Moi, en fait, j’ai une seule question : « qu’est-ce qu’on vous a fait ? ». Nous, on était bien, on appréciait notre club avec ses hauts et ses bas, on ne demandait qu’à vous aimer, à faire la fête ensemble, à vous célébrer. Je veux dire, on n’a pas insulté vos mères non plus. Enfin, si, maintenant oui, mais c’est vous qui avez commencé en vrai. Ben oui. Mesurez le nombre de gens qui s’intéressent à l’OM et multipliez cela par le temps et l’énergie qu’ils y consacrent – qu’ils vous consacrent, par conséquent. C’est vertigineux. Vous me direz, personne ne nous a forcés à avoir des passions merdiques, je vous le concède ; mais d’une, ça nous regarde, et de deux, c’est que même un tout petit peu cette passion des abrutis qui vous paie.

Alors on ne va pas être vulgaires et parler de retour sur investissement : la passion a ceci de particulier qu’elle est inconditionnelle et qu’elle ne se monnaie pas (sauf si la passion peut se prendre un petit billet sur un tifo de commande en Ganay, elle a beau être inconditionnelle, il faut quand même qu’elle paie le crédit du Dacia Logan, la passion). Donc non, même perdre, ça n’atténuera pas la passion, au contraire ça lui donne un petit côté christique, cet orgueil de faire partie de la confrérie des vrais et purs, de deux qui traîneront leur souffrance jusqu’à un OM-Forbach, « perdez-les tous et Dieu reconnaîtra les siens », ce genre de choses.

Mais juste, sans parler de gagner des choses, ou d’assurer un minimum de spectacle, si en gage de bienveillance il vous était possible, au moins, de ne pas nous insulter à chacune de vos sorties nos relations y gagneraient, je vous assure. La problématique de base étant : avez-vous seulement conscience du fait que votre attitude équivaut à nous cracher de bons gros moulards à la figure, sans discontinuer, depuis des mois ? Si si, je vous assure. C’est un truc de comportementaliste, ça, d’étudier la signification de ces petites communications non-verbales. Un hippopotame, quand il fait ventilateur avec sa queue pour disperser sa merde trois mètres autour de lui, on devine assez clairement l’estime dans laquelle il nous tient. Il en va de même quand un chimpanzé lance ses excréments ou que Marie-Claude Pietragalla se roule par terre, le message est assez explicite.

A force de comparaisons scientifiques, on arrive même à établir des modèles : nous sommes ainsi en mesure d’affirmer qu’une passe grossièrement ratée équivaut à un « je nique ta mère » ; qu’à chaque relance dans l’axe, vous nous dites : « suce ma bite, pauvre tache » ; qu’en vous abstenant de marquer ou de presser les adversaires, vous ricanez : « je branle rien et ma maison est plus belle que la tienne, je te chie sur la tête, pébron ». Alors bon, vous objecterez que nous nous méprenons et que vos intentions à notre égard sont nobles, il n’empêche que c’est ce que nous percevons. C’est important, les perceptions et les non-dits, dans une relation, vous savez.

Ceci dit, parfois, pour ne pas envenimer davantage une relation, c’est bien de se parler sans détour, aussi.


Les Longorious Basterds 

Lopez
Garcia – Gigot – Balerdi – Merlin
Veretout – Gueye (Kondogbia, 65e) – Ounahi (Ndiaye, 65e)
Luis Henrique (Moumbagna, 65e) – AubameyangHarit (Correa, 83e)

Cette magnifique composition impose un hommage ému au responsable majeur de cette situation, celui qui a dépensé l’une des masses salariales les plus importantes de Ligue 1 pour des personnes plus aptes à être tenus en laisse, à poil et une balle de ping-pong dans la bouche qu’à la pratique du football professionnel. Nous pourrions certes voir nos joueurs prendre l’initiative de s’agenouiller, rendre un maillot dont ils ne sont pas dignes et se faire seppuku. Mais puisque depuis le Japon médiéval un tel discernement tend malheureusement à se perdre, c’est avant tout de nos dirigeants qu’un minimum de clairvoyance est attendu au moment du recrutement. Tout ça pour dire qu’il faudra que Longoria réalise des miracles pour se faire pardonner d’avoir intégralement saboté cette saison.

En attendant, blessés obligent (Clauss, Meïté, Mbemba, Murillo, Rongier, Sarr), il faut bien trouver des gens pour faire le nombre. A la rigueur, on aurait pu suivre la mode du moment chez les complotistes et refuser d’afficher les noms de famille : on aurait plutôt couché sur la feuille de match les salaires mensuels, ce qui aurait laissé une chance de faire croire aux Lillois qu’ils affrontaient un club de Ligue des Champions.


Le match

L’honnêteté nous commande de le reconnaître, nos joueurs ont été très bons pendant la première minute de jeu.

Globalement, les débats sont équilibrés dans cette première mi-temps, si l’on excepte bien sûr quelques trous d’air monstrueux dans notre milieu de terrain. Pour tout dire ce matin au marché de Pertuis, il y avait une mémère qui traînait son chariot de courses, et derrière elle une sorte de bâtard mi-teckel mi-bichon maltais qui essayait par tous les moyens de s’accoupler avec son caddie dans la file d’attente de la fromagère. Eh bien croyez-le ou non, mais rétrospectivement même ce cabot dégénéré avait l’air plus digne qu’Ounahi en train d’essayer de presser un Lillois. Après avoir laissé Azebine s’écraser sur son épaule, pour peu qu’il l’ait même remarqué, ledit Lillois développe sa percée plein axe. Décalage après décalage, le ballon échoit à Zhegrova qui profite de l’interception manquée de Merlin. La RAIE de Lopez nous offre un sursis.

Pau récidive peu avant la vingtième minute, claquant en corner une tête lilloise à la réception d’un coup-franc. Sur le plan offensif, notre créativité n’a rien à envier à celle des studios Marvel : c’est sans idée, c’est mal réalisé, et pourtant ça coûte très cher. Quand une récupération d’Aubameyang initie enfin une action percutante, celle-ci est immédiatement enterrée par une passe sous Lexomil d’Ounahi et un tir fini à la pisse de Luis Henrique.

La pause est atteinte sur une impression similaire à la première période contre Paris : le score est tenu, mais le match paraît opposer d’un côté une vaillante équipe de charcutiers-fraiseurs s’efforçant de donner le meilleur d’eux-mêmes, de l’autre une équipe de foot. La seconde période rectifie cependant cette impression, avec la régression de nos joueurs à l’état larvaire.

Il ne faut pas dix minutes pour qu’une passe abominable de Luis Henrique mette en difficulté Gigot, lequel pare le danger à sa manière : en taclant comme un porc. Victime de l’hippopotacle, David convertit lui-même le pénalty à contre-pied (1-0, 54e).

Faisant vivre un martyre à l’aile gauche olympienne depuis le début du match, Zhegrova expédie dans la foulée une lourde sur la barre de Lopez. Gasset laisse inutilement le calvaire se prolonger, attendant la 65e minute pour effectuer un triple changement. A sa décharge, les options étaient limitées et les plus-values incertaines, pour parler pudiquement. Jusqu’ici de toute façon, n’attendant rien de ce match sinon de la souffrance, nous étions enclins à l’indulgence. Malgré tout, le passage de la quasi-totalité du collectif en mode « nous sommes soumis, faites de nous vos salopes » a réussi à nous agacer un tantinet.

C’est ainsi que le supposé leader technique de l’équipe, Harit, vomit un ballon dégueulasse à vingt mètres du but (sur un dégagement plein axe lui-même assez horrible, certes). La défense regarde alors Cabella expédier de l’entrée de la surface un joli enroulé en lucarne avant d’aller célébrer devant le parcage marseillais (2-0, 74e). Concernant notre ancien olympien, le chambrage est de bonne guerre, c’est surtout le sentiment de recevoir un bras d’honneur de nos propres joueurs qui s’avère douloureux.

Même Aubameyang, maintes fois sauveur, s’effondre à son tour : alors que Balerdi initie la première action percutante de la rencontre (à un quart d’heure de la fin, tout de même), Jean-Bite est servi absolument seul par Kondogbia mais voit son petit piqué sorti par le gardien. Reconnaissons-lui toutefois de ne pas renoncer : sur un ballon envoyé à la rasbaille, Jean-Bite se bat suffisamment pour mettre le oaï entre les deux défenseurs lillois. Yoro dégage sur Ismaïly et le ballon roule doucement dans la cage pour un but gag (2-1, 81e).

A peine le temps de croire à une égalisation qui représenterait l’escroquerie du siècle que nos joueurs ajoutent la scatophilie à leurs dépravations. L’an dernier, l’OM sabotait ses matchs en paniquant juste après avoir encaissé un but ? Cette année, l’OM fait encore mieux et sabote ses matchs en paniquant juste après avoir marqué. Après une perte de Veretout, Merlin et toute la défense se font uriner dessus par une combinaison nordiste. S’ensuit un centre en retrait pour Gudmundsson, obligeamment laissé libre par un Garcia en pleine introspection sur la finitude de l’existence humaine et la mort comme terme de toute chose (3-1, 84e).

L’OM assure – de justesse – le seul enjeu restant dans ce match, à savoir ne pas alourdir la liste des absents en récoltant un carton rouge. Pour le reste, l’état de l’OM en ce moment, ce sont les VRP qui en parlent le mieux.


Les joueurs

Avis : nos joueurs étant malgré tout des sportifs de haut niveau, nous ne pouvons pas imaginer qu’ils puissent être à ce point incapables, sans que n’interviennent des circonstances particulières qui nous échappent, telles que la dépression, la nécessité de jouer sous infiltration ou la leucémie chronique. Les appréciations qui suivent sont donc à considérer avec toute la distance et le second degré nécessaires.

Lopez (3+/5) : Un barrage républicain : on y a cru pour la forme mais on sait très bienque ça ne fait que retarder la victoire des fascistes.

Garcia (1/5) : En changeant de continent on commet parfois des gaffes insensées. Par exemple, chez nous quand on est invité il faut finir son assiette, alors qu’en Chine c’est malpoli .Sachant cela, Ulises s’est montré très prudent en passant de gauche à droite : si ça se trouve, quand on joue latéral droit, rester au marquage c’est une insulte à la maîtresse de maison, va savoir.

Gigot (1/5) : Porte le brassard olympien avec la même crédibilité qu’un moustachu blond porte un bandeau « NINJA » dans les films chroniqués sur Nanarland.

Balerdi (2+/5) : Trop mal entouré pour faire des miracles, mais il reste un des seuls de l’équipe à ne pas mériter la déchéance de son statut de footballeur pro.

Merlin (1/5) : Arnaque pour arnaque, on aurait dû plutôt acheter à Waldemar Kita un allongeur de bite, il y aurait au moins eu le côté décoratif.

Gueye (1/5) : Tellement inexistant qu’il n’a même pas pris de carton alors que tout le reste de l’équipe faisait la foire à la charcuterie.

Kondogbia (65e, 2/5) : Il a fait parler son expérience. Comme un sénateur, oui.

Veretout (1/5) : Un de plus métamorphosé en zombie. On se croirait dans les Schtroumpfs Noirs, le dernier qui reste à la Commanderie devra faire sauter la réserve de pollen de tubéreuse.

Ounahi (1-/5) : Si tu as un certificat médical qui justifie ce qu’on voit en ce moment, c’est le moment de le produire, sans quoi on pourrait se laisser aller à prononcer des mots qui font de la peine.

Ndiaye (65e, 1+/5) : Vous vous souvenez quand on disait il n’y a pas si longtemps que Gasset avait réussi un miracle ? Bah c’était vrai, c’était un miracle et d’ailleurs il ne s’est plus jamais reproduit.

Luis Henrique (1-/5) : Personne ne sait ce qu’il fait encore chez nous, à commencer par lui-même. Reconnaissons que ce n’est confortable pour personne, à commencer par lui-même.

Moumbagna (65e, 1/5) : Son recrutement fait penser à cette nouvelle mode des « colis mystère » non réclamés de chez Amazon, que tu peux acheter au hasard en payant au poids.

Harit (1-/5) : A l’image de son emblème, le lion de l’Atlas : une espèce éteinte.

Correa (83e) : Moqué depuis six mois par la moitié de la ville qui n’est pas occupée à insulter ses aïeules, a grillé plus de saucisses au barbecue qu’il n’a touché de ballons cette saison, demande à s’il peut tirer un coup-franc décisif une minute après son entrée en jeu.  Je soupçonne ses coéquipiers d’avoir accepté uniquement pour se foutre de sa gueule.

Aubameyang (1+/5) : Contributeur de l’un des buts les plus laids du monde, une distinction totalement inutile mais néanmoins honorifique, un peu comme les constructeurs de Tour Eiffel en allumettes.


L’invité zoologique : Rémy Cabillaud

Sans pitié pour ses anciens compagnons qui le nommaient stoquefiche, le cabillaud peut se révéler une vraie morue. Voici ses observations.

  • Les autres : Peu flamboyants mais diablement efficaces. On a hâte de voir comment l‘OM va réussir à saloper Paolo Fonseca si celui-ci vient chez nous.
  • Le classement :A l’image des élections du 9 juin, on va oublier l’idéal continental et on va tâcher de sauver un truc médiocre mais qui ressemble à peu près à l’Europe.
  • Coming next : Pour peu que Benfica écourte notre calvaire ces deux semaines qui viennent, nous n’avons plus que huit matchs à endurer cette sinistre équipe.
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Twitter, ainsi que sur BlueSky. Homerc réussit la passe de deux au concours zoologique.

Bises massilianales,

Blaah

4 thoughts on “Lille-OM (3-1) : La Canebière Académie fait la truie

  1. Merci. je m’inflige encore l’A/R européen en gardant l’espoir fou que l’OM redevienne l’OM à cette occasion, mais pour la fin de la saison je pense que je me contenterai de vos chroniques. Au moins je vibre (un rire nerveux, c’est quasi équivalent)

  2. C’est une sale affaire
    Ounahi est mouillé
    Il n’avait rien à faire
    Dans les bassins houillers
    Houillers !

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