OM-Monaco (1-0) : La Canebière Académie joue avec le feu
Monacocufiés.

Aïoli les sapiens,
Après des points perdus contre Angers et Toulouse par manque de détermination, l’OM semble enfin assumer son incapacité totale à gérer sereinement le moindre avantage. Portant haut l’étendard des anxieux, des névrosés, des flippés, des larmoyants, des tendus du slip, des roulés en boule contre le mur, les Olympiens crient à la face du monde un « AAAAAAAAAAAAAAAH », qui vaut un manifeste : oui, nous assumons d’être paniqués à la moindre contrariété, et même à la moindre absence de contrariété ; oui, nous assumons en conséquence de nous comporter comme des cinglés suicidaires une action sur deux. Que la chance vienne, comme ce soir, récompenser cette stratégie, voilà qui résonne comme une belle morale de Noël : oui, en football comme dans le reste, on a le droit de faire n’importe quoi, pourvu que ce soit avec le cœur.
Les Longorious Basterds
Rulli
Murillo (Balerdi, 58e) – Pavard (Paixão, 58e) – Aguerd– Emerson
Højbjerg – Vermeeren (Nadir, 81e) – Kondogbia (O’Riley, 46e)
Greenwood (honte à nous)– Aubameyang (Bakola, 86e) – Weah
Le retour en forme de Murillo donne une option supplémentaire à droite qui, en répercussion, offre un peu de temps de repos à Paixão en reportant Weah à l’aile gauche. Pour le reste, rien de bien notable si ce n’est le choix de Pavard plutôt que Balerdi.
Le match
Le public commence par retarder le match avec force fumigènes, une action vertueuse à plus d’un titre. D’une part, voilà qui donne une chance à l’équipe de ne pas encaisser un but avant 21 heures ; d’autre part, ce n’est jamais inutile de noyer François Letexier sous un mélange de chlorate de potassium et de weed à haute densité : de toute façon, il ne pourra jamais nous arbitrer pire que lorsqu’il est clean.
Le début de match est à la hauteur de l’ambiance dantesque qui accueille les joueurs, avec un « taper taper taper » déchaîné comme l’on en a peu vu ces derniers temps. Il s’en faut d’un souffle qu’Aubameyang ne reprenne un centre de Greenwood (honte à nous), le gardien déviant la balle juste ce qu’il faut. Juste après, c’est encore Jean-Bite qui surprend un défenseur pas encore dans son match, mais ne parvient pas à enchaîner face au gardien. C’est bien simple : entre la fumée et le tabassage en règle des visiteurs, il ne manque que les blindés de gendarmerie pour rejouer Sainte-Soline.
Le revers de la médaille apparaît cependant dès la dixième minute : défensivement parlant, ce ne sont pas des espaces, qu’on laisse, c’est la plage de Piémanson, c’est tout juste si les Monégasques ne déboulent pas dans notre camp à cheval en chantant Bamboleo. On constate ici un phénomène très curieux tout au long de cette rencontre : autant collectivement on défend comme les kiwis des As de la Jungle (pour mémoire : il s’agit de courir dans tous les sens en faisant « AAAAAAH »), autant individuellement il se trouve toujours un ou deux défenseurs pour se sortir l’âme et se jeter comme si sa vie en dépendait. On le disait contre Toulouse et Angers, c’est cette attitude qui est la base ; une fois qu’on l’a, il sera toujours temps de travailler le reste ensuite (on n’est jamais qu’en décembre, après tout).
Parmi les multiples flottements slipométriques du soir, citons celui de la demi-heure, quand Aguerd laisse passer la balle sans voir que Minamino rôdait derrière lui. Aussitôt Rulli et Nayef lui-même se ruent sur le Japonais pour l’empêcher d’enchaîner. Sous un pressing présipautaire très efficace, l’équipe s’entête à relancer court pour surprendre nos adversaires avec des montées soudaines. Parfois cela marche, parfois cela conduit nos joueurs à des initiatives sublimes de débilité, comme la fameuse « Talonnade aléatoire sur attaque rapide qui prend notre propre équipe à revers ». Popularisée pas plus tard que mardi dernier par Vermeeren, l’œuvre est cette fois-ci exécutée par Kondogbia, Emerson devant sortir les avirons pour rattraper l’affaire. Greenwood (honte à nous) y va à son tour de sa perte de balle stupide : Minamino ne parvient qu’à tirer sur Rulli.
On perd les ballons tellement vite que même la réalisation n’arrive plus à suivre : un plan quelconque est diffusé pendant qu’on joue un six-mètres, et le retour au direct s’effectue sur les images d’un nouveau déboulé sur notre côté droit et un centre en retrait imparable : Rulli est battu mais Højbjerg sauve sur la ligne, avant qu’Emerson ne se jette comme un damné pour contrer la reprise.
La mi-temps survient à point nommé pour éviter la contracture des sphincters. La plupart de nos joueurs se montrent aussi généreux en attaque et en défense que débilissimes sur leur placement ou à la relance. L’une des seules exceptions réside dans la personne de Kondogbia, chez qui le volet « âneries » paraît le seul développé ce soir et qui, par conséquent, se voit sacrifié au profit d’O’Riley.
Pitresques mais valeureux en défense, les Olympiens manquent de payer très cher l’un de leurs rares manques d’implication : il ne faut que 15 secondes aux Monégasques pour engager la seconde période, nous faire Djobi Djoba une main dans le slip et répliquer quasi à l’identique le premier but belge de mardi. Seule différence, mais de taille, le tir de Minamino passe juste à côté du but.
L’action entame un moment de franc n’importe quoi, à côté duquel même le foutoir de la première période passerait pour du Pep Guardiola. Comme contre Madrid en début de saison, les Olympiens multiplient les relances courtes jusqu’à la caricature, et surtout jusqu’à rendre systématiquement la balle à l’adversaire à trente mètres de notre but. Ajoutons-y le placement toujours aussi improvisé des défenseurs et milieux, et voici un Monégasque lancé dans notre surface, où il voit son centre repoussé : des seize mètres, Camara contrôle et allume une lourde qui ne laisse aucune chance à Rulli. Contre toute attente, le but est invalidé au motif d’un hors-jeu franchement douteux de Balogun en début d’action, certes placé un bon mètre en avance, mais qui ne paraissait pas participer à l’action.
L’OM parvient alors à s’installer plus haut dans le camp monégasque : or dans cette position, c’est au tour de nos adversaires de produire de l’huile. Un duel autoritaire de Murillo offre la balle à Greenwood (honte à nous) : l’Anglais déborde et centre en retrait pour O’Riley, dont la reprise est sauvée devant la ligne par Kehrer, presque sans le faire exprès.
L’action marque le début d’un rééquilibrage des débats, que l’entrée de Paixão ne fait que confirmer. L’OM continue ainsi à ne rien maîtriser du tout MAIS se procure aussi de belles occasions : Greenwood (honte à nous) passe à quelques centimètres du chef d’œuvre sur un tir de loin, puis effectue quelques autres tentatives bloquées par le gardien, Jean-Bite se voit mis en échec à son tour par Hradecky, O’Riley sanctionne un mauvais dégagement d’une lourde hors cadre.
Monaco réplique : Weah ne couvre pas Balerdi, occupé sur un autre attaquant, si bien que Minamino peut partir sans opposition dans le dos de la défense. Heureusement pour nous, Rulli a réactivé son mode « sauveur » juste pour cette fin de match et remporte son face-à-face. Géronimo ne peut rien en revanche sur le ballon piqué de Balogun, également lancé dans le dos de la défense. L’arbitrage nous offre le quatre à la suite : un quatrième but encaissé d’affilée qui se voit invalidé pour hors-jeu, ce dernier étant au demeurant indiscutable.
Dépités, les Monégasques le sont encore plus lorsqu’ils laissent à Pierre -Emile Højbjerg un petit espace dans lequel se projeter. Pierre-Emile s’y voit servi par Paixão, et transmet instantanément à Greenwood (honte à nous), qui pladupiésécurise du point de pénalty (1-0, 82e).
Nul ne s’attend à ce que cet avantage inespéré vienne clore ce match bordélique. L’OM ne tente même pas de ne pas paniquer et, fidèle à sa nullité sur les seconds ballons défensifs, laisse de nouveau un Monégasque armer après un coup-franc mal renvoyé. Le tir, dévié, met en difficulté Rulli, qui ne peut que vomir le ballon devant lui. Et à ce moment-là, pardon, ça devient Demon Slayer. Alors que Biereth s’apprête à conclure, il est tout d’abord gêné par Geronimo, qui se jette sur lui en faisant « GNAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARGH » dans un tourbillon de vent et de poussière, puis anéanti par Aguerd, qui tacle en faisant « RHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA » dans un nuage de feu. Depuis le soir où Kondogbia s’est laissé battre au duel sur une touche longue par un Toulousain d’1,50m, on sent comme une petite prise de conscience, que l’on se doit de saluer. Il n’empêche, si pour gagner il nous faut à chaque fois passer par une heure de panique totale, un miracle arbitral et des sauvetages défensifs venus de l’espace, on se demande bien combien de temps nous serons capables d’encaisser une telle dépense nerveuse. Et par « on », on parle ici aussi bien des joueurs que de nous.
Les joueurs
Rulli (4-/5) : Il a posé les termes du débat : « que je fasse les choses bien ou pas bien, de toute façon je n’encaisserai pas de but et puis c’est marre ».
Murillo (2+/5) : Des intentions très louables mais il était tout décalé et tout brouillé, comme la télévision du professeur Tournesol dans les Bijoux de la Castafiore. Au bout d’un moment, ça fait mal aux yeux.
Balerdi (58e, 2/5) : N’a pas marqué contre son camp, ni causé de pénalty, ni pris de carton rouge, ni déclenché une apocalypse zombie. À son échelle et au vu de la sérénité ambiante, ça équivaut à un esprit presque zen.
Pavard (3/5) : N’a pas lu le mémo « hommage à Achille Zavatta sur les relances, hommage à Bruce Willis sur les gestes de dernier défenseur ». Forcément, ça paraît fade à côté des coéquipiers.
Paixão (58e, 4/5) : Son entrée en jeu a suffi à rappeler aux Olympiens qu’entre deux souillages de slips, eux aussi avaient le droit de poser des problèmes aux défenseurs adverses.
Aguerd (4-/5) : À l’heure qu’il est, Biereth doit être persuadé de jouer dans Sixième Sens, il attend que quelqu’un lui annonce qu’en réalité, il est mort sur le tacle de Nayef la veille.
Emerson (4-/5) : Activité très rigolote : revisionner toutes les actions monégasques, en jouant le « BWAAAAAAAAAAH » des lapins crétins à chaque fois qu’un Olympien fait un tacle désespéré.
Højbjerg (4/5) : Il a apporté énormément de sérénité au collectif. Non, je déconne, il s’est contenté de dire « de toute façon, si on ne gagne pas je tue tout le monde » ; au bout d’un moment, faut aller au plus efficace.
Kondogbia (2/5) : Contemple la vaine agitation autour de lui avec la quiétude du panda, posé sur son gros cul en mastiquant un bambou.
O’Riley (46e, 2+/5) : C’est sûr, par rapport aux autres perchés, c’était pas la reine de l’acide. Pas vraiment de geste du fondu du cerveau, mais en contrepartie, pas non plus d’impact véritablement important.
Vermeeren (3-/5) : Notre milieu de terrain, c’est comme Pac-Man : quand on est offensifs, on est capables d’aller traquer les fantômes jusqu’au fond de leurs chiottes ectoplasmiques. Mais dès qu’on est sur la défensive, on est condamnés à paniquer en disant « oh putain, oh putain, oh putain ».
Nadir (81e) : Entré pour empêcher Vermeeren de faire une talonnade dans les dix dernières minutes, on n’est jamais trop prudent.
Greenwood (honte à nous, 4-/5) : A bien mérité le trophée d’homme du match, dédié ce soir à la protection de l’enfance. À une grande cause près, on n’est pas passé loin de quelque chose de drôle.
Weah (3-/5) : De flamboyant à cramé en l’espace d’une mi-temps. C’est normal, c’est la période des cierges magiques.
Aubameyang (3-/5) : Jean-Bite l’insondable a encore frappé : concrètement, il n’a pas réussi grand-chose de déterminant, mais en même temps on ressort avec un je-ne-sais-quoi qui laisse à penser que, sans lui, les choses auraient peut-être plus mal tourné.
Bakola (86e) : A pu profiter de la sagesse des anciens (« quand tu mènes 1-0 dans le temps additionnel, petit scarabée, pense à bien crier ‘BWAAAAAAAAAH’ quand tu tacles comme un dératé »).
L’invité zoologique : Takumi Minouminou
La victoire, c’est plein de bonnes choses pour les chatons que nous, on peut pas comprendre, nous les humains. Les chats iraient chercher la victoire. C’est-à-dire qu’ils se lèveraient, ils se bougeraient le cul, et ils iraient la chercher. Au lieu de ça, les chats, ils préfèrent fumer des pétards, jouer au baby-foot et grimper aux rideaux. Les chats, c’est vraiment des branleurs.
- Les autres : On leur concède : ce but invalidé pour hors-jeu douteux, c’est moche. Mais ça n’en demeurait pas moins qu’une seule de leurs 1758 situations dangereuses à convertir dans ce match, ya un moment faut pas donner le bâton pour se faire battre, non plus.
- Le classement : Une victoire ultra-précieuse pour conserver la troisième place, rester à portée raisonnable des premiers, et coller notre adversaire du soir à neuf points.
- Coming next : Il reste à jouer dimanche contre Bourpe-et-Ronasse, pour un 1/32e de Coupe de France dont on ne s’attend absolument à aucun moment qu’il se déroule dans la tranquillité.
- Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Rémy B. remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah
Je regarde ces commentaires sur les prestations de O’Reiley et à chaque fois je me dis que je ne pas expliquer…
Magnifique la référence aux fausses pubs des Nuls !
C’est vrai que c’était plaisant ! Comme tout l’académie d’ailleurs, as usual.