Aïoli les sapiens !

Samedi soir c’était fête sur le Vieux-Port. On ne va pas dénigrer l’événement, pour une fois, c’est bien aussi quand du monde se retrouve sans se prendre la tête. Il faut dire que j’ai éprouvé une tendresse particulière lorsque le cours Estienne d’Orves s’est retrouvé noyé sous les plumes, ça m’a rappelé la fois où je m’étais j’étais nuitamment entré faire la connaissance des habitantes de la grande volière du Jardin des Plantes. Quelle nuit, quand j’y pense !

Si tu n’es pas habitué aux douceurs des cloaques volatiles, l’image précédente te laissera froid, et le grand oaï de la place aux huiles t’aura plus sûrement évoqué le marquage olympien sur les coups de pieds arrêtés hier soir. Bien qu’en déplacement dans une région évoquant à peine l’Europe et encore moins la culture, l’OM s’est en effet pleinement investi dans l’inauguration. La « Grande Clameur » de samedi n’a pas eu l’effet escompté ? Pas de problème, on va demander un Morel de faire un dégagement et, là, tu sauras vraiment ce que c’est qu’un Marseillais qui gueule.

Le match, donc. Reprise de janvier chez un promu (faites pas chier, c’est pareil), sous la neige, à 21h sur Canal+, il n’y a vraiment que le préparateur mental de l’OM (s’il existe) pour n’avoir pas compris que l’affaire puait salement. Depuis des années, ce genre de contexte aboutit en effet à un match proprement sabordé par les olympiens. Comptant de grands amateurs de cocktails dans ses rangs, l’équipe pourrait faire breveter la recette suivante tant elle est désormais éprouvée : un gros tiers d’inattention, un tiers de maladresse, un tiers de résignation, avec un petit tiers de malchance pour le goût. A servir en suppositoire glacé pour l’effet constriction-dilatation.

 

Malgré la gueule de bois, passons aux notes :

S. Mandanda (2/5) : Surpris sur le coup-franc du 2e but, pas surpris mais impuissant sur le CSC de Morel, et un bel arrêt sur contre-attaque pour éviter l’humiliation. Un mois de janvier ordinaire.

N. Nkoulou (2/5) : S’il ne se montre pas plus attentif, la presse va finir par passer du cliché du Camerounais décontracté à celui du Camerounais nonchalant. Son beau coup de tête aurait pu changer les choses s’il n’avait trouvé le poteau.

S. Diawara (2/5) : Son poteau à lui est surtout dû à la maladresse. Il a fêté son 300e match de Ligue 1, avant le match apparemment à en juger par son placement « vodka-pomme ». Cerise de merde sur le gâteau de vomi, il semble s’être blessé de nouveau.

R. Fanni (1/5) : La note aurait pu être un peu plus élevée pour signaler son apport offensif. Mais en Provence, on n’a pas pour habitude de récompenser les pompiers-pyromanes.

J. Morel (1/5) :

Ma mère, voici le temps venu, d´aller prier pour mon salut
Morel est revenu
Bougnat, tu peux garder ton vin, ce soir je boirai mon chagrin
Morel est revenu
Toi la servante, toi la Maria, vaudrait p´t-être mieux changer nos draps
Morel est revenu
Mes amis, ne me laissez pas, non, ce soir je repars au combat
Maudit Morel, puisque te v´là

J. Barton (2/5) : Volontaire, il a tenté sans grand succès de proposer des solutions dans la construction du jeu. On l’a vu plusieurs fois pleurer auprès de l’arbitre après avoir subi une charge à l’épaule ; si ça se trouve, il n’arrive même plus à écouter Ludwig van Beethoven.

B. Cheyrou (2/5) : Semble avoir atteint le dernier stade de la réincarnation en faisant preuve d’une indifférence sereine aux aléas de la vie terrestre. Qu’il neige ou qu’il fasse 40°C, qu’on mène ou qu’on soit mené, il nous sortira toujours le même match. Ho, Benoît, fais pas le bonze, mets-toi débonze !

M. Valbuena (1/5) : Une note sévère pour marquer une baisse de régime qui semble se prolonger. Pour le laisser dans l’illusion, le sochalien Lopy a bien essayé de le casser en deux, comme au bon vieux temps où c’était la seule chose qui pouvait arrêter Mathieu.

A. Ayew (2/5) : « Cher André. Toute l’équipe t’envoie un coucou d’Afrique du Sud. Il fait 30°C et on s’amuse bien. J’espère que tu profites bien de la neige et que tu ne regrettes pas trop de ne pas passer le mois de janvier avec nous. Bises, ton sélectionneur qui t’aime.»

Ayew-sucker

J. Ayew (3/5) : L’indulgence du jour est accordée à Jordan, pour ses quelques tirs et notamment celui qui a amené le but en rappelant qu’à Sochaux, les poteaux sont meilleurs que les gardiens. 

AP. Gignac (2/5) : Et c’est bien payé. Une activité très intéressante, notamment en début de match, mais ses limites physiques et techniques ont coûté cher. Son addiction au fast-food est plus profonde que prévue : quand il est en manque de gras, son jeu s’effrite.

 

Les remplaçants :

85e : M. Amlfitano pour B. Cheyrou : Entré juste le temps de mettre quelques tartes et de mériter son carton jaune. Génie.

amalfitano_chasseur_franquin

Lorsqu’il est appelé à entrer en jeu par Élie Baup, Morgan ne ménage pas sa motivation.

 

85e : L. Mendès pour S. Diawara : dans la course au poste de défenseur titulaire, Lucas marque des points : il a eu assez de temps pour tirer sur le poteau comme tout le monde, mais pas assez pour faire des conneries défensives comme les autres.

 

L’invité zoologique du jour : Sylvester Macaque

Faire le singe : locution désignant le petit malin qui multiplie les pitreries ne faisant rire que lui, tout en se prenant pour le génie de l’humour. A priori, cette définition conviendrait mieux à la présente académie qu’à la région Franche-Comté, peu réputée pour la propension de ses habitants à la gaudriole. Néanmoins, Sylvester n’en était pas moins l’invité le plus approprié pour commenter avec moi ce match contre l’équipe générant le plus de titres navrants dans la presse, de « So Show » à « Sochaux c’est chaud » en passant par « Sochaux enrhume les Marseillais » et autres « Lionceaux-domites »:

–          Les autres : attentifs, appliqués, motivés, à l’inverse de nous. Une défense merdique, tout comme nous mais avec de la chance en plus ;

–          Le soulagement : de la Ligue et de Canal+ quand il s’est arrêté de neiger. On se moque du QI d’Amalfitano, mais programmer à 21h un match à Sochaux en janvier…

–          Le top de la préparation : on se moque du QI d’Amalfitano et des gens de la Ligue, mais se préparer quatre jours à Marrakech quand on sait que la reprise est à Sochaux à 21h en janvier…

–          Les spectateurs avertis : on se moque du QI d’Amalfitano, des gens de la Ligue et du staff de l’OM, mais regarder ce match alors que tu sais d’avance ce que ça va donner…

–          Le goût du jour : Bêtement suiveur des tendances, Blaah te propose désormais de le retrouver sur Facebook ; me demande pas pour quoi faire, je n’en sais rien ;

 

Bises massilianales,

Blaah.

11 thoughts on “Sochaux-OM (3-1) : la Canebière académie se gèle les couilles

  1. Morel va pouvoir retourner à sa vie trépidante : sortir ses chiens et voir sa femme le weekend… ah bah non, tous les weekends, il joue au football… contre l’OM…

  2. Elle est bieng cette académie. J’ai bien aimé les remarques à la fin, et l’image pour illustrer l’entrée d’Amalfitano.

  3. J’ai beaucoup aime la série l’équation sur le QI abyssal entourant cette rencontre. Surtout la conclusion. On s’est tous dit hier soir « Putain, je suis vraiment con pour me m’infliger ça et me flinguer le moral pour ces caves »

  4. Eh Blaah, ça fait 4 tiers! Et là, tu dois me répondre: ça dépend de la grandeur de tes tiers! Un chameau qui évoque implicitement Marcel Pagnol, c’est grand!

  5. * Allez L’OM *

    * Morel Démission,
    Morgan, le coup dla panne
    Anigo, non rien ! *

  6. La blessure de Diawara est plutôt une bonne nouvelle, ses performances dans les rares matchs où il a été titulaire nous ont coûté beaucoup de points et je trouve Mendes intéressant, il va enfin avoir l’occasion de nous montrer ce qu’il vaut en évoluant véritablement à son poste. Je te trouve sévère avec Fanni et indulgent avec Souley et APG, dur avec Valbuena même si je partage ta colère. Une fois de plus, Amalfitano nous a prouvé en à peine 5 minutes qu’il était un âne, superbement illustrée d’ailleurs, espérons qu’il profite de cette année de la culture pour éveiller sa conscience.

  7. @Spado : pour Fanni et Diawara, c’est la faute au streaming bulgaro-mexicain et de sa qualité d’image inégalée : ayant cru initialement que c’était Fanni et non Diawara qui lâchait le marquage sur le premier but, j’ai donc sacqué d’un point la mauvaise personne. Mais je ne doute pas que, révolté par cette injustice, Rod nous fera un match de folie la prochaine fois.

    Pour Gignac et Valbuena, j’ai essayé de prendre en compte la performance elle-même, pondérée par les attentes que j’avais vis-à-vis de l’un ou l’autre joueur ainsi que la progression ou la stagnation depuis les derniers matches, le tout arrondi à une note entière(puisque l’éditeur ce bel homme montre la même tolérance envers les décimales que le Mollah Omar envers le jambon de Bayonne). J’ai utilisé le même algorithme que la commission chargée de compter les voix de l’UMP, c’est dire si le résultat est irréprochable.

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