Bourpe-OM (0-6) : La Canebière Académie bourre en Bresse (épisode II)
De quoi éviter de vomir AVANT les fêtes.

Aïoli les sapiens,
Le match de coupe chez Bourpe-et-Ronasse, c’est comme un téléfilm de Noël M6. C’est doux, prévisible et rassurant, et, si le scénario ménage quelques péripéties, elles ne servent qu’à ajouter un peu de cannelle dans le chocolat chaud et certainement pas à faire croire à un public adulte que l’histoire pourrait mal se terminer.
Les Longorious Basterds
De Lange
Weah (Mmadi, 69e) – Pavard (Egan-Riley, 75e) – Balerdi – Emerson
Højbjerg – Gomes (Medina, 62e) – O’Riley
Greenwood (honte à nous, Nadir, 75e)– Maupay (Vaz, 62e) – Paixão
Aguerd et Aubameyang sont retenus par la coupe d’Afrique. Ces absences mises à part, De Zerbi aligne une équipe quasi-type. De Lange est titularisé dans les buts, tandis que Gomes et Maupay se voient offrir quelque temps de jeu. On note également le retour de Facundo Medina dans l’effectif, l’infirmerie n’étant plus désormais occupée que par Gouiri et Traoré.
Le match
En, bon capitaine, Balerdi montre la voie vers le traitement judicieux des adversaires supposés inférieurs : on les aplatit. À la réception d’un corner de Gomes, Leo se la joue « Godzilla contre les Schtroumpfs » pour se faire de la place, et conclure d’une tête imparable (0-1, 8e).
L’OM multiplie les corners, alterne jeu long, longues séquences de possession, et initiatives individuelles. Autour de la 20e minute, il faut une série d’interventions du gardien et de la défense pour empêcher Paixão ou Greenwood (honte à nous) de plier la rencontre. Nous retombons hélas dans nos travers en fin de première période, avec des séries de passes stériles sans réelle prise d’initiative.
Plus inquiétant, nous faisons toujours preuve d’une façon de défendre collectivement qui aurait plus sa place chez Zavatta que chez un prétendant au podium de Ligue 1. Que ce soit contre le Real ou contre Bourpe-et-Ronasse, une bête perte de balle dans le camp adverse peut à tout moment se transformer en autoroute vers notre but. Autre défaut récurrent, sur les attaques placées : notre sale manie consistant à nous regrouper derrière en laissant le passeur opérer dans le plus grand confort. Un retour autoritaire de Balerdi et l’incapacité des attaquants bourpiens à cadrer leurs tirs évitent la contrariété, mais pas l’inquiétude.
L’OM entame la seconde période en monopolisant toujours le ballon, et en ajoutant une arme à sa panoplie : la lourde. Face à une défense regroupée, la bonne sacoche de loin vaut parfois mieux qu’une demi-heure de sampao-sègue, ce qu’on l’on avait eu tendance à oublier en première période. Or donc, Weah inaugure le feu d’artifice par une torpille hors cadre.
Ultra-dominateur, l’OM n’en reste pas pour autant à l’abri de l’incident bête. En l’occurrence, une perte de balle anale de Neal Maupay permet à nos adversaires d’envoyer leur attaquant défier De Lange en deux passes. Mais Bourpe-et-Ronasse, ce n’est pas l’Association sportive forézienne Andrézieux-Bouthéon, d’ailleurs le dicton de la ville ne proclame-t-il pas « À Bourpe-et-Ronasse, on reste à sa place » ? L’avant-centre aindinois (non, ça en revanche, c’est pas une vanne, les habitants de l’Ain s’appellent vraiment comme ça) queute une petite reprise toute pérave et surtout trop croisée.
Cette contrariété évacuée, l’OM déroule le scénario comme prévu, profitant de la baisse physique adverse pour enfin facturer la différence de niveau. Weah récupère et transmet à Højbjerg qui, en une seule touche de balle (enfin !), transmet à O’Riley, qui lui aussi dévie en une touche pour lancer Greenwood (honte à nous) dans le dos de la défense. Notre attaquant pladupiésécurise, et les centaines de slips phocéens présents dans les tribunes peuvent enfin se détendre (0-2, 59e).
Un bonheur n’arrivant jamais seul, Facundo Medina peut enfin fouler un terrain de football après trois mois d’absence (enfin, à la base, le stade de Bourpe est un terrain de rugby, mais on ne va pas chipoter). Ainsi porté à l’aile droite, Pavard en profite pour hippopotacler une relance bourpienne. O’Riley transmet aussitôt à Højbjerg, afin que celui-ci nous soumette sa contribution à l’atelier « pétards de Noël ». Participation validée, puisque le très joli enroulé de Pierre-Emile surprend le gardien (3-0, 64e).
À trois à zéro à l’heure de jeu, c’est très logiquement que certains Bourpiens pensent davantage à leurs courses de Noël qu’à leurs contrôles. Interceptant une ouverture de Greenwood (honte à nous), un défenseur savonne ainsi sa prise de balle, permettant à Paixão de lui subtiliser le ballon et d’aller dribbler le gardien (0-4, 66e).
L’OM continue de faire tourner à la fois l’effectif, le ballon, et les mères des adversaires. Tout juste entré en jeu, Nadir feinte une frappe du gauche, se replace sur le pied droit, et allume la réplique du mammouth d’Højbjerg quelques minutes plus tôt (0-5, 77e).
Bilal remercie Mmadi de son service en lui rendant la pareille d’une jolie transversale. Tadjidine fume son défenseur et accélère sur le côté gauche, avant de visser une ultime sacoche au fond de la cage (0-6, 87e).
Le match n’a certes pas été exempt d’inquiétudes, qu’il faut toutefois ramener à leur proportion dans un match où, qui qu’on en dise, l’OM a maitrisé les déguns d’en face sans trop trembler. Certaines séquences ont quand même rappelé tout le boulot qu’il restait à accomplir pour qu’en deuxième partie de saison, nos adversaires soient quand même forcés de suer un peu plus pour se procurer des occasions contre nous.
Les joueurs
De Lange (NN/5) : Sauf à considérer que ce sont ses gros yeux qui ont fait trembler les attaquants adverses au moment de cadrer leurs frappes, on ne peut pas dire qu’il ait eu beaucoup de travail.
Weah (3+/5) : Sérieux (sauf une fois, sur une action défensive, au chalet), pas avare d’initiatives. Sa tentative hors-cadre l’empêche de participer au concours des pétards de Noël, c’est cruel.
Mmadi (69e) : Un bon petit défonçage de filet qui ponctue une entrée pleine d’envie. Bienvenue parmi les buteurs, minot.
Pavard (3+/5) : Un match en hommage au département de l’Ain, c’est-à-dire qu’il ne restera dans les mémoires de personne.On signale toutefois un tacle offensif de bon aloi pour initier l’action du troisième but.
Egan-Riley (75e) : Un match en hommage au département de l’Ain, mais mieux ; c’est-à-dire que lui, on ne trouve vraiment rien à en dire.
Balerdi (4/5) : À bien retenu la leçon de nos trop nombreux épisodes malheureux en coupe de France : jouer des duels de mammouth avec l’intention d’enterrer son adversaire dans la pelouse à chaque contact, c’est encore le meilleur moyen de se préserver des mauvaises surprises.
Emerson (3/5) : Il a pris sa liste de courses du réveillon et il a tout coché méthodiquement, sans fantaisie mais avec l’intention de ne rien oublier. Aplatir les Bourpiens : check. Ramener un chapon de Bresse pour le réveillon : check. S’arrêter à Plan-de-Campagne en rentrant pour acheter le Lego du petit dernier : check.
Højbjerg (4/5) : Constatant qu’à l’heure de jeu, nous ne menions toujours que d’un but et que nous venions de passer à deux doigts de l’égalisation, Pierre-Emile a alors dit : « bon. »
O’Riley (3+/5) : On aimerait qu’il contribue davantage à transformer notre milieu de terrain en boîte à presser (hop, calembour sur une chanson célèbre, tavu). Cette première partie de saison fait montre de propreté et même d’une certaine efficacité, mais tout ceci reste encore un peu tendre.
Gomes (3+/5) : Entre dans la funeste spirale du loser de lycée : même quand il fait les choses très bien, ça se passe encore mieux une fois qu’il est parti.
Medina (62e, 3/5) : Parfait pour une reprise, et une montée en puissance qui sera indispensable selon l’état dans lequel Aguerd nous reviendra de la CAN.
Greenwood (honte à nous, 4/5) : De l’efficacité sans en faire trop et risquer la blessure bête. On peut supposer que les propositions commenceront à arriver au mercato, auxquelles on imagine facilement la réponse de Longoria (« non non, on n’a pas encore fini de blanchir son honneur, regardez, il en reste encore un peu, là. Revenez nous voir en juillet à la fin du cycle de lavage. »)
Nadir (75e) : Entrée, lucarne, passe décisive. Un pur concentré d’esprit de Noël dans ta face.
Paixão (4/5) : Le seul mec capable de passer deux heures dans l’Ain en gardant le sourire. C’est dommage que Saint-Etienne se soit déjà fait éliminer, on aurait pu lui faire passer le test de joie de vivre ultime.
Maupay (2-/5) : T’as pas bien joué, t’as pris du bide et t’es mal coiffé. Je ne paie pas pour me voir à la télé, hein.
Vaz (62e) : C’est dommage, tout semblait réuni pour qu’il s’amuse, mais il a eu du mal à trouver sa place dans le jeu.
L’invité zoologique : Mohammed Syllure
Une simple recherche « silure + Ain » montre à quel point les prises sont remarquables dans ce département, au point que l’on se demande même pourquoi certains persistent à vouloir y jouer au football plutôt que de se consacrer, eux aussi, à ce sport national.
- Les autres : 2-3 en 2015,9-0 en 2018, 6-0 pour notre retour. Ce serait bien que tous les clubs amateurs soient aussi accommodants, quand on les rencontre.
- Le tirage : Nous nous déplacerons au prochain tour à Bayeux, club de Régional 1. On est donc soit dans la formalité, soit dans l’absolument historique.
- Coming next : Retour contre Nantes le 4 janvier, avant une escapade « la LFP encule la santé des joueurs et l’écologie », pour le trophée des Champions contre le PSG… à Koweit City.
- Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Didier A. remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah
Ah un moment, O’Riley a fait un double contact, on aurait dit un magicien du flipper j’ai trouvé.
Andrézieux… merci pour cette douceur… avec le regretté Valère Germain qui avait été grandiose …