Union Saint-Gilloise-OM (2-3) : La Canebière Académie escroque

2

« A la fin ça s’équilibre ».

Aïoli les sapiens,

A l’inverse du match contre l’Atalanta, nous pouvons cette fois-ci nous estimer heureux de voir l’aribtrage vidéo nous sauver les miches. Il n’empêche, nous rêvons d’un monde où nos résultats ne tiendraient pas à des décisions arbitrales, et reposeraient plus exclusivement sur les performances d’un agresseur conjugal sans remords de nos représentants dans ce pur et beau sport qu’est le football.


Les Longorious Basterds

Rulli
Weah (Balerdi, 46e) – Murillo– Aguerd– Emerson
O’Riley (Nadir, 69e) Højbjerg– Vermeeren
Greenwood (honte à nous, Vaz, 87e)– Aubameyang (Kondogbia, 87e) – Paixão

Devant, c’est classique, au milieu, c’est carré (enfin, plutôt triangulaire, mais on se comprend). La surprise vient de la défense, où Pavard et Balerdi sont ménagés, au profit d’un surprenant Murillo en défense centrale. La finesse se dévoile de manière plus compréhensible une fois la balle en jeu : la composition nous permet d’avoir une ligne de quatre sur les phases défensives, qui se mue en défense à trois à la relance.


Le match

Je propose qu’aux prochains matchs, l’OM joue le coup d’envoi en envoyant une grosse sacoche au fond de ses propres filets : tant qu’à commencer systématiquement avec un but de retard, autant sacrifier à la tradition le plus vite possible, ça nous laissera d’autant plus de temps pour marquer ensuite. On n’en est plus très loin, d’ailleurs : les Olympiens ont autant envie de se qualifier en Ligue des Champions au travers de ce match que Radio France de préserver la démocratie en recevant l’extrême-droite. À ce niveau, on ne parle même plus de complaisance, mais de tapis rouge.

À l’image des Lillois vendredi dernier, les Belges marquent presque sans le vouloir. Profitant d’un pressing inexistant, nos adversaires commencent par opérer une montée de balle anodine ; Højbjerg dort et laisse un gouffre au milieu, que Schoofs investit aussitôt. En un-contre-un, Paixão montre zéro détermination face à Khalaïli, qui allume tranquillement une sèche dans le soupirail de Rulli (1-0, 5e).

La sanction est immédiate : nos adversaires forment aussitôt un blocquéquipe bas, auquel nos fatigués n’opposent qu’un pousse-baballe stérile digne des pires heures de Sampaoli. Cela étant, on est quelques jours après la Sainte-Barbe : quelques graines de jeu collectif semées au début de saison parviennent encore à germer. Parce que, bordel de merde, quand on manifeste enfin une petite intention d’aller provoquer la défense adverse, on sait quand même faire des choses pas dégueu du tout. On voit enfin un attaquant qui se rend disponible dans la surface (Aubameyang, qui propose un appui à Paixão) ; on voit enfin des milieux qui se projettent au contact des offensifs (Vermeeren, qui propose une solution de remise au même Paixão) ; on voit enfin du mouvement (Greenwood – honte à nous, qui s’intercale dans l’action et suprend la défense d’une talonnade inspirée, toujours pour Paixão). Certes, on voit toujours Jean-Bite qui rate une occasion énorme en tirant droit sur le gardien, mais celui-ci savonne sa prise de balle, ce qui permet à cette belle initiative collective d’être finalement récompensée. Par qui ? Par l’inévitable Paixão, vif, attentif et déterminé pour reprendre de près (1-1, 15e).

L’action collective est sublime, mais bien trop épisodique pour que cette première période soit réellement satisfaisante : sans franchement déjouer, l’OM confirme sa tendance à oublier ses intentions en route. Les rares percussions naissent surtout d’actions individuelles, à l’image de Weah qui enchaîne dribbles et contres favorables pour se présenter face au gardien, qui détourne de justesse son tir croisé. Au crédit des Olympiens en revanche, on saluera la capacité à exploiter les occasions qui se présentent, ce qui après tout est crucial en Ligue des Champions. Un beau duel d’Emerson offre à Højbjerg l’occasion d’une transition rapide : Pierre-Emile ne se fait pas prier pour lancer immédiatement Greenwood (honte à nous). Avec quatre défenseurs au derche, notre attaquant montre qu’il est footballistiquement une galaxie au-dessus des autres, en accélérant jusqu’à l’entrée de la surface, où il sert Aubameyang. Jean-Bite rend immédiatement à l’Anglais qui, bien que toujours serré de près, enchaîne contrôle orienté et tir du droit, que le gardien n’arrive pas à parer (1-2, 41e).


De Zerbi revient à un schéma plus classique à la pause : averti en première mi-temps, Weah est exfiltré, Murillo prend sa place à droite et Balerdi entre dans l’axe. L’OM se représente sur le terrain en patron, dans la gestion, mais sans trop subir le jeu, attendant son heure pour piquer à nouveau. Sur un ballon renvoyé par Aguerd, Aubameyang exécute une très belle remise de la poitrine, qui place O’Riley dans le sens du jeu. Et dans le sens du jeu, c’est Greenwood (honte à nous) qui se présente, avec les conséquences inévitables que l’on connaît (accélération, contrôle derrière la jambe d’appui et enroulé petit filet, portage du joueur aux nues, tweet satisfait de Renaud Muselier, etc.). Bref. On mène, honte à nous, rien de bien nouveau sous le soleil (1-3, 58e).

Ce qui est nouveau en revanche, c’est Rulli qui se prend pour Simone Biles depuis quelque temps. À un moment, la gymnaste s’était mise à faire des « twisties » : le cerveau, les yeux et les oreilles qui déconnectent au moment de tenter le moindre geste, alors qu’en temps normal elle enchaînait sans ciller des douzuples flips en vrille carpée rotatoire. Bah Geronimo c’est pareil, en ce moment il est capable de tomber dans un blougou à sens giratoire inversé sur n’importe quel ballon aérien ou en profondeur. Avisant un attaquant bien esseulé à la réception d’un centre en cloche, notre gardien se met en devoir d’intercepter, mais ne réussit qu’une petite claquette pérave qui renvoie le ballon dans les pieds de Khalaïli : l’attaquant réalise un joli enchaînement poitrine-volée après rebond pour rendre espoir à son équipe. On pourrait aussi en passant parler du bon goût que manifeste l’international israélien quand il célèbre ses buts en mimant une mitraillette, mais bon, on a déjà le sujet « Hontànous » sur le feu, et on sait comment ça peut virer : on commence par gérer plusieurs polémiques en même temps et on finit à devoir écrire une chronique quotidienne sur Radio Nova. Et moi j’ai pas le temps, j’ai des lessives en retard. En tout cas voici les Belges revenus à un but (2-3, 71e) : dans l’absolu, cela ne devrait pas nous contrarier plus que de raison, étant donné que sur le talent pur, nous évoluons une galaxie au-dessus de nos adversaires du soir.

Mais le talent pur, quand on a un sang-froid de chihuahua bipolaire… Comme tout Marseillais à ce moment-là, nos joueurs se disent « mon vier, si on ne gagne pas un tel match, c’est quand même qu’on est des merdes abyssales ». Et d’agir en conséquence, avec vingt minutes ininterrompues de refus de jeu, hésitations, sautes de concentration, fébrilité technique, voire initiatives sublimes de débilité. Il ne faut pas attendre trois actions de plus pour voir la sanction tomber : après deux ballons renvoyés, mais immédiatement perdus, un centre astucieux aboutit à McAllister, couvert par Emerson et qui glisse la balle hors de portée de Rulli. Revenu en catastrophe, Aguerd ne peut que conclure d’un CSC balerdique. Contre toute attente, c’est la VAR qui vient nous sauver pour un hors-jeu de rien du tout. Pas « d’un orteil » ou « d’un cheveu », non, littéralement, de rien du tout.

Je ne sais pas si les arbitres vidéos aiment ou non l’OM, mais une chose est certaine : ils n’aiment pas le football.


Ce doit être leur bromance du moment avec Trump, qui incite les autorités du football à se reposer sur la technologie pour résoudre tous les problèmes existants, à moins qu’il ne s’agisse plus simplement de ce dont on avait souffert contre l’Atalanta : le plaisir simple de victimiser les outsiders. En tout cas, voir le couperet passer si près ne rend l’OM que plus paniqué. Alors qu’il paraissait l’un des rares joueurs fiables de cette fin de match, Vermeeren pète une durite : sur une contre-attaque, il tente une sorte de talonnade acrobatique aérienne qui ne parvient qu’à prendre à revers tout notre bloc en train de se projeter. Devant gérer le surnombre, Balerdi ne sait pas s’il doit sortir ou rester sur l’attaquant, qu’Aguerd est par ailleurs en train de couvrir : servi en profondeur, David bat Rulli une main dans le slip, mais voit son but refusé pour hors-jeu. Généreux, le Saint-Révélateur confirme que trois orteils et demi dépassaient cette fois-ci.

Seul espoir dans cet océan d’analité, Rulli se ressaisit et redevient enfin comme on le connaît : s’il se place encore bizarrement sur un centre, il se rattrape magistralement d’une RAIE devant la tête de David, seul au deuxième poteau. Un cafouillage plus tard, sur lequel Geronimo s’impose cette fois-ci sans discussion, voici l’OM vainqueur miraculeux.

Après la rencontre, les joueurs se disent satisfaits d’avoir évité l’égalisation. Techniquement, ils n’ont pourtant rien évité du tout : comme contre Angers et Toulouse, nous l’avons bien encaissée, cette foutue égalisation, et plutôt deux fois qu’une. C’est à deux énormes coups de chatasse arbitrale que nous devons cette victoire, et certainement pas à de quelconques progrès que nous aurions accomplis dans ce domaine : si l’essentiel est sauf pour cette fois, il est plus qu’urgent de nous pencher sur la manière dont nous abordons à la fois les débuts et les fins de matchs.


Les joueurs

Rulli (2+/5) : Coûte un but, mais sauve le match, il vaut mieux ça que l’inverse.

Weah (3-/5) : Fait souffrir son adversaire direct sur les phases offensives, se fait bolosser par le même adversaire direct sur les phases défensives. Mais on continue de croire que le plus sûr pour gérer un match, c’est d’attendre dans notre camp.

Balerdi (2/5) : Il devrait essayer de se laisser pousser la barbe, ou au contraire de se raser le crâne, ou faire un iroquois ou je ne sais pas quoi, en tout cas n’importe quoi qui le fasse ressembler à un guerrier imperturbable qui inspire la confiance. Parce que, pour l’instant, il peut être valeureux autant qu’il veut, à ses côtés on se sent comme sur Omaha Beach au moment où la passerelle des barges se baisse.

Murillo (3/5) : On retrouve une carte solide dans notre jeu, sans faire de miracle on ne va pas cracher sur une solution de plus.

Aguerd (2+/5) : Un CSC et une couverture de hors-jeu effacés en deux coups d’éponge magique par la VAR. Plus d’impunité que ça, faut chercher à l’IGPN.

Emerson (2/5) : Lui aussi s’en sort sans autre dommage qu’une trace de pneu que l’on imagine dantesque.

Højbjerg (3-/5) : Il a dû acheter un cabanon avec une plaque « doucement le matin, pas trop vite le soir », ça expliquerait qu’à l’image de l’équipe, il ne soit bon à rien ni dans les premières minutes ni dans les dernières. Par contre, entre les deux c’est excellent, c’est déjà ça.

O’Riley (3/5) : Aussi discret qu’Angel Gomes, si ce n’est qu’il sert à quelque chose. Au moins ce n’est pas un danseur impuissant, si je puis me permettre ce jeu de mots dont je cherchais depuis longtemps à me souvenir.

Nadir (70e) : Pas de perte de balle débile ou de placement sous acide, ce qui à l’échelle du collectif est déjà satisfaisant.

Vermeeren (3-/5) : Intéressant toute la première heure, voire ultra-précieux dans le temps additionnel, au point que je dise à ma femme « lui, il faudra que je lui dresse une statue dans l’académie ». Ce qui bien sûr représente pile le moment où son cerveau gicle soudain par tous ses orifices crâniens (Vermeeren, pas mon épouse), et où il commet une perte de balle passée à trois orteils et demi d’être irréparable.

Greenwood (honte à nous, 5/5) : En fidèle supporter,Emmanuel Macron a trouvé son cadeau de Noël pour Brigitte : un beau maillot floqué, qu’elle pourra porter la prochaine fois qu’elle ira traiter les féministes de sales connes.

Vaz (87e) : Continue à emmagasiner de l’expérience et des traumatismes psychologiques.

Paixão (3+/5) : Parfait sur toute l’action qui conduit à l’égalisation, toujours impliqué dans le collectif y compris dans les tâches défensives. Le problème est qu’Igor n’est pas défenseur et que, malgré toute l’ardeur qu’il met à la tâche, il y consume quand même beaucoup d’énergie sans éviter de se faire passer une paire de fois. Il y aurait sans doute matière à exploiter plus judicieusement ses capacités, et ici c’est surtout à De Zerbi que l’on s’adresse.

Aubameyang (4-/5) : Match très curieux de Jean-Bite, qui a donné l’impression de foirer tout ce qu’il tentait, mais se retrouve impliqué dans les trois buts. Cela signifie soit qu’il est hyper-efficace, soit qu’il a même raté ses échecs.

Kondogbia (87e) : Entré pour cadenasser la fin de match (avec le code réglé sur « 0000 »).


L’invité zoologique : Kevin MacaquAllister

Avec le macaque c’est tout ou rien : soit tu sais ce que tu fais et c’est inoffensif, soit tu le manipules n’importe comment et là ça peut vite devenir 28 jours plus tard. Voici ses observations :

  • Les autres : Valeureux mais pas encore au niveau pour gagner des matchs, et encore moins le respect des arbitres.
  • Le classement : Nous achèverons cette journée entre la 16e et la 21e place. A priori la qualification paraît bien embarquée, et nécessite encore un point pour être définitivement assurée.
  • Coming next : Ce point manquant, c’est en janvier contre Liverpool puis Bruges qu’il nous faudra l’acquérir. En attendant, il nous reste à jouer Monaco en championnat ce dimanche, puis Bourpe-et-Ronasse en Coupe de France dimanche prochain.
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère sur Facebook et BlueSky. Thibault D. remporte encore le concours zoologique.


Bises massilianales,
Blaah

2 réflexions sur “Union Saint-Gilloise-OM (2-3) : La Canebière Académie escroque

  1. Vous voulez dire le FC Bruges (les noirs et bleus) et pas le Cercle de Bruges (les noirs et verts). Oui, Bruges a deux équipes et ça surprend même les Brugeois.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.