OM-Paris FC (5-2) : La Canebière Académie se remet à l’endroit
La jeunesse emmerde le football anal.

Aïoli les sapiens,
L’entropie désigne la tendance inéluctable et irréversible de tout système organisé à se diriger vers le bordel. C’est un principe sacré de la thermodynamique. Mais vraiment sacré, hein : autant avec Erzulie tu peux toujours discuter tranquille, le Dieu des chrétiens, lui il pardonne tout, et même chez les plus intégristes barbus d’Afghanistan tu trouveras bien deux ou trois points sur lesquels ils sont prêts à lâcher. La thermodynamique, non. Le monde se dirige vers le gros bordel. Point.
Curieusement, Marseille a toujours été autoproclamée capitale de tout (de la culture, de l’eau, du Sud, euroméditerranéenne), mais jamais de l’entropie thermodynamique, alors que pourtant… Prenant acte de l’inéluctabilité du bordel, Marseille et son Olympique ont endossé leur destin en vivant dans le foutoir permanent : dès lors, la thermodynamique peut bien venir mettre le oai avec son désordre entropique, ça ne changera pas la situation.
C’est ainsi que l’OM vit sa petite vie depuis plus d’un siècle, dédramatisant l’inéluctabilité de la mort à coups de changements d’entraîneurs, conflits internes, infiltrations mafieuses et dissipations périodiques d’énergie par combustion de cyprès.
Vint un funeste jour, à l’été 2025, où le peuple marseillais eut l’idée insensée de défier les saintes lois de l’entropie. Le projet sportif fut soudain cohérent. La situation financière saine. Les supporters apaisés. Assoupi sur l’Olympe de la Science, Kilojoulus le dieu de la thermodynamique, fut à peine éveillé en entendant prononcer les mots « bases solides ». Puis il entendit un deuxième terme, « continuité », qui le préoccupa grandement. Quoi ! son peuple le plus dévoué se rebellerait contre ses commandements sacrés ? Ces fous n’iraient tout de même pas jusqu’à prononcer le blasphème suprême ? Las, la folie humaine n’a pas de limites, et très vite s’éleva l’Injure suprême, celle que nul n’aurait jamais imaginé entendre prononcer un jour en ces lieux. Dès qu’il entendit parler de « stabilité », Kilojoulus entra dans une fureur incomparable.
Ah ces sots voulaient défier les saintes lois de l’entropie ! Ah, ces apostats voulaient de la stabilité ! Je vais leur en donner, moi, de la stabilité, je vais leur montrer ce qu’il en coûte, à ces Marseillais, de prétendre renier leur destin ! À ces mots, Kilojoulus appela ses anges, des trompettes du jugement retentirent, et la Sainte-Arche du Bordel fut amenée. Kilojoulus ouvrit l’Arche, des éclairs parcoururent l’Olympe de la Science dans un fracas de fin du monde, des angelots se réfugièrent derrière des nuages. De la main gauche, Kilojolus saisit une lourde barre crépitant d’un bleu électrique, et sur cette barre était gravé « OLYMPIQUE DE MARSEILLE ». De la main droite, le dieu saisit une lourde barre fumant d’un rouge d’enfer, et sur cette barre était gravé « VERONIQUE RABIOT ».
Kilojoulus leva les bras et, d’une force nourrie par sa colère incommensurable, déclencha la punition divine en fracassant les deux barres l’une sur l’autre.
Les Longorious Basterds
Rulli
Murillo – Egan-Riley – Balerdi – Garcia (Cornelius, 90e)
Gomes – Højbjerg
Greenwood (honte à nous)– Gouiri (Bakola, 90e) – Weah (Nadir, 63e)
Aubameyang (Vaz, 74e)
Après l’épisode de la bagarre dantesque de la mort qui a suivi la défaite à Rennes, Rowe a déjà trouvé un point de chute à Bologne. Jonathan était de toute façon voué à partir, il nous en restera un honorable paquet de millions et le souvenir de son but contre Lyon, ce n’est déjà pas si mal.
Rabiot est quant à lui déclaré indésirable depuis ses actes impardonnables (pour Longoria et Benatia, un acte impardonnable est celui commis par un joueur à qui il reste moins d’un an de contrat ; si tout se passe comme prévu, ils découvriront que Greenwood est un agresseur sexuel en 2028). Cependant, De Zerbi vient en apparence d’ouvrir la porte au pardon et à la rédemption, comme dans les meilleures telenovelas. Bref, on n’est pas sortis de l’affaire. Donc, ce que je vous propose dans l’immédiat, c’est :
- chez les derniers naïfs, acter définitivement le fait que nos dirigeants n’ont pas la moindre once de considération humaine ou morale, et que si l’on attend la moindre étincelle de leur part dans ce domaine, mieux vaut définitivement arrêter de suivre l’OM (voire le football, voire l’humanité) plutôt que d’être toujours déçus ;
- pour ceux qui restent quand même, indécrottables drogués que nous sommes, espérer a minima que le fait d’écarter les contrariétés comme de gros bourrins et de considérer les joueurs comme des Kleenex usagés, bref en deux mots, espérer que le management d’enculés entraînera au moins un bénéfice sportif ;
- voir sur la pelouse comment ça se passe et faire des blagues de bite, bref, débuter réellement cette académie.
Or donc. Egan-Riley est associé à Balerdi en défense centrale, Gouiri et Aubameyang sont présents tous les deux en attaque, zou maï.
Le match
Zou maï, donc. À peine le temps de croire que nos zguègues vont martyriser du promu, voici un parisien qui s’échappe sur notre droite et, pressé par dégun, centre pour Geubbels, lancé dans le dos de Balerdi dont la tête trouve le poteau. Dix minutes plus tard, c’est Aubameyang, parfaitement lancé en profondeur par Egan-Riley, qui voit son petit lob finir sur le montant.
Les appels de Jean-Bite continuent à faire souffrir l’adversaire : c’est maintenant Murillo qui lance notre attaquant dans le dos de la défense. Son petit dribble de replacement est interrompu par le tacle maladroit d’Otavio, que l’arbitrage vidéo convertit en pénalty : Greenwood (honte à nous) entretient d’un contre-pied l’illusion d’une soirée pépère (1-0, 18e).
Illusion qui s’anéantit illico en même temps que nos slips, puisque le manque d’ardeur au pressing combiné à une certaine naïveté défensive offrent des boulevards à nos adversaires. Trouvé dans la surface, Marchetti nous fait le plaisir de manquer le cadre. Erreur fatale du petit poucet, dont le manque d’efficacité se voit invariablement châtié d’un second but dans la mouille (ne riez pas, c’est à nous que ça arrivera en Ligue des Champions) : sur un corner de Greenwood (honte à nous), Otavier s’avère un excellent compagnon de jeu pour Aubameyang, qui peut tranquillement prendre la position dominante et s’appuyer sur son défenseur pour une jolie reprise retournée (2-0, 24e).
L’ennui avec nous, c’est que même les plus mauvais de nos adversaires nous connaissent et, même au fond du seau, ne se découragent jamais. Je veux dire, contre le PSG, à 2-0 après 25 minutes de jeu, tu tends les fesses et tu attends ta rouste en espérant que ça passe vite et que tu ne te fasses pas trop mal. Mais contre l’OM, non, même en étant mené de deux, trois, ou quatre buts, tu gardes toujours l’espoir de revenir dans le match grâce à de cadeaux défensifs.
C’est ainsi que Garcia et Weah se gênent au moment de repousser un centre. Timothy se replace immédiatement pour faire face à Kebbal, ce qui en soi est louable. Il aurait juste fallu suggérer à notre ailier de persévérer dans cette voie et d’essayer d’aller le presser un tantinet, plutôt que de rester à un mètre de lui pour le regarder dribbler. Le minot du Burel finit le travail d’un joli enroulé en lucarne (2-1, 28e).
L’OM attend la fin de la première période dans ce que l’on pourrait qualifier de « mode gestion », si ce n’est que les parisiens, par deux actions slipométriques, nous confirment qu’en réalité, on ne gère pas grand-chose. Possession de balle stérile et absence de projection offensive sont ainsi notre lot, jusque dans un début de seconde période qui vire au franchement sinistre.
Nos joueurs semblent en effet évoluer la peur au ventre. Pourtant doté d’attaquants talentueux, l’OM ne manifeste aucune spontanéité, aucun plaisir de jouer. Les sorties de balle ne sont que lenteur et hésitation, les latéraux restent vissés à l’arrière, milieux et attaquants ne tentent absolument rien. Autant le spectacle similaire contre Rennes pouvait être mis sur le compte d’une suffisance coupable, autant ce second match nous laisse craindre qu’il y a quelque chose de pourri au royaume olympien. C’est bien le Paris FC qui se procure les meilleures occasions, jusqu’à nous faire craquer pour de bon. Réplique du but encaissé à Rennes, une bête passe à plat bénéficie d’une couverture de hors-jeu ahurissante de Balerdi pour autoriser l’attaquant, Simon en l’occurrence, à aller battre Rulli une main dans le slip (2-2, 58e).
À défaut de plaisir, l’OM trouve dans la trouille le moteur d’une sorte de réaction. On assiste enfin à des duels autoritaires, à des courses et des passes qui ont réellement l’intention d’aller vers l’avant. Il en résulte un corner repris par Balerdi d’une tête rageuse, mais parée par une RAIE du gardien. À l’arrière en revanche, la menace du gag est permanente : sa confiance envers la défense réduite à zéro, Rulli sort à l’aventure sur un ballon long, et est tout heureux de voir le lob lointain de Kebbal échouer de justesse au-dessus de la barre.
C’est alors que Roberto De Zerbi joue une carte différente : le JEUNE. Comme chacun le sait, le jeune est con, le jeune est inculte, le jeune écoute de la K-Pop en regardant des shorts, mais surtout : le jeune est insouciant. Alors que le daron a peur du chômage, peur pour sa retraite, peur pour sa maison, peur pour ses biens, peur des écologistes, peur du wokisme, peur des envahisseurs, le jeune, lui, n’a pas peur de l’avenir puisqu’il sait qu’il n’en a pas. Alors, autant dire que le football Dacia-Charantaises-Comité de quartier-Voisins Vigilants de leurs aînés, Nadir, Bakola et Vaz, ils n’en ont rien à carrer. Carpe Diem, wesh. En en langage football, insouciance et spontanéité, ça se dit : taper, taper, taper.
Forcément, chez l’adversaire, ça perturbe. Habitués à relancer en se grattant le scrotum tellement notre pressing était pleutre, les parisiens se chopent Bilal Nadir sur le râble dès la première passe plein axe du gardien. Aubameyang déballe tout de suite le cadeau offert par Doucet pour redonner l’avantage aux nôtres (3-2, 73e).
Et là soudain, quand les jeunes prennent le pouvoir, ça devient Footloose. Tout le monde se lâche, tout le monde bouge et tout le monde s’amuse, jusqu’au pasteur qui avait passé les trois quarts du film avec un balai dans le cul. Nadir percute, génère le déséquilibre, et libère Højbjerg d’une talonnade. Sans contrôle, Pierre-Emile envoie des 25 mètres une lourde à ras de terre, de celles qui nous font dire que c’est pas si compliqué d’être heureux au football, en fait (4-2, 80e).
On continue ? On continue. Lancé par Murillo sur la droite de la surface, Vaz se fait cueillir par l’hippopotacle de Mbow. Greenwood (honte à nous) gâche bien un peu la fête en tirant le pénalty un mètre à côté de la cage, mais se rattrape à l’ultime minute du match. Une ouverture de sa part trouve encore Vaz lancé à toute vitesse. La défense adverse a explosé et deux Marseillais n’ont plus qu’à attendre le centre en retrait imparable, mais Robinio trouve une solution encore plus simple : le missile droit au premier poteau que le gardien avait négligemment découvert (5-2, 96e).
ALORS. On s’en voudrait d’avoir l’air de radoter, mais tout de même. Avoir un projet de football plus subtil que le « taper taper taper » d’Igor Tudor, c’est très bien. Ça donne du beau football, on l’a vu la saison dernière. Mais ce noble projet ne dispense pas, à chaque seconde passée sur la pelouse, de disputer chaque duel dans l’intention d’enfoncer l’adversaire dans la pelouse, d’entamer chaque circulation de balle dans l’intention de finir, fût-ce au terme de deux minutes de possession, par défoncer la cage de ceux d’en face. Se servir de son cerveau, c’est très bien, sauf qu’à haut niveau, il faut s’en servir vite. Il nous semblait modestement que le projet de jeu travaillé à l’entraînement devait permettre aux joueurs, en situation de compétition, d’appliquer avec spontanéité les principes travaillés la semaine, pas de rester cinq secondes balle au pied dans la trouille de ce qui pourra advenir du cavalier en D18 si la tour prend le fou en C4. Les deux premiers matchs l’ont montré en bien comme en mal : si l’on n’a pas pour principe de base de se lâcher et de prendre un minimum de plaisir, on pourra perfectionner tous les automatismes que l’on souhaite (ce qui en soi ne sera pas du luxe), cela n’aura pour meilleur résultat que de verser dans le sampaolisme le plus imbitable.
Les joueurs
Rulli (2/5) : Toujours ce difficiledosage entre« sije fais confiance à mes défenseurs je vais finir par me faire aligner par un mec qu’ils auront laissé seul » et « bats les couilles, je sors à 40 mètres sur n’importe quel ballon en profondeur et je prie pour qu’un attaquant ne récupère pas ».
Murillo (2+/5) : Attend que tout le monde se bouge enfin pour prendre à son tour de timides initiatives, communsymbole de communauté internationale à Gaza.
Egan-Riley (2/5) : Je lui fais tellement pasconfiance que j’ai ouvert un nouveau dossier « vannes sur les prénoms et noms composés » juste à son intention, en prévision de la Ligue des Champions.
Balerdi (2-/5) : Point positif : Leonardo sait voir venir les plans foireux. Point négatif : lorsqu’il voit venir un plan foireux, Leonardo se replie d’un mètre, couvre des hors-jeux, et fait advenir ledit plan foireux.
Garcia (1/5) : Jamais battu en duel par Kebbal sur son côté, pour la bonne et simple raison qu’il s’est toujours planqué en laissant l’ailier aller se faire souiller à sa place. La fameuse neutralité suisse.
Cornelius (90e) : Très surpris de son entrée en jeu tellement j’étais persuadé que Mehdi Benatia l’avait dégagé comme une merde à l’intersaison, comme les autres.
Gomes (2/5) : À l’image de ceux qui croient faire un bon plat japonais juste en mixant du sel avec du sésame, on attend quand même un peu plus de créativité. Bref, un match assez insipide d’Angel Gomasio.
Højbjerg (3/5) : Maintenant que Nadir lui a rendu sa joie de vivre et de coller des grosses patatasses au fond des filets, peut-être peut-on espérer voir Pierre-Emile retrouver ses responsabilités de cadre, et entraîner l’équipe sans attendre qu’un autre nous tire de l’ornière ?
Greenwood (honte à nous, 3/5) : Ses tentatives individuelles tiennent parfois plus de la sègue gratuite que de percussions efficaces, mais dans les moments de rien absolu que l’on vit, ça tient lieu de créativité.
Weah (1-/5) : Papa s’est tenu debout devant les croix celtiques du Kop Boulogne, puis il est venu à l’OM pendant la saison à quatre entraîneurs, Tapie directeur sportif, des voyous à tous les échelons du club et un maintien à la différence de buts. Puis, pour ne pas s’ennuyer à la retraite, il est allé faire de la politique au Liberia au lendemain de la guerre civile. Tout ça pour dire qu’on ne s’attendait pas à voir le fiston souiller sa couche à l’idée de devoir tenter quelque chose devant le redoutable Paris Football Club.
Nadir (63e, 4+/5) : L’équivalent du Boat That Rocked dans l’Angleterre des années 60 : son entrée a apporté au jeu de l’équipe un afflux aussi soudain que bienvenu de guitares électriques, de LSD et de nichons à l’air.
Gouiri (1/5) : C’est vrai que, tant que la rentrée scolaire n’a pas eu lieu, c’est pas vraiment la rentrée, en fait.
Bakola (90e) : Du jeu et du sourire, on demande quoi de plus en fait ?
Aubameyang (4+/5) : Pointé du doigt cette semaine pour avoir soutenu des streams de sévices aux handicapés mais bon, on est à deux doigts de lâcher l’affaire sur les valeurs humaines de ce club et des hommes en général. Toujours est-il qu’on préfère le voir infliger des sévices à Otavio, c’est plus sain et plus amusant.
Vaz (74e, 4/5) : Tu veux que je te dise, minot ? Change rien.
L’invité zoologique : Maxolotl Lopez
Placé par le magazine Science sur le podium des animaux les plus incompréhensibles (derrière l’ornithorynque et l’oryctérope), l’axolotl paraît composé aléatoirement de morceaux captés au passage. Il est donc l’invité approprié pour évoquer cette bizarrerie que représente le PFC.
- Les autres : Confirment ce que l’on entrapercevait en fin de saison dernière : même si l’on foire notre saison dans les grandes largeurs, il y aura toujours un paquet de nuls pour nous priver des places en fond de classement, quand bien même on jouerait contre eux comme des brêles.
- Le classement : Nous nous trouvons pour l’instant avec Angers, Auxerre et Nice dans le peloton des équipes à une victoire et une défaite.
- Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Rémy B. remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah