OM-Reims (1-1), La Canebière académie a besoin de vacances

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Zzzzzzzzzz.

blaah

Aïoli les sapiens,

C’était il y a trois jours seulement. L’OM croisait la route de Clément Turpin. Fanatisme ? Maladie mentale ? On se perd en conjectures sur les motivations de cette personne. Certains même renoncent à vouloir chercher une quelconque explication à ses agissements contre le football, car expliquer, c’est déjà vouloir excuser.

Une seule chose est certaine : la vie continue. Il serait trop facile de s’effondrer après avoir été arbitré par Clément Turpin. Rien ne sera plus jamais comme avant dans ce championnat, c’est vrai, mais coûte que coûte, il faut reprendre le chemin des victoires. Y renoncer serait lui signifier qu’il a gagné.


L’équipe

Mandanda
Sakai – Alvaro – Caleta-Car– Nagatomo (Khaoui, 56e)
Kamara– Gueye (Cuisance, 56e)
Thauvin  – Rongier (Radonjic, 85e) – Payet
Benedetto (Germain, 68e)

Amavi est de nouveau forfait, son mollet ayant tenu vingt minutes au match précédent. Surprise du chef, Gueye est bien présent sur le terrain malgré son carton rouge. L’appel de l’OM est en effet venu aux oreilles du CNOSF, qui a proposé de surseoir à la suspension le temps que Clément Turpin comparaisse devant le Tribunal pénal international.

Oui, heureusement qu’il y a les médias étrangers pour mettre en valeur les gens qui s’insurgent contre l’injustice, ces gens mal-aimés, rejetés, mais qui au fond d’eux savent que la lutte pour leur droits sera payante, pour leur dignité comme pour celle de la Nation toute entière.


Le match

Dix bonnes minutes sans que nous puissions proposer une seule action classent nos adversaires dans la catégorie « pégons ». Non contents de nous engluer, les Rémois sortent comme des virions d’une cellule infectée à la moindre perte de balle pour nous surprendre en contre-attaque. Bref, ce match s’annonce comme tout sauf une partie de plaisir.

Mastocs derrière, habiles en contre, Reims est le genre d’équipe affichant sur une grande pancarte clignotante : « si vous nous laissez ouvrir le score vous allez en chier ». Dans ces circonstances, on peut comme toujours compter sur Payet pour débloquer la situation, et l’on salive à l’avance de son inspiration à venir sur un coup-franc lointain. Le moins que l’on puisse dire est que l’on n’est pas déçus : Dimitri manque piteusement sa longue passe et, récupérant tout de même le ballon, tente une roulette improbable au milieu de terrain alors que toute l’équipe ou presque attendait dans la surface adverse. Zeneli lui ôte la balle avec gourmandise et fonce vers Sakai, qu’il s’appliquait déjà à victimiser depuis le début de la rencontre. Le Kosovar centre dans les six-mètres, où Yuto Nagatomo surprend Mandanda d’un subtil intérieur derrière le pied d’appui. L’occasion pour notre consultant portiste Homerc de rappeler que ce genre de geste ne s’appelle pas une Madjer : non seulement la Madjer est une talonnade franche mais, surtout, elle est en général marquée dans le but adverse (0-1, 19e).


L’OM pédale dans la semoule et s’expose à de nouvelles contre-attaques, avant de se montrer enfin plus fringant après la demi-heure. Notre pressing se fait plus efficace, Thauvin et Sakai combinent de mieux en mieux, et les occasions surviennent enfin. Servi par Payet, Benedetto se heure au gardien puis, sur le corner qui s’ensuit, Thauvin n’arrive pas à dévier dans le but une reprise de Kamara.

In extremis, l’OM égalise sur une action de haute volée : Caleta-Car adresse une remarquable ouverture pour Sakai, qui remet en une touche à Rongier. De l’entrée de la surface, Valentin choisit de ne pas tuer son gabian habituel et préfère adresser un joli petit centre pour Benedetto. Dario remet de la tête à Thauvin, qui a su se démarquer pour la finition (1-1, 45e).


Précieux, ce but appelle cependant à connaître un petit frère en seconde période afin d’éviter une nouvelle déconvenue. La bonne volonté olympienne se heurte alors à un état physique quasi-giscardien, malgré les entrées de Cuisance et Khaoui peu avant l’heure de jeu. Sitôt sur le terrain, Saif-Eddine se procure d’ailleurs une belle occasion stoppée par Rajkovic, avant que l’OM ne sombre dans une impuissance totale. Manque d’imagination, mauvais choix, erreurs techniques de plus en plus nombreuses : eussent-ils porté un pyjama et des charentaises au lieu de leur tenue de sport, que les Olympiens s’endormiraient sur place tant ils semblent épuisés.

Les Rémois se montrent plus dangereux en contre-attaque, ledit danger étant tout relatif vu qu’eux aussi ont l’énergie du commissaire Derrick sous valium. À la 93e minute, l’OM fait tourner le ballon si bien que l’arbitre envoie tout le monde au dodo sans qu’une ultime attaque soit ébauchée. Seul point positif, les vacances se rapprochent, même s’il restera un dernier déplacement à Angers pour achever les chevaux.


Les joueurs

Mandanda (3-/5) : Steve a payé du champagne et des putes à Yuto Nagatomo, pour le féliciter d’être devenu le 500e défenseur olympien à lui procurer des envies homicides au cours de sa carrière.

Sakai (3-/5) : Après des débuts difficiles face à Zeneli, un feu d’artifice offensif entre la 30e et la 45e. Des sprints incessants et effrénés, des appels intelligents et tranchants, des centres pas décisifs parce qu’il ne faut pas rêver non plus, mais au moins une implication sur l’égalisation. Bon, comme tous les feux d’artifice, ça n’a pas duré longtemps et il a fallu passer le reste de la soirée à balayer les cendres.

Alvaro (3/5) : Devant l’impuissance olympienne, il a tenté d’apporter un plus par des relances audacieuses, avant de se dire qu’il avait suffisamment de contre-attaques à endiguer à cause de ses coéquipiers pour en provoquer lui-même.

Caleta-Car (3+/5) : Les rares attaquants rémois ont été maîtrisés une main dans le slip et, malgré quelques ouvertures dispensées en mode « arrosage aléatoire », Duje a bien servi Sakai pour initier l’action de l’égalisation.

Nagatomo (1+/5) : André Villas-Boas a bien pensé demander une dérogation pour doter Yuto d’un chien d’assistance, mais les instances lui ont rétorqué qu’elles avaient déjà été bien gentilles de requalifier Gueye et qu’il ne fallait pas trop en demander non plus. Logiquement désorienté, Yuto a marqué contre son camp, perdu des ballons, perdu le chemin des vestiaires, perdu ses comprimés Prostamol et finalement acheté 50 euros un calendrier à de faux éboueurs.

Khaoui (56e, 2/5) : « Il est temps pour moi de partir », a murmuré Nagatomo en transmettant le relais à Khaoui, avant de s’évanouir dans une nuée de pétales de cerisier. Très ému, le jeune homme s’est mis en devoir de mettre en œuvre les enseignements de son maître, c’est-à-dire rien de très intéressant mais en courant plus vite.

Kamara (2/5) : Un match de routier slovaque sans pause règlementaire depuis 16 heures. Ça fait le boulot parce qu’il y a pas le choix, ça avance, mais ça commence à zigzaguer sévèrement sur la voie du milieu.

Gueye (3/5) : Ni carton jaune pour le troll, ni action d’éclat pour faire enrager les rivaux de son repêchage-surprise. Villas-Boas a dû se dire que dans ces conditions, ce n’était pas rigolo de le laisser sur le terrain.

Cuisance (56e, 1/5) : Tout en veillant à ne pas prononcer de propos définitifs, il faut reconnaître que c’était une entrée à faire regretter l’échange avec Bouna Sarr.

Thauvin (3+/5) : Grand animateur de la première période, avec tout un assortiment de passes et de dribbles inspirés et le but égalisateur en prime. Comme un téléphone trop vieux, il a ensuite planté avant que le témoin de batterie faible ne s’allume.

Rongier (3/5) : Une remarquable couverture deterrain assortie d’un geste décisif sur l’égalisation, avant que les 21 autres joueurs ne lui disent à l’unisson « tu peux arrêter de t’agiter s’il te plaît ? Ça nous fatigue ».

Radonjic (85e) : Heureux comme un chien à qui on vient d’ôter sa collerette anti-grattage, Nemanja a passé cinq minutes à courir après sa queue.

Payet (1/5) : Inoffensif devant, il a même réussi l’exploit de coûter un but et des occasions alors qu’on ne lui demandait même pas de défendre.

Benedetto (3/5) : Une passe décisive ponctuant une mi-temps volontaire, avant de sortir en vertu de la loi 27 du football qui dispose qu’un barbu tatoué ne peut pas fréquenter le terrain en même temps qu’un blond qui zozote.

Germain (68e) : « Alors réfléchissons. Yuto est sorti, donc il n’a pas besoin d’auxiliaire de vie. Il y a 1-1, donc je ne crois pas qu’André me fasse entrer pour préserver le score. Mais alors, ça veut dire que je vais enfin jouer attaquant ? Putain, ça c’est une bonne nouvelle, par contre il va falloir que je me rappelle comment on fait, depuis le temps. »


L’invité zoologique : Mathieu Cafardo

La blatte est un animal aussi mal-aimé que méconnu. Il faut pourtant lui reconnaître de nombreuses qualités, dont celle de savoir survivre à toutes les calamités qui anéantiraient n’importe quel être vivant normalement constitué : sécheresse, vague de froid, poisons, radiations atomiques, recrutement de Pierre Ménès. Le cafard était donc l’invité approprié pour évoquer ce club dont il n’est jamais facile de se débarrasser.

– Les autres : Aussi cramés physiquement que nous, ils se sont concentrés sur leur bloc sans oublier de se montrer adroits sur leurs quelques sorties de balle. Sachant que nous-mêmes n’avons pas été capables de montrer ces dispositions en Ligue des Champions, on se gardera de les critiquer pour leurs choix.

Le classement : Lyon prend désormais 5 points d’avance sur nous, en attendant que nos autres rivaux jouent ce soir. Nos deux matchs en retard représentent dorénavant moins un bonus qu’une bouée de sauvetage.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Anthony Ch. remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,

Blaah.

3 réflexions sur “OM-Reims (1-1), La Canebière académie a besoin de vacances

  1. il commence sérieusement à me les casser ce vieux nippon (mais très mauvais) Nagatomo…
    il faut lui trouver une alternative et vite…Payet on dirait qu’il n’a plus envie de jouer et Cuisance c’est pas Bysance…

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