Aioli les sapiens,

Comme d’habitude, la coupe de la ligue est un trophée en bois, jusqu’à ce que l’on se rende compte que l’on n’a guère plus que ça pour s’enthousiasmer un minimum. Moi-même, à la Ménagerie, c’est en décembre que je me rends compte de la nécessité de recentrer mes ambitions séductrices au niveau de la mangouste naine, après m’être pris des râteaux successivement par la panthère des neiges, l’antilope oryx, la renarde, la chouette harfang et la femme du directeur.

 

L’équipe

Le contenu du match face à Lyon imposait des changements, à commencer par le schéma tactique. On passe donc à un 433 avec Romao en sentinelle. Pas de meneur de jeu axial mais des permutations incessantes de la ligne offensive, où Thauvin est mis au repos au profit de Khalifa. Quelques ajustements derrière entre blessures et mises au repos.

Mandanda – Abdallah-Nkoulou-Mendes-Mendy – Romao-Imbula-Lemina – Payet-Gignac-Khalifa

 

Le match

(passer directement aux notes)

C’est mieux, bordel ! L’OM offre un bloc haut et presse sans forcément beaucoup d’intensité, mais intelligemment. Toulouse ne trouve guère de solutions dans la construction et est contraint d’envoyer de longues passes, récupérées plutôt facilement. Heureusement d’ailleurs, car les rares combinaisons du TFC montrent que notre défense souffre toujours de problèmes de placement. Marseille propose des séquences de possession dans le camp adverse, ce qui ne nous était pas arrivé depuis une éternité. Ces séquences sont cependant peu fructueuses ; en revanche, nos joueurs parviennent à les alterner avec des actions très verticales, où la qualité de déviation de Gignac fait merveille. Ainsi, sur une magnifique passe de Romao, André-Pierre gagne son duel de la tête et remet parfaitement dans la course de Mendy. Benjamin, qui s’y connaît en viol de défenseur pour en avoir lui-même subi un certain nombre en ce début de saison, s’impose face à Yago et ajuste sereinement Blondel (1-0, 13e).

CA27but1La passe de Romao, la déviation de Gignac, la vivacité et l’adresse de Mendy… c’est simple, mais ça fait déjà beaucoup de football d’un coup pour nous qui avions perdu l’habitude.

Certes bien aidés par la maladresse toulousaine, dont les attaques avortent plus souvent que le planning familial de Dunkerque un lendemain de carnaval, les Olympiens n’en renouent pas moins avec une qualité de jeu que l’on n’avait pas entrevue depuis le début du match contre Saint-Etienne (fin septembre, tout de même). Les corners s’accumulent et, sur l’un d’entre eux mal renvoyé par la défense, Khalifa s’impose et transmet à Imbula, qui remise instantanément pour Mendes. Les écrans géants s’illuminent alors pour afficher ce message du gardien toulousain : « ATTENTION MESDAMES ET MESSIEURS, JE VAIS SORTIR COMME UN CON ». Après un premier sauvetage de bourrin de Blondel face à Lucas, Gignac récupère le ballon et se contente de se prendre les pieds dans les jambes généreusement offertes du gardien : pénalty de pute certes, mais pénalty indiscutable, qu’André-Pierre transforme d’un contre-pied (2-0, 28e).

CA27But2Dans une vie antérieure, Olivier Blondel était touriste chinois sur le Vieux-Port :
« Bonjour Monsieur, voudriez-vous me garder mon portefeuille et mon appareil photo pendant que je refais mon lacet ? »

C’est alors que survient le temps faible olympien. Nous jouons plus bas, ce qui permet aux latéraux toulousains de monter et de dédoubler faute d’être suivis par nos offensifs. La possession devient nettement toulousaine et les olympiens en paient le prix à l’occasion d’un coup-franc concédé par Romao. Mandanda crie « J’ai ! », Mendes crie « Hein ? » et Spajic n’a plus qu’à pousser le ballon au fond (2-1, 41e).

C’est en seconde période que se manifeste le progrès le plus notable de ces derniers temps : malgré la réduction du score qui aurait pu annoncer un effondrement mental dont nous avons le secret, nos joueurs parviennent à se remobiliser au retour des vestiaires et à aller chercher les Toulousains plus haut. Nous ne produisons pas un jeu exceptionnel, mais ce n’est visiblement pas l’enjeu : si nous subissons, cela semble se produire de manière volontaire et maîtrisée. Nos adversaires ne parviennent pas à nous inquiéter, et seul un déchet technique important ainsi qu’une propension à tomber un peu vite dans la surface nous empêchent de nous mettre à l’abri (encore qu’un pénalty pour une faute sur Payet n’eût pas été volé).

La deuxième période se passe ainsi sereinement, jusqu’au temps additionnel où nos dessous perdent hélas tout espoir de finir immaculés. Fébrilité (y compris chez Mandanda), placement aléatoire, nos démons défensifs reviennent nous tourmenter en l’espace de deux dernières occasions, heureusement non converties. Il faudrait vraiment être des zguègues pour concéder l’égalisation connement après avoir mené 2-0 et globalement maîtrisé la partie ; et ce ne sont pas les lyonnais qui me contrediront.

 

Anigoscopie

Le changement que nous réclamions précédemment a eu lieu. On ne m’ôtera pas de l’idée que le regain de combativité nécessaire ne pouvait pas être lié qu’à un discours à base de « couilles », mais bien à une réorganisation plus profonde.

Le cercle vertueux s’est donc bien enclenché, avec un pressing intelligent de l’ensemble des attaquants et milieux qui a étouffé le TFC. L’absence de solution longue facile pour le porteur du ballon a soulagé nos défenseurs, qui ont pu se concentrer sur leurs duels. Au niveau des satisfactions, on retiendra également les permutations cohérentes des attaquants, les pénétrations de Payet et Khalifa depuis les ailes dans l’axe en profitant du travail de Gignac, l’alternance de constructions patientes et de jeu direct. L’équipe a plutôt bien géré temps forts et temps faibles, à l’exception du dernier quart d’heure de la première période.

En effet, la prestation fut cependant loin d’être parfaite, avec cette tendance à reculer constatée de trop nombreuses fois cette saison, très dommageable en ce qu’elle a immédiatement généré des surnombres sur les ailes. Ces errements ont cependant été corrigés après la pause. Cette fragilité mentale s’est également manifestée dans le temps additionnel, mais on peut aussi considérer que ce genre de frayeurs est inhérent aux matches de coupe. Reste que ces instants ont mis en exergue les difficultés de placement récurrentes de notre défense (quelques hors-jeu mal joués, des mises en situations de un-contre-un défavorables). Enfin, l’équipe a produit un déchet technique un peu trop élevé et qui l’a empêchée d’assurer le score ; toutefois, s’il s’agit du prix à payer pour voir nos joueurs aussi entreprenants, nous pouvons bien l’accepter dans l’immédiat.

Bref, enfin un match quasi-complet, qui nous donnera l’occasion de progresser sur une base positive alors que nous étions jusqu’ici condamnés à travailler sur nos faiblesses. Si l’on considère les trois chantiers que nous avions estimés prioritaires suite au licenciement d’Elie Baup (reconstruction d’une cohésion de groupe, encadrement et progression des jeunes, alternatives à Valbuena), le résultat semble montrer la bonne voie à José Anigo, à la différence des deux rencontres précédentes. Contrairement aux clichés, la sérénité de l’équipe hier soir laisse à penser que le discours de José est plus élaboré qu’une simple demande d’affichage gonadique. Or, ne l’oublions pas, notre effectif dispose tout de même d’une grande qualité pour peu que la confiance et la solidarité soient présentes. Alors que l’OM refusera de se précipiter pour trouver son nouvel entraîneur, l’intérim appelé à se prolonger de José Anigo devra s’inscrire dans la dynamique retrouvée hier soir. Faisez pas les cons, maintenant.

 

Les notes

S. Mandanda (2-/5) : Une sortie douteuse lors du 1er but, et une seconde dans le temps additionnel afin de nous faire réhabiliter l’outil d’analyse qui s’impose.

Slipomètre

N. Nkoulou (3+/5) : « Allô, Doumé ? Ouais, dis, tu peux ranger les barres de fer, t’as plus besoin d’aller chez Nicolas. Je crois qu’il a compris. »

L. Mendes (3-/5) : Il enlève le ballon à Mandanda, ce qui coûte le but toulousain. Mais j’ai pas envie de trop le pourrir, pour une fois que toute la défense peut avoir la moyenne.

B. Mendy (4-/5) : Un nombre raisonnable de boulevards laissés derrière, des duels gagnés en un contre un. La base est là pour une fois, on peut donc savourer sa participation offensive, récompensée d’un but.

K. Abdallah (3-/5) : Certes, au plus fort de la domination toulousaine, Kassim a souffert sa race. Mais les efforts fournis tout au long du match méritent l’indulgence. Allez, hop, c’est Noël.

A. Romao (4-/5) : Une très grosse activité, d’autant qu’il ne s’est pas contenté d’attendre les toulousains dans notre camp. Comme de coutume, il commet deux fautes dans des zones dangereuses, dont l’une amène le but.

M. Lemina : A croire que je n’arriverai jamais à lui mettre une bonne note puisqu’après 35 minutes tout à fait satisfaisantes, il sort sur blessure. Remplacé par B. Cheyrou, voir ci-dessous.

G. Imbula (3/5) : Il a produit plusieurs de ses charges de gnou, dont il partage aussi le manque de lucidité, malheureusement. Mais malgré quelques ballons gâchés, une performance d’ensemble très correcte.

D. Payet (3+/5) : Surprise : après avoir disparu comme d’habitude au bout d’une demi-heure, Dimitri a pu pour une fois ressortir du Triangle des Bermudes en 2e mi-temps.

S. Khalifa (3-/5) : Beaucoup de tentatives, même si question déchets, son jeu ressemblait à Entressen un jour de mistral.

AP Gignac (4+/5) : Le physique est là, l’intelligence de jeu (ré?)apparaît. Autorisons-nous une érection de bon aloi.

 

Les remplaçants

B. Cheyrou pour M. Lemina (35e, 3-/5) : une entrée pas terrible qui coïncide avec le temps faible olympien, mais rien de trop mauvais non plus

F. Thauvin pour D. Payet (64e) : L’artiste avait décidé de peindre avec son caca.

Jo le Sconse pour S. Khalifa (76e) : Pas grand chose.

 

L’invité zoologique : Jean-Daniel Akpa-Crapo

Le crapaud est un animal bien connu de nos régions, on ne peut plus commun et peu avenant au-delà du raisonnable. S’il s’agit d’une espèce protégée, on doit bien reconnaître qu’il ne sert pas à grand-chose. Il n’enthousiasmera jamais les foules, à l’exception de certaines princesses naïves qui croient que la bestiole acquerra quelque aspect présentable s’il leur arrivait de lui rouler une pelle. Le crapaud est donc bien l’invité approprié pour te raconter cette rencontre contre l’équipe la plus inutile de notre championnat.

Les autres : Les hipsters du 352 se masturbent sur le schéma de Casanova tels les germanopratins d’antan trouvant du meilleur goût d’aller se faire chier devant du Godard. Si le milieu toulousain nous avait d’ailleurs passablement emmerdés en championnat, l’équipe a joué cette fois-ci beaucoup plus bas et avec moins d’engagement (à l’image de notre première demi-heure contre Lyon, tiens), ce qui nous a laissé les mains libres. Ils s’offrent certes quelques tentatives, mais semblent tout de même très limités par leurs défauts techniques individuels.

Vu d’en face : La Téfécé académie reviendra-t-elle ?

Les interviews d’après-match : Petit-Pont-Moulon a trouvé des joueurs contents.

Le tirage : 2013 reste donc l’année des tirages à la con, puisque nous nous voyons offrir Lyon à Gerland au prochain tour. Ca change du traditionnel déplacement au QSG, ceci dit.

La page abonnement : à visiter, pour que vive l’alterfoot cananal historique

Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter.

 

Bises massilianales,

Blaah.

1 thought on “OM-Toulouse (2-1), la Canebière Académie a vu du football

  1. une passe décisive et un but sur péno qu’il avait lui même provoqué, et même un dribble réussi pour APG
    il explose les stats de Messi au mois de décembre, et après on va me dire que Gignac n’est pas le mieux placé pour rafler le Ballon d’or face au lutin barcelonais fraudeur du fisc et qui trempe dans le blanchissement d’argent de la drogue ?

    par contre, je resterai plus mesuré sur l’embellie collective, j’attends de voir face à des vraies cylindrées parce que je m’étais déjà enflammé après la triplette des reléguables…

    à suivre donc !

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