbagna (3/5) : Faisons tout de suite le deuil du Ballon d’or et du grand prix de l’élégance, et prions simplement pour avoir attrapé le bon gars pas trop manche, qui ne rechigne pas à se battre et surtout qui saura marquer quelques buts importants.
Luis Henrique (85e) : Pas compris son entrée en jeu. Ca doit être comme Macron, Gattuso a une pensée trop complexe pour qu’on soit capable de la saisir.
L’invité zoologique : George Mikautsétsé
L’invité zoologique approprié pour raconter cette soirrzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz
- Les autres : Vous vous souvenez quand on imaginait que Lyon ne trouverait pas deux clubs encore plus nuls pour descendre à leur place ? Ah ah, naïfs que nous étions à l’époque.
- Le classement : Le plus étonnant est que nous soyons encore dans la première partie du tableau, pour cette semaine encore en tout cas.
- Coming next : Donetsk, Brest, Montpellier, Clermont, Nantes. Avec l’adversité qui nous attend ensuite, ce ne serait pas mal de profiter du mois qui vient pour réhabiliter la notion de « victoire ».
- Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Twitter, ainsi que sur BlueSky. Olivier L. gagne le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah