Bien sûr, l’OM a perdu ce match, mais il nous faut néanmoins reconnaître, et saluer, le chemin parcouru depuis les affres du début de saison. Avec l’avalanche de blessures qui ont précédé cette rencontre, rares étaient les inconscients prêts à parier sur autre chose qu’une lourde défaite. La sagesse paraissait même inciter à l’impasse totale sur ce sommet de toute façon ingagnable, l’alignement d’une équipe bis assumant un 0-5 des familles pour que les titulaires puissent reprendre des forces en vue d’échéances autrement plus importantes. L’OM n’était même plus dans le doute, l’OM était dans la certitude du pire.

Or ce soir nos combattants sont tombés les armes à la main, après avoir regardé les parisiens d’égaux à égaux, dépassant leurs limites pour ne s’avouer vaincus qu’à la suite d’une énième fourberie arbitrale. C’est le genre de match où nos joueurs ont retrouvé davantage qu’une dignité : une fierté. Merci, Messieurs.

Non, bien sûr, c’est un poisson d’avril. Je vous ai bien eus. Vous aviez vraiment cru qu’on allait encenser ces viers panés incapables de jouer correctement un surnombre ou d’adresser au gardien adverse autre chose que des frappes de leucémiques ? À leur décharge, leur combativité fut quasiment irréprochable et l’on est presque certains qu’un grand nombre d’entre eux ont révélé ce soir leur niveau maximal : s’il y a des reproches à formuler, ils seront à adresser à celui qui les a jugés dignes de recevoir des sommes confortables pour revêtir le maillot olympien.

Jure, au départ j’étais bienveillant, hein. Mais les câlins avec les adversaires au coup de sifflet final, les « on les a regardé dans les yeux » au micro, à la fin je craque.


Les Longorious Basterds 

Lopez
Garcia– Mbemba (Gigot, 51e) – Balerdi (Ounahi, 73e) – Merlin
Veretout – Harit– Kondogbia (Gueye, 61e)
Luis Henrique– AubameyangNdiaye (Moumbagna, 61e)

En plus de Rongier et Murillo, nous perdons Clauss et Sarr pendant la trêve internationale. Gigot, Balerdi, Gueye et Garcia sont quant à eux extirpés de l’infirmerie pour parvenir à remplir une feuille de match qui ressemble à peu près à quelque chose. Ounahi et Correa vont bien.


Le match

Le slipomètre de la cinquième minute est trompeur, le PSG est bien venu en Provence en stage d’observation, afin notamment de parfaire sa pratique de la sieste. L’OM s’offre ainsi des excursions inattendues mais bien agréables dans le camp adverse, où Aubameyang est stoppé d’un gros coup d’épaule par Beraldo. Le coup-franc qui s’ensuit est repoussé mais, après quelques péripéties, le ballon revient sur Veretout qui expédie une authentique lourde sur l’extérieur du poteau.

Deux autres incursions parisiennes à hauteur sollicitation sphinctériennes nous rappellent que le PSG n’a guère besoin d’accélérer pour nous mettre en difficulté, mais ce « guère » paraît déjà exténuant à nos adversaires bien décidés à n’en branler pas une. Une perte de balle permet ainsi à Jean-Bite de s’offrir un beau tout-droit sur l’aile droite, où il retrouve Beraldo et son sens aiguisé de l’obstruction de porc. Le deuxième carton jaune s’impose mais, en bon fouteur de merde qu’il est, Benoît Bastien préfère ne rien sanctionner dans un premier temps, avant d’aller constater les images et d’adresser un rouge direct prompt à alimenter les polémiques d’après-match.

Les commentateurs voient dans ce carton rouge un atout supplémentaire pour cet OM déjà dominateur, montrant surtout leur méconnaissance totale d’une équipe infoutue de battre Metz ou Nantes en supériorité numérique.

L’OM continue ainsi à occuper le camp parisien, mais le déchet technique, de mauvais choix ainsi qu’une certaine timidité au moment de tenter le geste décisif nous empêchent de nous procurer des occasions dignes de ce nom.


Les forces vives du PSG profitent de la pause, l’entraîneur pour y préparer des changements tactiques, le directeur sportif pour assiéger le vestiaire des arbitres en leur rappelant qui paie.

Jean-Louis Gasset et Ghislain Printant, eux, gèrent leurs petits problèmes administratifs. Par exemple, moi avec ma femme, on oublie toujours de payer la cantine avant le 31 mars, bah eux c’est pareil sauf que c’est le sacrifice mensuel à Erzulie, qu’ils ont encore oublié de régler.

  • Ô Déesse, le sacrifice que nous t’avons offert fut inhabituel mais sincère, daigne l’accepter comme gage de notre piété et de notre ferveur.
  • Oué, ce que Loulou veut dire, c’est qu’on a oublié de faire votre sacrifice habituel mais qu’on a des restes du gigot de Pâques ce midi et que donc, si vous les voulez ils sont pour vous.
  • Merci mortel, j’avais compris. Vous m’avez oubliée.
  • Mais non, voyons, enfin, non. Oui, d’accord, on avoue.
  • Vous allez payer.

Au cours actuel du vaudou, un sacrifice à Erzulie oublié, c’est un muscle ou un tendon. Et encore, du premier choix : notre déesse est une connaisseuse et c’est directement sur Mbemba qu’elle va se servir. Peu après la reprise, notre poutre maîtresse rejoint ainsi la litanie des blessés, replacée par un Samuel Gigot encore sous infiltrations.

Un malheur n’arrivant jamais seul, cet événement déstabilisant coïncide avec notre figure imposée dénommée « la perte de balle de gogols au milieu de terrain ». Kondogbia perd un duel anodin à la base, mais se replace en trottinant sans percevoir le danger qui s’ébauche. Merlin, lui, fait tout l’inverse et envoie un tacle paniqué en faisant « Aaaaah », avec pour seul résultat d’offrir à nos adversaire un surnombre royal à quatre contre deux. Demebele et Vitinha s’amusent facilement autour de Balerdi, pour une conclusion du second une main dans le slip (0-1, 53e).

Alors que la première mi-temps s’était relativement bien déroulée, les dix plaies d’Egypte déferlent sur le Vélodrome en moins de dix minutes après la reprise. A la blessure de Mbemba et au but encaissé succède ainsi le show de Benoît Bastien (équivalant à sept plaies à lui tout seul, le compte y est). Envoyé dans la surface après l’une de ses rares combinaisons réussies avec Merlin, Harit y accomplit ce qu’il sait faire de mieux : allumer droit sur le gardien. Le ballon revient sur Veretout qui, lui, ne rate pas l’occasion d’égaliser. La joie est de courte durée, puisque l’arbitre se fend d’un gros Doha d’honneur envers la dignité de la Ligue 1 en général et la nôtre en particulier, prenant prétexte de la présence de Luis Henrique dans les parages pour invalider le but au motif d’un hors-jeu.


La dernière demi-heure voit l’OM dominer nettement, une domination néanmoins plombée par une faiblesse technique ahurissante au moment d’adresser une passe décisive ou un tir. Les commentateurs s’extasient ainsi sur les multiples arrêts de Donnarumma, omettant de préciser que même Line Renaud aurait pu arrêter nos tirs, et encore, sans se casser un ongle.

Là où le gardien italien met à profit ses deux mètres, en revanche, c’est pour envoyer son poing dans la gueule de Samuel Gigot, qui lui disputait un centre aérien. Si l’arbitre accorde un corner alors que le gardien n’a pas touché la balle, la VAR vient heureusement préciser son interprétation : Gigot se fait bien découper mais pour un dimanche de Pâques ceci n’a rien que de très normal et ne prête donc pas à sanction.

Ici encore, nos joueurs se montrent champions pour transformer une enculerie simple en double peine Royale Deluxe : sur le corner accordé en lieu et place du pénalty, Ounahi se fait contrer puis se contrefout totalement de perturber un minimum la relance parisienne. Voici l’occasion de lancer une contre-attaque par les grands boulevards, surnombre parfaitement géré pour envoyer Ramos tromper un Lopez déjà battu avant de tenter quoi que ce soit (0-2, 85e).

L’OM tente encore de sauver l’honneur par quelques tirs de vieille, sans grand succès. Fallait-il assumer la défaite pour préserver les organismes ou jouer le match à fond quitte à risquer les blessures ? Finalement nous aurons obtenu les deux : la défaite et les blessures.


Les joueurs

Lopez (2/5) : Ne pas avoir encaissé six buts semble suffire à son bonheur. Comme le dit Raymonde Bidochon, faut pas rêver sa vie, ou alors avec des choses faisables.

Garcia (2/5) : Ne pas s’être fait souiller par Kylian Mbappé semble suffire à son bonheur. Je maintiens néanmoins que l’on aurait dû aligner Kassim Abdallah, pour la légende.

Mbemba (3/5) : « Après examens médicaux, l’indisponibilité de Mbemba sera estimée à deux mois. POISSON D’AVRIL ! Vous avez eu peur, hein ? Non, en vrai son indisponibilité est estimée à huit semaines ».

Gigot (53e, 3/5) : Entré comme avant-centre avant que la sortie de Balerdi ne le contraigne à se replacer en défense centrale. Ne pas le voir faire un tacle de taré et prendre trois matchs de suspension suffit à mon bonheur.

Balerdi (3/5) : Sorti sur crampes. Ou sur déchirure. A moins que ce ne soit une salpingite foudroyante, on ne sait pas, on ne sait plus.

Ounahi (73e) : Des efforts de tous les instants pour éviter tout risque de blessure musculaire. Enfin un joueur qui prend soin de son corps, ça fait plaisir.

Merlin (2/5) : Tes centres c’était comme ce tifo honteux en Ganay, une pub pour un spectacle comique ?

Kondogbia (2/5) : «Mon niveau, c’est celui de la première mi-temps. » Je connais cette théorie.

Gueye (3/5) : Le préparateur physique grâce à qui on a fini un OM-PSG avec une charnière Gigot-Gueye, faudra songer à le poursuivre pour actes de barbarie, à force.

Veretout (4/5) : Miracle, on a réussi à trouver un joueur qui soit à la fois d’un bon niveau et pas blessé. Avec notre chance actuelle, demain il roule sur un enfant en sortant de la Commanderie et passe trois mois en détention préventive.

Harit (2/5) : La vision optimiste consiste à dire qu’il n’est pas à sa place comme meneur de jeu d’un club comme l’OM. La vision pessimiste consiste à dire qu’il est tout à fait à sa place comme meneur de jeu d’un club comme l’OM.

Luis Henrique (2/5) : A défaut de sauver notre équipe, sa présence a sauvé la future Rolex de M. Bastien, c’est déjà ça.

Ndiaye (1/5) : Dans quelques années on reviendra sur les compositions d’équipe de cette saison, et on se dira qu’on allait vraiment affronter l’ogre parisien avec nos bites et nos (seconds) couteaux.

Moumbagna (61e, 2/5) : Il aurait plutôt dû faire du cyclisme. Un physique de brute comme le sien, ça tient parfaitement sur les pavés mouillés dans les classiques flandriennes, et en plus on n’a pas besoin de s’y servir de ses pieds.

Aubameyang (2+/5) : Les mauvais choix dans le jeu, passe encore. Mais provoquer l’expulsion d’un parisien quand on connaît nos résultats en supériorité numérique, c’est criminel.


L’invité zoologique : Luis Enroquet

Déplaisant, bruyant et agressif, le chien de riche aboie pour un rien, chie où il veut et a le droit de mordre qui bon lui semble du moment que ses maîtres ont acheté la cécité du garde champêtre. Saloperie, va.

  • Les autres : C’est bien, on leur a offert une belle séance d’entraînement sans se fatiguer.
  • Le classement : L’OM reste en course pour un strapontin européen, même si tout dans nos prestations porte à croire que cette 7e place actuelle est exclusivement due au fait d’avoir rencontré une ribambelle de nuls les deux mois précédents. Si ajustement il y a par la suite, il risque de ne pas être flatteur.
  • Coming next : déplacement à Lille, confrontation contre Benfica, déplacement à Toulouse puis réception de Nice et Lens, le tout avec la condition physique d’un bureau de CIQ.
  • Le rayon de soleil : les jeunes poursuivent leur beau parcours en Gambardella après leur victoire à Rennes. Voici de quoi s’enthousiasmer cette saison.
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Twitter, ainsi que sur BlueSky. Homerc remporte le concours zoologique.
Ça, c’était bien aussi.

Bises massilianales,
Blaah

5 thoughts on “OM-PSG (0-2) : La Canebière Académie mord à l’hameçon

  1. Moumbagnia a des airs de Ngannou et semble avoir aussi son impact physique. Belle pioche. Merci à la cellule recrutement de nous avoir dégoté le nouveau Brandao.

    1. Que ce soit dans les duels comme dans le pressing, Mouragnagna n’a pas vraiment l’impact du regretté Brandao. (Oui, j’avais bien compris que ce n’est pas dans ce sens là que invoquais Brandao mais je voulais juste faire un jeu de mots pourri sur ton pseudo.

  2. D’ailleurs sur le premier but, ce n’était pas plutôt Gigot qui s’étale comme une crêpe sur sa première intervention du match ? Ça lui ressemble tellement.

  3. Une acade qui commence en réveillant de vieilles saloperies incrustées dans le trou de mon sale petit cul mais qui finit en rallumant cette petite flamme qui fait si chaud à mon pauvre petit coeur.

    Merci.

  4. La découpe de Gigot rentre directement dans mon panthéon des acad, grandiose !
    Un tel alignement des astres, tu n’en aurais même pas rêvé lors de sa signature non ?

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